Alors oui, on va parler chiffres, produits chimiques, et même un peu de chimie basique (promis, rien de rébarbatif). Mais surtout, on va voir comment éviter de transformer votre piscine en soupe verte en trois jours chrono – parce que c’est ça, le vrai risque quand on se plante sur le timing.
Le traitement choc, ce mal nécessaire (et mal compris)
D’abord, clarifions un point : un traitement choc, ce n’est pas juste verser un bidon de produit dans l’eau en espérant un miracle. C’est une opération de désinfection massive, généralement au chlore (mais pas seulement), qui vise à éradiquer bactéries, algues, et autres joyeusetés qui transforment votre bassin en marécage. Le principe ? Une dose massive de désinfectant, souvent 5 à 10 fois supérieure à la normale, pour casser les chaînes moléculaires des contaminants.
Mais voilà où ça coince : ces produits, surtout le chlore, sont ultra-sensibles à la lumière du soleil. Les UV les décomposent en quelques heures, réduisant leur efficacité à néant. Et c’est là que la question de la couverture devient cruciale – ou plutôt, de son absence. Parce que laisser la piscine découverte, c’est comme arroser un désert : une partie du produit s’évapore, une autre se fait griller par le soleil, et le reste… eh bien, il finit par se diluer dans l’eau sans avoir fait son boulot.
Les différents types de traitements choc (et pourquoi ça change tout)
Tous les chocs ne se valent pas. Voici les trois principaux, avec leurs particularités :
1. Le choc au chlore non stabilisé – Le plus courant, le moins cher, et le plus capricieux. Il se présente sous forme de granulés ou de pastilles, et son gros défaut, c’est sa volatilité. Sous un soleil d’été, il peut perdre jusqu’à 90% de son efficacité en 2 heures. Autant dire que si vous le versez à midi et que vous couvrez la piscine le soir, vous avez déjà perdu la moitié du combat.
2. Le choc au chlore stabilisé – Ici, on ajoute de l’acide cyanurique pour protéger le chlore des UV. Résultat : il tient plus longtemps, mais attention, car l’acide cyanurique s’accumule dans l’eau. Trop en mettre, et votre piscine devient un bouillon chimique où plus rien ne fonctionne correctement. Les experts recommandent de ne pas dépasser 50 ppm d’acide cyanurique, sinon vous entrez dans une zone grise où même un choc ne suffira plus.
3. Les alternatives sans chlore – Peroxyde d’hydrogène, brome, ou même des systèmes à l’oxygène actif. Moins agressifs, mais souvent plus chers et moins efficaces contre les algues tenaces. Le peroxyde, par exemple, se dégrade encore plus vite que le chlore sous l’effet de la chaleur. Là, on parle d’une demi-vie de 30 minutes à 1 heure en plein soleil. Bref, si vous optez pour cette solution, la couverture devient encore plus critique.
Pourquoi la plupart des gens se plantent (et comment l’éviter)
Le piège classique ? Croire que le traitement choc agit comme un antibiotique : vous prenez une dose, vous attendez, et hop, tout est réglé. Sauf que non. Une piscine, c’est un écosystème en équilibre précaire, et un choc, c’est comme un électrochoc : ça secoue tout, mais ça ne règle pas les problèmes de fond.
Prenez les algues, par exemple. Un choc au chlore va les tuer, oui, mais leurs spores, elles, restent en suspension dans l’eau. Si vous couvrez trop tôt, ces spores vont se redévelopper dès que le chlore aura baissé. Et là, vous êtes bon pour recommencer. Le truc, c’est de laisser le produit agir à plein régime avant de refermer la bâche. Mais combien de temps, exactement ? Ça, c’est toute la question.
Le grand débat : 12h, 24h, ou plus ? Ce que disent (vraiment) les pros
Si vous interrogez dix professionnels, vous aurez dix réponses différentes. Certains jurent par 12 heures, d’autres par 48 heures, et les plus prudents vous diront : "Ça dépend." Et ils n’ont pas tort. Parce que oui, ça dépend – de la météo, du type de traitement, de la température de l’eau, et même de la taille de votre piscine.
Les facteurs qui font varier le délai (et que personne ne vous explique)
Voici ce qui joue vraiment sur le temps d’attente :
1. L’ensoleillement – Un ciel dégagé en plein mois d’août ? Comptez 2 fois moins de temps qu’un jour nuageux en septembre. Les UV accélèrent la dégradation du chlore, donc plus il y a de soleil, plus le produit disparaît vite. En Provence, certains pisciniers recommandent de ne pas dépasser 6 à 8 heures d’exposition après un choc au chlore non stabilisé. Au-delà, vous jetez littéralement votre argent par les fenêtres.
2. La température de l’eau – Plus c’est chaud, plus les réactions chimiques s’emballent. À 30°C, le chlore se dégrade 3 fois plus vite qu’à 20°C. C’est pour ça qu’en plein été, certains pros conseillent de faire le traitement choc le soir, pour profiter de la fraîcheur nocturne. Et surtout, pour éviter que le soleil ne grille le produit avant qu’il n’ait fait son travail.
3. Le type de désinfectant – Comme on l’a vu plus haut, le chlore stabilisé tient mieux que le non stabilisé. Mais attention, car l’acide cyanurique a un effet pervers : il ralentit aussi l’action désinfectante du chlore. Résultat, si vous en mettez trop, votre choc mettra plus de temps à agir, mais tiendra plus longtemps. Un vrai casse-tête.
4. La présence de contaminants – Une eau trouble, pleine d’algues ou de débris organiques, va consommer le chlore plus vite. Dans ce cas, il faut parfois laisser la piscine découverte plus longtemps pour que le produit ait le temps de tout éliminer. Certains pisciniers recommandent même de faire un double choc dans ces situations, avec un délai de 24h entre les deux.
5. La taille et la forme de la piscine – Une petite piscine hors-sol va réagir plus vite qu’un grand bassin enterré. Pourquoi ? Parce que le volume d’eau est moindre, donc la dilution du produit est plus rapide. Dans une piscine de 50 m³, un choc au chlore mettra 2 à 3 fois plus de temps à se répartir uniformément que dans une piscine de 10 m³. Du coup, si vous couvrez trop tôt, certaines zones resteront sous-traitées.
Ce que recommandent les fabricants (et pourquoi il faut s’en méfier)
Si vous lisez les notices des produits, vous tomberez souvent sur des indications du type : "Laisser agir 12 à 24 heures avant de couvrir." Sauf que ces recommandations sont ultra-génériques. Elles partent du principe que vous traitez une piscine "standard", dans des conditions "normales". Or, comme on vient de le voir, les conditions normales, ça n’existe pas.
Prenez l’exemple de Bayrol, un des leaders du marché. Leur notice pour le Super Choc indique : "Laisser agir 12 heures avant de couvrir." Mais dans une FAQ cachée sur leur site, ils précisent que ce délai peut monter à 48 heures si l’eau est très trouble ou si la température dépasse 28°C. Personne ne lit les FAQ.
Autre exemple : HTH, une autre marque réputée. Leur Chlore Choc Granulé recommande 24 heures d’attente. Sauf que dans leur guide "Piscine en été", ils conseillent de réduire ce délai à 8-12 heures si le traitement est fait en soirée. Bref, même les pros adaptent leurs conseils en fonction du contexte. Alors pourquoi ne pas vous le dire clairement ?
La méthode scientifique (enfin, presque) pour calculer le bon délai
Plutôt que de suivre bêtement une notice, voici comment ajuster le temps d’attente en fonction de votre situation. Parce que oui, on peut faire mieux qu’un simple "24 heures et basta".
Étape 1 : Mesurer le taux de chlore résiduel
Le meilleur indicateur pour savoir si vous pouvez couvrir, c’est le taux de chlore libre dans l’eau. Voici comment procéder :
1. Faites votre traitement choc comme d’habitude.
2. Attendez 2 heures, puis testez le taux de chlore avec des bandelettes ou un testeur électronique.
3. Si le taux est supérieur à 3 ppm, attendez encore 2 heures et refaites un test.
4. Répétez l’opération jusqu’à ce que le taux redescende entre 1 et 3 ppm.
Pourquoi 1 à 3 ppm ? Parce que c’est la plage idéale pour une piscine bien désinfectée, sans excès de produit. En dessous de 1 ppm, les algues et bactéries peuvent reprendre du poil de la bête. Au-dessus de 3 ppm, vous risquez d’irriter les yeux et la peau des baigneurs, et le chlore va continuer à se dégrader inutilement.
Et si vous n’avez pas de testeur ? Dans ce cas, fiez-vous à la règle des 12 heures minimum, en ajustant en fonction de la météo (moins si soleil, plus si temps couvert). Mais honnêtement, investir dans un testeur à 20 euros, ça change la donne.
Étape 2 : Tenir compte de la météo (le facteur le plus sous-estimé)
La météo, c’est le paramètre que 90% des propriétaires de piscine négligent. Pourtant, c’est elle qui va déterminer si votre traitement choc tient 2 heures ou 24 heures. Voici comment adapter le délai en fonction des prévisions :
☀️ Ensoleillement fort (indice UV > 7) – Réduisez le temps d’attente de 30 à 50%. Par exemple, si la notice indique 24 heures, visez plutôt 12 à 16 heures. Et si possible, faites le traitement en fin de journée pour profiter de la nuit.
⛅️ Temps nuageux (indice UV 4-6) – Le délai standard (12-24 heures) convient généralement. Mais surveillez la température : si l’eau dépasse 28°C, réduisez de 20%.
️ Pluie ou orage annoncé – Là, c’est la galère. La pluie va diluer le chlore, et un orage peut carrément lessiver votre traitement. Dans ce cas, couvrez dès que le taux de chlore atteint 3 ppm, même si ça prend seulement 6 heures. Mieux vaut un traitement un peu court que pas de traitement du tout.
️ Canicule (température > 30°C) – Le chlore se dégrade à une vitesse folle. Si vous traitez le matin, couvrez au plus tard en milieu d’après-midi, même si le taux est encore élevé. Sinon, vous allez gaspiller 80% de votre produit.
Étape 3 : Adapter en fonction du type de couverture
Toutes les bâches ne se valent pas. Certaines laissent passer les UV, d’autres non. Voici comment ajuster le délai en fonction de ce que vous utilisez :
Bâche à bulles (transparente) – Elle laisse passer jusqu’à 80% des UV. Résultat : le chlore continue à se dégrader même sous la bâche. Dans ce cas, réduisez le temps d’attente de 20 à 30%. Par exemple, si la notice indique 24 heures, visez 16-18 heures.
Bâche d’hivernage (opaque) – Elle bloque 90% des UV, donc le chlore est protégé. Vous pouvez couvrir dès que le taux redescend à 3 ppm, même si ça prend seulement 8 heures.
Volet roulant (PVC ou polycarbonate) – Tout dépend de l’opacité. Les modèles blancs ou gris clair laissent passer 30 à 50% des UV. Dans ce cas, réduisez le délai de 10-15%. Les modèles noirs ou très opaques, en revanche, protègent presque comme une bâche d’hivernage.
Le problème, c’est que la plupart des gens ne savent même pas quel type de bâche ils ont. Vérifiez l’étiquette ou demandez au fabricant. Ça peut vous éviter de gâcher un traitement choc.
Les erreurs qui transforment votre piscine en bouillon de culture
On a tous fait au moins une de ces erreurs. Le pire, c’est que certaines semblent logiques… jusqu’à ce que vous vous retrouviez avec une eau verte et des algues qui poussent à vue d’œil. Voici les pièges à éviter absolument.
Erreur n°1 : Couvrir trop tôt "pour protéger le produit"
C’est le réflexe le plus courant, et le plus contre-productif. Vous venez de verser votre traitement choc, vous voyez le soleil taper, et vous vous dites : "Mieux vaut couvrir tout de suite pour éviter que le chlore ne s’évapore." Grave erreur.
Pourquoi ? Parce que le chlore a besoin de temps pour agir. Si vous couvrez trop tôt, deux choses se passent :
1. Le produit n’a pas le temps de se répartir uniformément dans l’eau. Résultat, certaines zones restent sous-traitées, et les algues en profitent pour se développer.
2. La chaleur sous la bâche accélère la dégradation du chlore. Une bâche à bulles, par exemple, peut faire monter la température de l’eau de 5 à 10°C. À 35°C, le chlore se dégrade 5 fois plus vite qu’à 25°C. Autant dire que vous jetez votre argent par les fenêtres.
Le bon réflexe ? Attendre au moins 6 heures avant de couvrir, même si le soleil tape. Et si vraiment vous avez peur de l’évaporation, utilisez une bâche opaque qui bloque les UV.
Erreur n°2 : Traiter le matin en plein été
Vous vous levez tôt, vous en profitez pour faire votre traitement choc, et hop, vous partez au travail en laissant la piscine à l’air libre. Sauf que si c’est en juillet ou août, à 10h du matin, le soleil est déjà assez fort pour griller 50% de votre chlore en 2 heures.
Le pire, c’est que beaucoup de gens font ça sans s’en rendre compte. Ils suivent la notice à la lettre ("24 heures d’attente"), mais ne tiennent pas compte du fait que ces 24 heures commencent sous un soleil de plomb. Résultat : à la fin de la journée, il ne reste presque plus de chlore dans l’eau, et les algues commencent à pointer le bout de leur nez.
La solution ? Traitez en fin de journée, vers 18h-19h. Comme ça, le produit a toute la nuit pour agir, sans se faire griller par les UV. Et si vous devez absolument traiter le matin, couvrez au plus tard à midi, même si le taux de chlore est encore élevé.
Erreur n°3 : Négliger le pH avant le traitement
Le pH, c’est le grand oublié des traitements choc. Pourtant, c’est lui qui détermine l’efficacité du chlore. Si votre pH est trop haut (> 7,8) ou trop bas (< 7,0), le chlore va soit agir trop lentement, soit se dégrader trop vite.
Prenons un exemple concret :
- À pH 7,2, le chlore est à 65% sous forme active (celle qui tue les bactéries et les algues).
- À pH 8,0, il n’est plus qu’à 20% sous forme active. Autrement dit, vous jetez 80% de votre produit à la poubelle.
Le bon réflexe ? Testez et ajustez le pH avant le traitement choc. Idéalement, visez un pH entre 7,2 et 7,4. Si c’est trop haut, utilisez un réducteur de pH. Si c’est trop bas, un augmentateur. Et attendez au moins 2 heures après l’ajustement avant de faire le choc, pour que le pH se stabilise.
Erreur n°4 : Oublier de filtrer pendant le traitement
Un traitement choc, c’est comme un nettoyage de printemps : si vous ne passez pas l’aspirateur après, la poussière revient. Dans le cas de la piscine, la filtration est indispensable pour éliminer les débris organiques et les résidus de traitement.
Pourtant, beaucoup de gens éteignent la filtration pendant le choc, par peur que le chlore ne "s’échappe" par les buses. C’est une erreur. La filtration ne réduit pas l’efficacité du chlore, au contraire : elle aide à le répartir uniformément et à éliminer les particules en suspension.
La bonne pratique ? Faites tourner la filtration en continu pendant au moins 24 heures après le traitement. Et si possible, nettoyez le filtre 4 à 6 heures après le choc, pour éliminer les résidus qui pourraient encrasser le système.
Erreur n°5 : Revenir à la normale trop vite
Vous avez fait votre traitement choc, vous avez attendu le bon délai, vous avez couvert la piscine… et maintenant, vous vous dites : "Super, je peux me baigner !" Pas si vite.
Un traitement choc, c’est comme un médicament : il faut laisser le temps au corps (ou dans ce cas, à l’eau) de se remettre. Si vous reprenez une désinfection normale trop tôt, vous risquez de :
- Déséquilibrer l’eau : le chlore résiduel du choc peut interférer avec votre traitement habituel.
- Provoquer des irritations : un taux de chlore trop élevé (> 5 ppm) peut brûler les yeux et la peau.
- Favoriser les algues : si le choc n’a pas eu le temps d’agir complètement, les spores peuvent se redévelopper dès que le taux de chlore baisse.
Le bon timing ? Attendez au moins 48 heures après le choc avant de revenir à votre routine de désinfection. Et testez toujours le taux de chlore avant de vous baigner. Si c’est au-dessus de 3 ppm, attendez encore 24 heures.
Traitement choc sans chlore : les alternatives et leurs pièges
Le chlore, c’est efficace, mais c’est aussi agressif pour la peau, les yeux, et les cheveux. Sans compter l’odeur, les irritations, et cette sensation de "piscine publique" qui colle à la peau. Du coup, de plus en plus de gens se tournent vers des alternatives. Mais attention, car ces solutions ont leurs propres contraintes – notamment en termes de temps d’attente avant de couvrir.
Le peroxyde d’hydrogène (oxygène actif) : rapide, mais capricieux
Le peroxyde d’hydrogène, ou oxygène actif, est souvent présenté comme la solution miracle : pas d’odeur, pas d’irritation, et une action désinfectante puissante. Sauf que…
1. Il se dégrade encore plus vite que le chlore sous l’effet de la chaleur et des UV. En plein soleil, sa demi-vie est de 30 à 60 minutes. Autant dire que si vous ne couvrez pas rapidement, il ne reste plus rien.
2. Il est moins efficace contre les algues que le chlore. Si votre piscine est déjà verte, un choc à l’oxygène actif ne suffira pas. Il faudra souvent doubler la dose, voire faire un deuxième traitement 24h plus tard.
3. Il coûte 2 à 3 fois plus cher que le chlore. Pour une piscine de 50 m³, comptez 50 à 80 euros par traitement, contre 15-20 euros pour un choc au chlore.
Côté temps d’attente, la règle est simple : couvrez dès que le taux d’oxygène actif redescend à 5 ppm. En pratique, ça prend généralement 4 à 8 heures, selon la température et l’ensoleillement. Et si vous traitez en journée, couvrez au plus tard 2 heures après l’ajout du produit, sinon il n’en restera plus rien.
Le brome : plus stable, mais plus cher
Le brome, c’est un peu le cousin du chlore, mais en plus doux. Il ne sent pas, n’irrite pas, et reste efficace même à pH élevé. Le problème ? Il est cher (comptez 80 à 120 euros pour un traitement choc sur une piscine de 50 m³), et il met plus de temps à agir que le chlore.
Côté temps d’attente, voici ce qu’il faut savoir :
- Le brome est moins sensible aux UV que le chlore, donc vous pouvez laisser la piscine découverte plus longtemps. En général, 12 à 24 heures suffisent, même en plein soleil.
- En revanche, il est très sensible à la température. À 30°C, il se dégrade 2 fois plus vite qu’à 20°C. Du coup, si vous traitez en été, réduisez le délai de 30%.
- Le brome a un effet rémanent : une fois ajouté, il reste actif plus longtemps que le chlore. C’est un avantage, mais ça veut aussi dire que si vous couvrez trop tôt, vous risquez d’avoir un taux trop élevé pendant plusieurs jours.
La bonne pratique ? Testez le taux de brome 12 heures après le traitement. S’il est entre 3 et 5 ppm, vous pouvez couvrir. S’il est plus bas, attendez encore 6 à 12 heures.
Les systèmes à l’ozone ou aux UV : l’option high-tech (mais pas magique)
Les générateurs d’ozone et les lampes UV promettent une désinfection sans produits chimiques. En théorie, c’est génial : pas d’odeur, pas d’irritation, et une eau cristalline. Sauf que…
1. Ces systèmes ne font que désinfecter. Ils ne tuent pas les algues, et ils n’éliminent pas les débris organiques. Du coup, si votre piscine est déjà trouble, un choc à l’ozone ou aux UV ne suffira pas.
2. Ils coûtent très cher : comptez 1500 à 3000 euros pour un système complet, plus les frais d’entretien.
3. Ils nécessitent un complément chimique. Même avec un générateur d’ozone, il faut ajouter un peu de chlore ou de brome pour maintenir un taux résiduel.
Côté temps d’attente, ces systèmes changent la donne : comme ils ne reposent pas sur un produit chimique qui se dégrade, vous pouvez couvrir immédiatement après le traitement. Mais attention, car si l’eau est déjà contaminée, le choc ne suffira pas. Dans ce cas, il faudra souvent combiner avec un traitement chimique classique.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n’ose demander)
Peut-on se baigner pendant le traitement choc ?
Non. Absolument pas. Un traitement choc, c’est une dose massive de désinfectant, souvent 5 à 10 fois supérieure à la normale. À ces concentrations, le chlore (ou le brome, ou le peroxyde) est toxique pour la peau, les yeux, et les voies respiratoires. Même une exposition de quelques minutes peut provoquer des brûlures, des irritations, ou des difficultés à respirer.
La règle d’or : attendez au moins 24 heures après le choc, et vérifiez que le taux de désinfectant est redescendu en dessous de 3 ppm avant de plonger. Et si vous avez traité au peroxyde d’hydrogène, attendez 48 heures, car il met plus de temps à se dégrader.
Une exception : si vous utilisez un chlore stabilisé et que le taux redescend rapidement (par exemple, en 12 heures), vous pouvez vous baigner plus tôt. Mais dans ce cas, testez toujours l’eau avant.
Que faire si on a couvert trop tôt ?
Pas de panique. Si vous avez couvert la piscine moins de 6 heures après le traitement, voici ce que vous pouvez faire :
1. Découvrez immédiatement et laissez la piscine à l’air libre pendant au moins 6 heures. Comme ça, le produit aura le temps de se répartir et d’agir.
2. Testez le taux de chlore (ou de brome, ou d’oxygène actif) après ces 6 heures. S’il est inférieur à 1 ppm, faites un deuxième traitement choc, mais cette fois, attendez le bon délai avant de couvrir.
3. Filtrez en continu pendant 24 heures pour éliminer les résidus et les particules en suspension.
Si vous avez couvert plus de 6 heures après le traitement, mais que l’eau est trouble ou que des algues apparaissent, c’est signe que le choc n’a pas été assez efficace. Dans ce cas, refaites un traitement, mais cette fois, attendez 24 heures avant de couvrir, et filtrez en continu.
Faut-il faire un traitement choc avant ou après l’hivernage ?
Les deux. Mais pas pour les mêmes raisons.
Avant l’hivernage (généralement en octobre ou novembre) :
- Faites un traitement choc au chlore pour éliminer les bactéries et les algues avant de couvrir la piscine pour l’hiver.
- Attendez 24 à 48 heures avant de couvrir, pour que le produit ait le temps d’agir.
- Ajoutez un algicide pour prévenir la prolifération des algues pendant l’hiver.
Après l’hivernage (au printemps, avant la remise en route) :
- Si l’eau est claire, un choc au chlore suffit généralement. Attendez 24 heures avant de couvrir.
- Si l’eau est verte ou trouble, faites un double choc : un premier traitement pour tuer les algues, puis un deuxième 24h plus tard pour stabiliser l’eau. Dans ce cas, attendez 48 heures avant de couvrir.
Le piège à éviter ? Oublier de traiter avant l’hivernage. Si vous couvrez une piscine sans choc préalable, les algues et les bactéries vont proliférer pendant l’hiver, et vous allez vous retrouver avec une soupe verte au printemps. Autant dire que la remise en route sera un calvaire.
Peut-on utiliser une bâche solaire pendant le traitement choc ?
Non. Surtout pas. Une bâche solaire (ou bâche à bulles) est conçue pour réchauffer l’eau, pas pour protéger le chlore. En fait, elle fait exactement l’inverse :
1. Elle laisse passer 80% des UV, qui dégradent le chlore.
2. Elle fait monter la température de l’eau, ce qui accélère encore la dégradation du produit.
3. Elle crée un effet de serre sous la bâche, ce qui favorise la prolifération des bactéries.
Si vous voulez couvrir pendant un traitement choc, utilisez une bâche d’hivernage opaque ou un volet roulant très épais. Et même dans ce cas, attendez au moins 6 heures avant de couvrir.
Verdict : combien de temps faut-il vraiment laisser sa piscine découverte ?
Alors, on en revient à la question de départ : 24 heures, c’est la bonne réponse ? Pas forcément. Parce que comme on l’a vu, tout dépend du contexte. Voici ce qu’il faut retenir, selon les situations :
☀️ En plein été, avec un choc au chlore non stabilisé – 6 à 12 heures, maximum. Au-delà, le soleil aura grillé la moitié de votre produit. Et si possible, traitez en fin de journée pour profiter de la nuit.
⛅️ Par temps nuageux, avec un choc au chlore stabilisé – 12 à 24 heures. Le stabilisant protège le chlore, mais il ne faut pas non plus traîner.
️ En cas de canicule (température > 30°C) – 4 à 8 heures, même avec un choc stabilisé. La chaleur accélère tout, y compris la dégradation du chlore.
️ Si la pluie est annoncée – Couvrez dès que le taux de chlore atteint 3 ppm, même si ça prend seulement 4 heures. Mieux vaut un traitement un peu court que pas de traitement du tout.
Avec un choc au peroxyde d’hydrogène – 2 à 6 heures, maximum. Au-delà, il ne reste plus rien.
Avec un choc au brome – 12 à 24 heures. Le brome est plus stable, mais il met plus de temps à agir.
Et si vous ne retenez qu’une seule chose ? Testez toujours le taux de chlore avant de couvrir. Une bandelette à 5 euros peut vous éviter de gâcher un traitement à 50 euros. Parce qu’au final, le vrai problème
