Les chevaux au Japon : une histoire ancienne… mais oubliée ?
Mais bon, faut dire que le Japon, c’est pas exactement le pays des grands plateaux ouverts comme la Mongolie... C’est montagneux, humide, pas franchement l’idéal pour élever des chevaux à grande échelle. Alors, progressivement, leur rôle s’est effacé.
Le territoire japonais : un terrain pas trop "cheval-compatible"
Un climat et une géographie peu adaptés
Le Japon, c’est beaucoup de forêts, de collines, de zones urbaines très denses... bref, pas vraiment le Far West. L’espace pour les élevages est limité et souvent cher. Et puis entre les typhons, les pluies abondantes et les terrains escarpés, le cheval s’y plaît moyen, franchement.
J’ai visité une ferme à Hokkaido une fois, en hiver. Ils avaient deux chevaux islandais, pour le fun, pas pour bosser. Le proprio m’a dit : “ici, on les garde comme des chiens de luxe”. Voilà. Ça veut tout dire.
L’urbanisation massive
Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon a connu une urbanisation à la vitesse grand V. Les rizières ont disparu, les campagnes se sont vidées, et l’agriculture s’est mécanisée. Fini les chevaux de trait. Place aux tracteurs et aux camions.
Culture et modernité : quand le cheval devient marginal
Le cheval dans la culture japonaise actuelle
Aujourd’hui, les chevaux sont quasi absents de la vie quotidienne japonaise. Oui, y’a des courses hippiques (le Keiba), quelques ranchs touristiques et de l’équitation de loisir. Mais faut le dire : le cheval n’est pas un animal central là-bas. On le voit pas dans les rues, ni même dans les campagnes.
Une fois, à Kyoto, j’ai demandé à une dame d’un certain âge si elle avait déjà monté à cheval. Elle m’a regardé surprise : “À part au temple, pour des cérémonies ? Jamais !”. C’était sincère, presque gênée.
Un rapport spirituel plus qu’utilitaire
Dans le shintoïsme, le cheval était autrefois un messager des dieux (les fameux shinme). On trouve encore des statues de chevaux blancs dans certains sanctuaires. Mais ça reste symbolique. Le cheval en tant qu’animal du quotidien ? Il a pris la porte depuis longtemps.
L’économie et la filière équestre : quasi inexistantes
Pas de filière viande, peu d’élevage
Contrairement à d’autres pays, la viande de cheval est très peu consommée au Japon. On en trouve un peu dans la région de Kumamoto, mais ça reste marginal (et souvent très cher). Résultat : pas de réelle filière économique autour du cheval.
L’élevage, lui, est limité à quelques fermes spécialisées. On élève surtout pour les courses ou les clubs équestres. Rien de comparable à la France, où les chevaux sont encore présents dans les foires, les champs et même les gendarmeries.
En résumé : pas de chevaux au Japon… ou presque
Alors, pourquoi il n’y a pas de chevaux au Japon ? Disons que c’est un mélange de facteurs :
un territoire peu favorable
une culture qui les a peu valorisés
une modernité qui les a ringardisés
et une économie qui les a zappés
Le cheval au Japon, c’est un vestige du passé, un clin d’œil spirituel, ou un loisir de luxe. Mais sûrement pas un compagnon du quotidien. Et franchement, quand on s’y balade... on finit par ne plus s’en étonner.
