Un avion de chasse révolutionnaire… sur le papier
Conçu pour remplacer plusieurs avions dans les forces de l’OTAN, il devait tout faire: attaque au sol, supériorité aérienne, guerre électronique… même du décollage vertical avec la version F-35B. Mais entre la promesse et la réalité, y’a parfois un petit monde.
Les performances : bluffantes ou surcotées ?
Des capacités furtives impressionnantes
Oui, niveau furtivité, il en impose. Le F-35 a été pensé pour éviter au max les radars ennemis. Sa forme, son revêtement, son moteur enfoui dans la structure… tout est optimisé pour passer inaperçu. Là-dessus, rien à redire, c’est du lourd.
Mais voilà, la furtivité ne fait pas tout. L’avion doit aussi manœuvrer, accélérer, encaisser… Et là, certains pilotes préfèrent le bon vieux F-16 ou le Rafale pour la réactivité.
Une manœuvrabilité… moyenne
J’ai discuté en 2019 avec un ancien pilote de chasse norvégien, qui avait testé le F-35A. Il m’a dit texto :
“En BVR (combat longue portée), il est au top. Mais en dogfight pur… c’est pas un Mirage 2000.”
Et ça, ça revient souvent : le F-35 est très bon quand il peut frapper à distance, mais un peu « mollasson » en combat rapproché. Ça peut déranger, surtout pour un appareil aussi cher.
Les bugs techniques : un talon d’Achille embarrassant
Des problèmes logiciels à répétition
Le système ALIS, censé gérer toute la logistique et la maintenance de l’appareil, a connu des pannes régulières, des retards, des bugs étranges (comme la détection d’usure de pièces qui étaient neuves…). On a même vu des pilotes cloués au sol à cause d’un simple souci informatique.
Bon, ça évolue — ALIS a été remplacé par ODIN — mais la réputation a pris un coup. Un F-35 cloué au hangar, c’est pas franchement un bon plan pour un avion de combat...
Des coûts d’entretien hallucinants
En 2022, la maintenance annuelle moyenne d’un F-35 était estimée à plus de 7 millions de dollars par appareil. Pour certains pays, ça devient vite un gouffre. Pas étonnant que le Canada ou l’Allemagne aient longtemps hésité avant d’en commander.
Ah et autre détail marrant (ou pas): en 2020, un F-35B a été perdu lors d’un ravitaillement en vol... à cause d’une perche de ravitaillement défectueuse. C’est ballot, non ?
Est-ce qu’il est adapté à tous les types de guerre ?
Pour les conflits modernes, oui
Dans une guerre comme celle d’Ukraine, où la maîtrise de l’espace aérien est disputée, le F-35 peut avoir un vrai avantage. Il détecte avant d’être vu, frappe sans être repéré… Ça, c’est ultra précieux.
Mais dans des contextes asymétriques, bof
Contre des groupes armés sans radars ni chasseurs, ou dans des missions de maintien de la paix, faut être honnête : c’est un peu trop cher et trop sophistiqué pour être vraiment utile. Un bon vieux drone ou un avion d’appui léger ferait le taf pour moins de 10 % du prix.
Alors… c’est un bon avion ou pas ?
Disons les choses franchement : le F-35 est un bijou technologique, avec des capacités exceptionnelles. Mais il est aussi complexe, fragile, et hors de prix. Il brille dans certaines missions, mais déçoit dans d’autres. En bref, c’est un excellent outil… mais pas forcément la solution miracle qu’on vendait au départ.
Et entre nous, dans les vestiaires des pilotes, y’en a plus d’un qui avoue préférer voler sur Typhoon, Gripen, ou Rafale, selon les profils de mission. Comme quoi, même à 100 millions l’unité, le charme n’est pas garanti.
