Commençons par le début : faut-il un appareil spécial ?
Ben oui, enfin non… Pas forcément. Tout dépend de ce que tu veux faire. Si tu comptes juste immortaliser ta semaine à l’île de Ré avec des photos sympas dans un mètre d’eau, un boîtier étanche pour smartphone ou un compact résistant à l’eau (genre GoPro ou Sony RX0) peut largement suffire.
Mais si tu veux vraiment voir ce que tu rates en plongée — les poissons-anges qui filent, les coraux en lumière rasante — alors là, oui, tu vas devoir investir dans un vrai système. Moi, j’ai commencé avec un vieux Canon dans un boîtier Ikelite, et c’était déjà une autre dimension. Tu ressens le poids, le froid du métal, les boutons qui résistent… mais putain, les résultats !
Boîtier ou caisson ? Parlons budget et galère
Alors déjà, un truc : les termes. Un « caisson », c’est juste un mot un peu pompeux pour « boîtier étanche ». Mais bon, dans les magasins, ils aiment bien dire « caisson », comme si c’était du luxe. En vrai, c’est de la tôle (ou du plastique) qui coûte une blinde.
Pour un bon boîtier, tu comptes au moins 400-500 €, sans l’appareil. Et ça pèse un âne mort. Mais — gros mais — tu peux y mettre un vrai APN, avec un objectif large, et là, tu captes des trucs que même un iPhone ne rêve pas de voir.
Ma première sortie en caisson, c’était à Cassis. J’étais fier comme un coq. J’ai descendu à 8 mètres, tout calme, je vise un mérou… et j’appuie. Résultat ? Noir. J’avais oublié d’ouvrir le diaphragme. Honte absolue. Mais bon, on apprend.
Lumière : le vrai piège sous-marin
Franchement, c’est là que tout se joue. Tu descends, tout est bleu, beau, zen… mais en photo, ton truc sort gris, sans contraste, sans vie. Pourquoi ? Parce que l’eau bouffe les couleurs. Le rouge disparaît dès 5 mètres. Le jaune, vers 10. Du coup, tout devient bleu pétrole, tristounet.
La solution ? Le flash sous-marin, ou « strobe ». C’est pas sexy comme nom, mais c’est vital. Moi, j’ai longtemps cru que le soleil suffisait. Erreur. Même par beau temps, à 6 mètres, t’es dans un filtre bleu géant.
Un conseil : place ton flash sur un bras articulé, et surtout, ne le pointe pas droit sur ton sujet. Sinon, tu auras l’air d’avoir flashé un poisson dans une ruelle sombre. L’effet « mur de particules » est garanti. Et personne ne veut voir ça, sauf peut-être un biologiste.
Et si t’as pas de flash ?
Bon, t’es pas obligé de devenir photographe de National Geographic. Tu peux jouer avec la lumière naturelle. Rester en surface, près des récifs, dos au soleil. J’ai pris certaines de mes meilleures photos comme ça — à marée basse, dans une flaque à Belle-Île, avec un simple compact. Un petit crabe, tout rouge, qui me regarde. Parfait.
Et puis, le noir et blanc ? Pourquoi pas. Avec un bon cadrage, ça peut sauver une photo ratée en couleur.
Technique : ça bouge, tu bouges, rien ne va
Le truc, c’est que sous l’eau, tu flottes. Tu n’es pas stable. Ton sujet, lui, bouge. Et toi, tu veux faire une photo nette. Bon courage.
Alors, quelques astuces : rapproche-toi. Oui, même si t’as peur de faire fuir le poisson. Un objectif grand angle, c’est ton pote. Moins de 30 cm entre toi et le sujet, et magie : tu gagnes en netteté, en couleur, en tout.
Et puis, stabilise-toi. Accroche-toi à un rocher (sans détruire rien, hein), ou pose-toi doucement sur le sable. Moi, j’ai appris à expirer lentement en prenant la photo — comme si je méditais. Et ça marche.
Enfin, vise en continu. Beaucoup d’appareils ont du mal à faire la mise au point sous l’eau. Du coup, tu anticipes, tu fixes ton point, tu attends le bon moment. Un peu comme à la pêche, mais avec plus de technologie.
Les erreurs que tout le monde fait (moi le premier)
Au fait, je me souviens d’une plongée en Égypte. Mer Rouge. C’était beau, c’était chaud, j’étais avec Samir, un moniteur marrant comme tout. Je descends, je vois une raie géante, je fonce… et j’oublie de vérifier mon caisson. Résultat ? Eau à l’intérieur. Mon Canon a rendu l’âme. Fin de la plongée. Et de mon appareil.
Depuis, je vérifie trois fois : joint propre, vis bien serrée, test en bassin avant chaque voyage. Parce que bon, 1500 € dans l’eau, c’est pas une option.
Autre erreur : trop de photos. Tu descends, tu mitrailles, et au final, tu as 300 photos floues ou identiques. Moins, c’est mieux. Une belle image vaut mieux qu’un millier de ratées.
Et la post-prod, tu fais quoi ?
Franchement, sous l’eau, tu sors rarement d’une photo parfaite. Même les pros corrigent. Moi, j’utilise Lightroom. Un petit coup de température (plus chaud, parce que l’eau refroidit tout), un peu de contraste, et hop, les couleurs reviennent.
Parfois, je rattrape un peu le vert ou le bleu excessif. Mais je fais gaffe à ne pas trop en faire. Parce que bon, l’océan, c’est bleu. Si tu sors un récif jaune fluo, on dirait que t’as plongé dans un soda.
En résumé, tu fais quoi ce week-end ?
Si t’as envie de t’y mettre : prends ton téléphone, mets-le dans une housse étanche pas chère, et va dans une piscine. Ou en bord de mer, avec les pieds dans l’eau. Expérimente.
Et si tu veux monter d’un cran, loue un boîtier pour compact. Tu verras la différence. Et puis, plonge lentement, respire, observe. La photo, c’est secondaire. Ce qui compte, c’est ce que tu ressens quand tu regardes enfin cette photo chez toi, avec un café, et que tu te dis : « Putain, j’étais là. »
Enfin bref. L’eau, c’est vivant. Et photographier sous l’eau, c’est un peu comme essayer de capturer un rêve. Parfois ça marche, parfois non. Mais tu continues. Parce que tu veux revoir ce regard de poisson, ce rayon de soleil entre deux vagues…
Et toi, t’as déjà tenté ? Raconte-moi ça.”}
