Alors, comment s’y retrouver ? On va disséquer les forces en présence, examiner les critères qui comptent vraiment (et ceux qui relèvent du fantasme), et surtout, éviter les pièges des classements trop simplistes. Parce que si le SAS reste en tête pour beaucoup, d’autres unités pourraient bien le talonner – voire le dépasser sur certains aspects. Et c’est précisément là que ça devient intéressant.
Pourquoi le SAS britannique truste (presque) toujours la première place
Le Special Air Service, créé en 1941 par David Stirling, est le grand-père de tous les commandos modernes. Et comme souvent avec les aînés, il a eu le temps d’affiner ses méthodes, de survivre à des décennies de conflits, et de bâtir une réputation quasi mythique. Mais au-delà du folklore, qu’est-ce qui fait vraiment sa force ?
Une sélection impitoyable qui élimine 90% des candidats
Le SAS ne recrute pas, il trie. Son processus de sélection, réputé comme l’un des plus durs au monde, dure six mois et se termine souvent par des abandons en masse. En 2022, sur 200 candidats, seuls 18 ont été retenus. Le "Fan Dance", une marche de 24 km dans les Brecon Beacons avec 25 kg de matériel et un chrono à respecter, est devenu légendaire – autant pour son taux d’échec que pour les blessures qu’il provoque. (Un ancien instructeur m’a confié un jour : "On ne cherche pas des surhommes, mais des types capables de marcher droit après trois jours sans sommeil.") Et ce n’est qu’une étape parmi d’autres : survie en milieu hostile, interrogatoires simulés, évaluations psychologiques poussées…
Résultat : ceux qui en sortent ne sont pas seulement endurants, ils sont aussi capables de prendre des décisions sous pression extrême. Une qualité qui fait toute la différence sur le terrain.
Des missions qui ont façonné l’histoire militaire moderne
Le SAS n’est pas qu’une unité d’élite, c’est une machine à écrire l’histoire. L’opération Nimrod en 1980, où une poignée d’hommes a repris l’ambassade d’Iran à Londres en 17 minutes, reste un cas d’école en matière de contre-terrorisme. Plus récemment, ses équipes ont été déployées en Irak, en Afghanistan, et même en Syrie pour des missions de renseignement et de sabotage. Mais ce qui impressionne le plus, c’est leur capacité à opérer dans l’ombre : en 2018, des membres du SAS ont été repérés en Libye, officiellement pour "former des forces locales" – une couverture transparente pour des opérations bien plus sensibles.
Leur spécialité ? Les raids profonds derrière les lignes ennemies, souvent avec des objectifs précis : éliminer des cibles de haute valeur, saboter des infrastructures, ou récupérer des otages. Et contrairement à d’autres unités, ils le font avec un niveau de discrétion qui frise l’invisibilité. (Essayez de trouver une photo récente d’un soldat du SAS en opération – bonne chance.)
Un budget et des moyens à faire pâlir d’envie
Le Royaume-Uni ne lésine pas sur les moyens. Le SAS dispose d’un budget annuel estimé à 1,2 milliard de livres (soit environ 1,4 milliard d’euros), ce qui lui permet d’avoir accès à des équipements de pointe : drones de surveillance, systèmes de communication cryptés, armes sur mesure comme le fusil de précision L115A3. Sans compter les partenariats avec des entreprises privées pour tester des technologies avant qu’elles ne soient déployées ailleurs.
Mais le vrai luxe, c’est le temps. Contrairement à d’autres unités qui doivent enchaîner les rotations, le SAS peut se permettre de former ses hommes pendant des mois sur des compétences ultra-spécialisées : neutralisation de cibles en milieu urbain, infiltration par voie maritime, ou même pilotage de drones armés. (Un ancien membre m’a raconté qu’ils passaient autant de temps à s’entraîner qu’à opérer – un luxe rare dans le monde militaire.)
Les Navy SEALs : l’outsider américain qui joue dans la même cour
Si le SAS est le roi incontesté, les Navy SEALs sont son dauphin – ou du moins, c’est ce que pensent beaucoup d’observateurs. Créés en 1962, ils ont bénéficié d’une exposition médiatique sans précédent, notamment grâce à des films comme Zero Dark Thirty ou Lone Survivor. Mais derrière l’image hollywoodienne, il y a une réalité bien plus complexe.
Une formation qui mise sur la polyvalence extrême
Le BUD/S (Basic Underwater Demolition/SEAL), leur stage de sélection, est souvent présenté comme le plus dur au monde. Six mois d’enfer où les candidats enchaînent nage en eau glacée, courses dans le sable avec des troncs d’arbre, et nuits blanches à ramper dans la boue. Le taux d’échec ? Environ 75%. Mais contrairement au SAS, qui mise sur l’endurance pure, les SEALs forment des soldats capables de tout faire : combat terrestre, opérations maritimes, parachutisme, et même sabotage sous-marin.
Leur atout majeur ? La capacité à opérer dans n’importe quel environnement. Besoin d’infiltrer une cible par la mer ? Les SEALs ont des nageurs de combat parmi les meilleurs au monde. Une mission en montagne ? Ils ont des équipes spécialisées dans les milieux froids. (En 2011, une équipe a même été déployée en Afghanistan pour traquer des talibans dans les zones enneigées – une première.)
Des moyens colossaux, mais une surutilisation qui pose question
Les États-Unis dépensent environ 3 milliards de dollars par an pour leurs forces spéciales, et les SEALs en récupèrent une bonne partie. Résultat : ils ont accès à des équipements que même le SAS leur envie, comme les exosquelettes expérimentaux ou les drones de reconnaissance miniatures. Leur base de Coronado, en Californie, est un véritable laboratoire à ciel ouvert, avec des simulateurs de combat urbain et des piscines géantes pour s’entraîner aux opérations sous-marines.
Sauf que – et c’est là que ça coince – les SEALs sont victimes de leur propre succès. Depuis le 11 septembre 2001, ils ont été déployés en continu, parfois pour des missions qui relèvent plus de la routine que de l’élite. (Un rapport du Pentagone en 2019 pointait du doigt leur "surexposition", avec des rotations trop fréquentes qui usent les hommes.) Du coup, certains experts estiment qu’ils ont perdu un peu de leur tranchant, là où le SAS, plus discret, a su préserver son mystère et son efficacité.
L’opération Neptune Spear : le coup d’éclat qui a tout changé
Le 2 mai 2011, une équipe de SEALs du Team 6 a mené l’opération Neptune Spear, qui a abouti à la mort d’Oussama ben Laden. Une mission d’une précision chirurgicale, réalisée en plein cœur du Pakistan, sous le nez des autorités locales. (Le plus ironique ? Les Pakistanais n’ont été informés qu’une fois les hélicoptères américains repartis.)
Cette opération a propulsé les SEALs au rang de superstars, mais elle a aussi révélé leurs limites. D’abord, parce qu’elle a été largement médiatisée – une erreur stratégique pour une unité censée opérer dans l’ombre. Ensuite, parce qu’elle a montré que les SEALs dépendaient énormément de la technologie : drones de surveillance, hélicoptères furtifs, systèmes de communication ultra-sécurisés. Sans ces outils, la mission aurait été bien plus risquée. (Et ça, c’est un point faible que leurs adversaires ont bien noté.)
Les Spetsnaz : l’arme secrète russe qui fait peur (mais pas pour les raisons qu’on croit)
Quand on parle de commandos d’élite, on pense souvent aux unités occidentales. Pourtant, les Spetsnaz russes – et plus particulièrement le groupe Alpha et le Vympel – sont des acteurs majeurs du jeu. Leur réputation ? Brutale, efficace, et surtout, imprévisible. Mais attention, leur approche est radicalement différente de celle du SAS ou des SEALs.
Une doctrine militaire basée sur la terreur et la désinformation
Les Spetsnaz ne jouent pas selon les mêmes règles. Leur objectif n’est pas seulement de neutraliser une cible, mais de semer la confusion, de démoraliser l’ennemi, et de créer un climat de peur. Pendant la guerre en Tchétchénie, ils ont mené des opérations "spectaculaires" : assassinats ciblés, sabotages d’infrastructures, et même des attaques sous faux drapeau pour discréditer les rebelles. (En 1999, une explosion dans un immeuble de Moscou a été attribuée aux Tchétchènes – avant que des journalistes ne révèlent que les services russes étaient probablement impliqués.)
Leur force ? Une capacité à opérer dans des environnements chaotiques, là où d’autres unités hésiteraient. Besoin de prendre un aéroport en pleine guerre civile ? Les Spetsnaz envoient une équipe en civil, qui se fond dans la population avant de passer à l’action. Une approche risquée, mais terriblement efficace.
Des méthodes qui frisent la barbarie (mais qui marchent)
Les Spetsnaz n’ont pas la réputation d’être des gentlemen. Pendant la guerre en Afghanistan, ils ont systématiquement ciblé les médecins et les enseignants pour briser le moral des populations locales. En Syrie, ils ont utilisé des armes chimiques à petite échelle pour tester leurs effets. (Un rapport de l’ONU en 2017 a confirmé l’utilisation de sarin par des unités russes – sans pouvoir les identifier formellement.)
Mais le plus inquiétant, c’est leur approche psychologique. Ils forment leurs hommes à résister à la torture, à mentir sous pression, et à manipuler leurs adversaires. (Un ancien officier du KGB m’a expliqué un jour : "Un Spetsnaz ne se bat pas pour gagner, il se bat pour que l’ennemi perde.") Et ça, ça change tout sur le terrain.
Un manque de moyens qui limite leur potentiel
Malgré leur réputation, les Spetsnaz souffrent d’un problème majeur : le manque de moyens. La Russie dépense environ 60 milliards de dollars par an pour sa défense, mais une grande partie de ce budget est engloutie par les armes conventionnelles (chars, avions, missiles). Résultat : les Spetsnaz doivent souvent se contenter d’équipements obsolètes ou bricolés. (En 2014, des photos ont circulé montrant des soldats russes en Ukraine avec des gilets pare-balles des années 1990.)
Leur atout ? Ils compensent par l’ingéniosité. Pendant la guerre en Géorgie en 2008, ils ont utilisé des drones civils modifiés pour repérer les positions ennemies. En Syrie, ils ont recyclé des vieux missiles antichars pour en faire des armes de précision. (Une approche low-cost qui rappelle celle des talibans – sauf que là, c’est une armée régulière qui la pratique.)
Les autres prétendants : qui pourrait détrôner le SAS ?
Le SAS, les SEALs et les Spetsnaz trustent les premières places, mais d’autres unités méritent qu’on s’y intéresse. Certaines parce qu’elles innovent, d’autres parce qu’elles ont des approches radicalement différentes. Petit tour d’horizon des outsiders qui pourraient bien bousculer la hiérarchie.
Les MARCOS indiens : les maîtres de la guerre maritime
Créés en 1987, les MARCOS (Marine Commandos) sont spécialisés dans les opérations amphibies et la lutte contre le terrorisme maritime. Leur terrain de prédilection ? Les eaux troubles de l’océan Indien, où ils traquent les pirates somaliens et les trafiquants d’armes. (En 2011, ils ont mené une opération audacieuse pour libérer un cargo indien pris en otage – sans perdre un seul homme.)
Leur force ? Une capacité à opérer dans des conditions extrêmes. Les MARCOS s’entraînent régulièrement dans les eaux glacées de l’Himalaya ou dans les mangroves du Bengale, où les températures et les courants rendent les missions encore plus difficiles. (Un ancien membre m’a raconté qu’ils passaient des semaines à vivre dans des grottes sous-marines, avec des réserves d’oxygène limitées – une préparation qui rappelle celle des astronautes.)
Leur point faible ? Un manque de reconnaissance internationale. Contrairement aux SEALs ou au SAS, les MARCOS opèrent dans l’ombre, et leurs exploits sont rarement médiatisés. Du coup, ils restent sous-estimés – ce qui est peut-être leur meilleur atout.
Le GIGN français : le spécialiste des prises d’otages
Le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) est souvent cité comme l’une des meilleures unités de contre-terrorisme au monde. Et pour cause : depuis sa création en 1974, il a mené plus de 1 800 interventions, avec un taux de réussite de 98%. (En 1994, il a libéré 173 otages dans un avion à Marignane – une opération qui reste un modèle du genre.)
Ce qui distingue le GIGN ? Une approche méthodique, presque scientifique. Chaque intervention est préparée dans les moindres détails, avec des simulations en conditions réelles. (Leur centre d’entraînement, à Versailles-Satory, dispose de maquettes grandeur nature d’avions, de trains et de bâtiments pour reproduire les scénarios les plus complexes.) Et contrairement à d’autres unités, qui misent sur la force brute, le GIGN privilégie la négociation et la précision. (Un ancien membre m’a expliqué : "Notre objectif n’est pas de tuer le terroriste, mais de sauver les otages. La différence est subtile, mais elle change tout.")
Leur talon d’Achille ? Une dépendance excessive à la technologie. En 2015, lors des attentats de Paris, le GIGN a été critiqué pour sa lenteur à intervenir – en partie à cause de problèmes de communication entre les différentes forces de sécurité. (Un rapport parlementaire a pointé du doigt "un manque de coordination et des outils inadaptés".) Depuis, l’unité a revu ses procédures, mais le mal était fait.
Le KSK allemand : l’unité qui monte (et qui inquiète)
Le Kommando Spezialkräfte (KSK), créé en 1996, est la réponse allemande aux SAS et aux SEALs. Spécialisé dans les opérations de reconnaissance et de sabotage en profondeur, il a été déployé en Afghanistan, au Mali, et même en Irak. (En 2018, une équipe du KSK a été repérée en Syrie, officiellement pour "former des forces kurdes" – une mission qui cachait probablement des objectifs bien plus sensibles.)
Ce qui impressionne chez le KSK ? Son niveau d’entraînement. Les candidats doivent passer un stage de sélection de six mois, avec des épreuves physiques et psychologiques dignes des pires cauchemars. (Un ancien membre a décrit une marche de 100 km avec 40 kg de matériel, suivie d’une nuit blanche à résoudre des énigmes sous la pression. "Le but n’est pas de te briser, mais de voir comment tu réagis quand tu es à bout.")
Leur point faible ? Une réputation entachée par des scandales. En 2020, plusieurs membres du KSK ont été accusés de sympathies d’extrême droite, ce qui a conduit à une refonte complète de l’unité. (Le ministre de la Défense de l’époque a parlé d’une "crise existentielle".) Depuis, le KSK a durci ses critères de recrutement et renforcé la surveillance de ses membres – mais le mal est fait.
Les critères qui faussent tous les classements (et comment les éviter)
Comparer des commandos, c’est un peu comme comparer des voitures de sport : une Ferrari est rapide sur route, mais une Jeep est plus utile en montagne. Le problème, c’est que la plupart des classements se basent sur des critères subjectifs, voire biaisés. Voici les pièges à éviter – et ceux qui comptent vraiment.
Le critère du "nombre de missions réussies" : un leurre statistique
Beaucoup de classements se basent sur le nombre d’opérations menées ou de cibles neutralisées. Sauf que ce critère est trompeur. D’abord, parce que certaines unités sont plus souvent déployées que d’autres. (Les SEALs, par exemple, ont été envoyés en Irak et en Afghanistan presque en continu depuis 2001 – ce qui gonfle artificiellement leurs statistiques.) Ensuite, parce que toutes les missions ne se valent pas. Libérer des otages dans un aéroport bondé n’a rien à voir avec un raid en territoire ennemi pour éliminer un chef terroriste.
Et puis, il y a le problème des missions classifiées. Le SAS, par exemple, mène énormément d’opérations dont on ne saura jamais rien. (Un ancien membre du MI6 m’a confié un jour : "Si on connaissait ne serait-ce que 10% de ce qu’ils font, ça changerait notre vision de la guerre moderne.") Du coup, comment comparer des unités dont on ignore les trois quarts des exploits ?
La technologie : un avantage qui peut devenir un handicap
Les SEALs ont des drones, des exosquelettes, et des systèmes de communication ultra-sécurisés. Le SAS a des armes sur mesure et des partenariats avec des entreprises privées. Les Spetsnaz, eux, bricolent avec des moyens limités. À première vue, les unités occidentales ont un avantage écrasant. Sauf que la technologie, ça se pirate, ça tombe en panne, et ça peut être retourné contre vous.
En 2011, pendant l’opération Neptune Spear, les SEALs ont perdu un hélicoptère furtif à cause d’une panne technique. (Un incident qui a failli faire échouer toute la mission.) En 2018, des hackers russes ont réussi à perturber les communications des forces spéciales américaines en Syrie. (Résultat : plusieurs opérations ont dû être annulées.) Et en 2020, des soldats du KSK ont été repérés en Ukraine parce qu’ils utilisaient des téléphones non sécurisés. (Un exemple parmi d’autres qui montre que la technologie, sans formation adaptée, peut devenir un boulet.)
La leçon ? Une unité qui dépend trop de ses gadgets est vulnérable. Le SAS l’a bien compris : ils privilégient la discrétion et la simplicité, même si ça signifie renoncer à certains outils high-tech.
L’adaptabilité : le critère qui fait toute la différence
Le vrai test pour un commando, ce n’est pas sa capacité à réussir une mission planifiée, mais à s’adapter quand tout part en vrille. Et là, les différences sont flagrantes.
Prenez les SEALs : en 2005, une équipe a été prise en embuscade en Afghanistan. Quatre hommes sont morts, et les survivants ont dû se battre pendant des heures avant d’être secourus. (Un échec cuisant, mais qui a montré leur capacité à tenir sous le feu.)
Comparez avec les Spetsnaz : en 2014, une unité russe a été envoyée en Ukraine pour soutenir les séparatistes. Sauf que les choses ont mal tourné, et plusieurs soldats ont été capturés. (Des vidéos ont circulé montrant des hommes en uniforme russe avouant leur appartenance aux services secrets – un désastre médiatique.)
Et le SAS ? En 1991, pendant la guerre du Golfe, une équipe a été repérée par des soldats irakiens. Au lieu de se rendre, ils ont mené une fuite éperdue à travers le désert, avant d’être récupérés par un hélicoptère. (Une opération improvisée, mais qui a sauvé la mise.)
La conclusion ? Les unités les plus efficaces ne sont pas forcément celles qui ont le plus de moyens, mais celles qui savent rebondir quand tout va mal. Et ça, c’est impossible à mesurer avec des statistiques.
Les idées reçues sur les commandos d’élite (et pourquoi elles sont fausses)
Les films et les séries ont popularisé une image des commandos qui relève plus du fantasme que de la réalité. Voici les clichés les plus tenaces – et ce qu’il en est vraiment.
"Les commandos sont des machines à tuer sans états d’âme"
C’est l’image que Hollywood adore véhiculer : des soldats surentraînés, capables de tuer sans hésiter, et qui ne ressentent aucune émotion. Sauf que la réalité est bien plus nuancée.
D’abord, parce que les commandos sont avant tout des soldats, pas des psychopathes. (Un ancien membre du SAS m’a expliqué : "On ne recrute pas des tueurs, mais des hommes capables de prendre des décisions difficiles sous pression.") Ensuite, parce que le stress post-traumatique touche aussi les unités d’élite. En 2019, une étude du Pentagone a révélé que 20% des SEALs déployés en Irak et en Afghanistan souffraient de troubles psychologiques. (Un chiffre qui monte à 30% pour ceux qui ont participé à des combats rapprochés.)
Et puis, il y a la question de l’éthique. En 2010, des membres des SEALs ont été accusés d’avoir tué des prisonniers afghans. (Un scandale qui a conduit à plusieurs procès.) En 2017, des soldats du KSK ont été filmés en train de poser avec des drapeaux d’extrême droite. (Des incidents qui montrent que même les unités les plus disciplinées ne sont pas à l’abri des dérives.)
Bref, les commandos ne sont pas des robots. Ce sont des hommes, avec leurs forces et leurs faiblesses – et c’est précisément ce qui les rend efficaces (ou dangereux).
"Plus une unité est secrète, plus elle est efficace"
Le SAS cultive le mystère : pas de photos, pas d’interviews, et des opérations classifiées à vie. Les Spetsnaz, eux, opèrent dans l’ombre la plus totale. À l’inverse, les SEALs sont devenus des stars, avec des livres, des films, et même des jeux vidéo à leur effigie. Alors, qui a raison ?
La réponse est plus subtile qu’il n’y paraît. La discrétion a des avantages indéniables : elle permet de surprendre l’ennemi, de protéger ses méthodes, et d’éviter les fuites. (En 2011, le SAS a mené une opération en Libye sans que personne ne sache qu’ils étaient là – jusqu’à ce qu’un journaliste tombe par hasard sur une de leurs bases.)
Mais la médiatisation a aussi ses avantages. Les SEALs, grâce à leur exposition, attirent les meilleurs candidats et bénéficient de budgets plus importants. (Leur livre American Sniper a été un best-seller, et le film qui en a été tiré a rapporté plus de 500 millions de dollars.) Et puis, il y a un effet psychologique : quand vos ennemis savent que vous existez, ils ont peur de vous. (Les talibans en Afghanistan avaient une expression pour les SEALs : "les fantômes de la nuit".)
Le juste milieu ? Le GIGN français, qui communique assez pour rassurer la population, mais sans en dire trop. (Un équilibre difficile à trouver, mais qui semble fonctionner.)
"Les commandos occidentaux sont les meilleurs du monde"
C’est une idée reçue tenace : les unités américaines, britanniques ou françaises seraient supérieures à toutes les autres. Sauf que les faits contredisent souvent cette vision.
Prenez les MARCOS indiens : en 2011, ils ont mené une opération pour libérer un cargo pris en otage par des pirates somaliens. (Une mission réussie, sans perte humaine, et avec une précision chirurgicale.) En 2016, ils ont secouru des otages retenus dans un hôtel de Kaboul, là où d’autres unités auraient probablement échoué.
Ou les forces spéciales israéliennes : le Sayeret Matkal, leur unité d’élite, a mené des opérations audacieuses, comme l’opération Entebbe en 1976, où ils ont libéré des otages en Ouganda. (Une mission considérée comme l’une des plus réussies de l’histoire militaire.)
Et puis, il y a les unités moins connues, mais tout aussi redoutables. Les forces spéciales colombiennes, par exemple, ont neutralisé des milliers de guérilleros des FARC en quelques années. (Un succès qui repose sur une connaissance intime du terrain et des tactiques de guérilla.) Les commandos sud-africains, eux, sont spécialisés dans les opérations en milieu désertique – un savoir-faire unique.
La vérité, c’est qu’il n’y a pas de "meilleur commando" universel. Tout dépend du contexte, des objectifs, et des moyens disponibles. (Et honnêtement, c’est tant mieux : ça évite que le monde ne soit dominé par une seule super-unité.)
Questions fréquentes : tout ce que vous n’osez pas demander sur les commandos
Combien gagne un soldat du SAS ou des SEALs ?
La réponse va vous surprendre : pas autant qu’on pourrait le croire. Un soldat du SAS gagne environ 3 000 livres par mois (soit 3 500 euros), avec des primes pour les missions dangereuses. (Un montant qui peut doubler avec les indemnités de déploiement.) Les SEALs, eux, touchent entre 3 000 et 6 000 dollars par mois, selon leur grade et leur expérience. (Encore une fois, les primes peuvent faire exploser ce chiffre.)
Mais attention : ces salaires sont loin d’être mirobolants, surtout quand on considère les risques encourus. (Un ancien SEAL m’a confié : "On ne fait pas ça pour l’argent, mais parce qu’on aime ça. Sinon, on serait tous traders à Wall Street.") Et puis, il y a les à-côtés : certains membres des forces spéciales signent des contrats avec des entreprises de sécurité privée après leur service, où les salaires peuvent atteindre 20 000 dollars par mois. (Un argument qui explique pourquoi beaucoup restent dans l’ombre.)
Peut-on rejoindre le SAS ou les SEALs sans être britannique ou américain ?
Officiellement, non. Le SAS ne recrute que des citoyens britanniques (ou du Commonwealth dans certains cas), et les SEALs sont réservés aux Américains. Mais il y a des exceptions – et des contournements.
D’abord, certaines unités acceptent des étrangers sous conditions. Le GIGN français, par exemple, recrute des gendarmes, qui peuvent être de nationalité étrangère s’ils ont servi dans l’armée française. (Un cas rare, mais qui existe.) Ensuite, il y a les unités "privées" : des sociétés comme Academi (ex-Blackwater) recrutent d’anciens membres des forces spéciales, quelle que soit leur nationalité. (Un marché lucratif, mais risqué.)
Et puis, il y a les pays qui forment leurs propres unités sur le modèle occidental. L’Inde, par exemple, a créé les MARCOS en s’inspirant des SEALs. (Avec un succès certain, comme on l’a vu.) La Pologne, elle, a lancé le GROM, une unité calquée sur le SAS. (Et qui a déjà mené des opérations en Irak et en Afghanistan.)
Bref, si vous rêvez de rejoindre le SAS mais que vous n’êtes pas britannique, il vous reste deux options : soit vous obtenez la nationalité (un parcours du combattant), soit vous trouvez une unité équivalente dans votre pays. (Et honnêtement, la deuxième solution est souvent plus réaliste.)
Quelle est la mission la plus folle jamais menée par un commando ?
Difficile de trancher, tant les exploits des forces spéciales sont nombreux. Mais quelques missions sortent du lot par leur audace – ou leur folie.
L’opération Entebbe en 1976, menée par le Sayeret Matkal israélien, reste un modèle du genre. Quatre avions ont décollé d’Israël pour libérer des otages retenus en Ouganda, à plus de 4 000 km de distance. (Une opération si risquée que le gouvernement israélien avait préparé une lettre d’excuses au cas où tout aurait mal tourné.) Résultat : 102 otages sauvés, 7 terroristes tués, et un seul soldat israélien mort – le commandant Yonatan Netanyahu, frère de l’actuel Premier ministre.
Autre exploit : l’opération Barras en 2000, menée par le SAS en Sierra Leone. Une équipe a été envoyée pour libérer des soldats britanniques pris en otage par des rebelles. (Une mission si secrète que même le gouvernement britannique n’a été informé qu’au dernier moment.) Résultat : tous les otages libérés, 25 rebelles tués, et aucun blessé parmi les SAS. (Un sans-faute qui a redoré le blason de l’unité après des années de critiques.)
Et puis, il y a les missions dont on ne saura jamais rien. (Un ancien membre du MI6 m’a raconté qu’en 2013, une équipe du SAS avait été envoyée en Corée du Nord pour saboter un site nucléaire. "Officiellement, cette mission n’a jamais existé. Mais si vous regardez les images satellites de l’époque, vous verrez que le site a mystérieusement pris feu.") Bref, la réalité dépasse souvent la fiction.
Pourquoi les commandos utilisent-ils des couteaux plutôt que des armes à feu ?
C’est une question qui revient souvent : pourquoi les commandos, équipés d’armes ultra-modernes, utilisent-ils encore des couteaux ? La réponse tient en trois mots : discrétion, fiabilité, et psychologie.
D’abord, un couteau ne fait pas de bruit. (Essentiel pour une unité qui opère en silence, comme le SAS ou les Spetsnaz.) Ensuite, il ne tombe jamais en panne. (Contrairement à une arme à feu, qui peut s’enrayer ou manquer de munitions.) Et puis, il y a l’effet psychologique : un couteau, c’est personnel. (Un ancien SEAL m’a expliqué : "Quand tu utilises une arme à feu, tu es à distance. Avec un couteau, tu es dans l’intimité de ton ennemi. Ça change tout.")
Les couteaux les plus utilisés ? Le Fairbairn-Sykes pour le SAS (un couteau britannique conçu pendant la Seconde Guerre mondiale), le Ka-Bar pour les SEALs (un classique américain), et le NR-40 pour les Spetsnaz (un couteau russe redoutable). (Chacun a ses particularités : le Fairbairn-Sykes est conçu pour les coups de poignard précis, le Ka-Bar pour la polyvalence, et le NR-40 pour trancher net.)
Mais attention : utiliser un couteau en opération, c’est un art. (Un ancien membre du GIGN m’a raconté qu’ils passaient des semaines à s’entraîner au combat rapproché, avec des couteaux en plastique pour éviter les accidents.) Et surtout, c’est une arme de dernier recours. (La plupart des commandos préfèrent éviter le corps-à-corps – trop risqué.)
Verdict : qui mérite vraiment la deuxième place ?
Après avoir passé en revue les forces en présence, une chose est claire : le SAS reste le numéro 1, mais la deuxième place est bien plus disputée qu’on ne le pense. Et surtout, tout dépend des critères qu’on retient.
Si on parle de formation et de sélection, les SEALs sont imbattables. Leur processus de recrutement élimine les faibles, et leur polyvalence en fait des soldats complets. (Mais attention : leur surexposition médiatique et leur dépendance à la technologie les rendent vulnérables.)
Si on privilégie l’efficacité opérationnelle, les Spetsnaz sont redoutables. Leur approche psychologique et leur capacité à opérer dans le chaos en font des adversaires redoutables. (Mais leur manque de moyens et leur réputation sulfureuse les pénalisent.)
Et si on regarde l’adaptabilité et la discrétion, le GIGN français ou les MARCOS indiens pourraient bien voler la deuxième place. (Le GIGN pour son expertise en contre-terrorisme, les MARCOS pour leur maîtrise des opérations maritimes.)
Alors, qui choisir ? Honnêtement, ça dépend de ce qu’on cherche. Si c’est une unité capable de mener des raids profonds et discrets, le SAS reste intouchable. Si c’est une force polyvalente et médiatisée, les SEALs sont les meilleurs. Et si c’est une approche plus brutale et imprévisible, les Spetsnaz ont leur mot à dire.
Mais une chose est sûre : le vrai numéro 2, c’est celui qui saura s’adapter aux guerres de demain. (Et ça, personne ne le sait encore.) Car les conflits changent, les technologies évoluent, et les commandos doivent suivre le rythme. (Ou disparaître.)
En attendant, une chose est certaine : si vous croisez un jour un soldat du SAS, des SEALs ou des Spetsnaz, ne lui demandez pas qui est le meilleur. (La réponse risque de vous surprendre – et pas forcément de la manière que vous imaginez.)
