Le gouvernement français en 1968 : un climat explosif
Spoiler : c’était pas si simple.
Georges Pompidou : le Premier ministre en première ligne
Le gaulliste de confiance du Général
À l’époque, c’est Georges Pompidou qui occupait Matignon. Un fidèle parmi les fidèles du Général de Gaulle. Il était là depuis 1962, une longévité rare pour un Premier ministre sous la Ve République. Et en mai 68, c’est lui qu’on a vu sur le devant de la scène, tentant de calmer la tempête. Même si, entre nous, certains disent qu’il faisait un peu bande à part…
Un homme de compromis… mais jusqu’où ?
Pompidou était pragmatique. Il a rouvert la Sorbonne, négocié les accords de Grenelle, lâché du lest sur les salaires. Bref, il a temporisé pendant que De Gaulle, lui, s’éclipsait discrètement à Baden-Baden pour rencontrer le général Massu (oui, cette anecdote est vraie, même si ça sent un peu le roman d’espionnage).
Charles de Gaulle : Président, mais fuyant ?
Une absence surprenante au plus fort de la crise
Officiellement, Charles de Gaulle était le président. Le chef. L’homme de la Résistance. Mais en mai 1968, il disparaît pendant plusieurs heures. Et pas pour un pique-nique dans les Alpes. Non, il file en Allemagne, chez Massu, à Baden-Baden, sans prévenir son Premier ministre.
Cette escapade a fait jaser. Certains y ont vu une fuite, d’autres une manœuvre stratégique. Mais franchement, même aujourd’hui, ça reste flou.
Je me souviens de mon grand-père (ancien flic à Vincennes) qui racontait comment ses collègues avaient été mobilisés à l’arrache, sans savoir ce qu’ils devaient faire ni pour qui exactement. "C’était le bordel, fiston, on savait même pas si le Général allait revenir", m’a-t-il lâché une fois entre deux Ricard.
Les ministres clés du moment : des noms qui résonnent encore
Maurice Couve de Murville aux Affaires étrangères
Un diplomate chevronné, un homme de l’ombre. C’est lui qui prendra plus tard la relève de Pompidou à Matignon (été 1968). Mais pendant la crise, il restait discret, tentant de maintenir l’image d’une France stable sur la scène internationale.
Christian Fouchet à l’Éducation nationale : au cœur du cyclone
Alors lui, il a pris cher. Fouchet était ministre de l’Éducation nationale – et autant dire que mai 68, c’était son Vietnam. Il a tenté de réformer, mais s’est fait balayer par la vague étudiante. Certains étudiants brandissaient des pancartes avec son nom barré : "Fouchet, fout-le camp". C’est dire l’ambiance.
Michel Debré : toujours là, toujours carré
Ancien Premier ministre, alors ministre de l’Économie et des Finances. Nationaliste, rigide, gaulliste pur jus. Il faisait partie de ceux qui voulaient serrer la vis. Pas trop fan des négociations de Pompidou avec les syndicats.
Une machine gouvernementale secouée mais pas brisée
La cohabitation tendue entre De Gaulle et Pompidou
Entre les deux hommes, la confiance commençait à s’effriter. De Gaulle trouvait Pompidou trop conciliant, trop politique. Pompidou, lui, se voyait déjà en haut de l’affiche. Et effectivement, il deviendra président en 1969 après la démission du Général. Comme quoi, 68 a tout changé, même pour les hommes au sommet.
L’après-68 : un remaniement presque inévitable
Après les événements, la tension ne redescend pas vraiment. En juillet, Pompidou est remplacé par Couve de Murville. Un gouvernement plus "technique", moins flamboyant, pour calmer les esprits. Mais le feu couvait encore…
En conclusion : un gouvernement tiraillé, une République secouée
1968, c’était l’année où tout aurait pu basculer. Et pourtant, l’État a tenu. Fragile, fébrile, mais debout. Derrière les apparences d’un gouvernement stable, les désaccords étaient profonds. Pompidou jouait les pompiers, De Gaulle disparaissait, les ministres encaissaient.
Ce n’est qu’avec le recul qu’on comprend à quel point cette année a transformé le pouvoir. Pas seulement politiquement, mais humainement. Le gouvernement de 1968, c’était une bande de gaullistes pas toujours d’accord, pris dans un tourbillon qu’ils n’avaient pas vu venir.
Et pourtant, ils ont tenu bon. Enfin… pour un temps.
