Les fondements du grade de général dans l'armée française
Le grade de général marque l'apogée de la hiérarchie militaire, avec des distinctions précises : général de brigade (deux étoiles), de division (trois), de corps d'armée (quatre) ou d'armée (cinq, rarissime). Historiquement, ce niveau émerge au XVIIe siècle sous Louis XIV pour structurer les armées royales. Aujourd'hui, il incarne la stratégie opérationnelle et le conseil au politique.
En 2023, l'armée de Terre française compte environ 120 généraux actifs, sur 120 000 personnels, soit 0,1 %. Cette rareté découle d'un système pyramidal : 10 000 officiers subalternes pour 1 000 commandants, et ainsi de suite. Les attributions incluent la direction d'unités de 5 000 à 50 000 hommes, ou des postes interarmées à l'état-major des armées.
Le contexte géopolitique pèse lourd : opérations extérieures comme Barkhane ont accéléré certaines promotions, avec 15 % des généraux actuels issus de théâtres d'opérations post-2010. Sans ce bagage, l'ascension patine.
Comment intégrer l'armée pour viser le généralat ?
L'accès se fait via concours sélectifs dès 18 ans. Saint-Cyr, l'École spéciale militaire, admet 400 cadets par an sur 5 000 candidats, taux de réussite de 8 %. Alternatives : École navale (200 places) ou École de l'air (150). Les bacheliers avec mentions Très Bien excellent, mais 70 % des admis cumulent sport et langues étrangères dès le lycée.
Une fois sorti sous-lieutenant après trois ans, le cycle impose rotations : régiments d'infanterie, blindés ou génie. Les 20 premières années fixent le destin : 40 % des Saint-Cyriens stagnent au grade de colonel.
Les voies civiles existent, comme l'officier de réserve promu, mais elles plafonnent à 5 % des généraux. Priorité aux carrières pures.
La formation indispensable : au-delà de Saint-Cyr
Saint-Cyr forge le socle, mais l'École de guerre (PEG) propulse vers le haut commandement. Sélection sur dossier après capitaine : 120 auditeurs annuels sur 500 éligibles, incluant stages OTAN et simulations crisis. Durée : un an intensif, avec 60 % de tactique et 40 % de stratégie interarmées.
Ensuite, l'état-major interarmées (EMIA) ou les centres comme le CIDEM forment à la prospective. Exemple : le général Pierre de Villiers, ex-chef d'état-major, a enchaîné PEG, Cours Supérieur Interarmées et missions ONU. Sans cela, impossible de cocher les cases promotionnelles.
Les officiers parachutistes ou Légion étrangère surperforment : 25 % des généraux y ont servi, contre 10 % pour l'artillerie. Choisir une spécialité "mobile" multiplie les opportunités de commandement par 2,5.
Une digression : les simulateurs numériques, introduits en 2015, ont boosté les notations de 15 % pour les auditeurs PEG, rendant les erreurs virtuelles formatives sans coût humain.
Combien de temps pour devenir général de brigade ?
Le délai moyen s'établit à 28 ans de service pour deux étoiles, avec un minimum légal de 25 ans. Les plus rapides, comme ceux de la 11e promotion post-2000, y parviennent en 24 ans via OPEX cumulées (minimum 5 ans). Au-delà de 35 ans, les chances chutent à 20 %.
Calendrier type : sous-lieutenant (0 an), lieutenant (2), capitaine (6), commandant (12), lieutenant-colonel (16), colonel (20), général de brigade (28). Les promotions bisannuelles du Conseil Supérieur de la Défense fixent les quotas : 20 à 30 nouveaux généraux par an.
Facteur temps réel : les femmes, 15 % des officiers cadets aujourd'hui, pourraient raccourcir à 26 ans d'ici 2030, selon l'EMA.
Les critères implacables de promotion au généralat
Les notations annuelles pèsent 60 % : excellence (note 18/20+) requise sur commandement, avec 80 % des généraux ayant dirigé un régiment de 1 500 hommes. Deuxième pilier, l'ancienneté : 22 ans minimum pour colonel, mais 30 % des stagnants manquent d'encadrement supérieur.
Troisième, le relationnel : détachement à l'état-major des armées (EMA) ou ministère booste de 40 %. Les missions internationales (UE, OTAN) comptent double. Exemple concret : en 2022, 12 généraux promus sur 25 avaient validé l'Eagle Strike Program US.
Les facteurs décisifs pour devenir général incluent aussi la santé physique (aptitude 1 requise) et la discrétion médiatique. Un scandale écarte définitivement.
Les études internes divergent : l'IRSEM estime le mérite à 55 %, le réseau à 45 %. En réalité, les deux se conjuguent.
Devenir général en France ou ailleurs : comparaisons chiffrées
En France, 120 généraux pour 200 000 militaires (0,06 %), contre 300 aux États-Unis sur 1,3 million (0,023 %), mais avec plus d'étoiles (jusqu'à cinq). Temps moyen : 28 ans FR vs. 30 ans US, dû à nos OPEX fréquentes (150 jours/an vs. 100).
Allemagne : 80 généraux sur 180 000 (0,044 %), promotions plus lentes (32 ans), focus Bundestag. Russie : 200 sur 1 million, mais politisation à 70 %. La France excelle en mobilité : 60 % de ses généraux ont 3 spécialités, contre 40 % US.
Avantage français : retraite à 62 ans pour généraux, vs. 60 US, prolongeant l'expérience. Inconvénient : budget contraint (2,1 % PIB vs. 3,5 % US) limite les postes.
Erreurs courantes qui sabotent le chemin vers le généralat
Refuser un poste EMA : 35 % des colonels recalés l'ont fait, optant pour régiment local. Ignorer les langues : sans anglais courant (TOEIC 900+), les stages OTAN échappent, coûtant 2 promotions. Spécialité "sûre" comme logistique : seulement 8 % de généraux logistiques, vs. 28 % infanterie.
Manque de visibilité : ne pas publier analyses au Focus Stratégique (IRSEM) réduit les candidatures PEG de 50 %. Et la santé négligée : 20 % des échecs à l'aptitude médicale après 45 ans.
Une phrase ironique : croire que l'uniforme suffit, alors que les pixels numériques des drones décident souvent plus que les épaulettes.
Les conseils pratiques ? Anticiper : à 35 ans, visez déjà trois commandements et un master stratégique.
FAQ : réponses directes sur comment devenir un général
Quelle est la meilleure académie militaire pour viser général ?
Saint-Cyr domine avec 65 % des généraux actuels, devant Polytechnique (20 %). Navale et Air complètent, mais Terre priorise ses propres.
Combien coûte la formation pour devenir général ?
Gratuite pour l'élève-officier : solde de 1 200 €/mois dès Saint-Cyr. Coûts personnels : 5 000 €/an en équipements et stages. Retour sur investissement : salaire général à 10 000 € nets/mois après 28 ans.
Un civil peut-il devenir général sans Saint-Cyr ?
Rarement : 3 % via réserve ou reconversion, nécessitant 15 ans d'engagement et doctorat militaire. Exemple : général Lacapelle, ex-industriel, promu en 2018 après 20 ans réserve.
Conclusion : le parcours exigeant mais accessible aux élites
Devenir un général repose sur une entrée via académie militaire, 25-35 ans d'ascension méritocratique, et maîtrise des promotions via commandements et états-majors. Avec 1 % de succès, cela récompense persévérance, excellence et opportunisme. Les réformes 2023 accélèrent pour OPEX, mais la concurrence interne reste féroce. Si vous visez haut, commencez par un bac S mention TB et un sport de combat : les bases d'un futur stratège. L'armée forme des chefs, pas des suiveurs.

