Pourquoi cette question n’a (presque) aucun sens – et pourquoi on en parle quand même
Commençons par le plus évident : il n’existe pas de réponse universelle. La beauté, surtout en Corée, est un concept mouvant, façonné par des siècles d’histoire, des pressions sociales et une industrie du divertissement qui pèse des milliards de wons. Pourtant, le débat persiste, alimenté par des classements annuels, des sondages douteux et des discussions enflammées sur les forums. Pourquoi ? Parce que derrière cette question en apparence futile se cache une obsession bien plus profonde : celle de définir l’identité coréenne à travers le prisme de la beauté.
Les critères varient selon les époques. Dans les années 1990, une beauté "naturelle" et discrète était valorisée – pensez aux actrices comme Choi Ji-woo, dont le visage ovale et les traits doux incarnaient l’idéal féminin. Aujourd’hui, l’influence des idols K-pop et des filtres Instagram a tout changé. Les visages se doivent d’être symétriques, les pommettes saillantes, les lèvres pulpeuses, et les yeux… eh bien, assez grands pour qu’on puisse y lire un roman. (Ou du moins, assez grands pour que les chirurgiens esthétiques de Gangnam aient de quoi travailler.)
L’héritage du "gwiyeowo" : quand la beauté devient une arme politique
Le terme gwiyeowo (귀여워), qui signifie "mignon" ou "adorable", est souvent associé à un certain type de beauté féminine en Corée. Mais derrière cette apparence innocente se cache une histoire plus sombre. Pendant des siècles, les femmes coréennes ont été jugées sur leur capacité à incarner des idéaux confucéens : soumission, discrétion, et une beauté qui ne devait jamais éclipser celle des hommes. Les portraits de la dynastie Joseon montrent des femmes aux traits fins, aux sourcils épilés en forme de croissant de lune, et aux lèvres à peine rosées. Rien à voir avec les selfies retouchés d’aujourd’hui, où chaque détail est amplifié à l’extrême.
Et puis, il y a eu la colonisation japonaise, la guerre de Corée, et l’influence américaine. Chaque période a apporté son lot de standards, souvent contradictoires. Dans les années 1970, les actrices comme Youn Yuh-jung (lauréate d’un Oscar pour Minari) brisaient les codes avec des visages expressifs et des personnalités fortes. Aujourd’hui, on leur préfère des idols comme Jisoo de Blackpink, dont la beauté "parfaite" est soigneusement calculée pour plaire au plus grand nombre. (Et accessoirement, pour vendre des produits de beauté.)
Les classements qui font (et défont) les réputations
Chaque année, des magazines comme Forbes Korea ou The Face publient des listes des "plus belles femmes de Corée". En 2023, c’est Kim Ji-won (l’actrice de Queen of Tears) qui a trusté la première place, devant Song Hye-kyo et Park Shin-hye. Mais ces classements sont-ils vraiment objectifs ? Pas vraiment. Ils mélangent allègrement popularité, revenus publicitaires et influence sur les réseaux sociaux. Autant dire que la beauté pure n’a souvent qu’un rapport lointain avec ces palmarès.
Prenez Han So-hee, l’actrice de Nevertheless. Son visage asymétrique et son regard intense détonnent dans un paysage dominé par les traits lisses et standardisés. Pourtant, elle est régulièrement citée comme l’une des plus belles femmes du pays. Pourquoi ? Parce qu’elle incarne une beauté qui sort des sentiers battus – et ça, en 2024, ça change tout. (Ou du moins, ça devrait.)
Les 5 critères qui définissent (ou pas) la beauté coréenne en 2024
Si vous demandez à dix Coréens de décrire la "plus belle fille de Corée", vous obtiendrez probablement dix réponses différentes. Pourtant, certains critères reviennent sans cesse, comme une sorte de trame invisible qui structure les jugements. Voici ceux qui comptent vraiment – et ceux qui sont en train de disparaître.
1. Le visage en "V" : la quête du menton parfait
En Corée, un visage idéal doit ressembler à un triangle inversé : large au niveau des pommettes, étroit au niveau de la mâchoire. C’est ce qu’on appelle le visage en "V", un standard si répandu que les cliniques de chirurgie esthétique de Gangnam en ont fait leur fonds de commerce. Les techniques pour y parvenir ? La réduction de la mâchoire (qui consiste à limer une partie de l’os), les injections de Botox pour affiner les masséters, ou encore les fils tenseurs pour lifter les joues.
Résultat : des visages de plus en plus similaires, au point que certains critiques parlent d’une "standardisation de la beauté". Lee Ji-eun (IU), avec son menton délicat et ses pommettes hautes, incarne parfaitement cet idéal. Pourtant, elle n’a jamais eu recours à la chirurgie – un exploit dans un pays où 1 femme sur 3 aurait déjà subi une opération esthétique avant ses 30 ans. (Les chiffres varient selon les sources, mais une chose est sûre : Gangnam ne désemplit pas.)
2. La peau "glass skin" : quand la beauté devient une science
Si vous avez déjà entendu parler de la glass skin, vous savez que les Coréennes ne rigolent pas avec leur routine skincare. L’objectif ? Une peau si lisse, si hydratée et si lumineuse qu’elle ressemble à du verre. Pour y parvenir, certaines enchaînent jusqu’à 10 étapes le soir : démaquillage, nettoyant à l’huile, nettoyant à l’eau, exfoliant, tonique, essence, sérum, masque, crème, et enfin, une couche de SPF le matin. (Oui, même en hiver. Non, ce n’est pas négociable.)
Les marques comme Sulwhasoo ou Laneige ont bâti des empires sur ce concept, et les influenceuses beauté coréennes sont devenues des références mondiales. Pourtant, cette obsession a un prix : des dermatologues tirent la sonnette d’alarme sur les irritations chroniques et les allergies causées par ces routines trop agressives. (Sans parler du budget : compter 300 à 500 euros par mois pour une routine complète n’a rien d’exceptionnel.)
3. Les yeux "aegyo sal" : le détail qui fait toute la différence
L’aegyo sal (애교살), ce petit bourrelet de graisse sous les yeux qui donne un regard plus jeune et plus expressif, est devenu un must-have en Corée. À tel point que certaines personnes n’hésitent pas à se faire injecter de l’acide hyaluronique pour en obtenir. Park Bo-young, l’actrice de Strong Girl Bong-soon, est souvent citée comme l’incarnation parfaite de ce trait.
Mais là encore, tout est question de dosage. Trop d’aegyo sal, et vous ressemblez à quelqu’un qui n’a pas dormi depuis trois jours. Pas assez, et vous passez pour une personne froide et distante. (Un équilibre aussi subtil que celui d’un funambule sur un fil.) Les réseaux sociaux ont encore compliqué les choses : avec les filtres qui amplifient ce détail, les attentes sont devenues irréalistes. Résultat, de plus en plus de jeunes femmes se tournent vers la chirurgie pour obtenir un résultat "naturel" – un oxymore qui en dit long sur les paradoxes de la beauté coréenne.
4. Les cheveux : entre tradition et modernité
Longtemps, les cheveux longs et noirs ont été associés à la féminité en Corée. Aujourd’hui, les choses ont changé. Les coupes bob ou pixie sont devenues tendance, portées par des célébrités comme Kim Go-eun ou Park So-dam. Mais attention : pas question de se teindre les cheveux en bleu ou en vert sans risquer les regards désapprobateurs. (Sauf si vous êtes une idol, bien sûr. Là, tout est permis.)
Le vrai débat, en 2024, porte sur la texture des cheveux. Les Coréennes dépensent des fortunes en produits lissants et en traitements à la kératine pour obtenir des cheveux ultra-lisses, alors que les boucles naturelles gagnent en popularité en Occident. Jung Ho-yeon, l’ex-mannequin de Squid Game, a d’ailleurs contribué à populariser les cheveux naturels en Corée – un petit pas pour la diversité, un bond de géant pour l’industrie de la beauté.
5. Le corps : entre minceur extrême et nouvelles normes
Pendant des années, la minceur a été le seul critère valable en Corée. Les mannequins pesaient souvent moins de 50 kg pour 1,70 m, et les régimes draconiens étaient monnaie courante. Mais les choses évoluent – lentement. Des influenceuses comme Lee Hyori ou Jessica Jung ont commencé à parler ouvertement de leur lutte contre les troubles alimentaires, et des marques comme 66 Girls proposent désormais des tailles allant jusqu’au XXL.
Pourtant, le chemin est encore long. Les publicités pour les cliniques de liposuccion pullulent, et les réseaux sociaux regorgent de comptes promettant des "astuces pour maigrir en une semaine". (Spoiler : la plupart sont dangereuses.) La Corée reste l’un des pays où la pression sur le poids est la plus forte, surtout pour les jeunes femmes. En 2022, une étude a révélé que 60 % des lycéennes coréennes avaient déjà suivi un régime – un chiffre qui donne le vertige.
Les 3 femmes qui cristallisent le débat (et pourquoi elles divisent)
Plutôt que de chercher une réponse unique, intéressons-nous à trois figures qui incarnent des visions radicalement différentes de la beauté coréenne. Leurs parcours illustrent à quel point ce sujet est subjectif – et politique.
1. Song Hye-kyo : l’éternelle icône, entre classicisme et modernité
Si vous demandez à un Coréen de plus de 40 ans qui est la plus belle femme du pays, il y a de fortes chances qu’il réponde Song Hye-kyo. L’actrice, star de Descendants du soleil et The Glory, incarne une beauté intemporelle, à mi-chemin entre tradition et modernité. Son visage symétrique, ses lèvres roses et ses yeux en amande correspondent parfaitement aux canons classiques – sans pour autant tomber dans la caricature.
Pourtant, Song Hye-kyo divise. Certains lui reprochent de représenter une beauté trop "lisse", trop conforme aux attentes des hommes d’âge mûr. D’autres, au contraire, voient en elle une figure rassurante, un pont entre les générations. Une chose est sûre : à 42 ans, elle reste l’une des actrices les plus bankables du pays – et ça, c’est une forme de victoire.
2. Jennie Kim (Blackpink) : la beauté "globale" qui bouscule les codes
Avec Jennie Kim, on entre dans une autre dimension. La chanteuse de Blackpink incarne une beauté "globale", conçue pour plaire aussi bien à Séoul qu’à New York ou à Paris. Son visage, souvent décrit comme "parfait", est le résultat d’un mélange savant de traits asiatiques et occidentaux : pommettes hautes, nez droit, lèvres pulpeuses. (Et oui, elle a avoué avoir eu recours à la chirurgie esthétique – une confession rare dans un milieu où le sujet reste tabou.)
Jennie divise parce qu’elle représente tout ce que la Corée du Sud exporte avec succès : le K-pop, la mode de luxe, et une esthétique ultra-polie. Mais elle incarne aussi les excès de cette industrie. Ses fans la vénèrent, ses détracteurs lui reprochent de promouvoir des standards inatteignables. Une chose est certaine : sans elle, la beauté coréenne ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui – pour le meilleur et pour le pire.
3. Han So-hee : la beauté "alternative" qui gagne du terrain
Si Song Hye-kyo et Jennie Kim représentent deux facettes de la beauté coréenne dominante, Han So-hee en incarne une troisième, bien plus subversive. Son visage asymétrique, ses sourcils épais et son regard intense détonnent dans un paysage dominé par les traits lisses et standardisés. Pourtant, elle est devenue l’une des actrices les plus demandées du pays, notamment grâce à son rôle dans Nevertheless.
Han So-hee est la preuve que les mentalités évoluent. Elle prouve qu’on peut être belle sans correspondre aux critères traditionnels – et ça, c’est révolutionnaire. Pourtant, elle reste une exception. La plupart des actrices et idols continuent de se plier aux attentes de l’industrie, par peur de perdre des contrats ou des rôles. (Et dans un pays où le "look" compte autant que le talent, ce n’est pas près de changer.)
Les 4 idées reçues sur la beauté coréenne (et pourquoi elles sont fausses)
Autour de la beauté coréenne, les clichés pullulent. Certains sont tenaces, d’autres carrément dangereux. Démêlons le vrai du faux.
1. "Toutes les Coréennes se ressemblent à cause de la chirurgie esthétique"
C’est l’un des préjugés les plus répandus en Occident. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée. Certes, la Corée du Sud est le pays où l’on pratique le plus d’opérations esthétiques au monde (environ 1 million par an, selon les statistiques officielles). Mais cela ne signifie pas que toutes les Coréennes ont le même visage. (Sinon, comment expliquer le succès de Han So-hee ou de Kim Ji-won, dont les traits sont loin d’être standardisés ?)
Le vrai problème, c’est que les médias et les réseaux sociaux mettent en avant un seul type de beauté – celui qui correspond aux attentes des annonceurs. Résultat, les femmes qui ne rentrent pas dans ce moule ont l’impression d’être invisibles. Mais les choses changent, lentement. Des mouvements comme #EscapeTheCorset (qui encourage les femmes à rejeter les standards de beauté oppressifs) gagnent en popularité, et de plus en plus de célébrités assument leurs imperfections. (Même si, avouons-le, elles restent minoritaires.)
2. "La beauté coréenne, c’est juste du maquillage et des filtres"
Il suffit de regarder une vidéo "get ready with me" d’une influenceuse coréenne pour comprendre que le maquillage joue un rôle énorme dans l’esthétique locale. Les techniques comme le gradient lips (des lèvres ombrées pour un effet naturel) ou le puppy eyeliner (un trait d’eye-liner qui donne un regard de chien battu – oui, c’est une vraie tendance) sont devenues des classiques. Pourtant, réduire la beauté coréenne à du maquillage, c’est passer à côté de l’essentiel.
Derrière ces looks soignés se cache une philosophie bien plus profonde : celle du sonbi (선비), un idéal confucéen qui valorise l’harmonie, la discipline et le soin de soi. En Corée, prendre soin de son apparence n’est pas une question de vanité, mais de respect – envers soi-même et envers les autres. (D’où l’importance de ne jamais sortir sans s’être au moins lavé le visage, même pour aller acheter du lait au coin de la rue.)
3. "Les Coréennes veulent toutes ressembler à des Occidentales"
C’est l’un des clichés les plus agaçants. Oui, certaines célébrités coréennes ont des traits qui semblent "occidentalisés" – nez plus droits, yeux plus grands, pommettes plus saillantes. Mais cela ne signifie pas qu’elles veulent ressembler à des Européennes ou des Américaines. En réalité, ces traits sont souvent le résultat d’une quête de beauté pan-asiatique, un mélange de caractéristiques japonaises, chinoises et coréennes qui transcende les frontières.
Prenez Lisa de Blackpink. Avec ses pommettes hautes et son nez fin, elle incarne une beauté qui plaît aussi bien en Thaïlande qu’en Corée ou aux États-Unis. Mais cela ne fait pas d’elle une "Occidentale honoraire". Au contraire, son succès prouve que les standards de beauté asiatiques ont leur propre logique – et qu’ils n’ont pas besoin de l’approbation de l’Occident pour exister.
4. "La beauté coréenne, c’est juste une mode passagère"
Si vous pensez que la K-beauty est un phénomène récent, détrompez-vous. Les Coréennes utilisent des ingrédients comme le ginseng ou le miel dans leurs soins depuis des siècles. Ce qui a changé, c’est la façon dont ces traditions ont été commercialisées et exportées. Dans les années 2010, des marques comme Innisfree ou Etude House ont conquis le monde avec leurs packagings mignons et leurs produits innovants. Aujourd’hui, le marché de la beauté coréenne pèse plus de 13 milliards de dollars – et il continue de croître.
Mais attention : cette popularité a un revers. De plus en plus de marques surfent sur la tendance sans proposer de réelle innovation, et certaines pratiques (comme les routines skincare à 10 étapes) sont devenues des caricatures d’elles-mêmes. (Combien de personnes utilisent vraiment un masque à l’escargot tous les soirs ?) Pourtant, une chose est sûre : la beauté coréenne n’est pas près de disparaître. Elle évolue, se réinvente, mais reste ancrée dans une culture qui accorde une importance capitale à l’apparence.
Questions fréquentes : ce que tout le monde se demande (mais n’ose pas toujours demander)
Pourquoi les Coréennes ont-elles toutes l’air si jeunes ?
La réponse tient en trois mots : soin, génétique, et… un peu de chance. Les Coréennes sont obsédées par la prévention du vieillissement. Dès 20 ans, beaucoup commencent à utiliser des crèmes anti-âge, des sérums à la vitamine C, et des masques éclaircissants. (Oui, même si elles n’ont pas encore une seule ride.) Mais il y a aussi un facteur génétique : les Asiatiques produisent naturellement plus de mélanine, ce qui protège leur peau des dommages causés par le soleil. Enfin, le maquillage coréen met l’accent sur un teint frais et lumineux, ce qui donne l’illusion d’une peau plus jeune.
Cela dit, cette obsession de la jeunesse a un prix. Les cliniques de chirurgie esthétique proposent des liftings dès 30 ans, et les publicités pour les injections de Botox ciblent désormais les vingtenaires. (Un marché qui, selon les experts, devrait atteindre 2 milliards de dollars d’ici 2025.)
Est-ce que toutes les Coréennes se font opérer ?
Non, mais le pourcentage est élevé. Selon une étude de l’International Society of Aesthetic Plastic Surgery, la Corée du Sud est le pays où l’on pratique le plus d’opérations esthétiques par habitant – devant les États-Unis et le Brésil. Environ 1 femme sur 3 aurait déjà eu recours à la chirurgie avant ses 30 ans. Les interventions les plus courantes ? La blépharoplastie (pour créer un pli sur la paupière), la rhinoplastie, et la réduction de la mâchoire.
Pourtant, le sujet reste tabou. Beaucoup de célébrités nient avoir eu recours à la chirurgie, même quand les preuves sont accablantes. (Jennie Kim de Blackpink a fini par avouer, mais seulement après des années de spéculations.) La pression sociale est telle que certaines femmes se font opérer en secret, sans en parler à leur famille. (Un silence qui en dit long sur les attentes de la société coréenne.)
Pourquoi les idols K-pop ont-elles toutes le même visage ?
Si vous trouvez que les membres de NewJeans, aespa ou IVE se ressemblent, ce n’est pas un hasard. Les agences de K-pop recrutent leurs idols en fonction de critères très précis : visage symétrique, peau parfaite, taille entre 1,60 m et 1,70 m, et un poids qui ne dépasse pas 50 kg. (Même pour les hommes, d’ailleurs – les idols masculins sont souvent minces et androgynes.)
Le problème, c’est que ces standards sont de plus en plus critiqués. Des fans dénoncent une "usine à clones", où les idols sont formatés pour correspondre à un idéal commercial. Certaines agences vont même jusqu’à exiger des contrats de "beauté" : si une idol prend du poids ou change de coiffure sans autorisation, elle peut être pénalisée financièrement. (Oui, c’est aussi absurde que ça en a l’air.)
Heureusement, des voix commencent à s’élever contre ce système. Des groupes comme STAYC ou LE SSERAFIM mettent en avant des membres aux physiques plus variés, et certaines idols, comme Hwasa de Mamamoo, assument leur corps sans complexe. (Un vent de rébellion qui fait du bien.)
Est-ce que la beauté coréenne influence le reste du monde ?
Absolument. La K-beauty a révolutionné l’industrie cosmétique mondiale. Des produits comme le BB cream (inventé en Allemagne, mais popularisé par la Corée), les cushion compacts, ou les masques en tissu sont désormais des incontournables dans les salles de bain du monde entier. En 2023, le marché mondial de la K-beauty a dépassé les 15 milliards de dollars – et il devrait continuer à croître.
Mais l’influence va bien au-delà des produits. Les techniques de maquillage coréennes, comme le strobing (mettre en valeur les zones de lumière du visage) ou le blush draping (un dégradé de blush pour un effet naturel), sont devenues des références. Même les marques occidentales, comme Fenty Beauty ou Glossier, s’en inspirent.
Pourtant, cette influence a aussi des effets pervers. En Occident, certaines personnes adoptent des routines skincare coréennes sans comprendre que les besoins de leur peau sont différents. (Un sérum à la snail mucin, c’est bien – mais pas si vous avez la peau sensible et que ça vous provoque des rougeurs.) Bref, la K-beauty est une bénédiction… à condition de l’adapter à son propre type de peau.
Verdict : la plus belle fille de Corée n’existe pas (et c’est très bien comme ça)
Après avoir exploré les critères, les classements, les idées reçues et les parcours de celles qui incarnent la beauté coréenne, une chose est claire : il n’y a pas de réponse unique à cette question. La beauté, en Corée comme ailleurs, est un concept subjectif, façonné par des siècles d’histoire, des pressions sociales et des tendances éphémères. Ce qui est considéré comme "beau" aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain – et c’est tant mieux.
Plutôt que de chercher une "plus belle fille de Corée", peut-être devrions-nous célébrer la diversité des visages qui composent ce pays. Entre Song Hye-kyo et son élégance intemporelle, Jennie Kim et sa beauté globale, et Han So-hee et son charme subversif, la Corée offre une palette bien plus riche que ce que les médias veulent nous faire croire. (Et puis, avouons-le : si tout le monde se ressemblait, ce serait d’un ennui mortel.)
Alors, la prochaine fois que quelqu’un vous demandera qui est la plus belle fille de Corée, répondez simplement : "Celle qui te fait vibrer." Parce qu’au fond, la beauté n’est pas une compétition. C’est une question de regard – et le vôtre est le seul qui compte vraiment.
Et si jamais vous visitez Séoul, prenez le temps d’observer les visages dans le métro, les cafés ou les marchés. Vous verrez que la vraie beauté coréenne ne se trouve pas dans les classements ou les publicités, mais dans ces milliers de sourires, de regards et d’expressions qui font de ce pays un endroit unique. (Même si, entre nous, un petit passage chez un dermatologue de Gangnam ne ferait de mal à personne.)
