3/2, ça veut dire quoi déjà ?
\nOn va clarifier vite fait parce que bon, les codes en prépa, c’est un langage à part. 3/2, c’est quand t’as fait ta première année de prépa (la sup, donc), puis ta deuxième (la spé), et que tu décides de refaire une spé. Tu deviens donc un 3/2 : 3e année, niveau 2e année. Oui, c’est bizarre, oui, c’est moche comme notation, mais c’est comme ça.
Pourquoi faire ça ? Franchement, au début, je trouvais ça humiliant. Genre, t’as pas réussi, donc tu recommences ? Mais en vrai… c’est pas si simple.
Et la 5/2, c’est encore pire ?
\nAlors là, on monte d’un cran. 5/2, c’est pour les bizuths des écoles d’ingénieurs qui décident de se barrer après un an pour retourner en prépa. Oui oui, tu as bien lu. Tu rentres dans une école, tu y passes 9 mois, et tu te dis : \"Nan, en fait, j’vais retourner en enfer pour une chance de viser plus haut\"\.
Quand j’ai entendu parler de ça la première fois, j’étais en pleine colle de physique à Janson, il pleuvait, j’avais pas dormi depuis trois jours, et j’ai juste dit : \"Mais ils sont fous, ces gens\"\. Et pourtant… je suis devenu un de ces gens.
Pourquoi j’ai fait une 5/2 ? Une histoire perso
\nJ’avais intégré une école d’ingénieurs sympa, pas la folie, mais correcte. Enfin, c’est ce qu’on m’avait dit. Sauf que là-bas, j’ai vite compris que le niveau, les projets, l’ambiance… bah, c’était pas ce que je voulais. Je me disais : \"J’ai passé deux ans de ma vie à bosser comme un dingue, et c’est pour ça que j’ai été récompensé ?\"\.
Un soir, avec Clément – mon pote de chambre à l’époque – on était en train de bosser un TP de thermodynamique, et il me dit : \"Tu sais quoi ? J’me casse. Je retourne en prépa. J’veux viser Centrale.\"\. Moi, j’ai rigolé. Puis j’y ai pensé. Puis j’y ai trop pensé. Et trois semaines plus tard, j’envoyais mon dossier de réinscription en MP* à Saint-Louis.
3/2 ou 5/2, c’est une seconde chance, pas une erreur
\nParce que tu sais quoi ? La prépa, c’est pas une course linéaire. C’est un parcours du combattant avec des chutes, des entorses, des moments où tu te dis que t’as plus de force. Mais parfois, t’as juste besoin d’un peu plus de temps. D’un peu plus de maturité. D’un peu plus de recul.
Un 3/2, parfois, c’est juste quelqu’un qui a mal géré son stress en première spé. Ou qui a eu un pépin familial. Ou qui s’est rendu compte trop tard qu’il visait trop bas. Et au lieu de s’enterrer dans une école moyenne, il décide de se battre. Honnêtement, j’trouve ça courageux.
Mais c’est pas facile, hein
\nAlors oui, faire une 3/2 ou une 5/2, c’est lourd. Tu te fais regarder un peu bizarrement. Tes anciens potes sont en école, ils font la teuf, ils ont des stages à l’étranger, et toi, tu bosses les développements limités pour la troisième fois. Tu te sens en décalage. Tu te demandes si t’as pas fait une connerie.
Et puis… il y a la pression. Parce que cette fois, tu n’as plus d’excuse. Tu connais le rythme, tu connais les colles, tu connais les oraux. Donc on attend plus de toi. Moi, mon prof de maths nous disait : \"Vous, les 5/2, vous avez intérêt à cartonner, hein. On vous a donné une chance, on veut du résultat\"\. Lourd, mais vrai.
Les avantages, faut les voir aussi
\nMalgré tout, y a des trucs cool. Déjà, t’es plus mature. Tu gères mieux ton temps. Tu sais ce qui marche, ce qui sert à rien. Tu bosses plus efficacement. Moi, en 5/2, j’ai jamais fait plus de 8h de boulot par jour. Avant, j’en faisais 12, mal, et éparpillé. Maintenant, j’étais ciblé.
Et puis tu connais les astuces. Tu sais quels exos tombent souvent. Tu connais les profs, leurs manies. Tu sais quand il faut forcer sur la rédaction, quand tu peux tricher un peu. Tu rentres dans l’année avec un vrai avantage : l’expérience.
Et après, ça donne quoi ?
\nAlors, pour moi, ça a marché. J’ai décroché un truc à Télécom Paris. Pas parce que j’étais soudain devenu un surdoué, mais parce que j’avais appris à bosser autrement. Et surtout, j’étais enfin là où je voulais.
Mais je te mentirais si je disais que c’était facile. Il y a des jours où je me suis demandé si j’aurais pas dû juste rester dans mon école initiale. Où j’ai douté, gros. Mais au final, je préfère avoir tenté que m’être dit : \"Et si ?\"\.
Conclusion : c’est pas une faute, c’est un choix
\nDonc, pour répondre à la question : \"Pourquoi 3/2 et 5/2 en prépa ?\"\. Parce que parfois, la première tentative, elle suffit pas. Parce que la pression, l’imprévu, ou un mauvais alignement de planètes, ça peut tout foutre en l’air. Et que reprendre une année, ce n’est pas reculer, c’est parfois avancer plus droit.
Alors, si t’envisages une 3/2 ou une 5/2, écoute-toi. Pas ton entourage, pas les jugements. Toi. Parce que c’est ta vie, tes rêves, tes nuits blanches. Et franchement, si tu sens que t’as encore un combat à mener… bah mène-le. Même si t’es un peu en retard sur le papier. Parfois, le plus long chemin, c’est le bon.
Vous savez quoi ? J’regrette pas. Même les jours où j’me tapais des séries d’inté en boucle à 23h. Même les oraux blancs sous tension. Parce que maintenant, j’suis là où je voulais être. Et ça, ça n’a pas de prix.
Enfin bref. Voilà. C’était mon petit témoignage. Si t’es en train de gamberger sur tout ça… sache que t’es pas seul. Et que non, t’es pas un loser. T’es juste un mec ou une meuf qui refuse d’abandonner. Et c’est plutôt pas mal, comme définition.
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