Le problème, c’est que les comparateurs en ligne vous montrent des moyennes lissées, sans vous expliquer pourquoi votre voisin a obtenu 1,5 point de moins que vous pour le même montant. Alors, comment faire pour ne pas se faire avoir ? On va décortiquer ça ensemble, sans jargon inutile, avec des chiffres précis et des astuces que les banquiers ne vous donneront pas spontanément. (Spoiler : la plupart des gens se trompent dès la première étape.)
Prêt personnel : de quoi parle-t-on exactement ?
Un prêt personnel, c’est l’outil financier le plus simple en apparence… et le plus piégé en réalité. Contrairement à un crédit immobilier ou un prêt auto, il n’est pas affecté à un achat précis. Vous empruntez 5 000 €, 15 000 €, ou même 50 000 €, et vous faites ce que vous voulez avec : un voyage, des travaux, ou combler un découvert. La liberté a un prix, et ce prix, c’est le taux d’intérêt.
Mais attention : cette flexibilité cache une réalité moins glamour. Les banques, justement parce qu’elles ne savent pas à quoi vous allez utiliser l’argent, prennent moins de risques… et vous font payer cette incertitude. Résultat : les taux des prêts personnels sont systématiquement plus élevés que ceux des crédits affectés. Par exemple, en juin 2024, le taux moyen d’un prêt auto tourne autour de 4,2%, tandis qu’un prêt personnel non affecté grimpe à 6,5% en moyenne. La différence ? 2,3 points, soit 1 150 € de plus sur un emprunt de 20 000 € remboursé sur 5 ans.
Les différents types de prêts personnels (et pourquoi ça change tout)
Tous les prêts personnels ne se valent pas. Voici les trois grandes catégories, avec leurs spécificités :
1. Le prêt personnel classique (le plus courant)
C’est le modèle standard : vous empruntez une somme fixe, à un taux fixe, sur une durée déterminée. Les mensualités sont constantes, et vous savez exactement combien vous allez rembourser au total. L’avantage ? La prévisibilité. L’inconvénient ? Les taux sont souvent plus élevés que pour d’autres formes de crédit, surtout si vous n’avez pas un dossier en béton.
2. Le prêt personnel revolving (à éviter dans 90% des cas)
Là, c’est le piège absolu. Une réserve d’argent que vous pouvez utiliser à votre guise, avec des mensualités minimales… et un taux qui explose dès que vous ne remboursez pas tout de suite. En 2024, les taux des crédits revolving oscillent entre 12% et 20%. Autant dire que vous financez votre achat avec des intérêts dignes d’un prêt sur gages. La seule exception ? Si vous avez besoin d’une trésorerie ponctuelle et que vous êtes certain de rembourser intégralement dans les 3 mois. Sinon, fuyez.
3. Le prêt personnel vert (l’option écolo et maline)
Certaines banques proposent des prêts à taux préférentiels pour financer des projets "durables" : isolation de la maison, panneau solaire, voiture électrique. Par exemple, la Banque Postale offre des taux à partir de 2,9% pour ce type de projets, contre 5,5% pour un prêt classique. Le piège ? Il faut souvent fournir des justificatifs (devis, factures), et les montants sont plafonnés. Mais si votre projet rentre dans les cases, c’est une aubaine.
Pourquoi les banques adorent les prêts personnels (et comment elles en profitent)
Les prêts personnels sont une mine d’or pour les établissements financiers. Pourquoi ? Parce qu’ils combinent trois avantages majeurs pour eux :
1. Des marges confortables : Contrairement aux crédits immobiliers, où la concurrence est féroce, les prêts personnels laissent plus de marge de manœuvre aux banques. Elles peuvent se permettre des taux plus élevés sans perdre de clients, car beaucoup ne comparent pas assez.
2. Un risque maîtrisé : Les montants sont généralement inférieurs à 50 000 €, et les durées courtes (2 à 7 ans). Même en cas de défaut de paiement, la banque récupère souvent son dû via des assurances ou des garanties.
3. Un produit "vendeur" : Les prêts personnels sont faciles à souscrire (parfois en 24h), et les conseillers bancaires les poussent souvent en complément d’autres produits (assurance, carte de crédit). Résultat : vous signez pour un prêt à 7%, alors qu’un crédit affecté pour le même projet aurait coûté 4%.
Et c’est là que ça coince. Beaucoup de gens signent sans réaliser que leur banquier a tout intérêt à leur vendre le prêt le plus rentable pour la banque, pas forcément le plus avantageux pour eux.
Comment est calculé le taux d’un prêt personnel ? (les 5 facteurs qui font la différence)
Si vous pensez que le taux de votre prêt personnel dépend uniquement de votre salaire, vous êtes loin du compte. Les banques utilisent des algorithmes complexes qui analysent des dizaines de critères, certains évidents, d’autres beaucoup moins. Voici les cinq facteurs qui pèsent le plus dans la balance :
1. Votre profil emprunteur : bien plus que votre salaire
Votre revenu mensuel est important, mais ce n’est pas le seul élément scruté. Les banques regardent :
- Votre taux d’endettement : En France, la règle veut qu’il ne dépasse pas 35% de vos revenus. Mais certaines banques montent jusqu’à 40% pour les profils très solides. Par exemple, si vous gagnez 3 000 € net par mois, votre endettement maximal sera de 1 050 € (35%) ou 1 200 € (40%).
- Votre stabilité professionnelle : Un CDI dans une entreprise solide vaut de l’or. À l’inverse, un freelance ou un intérimaire devra souvent justifier de 2 à 3 ans d’activité pour obtenir un taux correct. Exemple concret : Un enseignant en CDI obtiendra un taux à 4,5%, tandis qu’un consultant en portage salarial devra se contenter de 6,8% pour le même montant.
- Votre historique bancaire : Avez-vous déjà eu des incidents de paiement ? Des découverts fréquents ? Une banque qui vous a refusé un crédit il y a 5 ans ? Tout cela est enregistré dans le Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP). Et ça se paie : un emprunteur fiché FICP paiera en moyenne 2 à 3 points de plus qu’un profil sans incident.
Le truc, c’est que deux personnes avec le même salaire peuvent obtenir des taux radicalement différents. Pourquoi ? Parce que l’une a un compte bien géré depuis 10 ans, et l’autre a changé de banque trois fois en deux ans. Les banques adorent la fidélité, même si elles ne le crient pas sur les toits.
2. Le montant et la durée du prêt : la règle des petits montants
Plus vous empruntez, plus le taux baisse. C’est contre-intuitif, mais c’est comme ça. Par exemple, en 2024 :
- Pour un prêt de 5 000 € sur 2 ans : taux moyen à 7,2%
- Pour un prêt de 20 000 € sur 5 ans : taux moyen à 5,8%
- Pour un prêt de 50 000 € sur 7 ans : taux moyen à 4,5%
Pourquoi cette différence ? Parce que les coûts de gestion (dossier, suivi, etc.) sont les mêmes pour un petit prêt que pour un gros. Du coup, les banques compensent en augmentant les taux sur les petits montants. Morale de l’histoire : si vous avez besoin de 8 000 €, empruntez 10 000 € et remboursez par anticipation. Vous paierez moins d’intérêts au final.
Autre paramètre clé : la durée. Plus le prêt est long, plus le taux est élevé. Logique : la banque prend plus de risques sur 7 ans que sur 2 ans. Mais attention, une durée plus courte signifie des mensualités plus élevées. Exemple : Pour 15 000 € empruntés :
- Sur 2 ans (24 mois) : mensualité de 665 €, coût total du crédit 960 € (taux à 5,5%)
- Sur 5 ans (60 mois) : mensualité de 285 €, coût total du crédit 2 100 € (taux à 6,2%)
Le choix dépend de votre capacité de remboursement. Mais si vous pouvez vous permettre des mensualités plus élevées, optez pour la durée la plus courte. Vous économiserez des centaines d’euros d’intérêts.
3. Votre relation avec la banque : le facteur invisible
Vous avez un compte courant, une assurance habitation, et un PEL dans la même banque depuis 10 ans ? Félicitations, vous venez de gagner 0,5 à 1 point de taux en négociation. Les banques récompensent la fidélité, même si elles ne l’avouent jamais clairement.
Prenons un exemple réel : un couple avec 3 500 € de revenus mensuels, un prêt de 12 000 € sur 4 ans. Chez leur banque historique (où ils ont tous leurs produits), ils obtiennent un taux à 5,2%. Chez un concurrent, le même dossier passe à 6,1%. Soit 432 € d’intérêts en plus sur la durée du prêt.
Mais attention : cette fidélité a un prix. Certaines banques en profitent pour vous proposer des taux "spéciaux"… qui restent moins avantageux que ceux du marché. D’où l’importance de comparer, même si vous êtes client depuis 20 ans.
4. Le contexte économique : l’effet "Banque Centrale"
Les taux des prêts personnels ne tombent pas du ciel. Ils dépendent en grande partie des taux directeurs fixés par la Banque Centrale Européenne (BCE). Quand la BCE augmente ses taux (comme elle l’a fait à plusieurs reprises en 2022 et 2023), les banques répercutent cette hausse sur les crédits aux particuliers. Résultat : les taux des prêts personnels ont bondi de 2,8% en moyenne en 2021 à 6,5% en 2023.
En 2024, la tendance s’est stabilisée, mais les taux restent élevés. Pourquoi ? Parce que les banques anticipent une baisse progressive des taux directeurs, mais elles ne veulent pas prendre de risques. Du coup, elles maintiennent des taux élevés "par précaution".
Et ce n’est pas près de changer. Selon les prévisions de la Banque de France, les taux des prêts personnels devraient rester entre 5,5% et 7,5% jusqu’à fin 2025. Autant dire que si vous attendez une baisse significative, vous risquez d’attendre longtemps.
5. La concurrence entre banques : votre meilleur allié
Saviez-vous que les banques en ligne proposent souvent des taux 1 à 2 points inférieurs à ceux des banques traditionnelles ? Pourquoi ? Parce qu’elles ont des coûts de structure moins élevés (pas d’agences, moins de personnel), et elles misent sur le volume pour compenser des marges plus faibles.
Prenons l’exemple de Boursorama Banque : en juin 2024, elle proposait un prêt personnel à 4,2% pour un montant de 15 000 € sur 4 ans. Chez BNP Paribas, pour le même dossier, le taux était à 6,1%. Soit 1 128 € d’intérêts en plus sur la durée du prêt.
Mais attention : les banques en ligne ont des critères d’acceptation plus stricts. Si votre profil est un peu limite (revenus irréguliers, historique bancaire moyen), vous risquez d’être refusé. D’où l’importance de faire plusieurs demandes en parallèle, sans dépasser 3 ou 4 pour ne pas alourdir votre dossier.
Quel est un bon taux pour un prêt personnel en 2024 ? (les fourchettes à connaître)
Alors, concrètement, quel taux viser en 2024 ? Tout dépend de votre profil, mais voici les fourchettes réalistes :
Pour un profil excellent (revenus élevés, stabilité, historique bancaire impeccable)
- Montant < 10 000 € : 3,5% à 4,5%
- Montant 10 000 € – 30 000 € : 3% à 4%
- Montant > 30 000 € : 2,8% à 3,8%
Exemple : Un cadre supérieur avec 6 000 € de revenus mensuels, en CDI depuis 10 ans, peut obtenir 3,2% sur 25 000 € sur 5 ans. Coût total du crédit : 2 080 €.
Pour un profil moyen (revenus stables, historique bancaire correct)
- Montant < 10 000 € : 5% à 7%
- Montant 10 000 € – 30 000 € : 4,5% à 6,5%
- Montant > 30 000 € : 4% à 6%
Exemple : Un employé avec 2 500 € de revenus, en CDI depuis 3 ans, obtiendra probablement 5,8% sur 12 000 € sur 4 ans. Coût total du crédit : 1 488 €.
Pour un profil fragile (revenus irréguliers, historique bancaire moyen)
- Montant < 10 000 € : 7% à 10%
- Montant 10 000 € – 30 000 € : 6,5% à 9%
- Montant > 30 000 € : 6% à 8,5%
Exemple : Un freelance avec 3 000 € de revenus mensuels moyens, mais des variations importantes, pourrait se voir proposer 8,2% sur 8 000 € sur 3 ans. Coût total du crédit : 1 032 €. Autant dire que le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle.
Mais ces fourchettes ne sont que des moyennes. Le vrai taux dépendra de votre capacité à négocier, et c’est là que beaucoup de gens se font avoir.
Comment obtenir le meilleur taux ? (les 7 techniques que les banques ne vous diront pas)
Obtenir un bon taux pour un prêt personnel, c’est un peu comme négocier le prix d’une voiture : plus vous êtes préparé, plus vous avez de chances de repartir avec une bonne affaire. Voici les techniques qui marchent vraiment :
1. Comparez au moins 5 offres (et utilisez les comparateurs à bon escient)
Les comparateurs en ligne (comme LesFurets, Magnolia, ou HelloBank) sont pratiques, mais ils ont un défaut majeur : ils ne montrent que les offres des partenaires. Résultat : vous ne voyez pas les meilleures offres du marché.
La solution ? Utilisez-les comme point de départ, puis contactez directement les banques qui proposent les meilleurs taux. Exemple : Si un comparateur vous propose 5,8%, appelez la banque en question et demandez si elle peut faire mieux. Souvent, elle acceptera de baisser de 0,2 à 0,5 point pour vous garder comme client.
Et n’oubliez pas les courtiers en crédit. Ils ont accès à des offres que vous ne trouverez nulle part ailleurs, et ils négocient pour vous. Leur commission ? Généralement entre 1% et 2% du montant emprunté, mais ils peuvent vous faire économiser bien plus.
2. Jouez la concurrence entre votre banque et les autres
Votre banque actuelle a tout intérêt à vous garder comme client. Utilisez ça à votre avantage. Voici comment procéder :
1. Obtenez une offre ferme d’une banque concurrente (avec un taux écrit noir sur blanc).
2. Présentez cette offre à votre conseiller en disant : "Je préfère rester chez vous, mais cette banque me propose X%. Pouvez-vous faire mieux ?"
3. Attendez sa réaction.
Dans 70% des cas, votre banque alignera son taux, voire proposera mieux. Pourquoi ? Parce qu’elle sait que si vous partez, elle perdra non seulement votre prêt, mais aussi tous les autres produits que vous avez chez elle (compte courant, assurance, etc.).
3. Empruntez en période creuse (oui, ça existe)
Les banques ont des objectifs trimestriels. Si elles n’ont pas atteint leurs quotas en fin de trimestre, elles sont plus enclines à baisser leurs taux pour attirer des clients. Les périodes les plus favorables ?
- Janvier à mars : les banques veulent relancer l’activité après les fêtes.
- Juillet et août : moins de demandes, donc plus de marge de négociation.
- Décembre : certaines banques veulent boucler leurs objectifs annuels.
À l’inverse, évitez les périodes de forte demande : septembre (rentrée scolaire), octobre (préparation des fêtes), et avril (déclarations d’impôts).
4. Optimisez votre dossier avant de demander
Un dossier bien préparé peut faire baisser votre taux de 0,5 à 1 point. Voici comment le peaufiner :
- Régularisez vos découverts : Si vous avez un découvert de 500 € depuis 3 mois, remboursez-le avant de faire votre demande. Les banques détestent les découverts persistants.
- Évitez les crédits à la consommation en cours : Si vous avez déjà un prêt auto ou un crédit revolving, remboursez-le avant de demander un nouveau prêt. Les banques calculent votre taux d’endettement en incluant tous vos crédits.
- Justifiez l’utilisation des fonds : Même si le prêt est non affecté, montrez que vous avez un projet précis (travaux, formation, etc.). Les banques aiment les emprunteurs qui savent pourquoi ils empruntent.
- Préparez vos trois derniers bulletins de salaire : Si vous avez eu une augmentation récente, mettez-la en avant. Les banques aiment les revenus en hausse.
Un dossier propre et bien présenté peut faire la différence entre un taux à 6,5% et un taux à 5,5%. Autant dire que ça vaut le coup de passer une heure à tout préparer.
5. Négociez les frais de dossier (et les assurances)
Le taux nominal n’est pas le seul coût d’un prêt personnel. Il y a aussi :
- Les frais de dossier : entre 1% et 3% du montant emprunté. Négociez-les. Beaucoup de banques les suppriment si vous leur demandez.
- L’assurance emprunteur : obligatoire pour certains prêts, elle peut représenter jusqu’à 0,5% du montant emprunté par an. Comparez les offres : les assurances externes sont souvent moins chères que celles proposées par la banque.
Exemple : Pour un prêt de 20 000 € sur 5 ans, des frais de dossier à 2% représentent 400 €. Si vous les supprimez, vous économisez cette somme. Et 400 €, c’est le prix d’un bon week-end en amoureux.
6. Envisagez un prêt affecté pour baisser le taux
Si votre projet est précis (travaux, voiture, études), un prêt affecté peut vous faire économiser 1 à 2 points de taux. Pourquoi ? Parce que la banque sait à quoi sert l’argent, et elle prend moins de risques.
Exemple : Un prêt personnel non affecté pour 15 000 € sur 4 ans coûte en moyenne 6,2%. Un prêt travaux pour le même montant coûte 4,8%. Soit 672 € d’intérêts en moins.
Le seul inconvénient ? Vous devez justifier l’utilisation des fonds (devis, facture, etc.). Mais si votre projet est bien défini, ça vaut le coup.
7. Faites jouer la clause de remboursement anticipé
Certaines banques proposent des taux légèrement plus bas si vous acceptez de ne pas rembourser par anticipation. Refusez cette clause. Pourquoi ? Parce que si dans 2 ans les taux baissent, vous pourrez renégocier votre prêt et économiser des centaines d’euros.
Exemple : Vous empruntez 20 000 € sur 5 ans à 5,5%. Deux ans plus tard, les taux descendent à 4%. Si vous avez gardé la possibilité de rembourser par anticipation, vous pouvez renégocier votre prêt et économiser 300 € d’intérêts sur les 3 années restantes.
Les erreurs qui font exploser votre taux (et comment les éviter)
Même avec un bon dossier, certaines erreurs peuvent faire grimper votre taux de 1 à 3 points. Voici les pièges à éviter absolument :
1. Faire trop de demandes de crédit en peu de temps
Chaque fois que vous faites une demande de prêt, la banque consulte votre historique via la Banque de France. Trop de consultations en peu de temps = signal d’alerte. Les banques se disent : "Pourquoi cette personne a-t-elle besoin de tant d’argent ? Elle a peut-être des problèmes financiers."
Résultat : votre taux monte, ou pire, votre demande est refusée. La règle d’or : ne faites pas plus de 3 ou 4 demandes sur une période de 2 mois. Et si possible, espacez-les d’au moins 15 jours.
2. Sous-estimer l’impact de votre historique bancaire
Un découvert de 200 € non régularisé depuis 6 mois ? Un prélèvement refusé il y a 2 ans ? Tout cela compte. Les banques regardent votre comportement bancaire sur les 3 dernières années. Si votre compte est souvent dans le rouge, même de peu, elles en tiendront compte.
La solution ? Avant de faire une demande de prêt, passez 3 à 6 mois à bien gérer votre compte : pas de découvert, pas de prélèvements refusés, et si possible, un petit matelas d’épargne. Les banques adorent les clients prévisibles.
3. Négliger l’assurance emprunteur
L’assurance emprunteur est souvent imposée par les banques, et elle peut représenter jusqu’à 20% du coût total du crédit. Le problème : beaucoup de gens acceptent l’assurance proposée par la banque sans comparer.
Exemple : Pour un prêt de 25 000 € sur 5 ans, l’assurance peut coûter entre 500 € et 1 200 € selon les offres. Une différence de 700 €, juste pour l’assurance.
La solution ? Utilisez un comparateur d’assurances (comme LesFurets ou Magnolia) et choisissez une assurance externe. Depuis 2022, vous avez le droit de changer d’assurance à tout moment, alors profitez-en.
4. Choisir une durée trop longue pour baisser les mensualités
Une mensualité plus faible, c’est tentant. Mais une durée plus longue signifie plus d’intérêts à payer. Exemple : Pour 10 000 € empruntés :
- Sur 2 ans : mensualité de 440 €, coût total du crédit 480 € (taux à 4,5%)
- Sur 5 ans : mensualité de 188 €, coût total du crédit 1 280 € (taux à 5,2%)
La différence ? 800 € d’intérêts en plus. Alors avant de choisir une durée longue, demandez-vous si vous pouvez vraiment vous permettre des mensualités plus élevées. Votre portefeuille vous remerciera.
5. Oublier de négocier les frais annexes
Le taux nominal n’est pas le seul coût d’un prêt. Il y a aussi :
- Les frais de dossier : souvent négociables.
- Les frais de remboursement anticipé : certains prêts les facturent, d’autres non.
- Les frais de modification de contrat : si vous voulez changer la durée ou le montant des mensualités.
Exemple : Des frais de dossier à 2% sur un prêt de 15 000 € représentent 300 €. Si vous les supprimez, vous économisez cette somme. Alors n’hésitez pas à demander : "Est-ce que ces frais sont négociables ?"
Prêt personnel vs autres solutions : lequel choisir selon votre projet ?
Un prêt personnel n’est pas toujours la meilleure solution. Selon votre projet, d’autres options peuvent être plus avantageuses. Voici un comparatif :
Prêt personnel vs crédit affecté : lequel est le moins cher ?
Comme on l’a vu plus haut, un crédit affecté (prêt travaux, prêt auto, etc.) est souvent moins cher qu’un prêt personnel non affecté. Pourquoi ? Parce que la banque sait à quoi sert l’argent, et elle prend moins de risques.
Exemple : Pour un projet de travaux de 20 000 € :
- Prêt personnel non affecté : taux moyen à 6,2%, coût total du crédit 3 240 €
- Prêt travaux : taux moyen à 4,8%, coût total du crédit 2 400 €
Soit 840 € d’économies. Alors si votre projet est précis, optez pour un crédit affecté.
Prêt personnel vs rachat de crédit : quand regrouper ses dettes ?
Si vous avez plusieurs crédits en cours (prêt auto, crédit revolving, prêt personnel), un rachat de crédit peut être intéressant. L’idée : regrouper tous vos crédits en un seul, avec une mensualité unique et un taux plus bas.
Exemple : Vous avez :
- Un prêt auto de 10 000 € à 6% sur 3 ans (mensualité 304 €)
- Un crédit revolving de 5 000 € à 15% sur 2 ans (mensualité 242 €)
Total mensualité : 546 €. Coût total des crédits : 2 112 €.
Avec un rachat de crédit à 5,5% sur 4 ans, votre mensualité tombe à 350 €, et le coût total du crédit à 1 800 €. Soit 312 € d’économies, et une mensualité plus facile à gérer.
Mais attention : un rachat de crédit allonge la durée de remboursement. Résultat : vous paierez plus d’intérêts sur le long terme. À réserver aux situations où les mensualités sont trop lourdes.
Prêt personnel vs épargne : faut-il puiser dans ses économies ?
Si vous avez de l’épargne, la question se pose : faut-il puiser dedans ou emprunter ? Tout dépend du taux de votre épargne et du taux du prêt.
Exemple : Vous avez 15 000 € sur un Livret A (taux à 3% en 2024) et vous voulez financer des travaux. Un prêt personnel vous coûterait 5,5%. Dans ce cas, il vaut mieux puiser dans votre épargne, car vous gagnez 2,5 points de différence.
À l’inverse, si votre épargne est sur un compte à terme à 1%, et que vous pouvez obtenir un prêt à 4%, empruntez. Vous paierez moins d’intérêts que ce que vous rapporterait votre épargne.
Questions fréquentes sur les taux des prêts personnels
Pourquoi mon taux est-il plus élevé que la moyenne affichée ?
Les taux "moyens" affichés par les banques et les comparateurs sont des moyennes lissées. Ils ne reflètent pas la réalité de tous les profils. Par exemple, un taux moyen à 6% peut cacher des écarts énormes :
- 3,5% pour un profil excellent
- 6% pour un profil moyen
- 9% pour un profil fragile
Votre taux dépend de votre situation personnelle, de votre historique bancaire, et de votre capacité à négocier. Alors ne vous fiez pas aux moyennes, concentrez-vous sur ce que vous pouvez obtenir.
Peut-on négocier le taux d’un prêt personnel déjà souscrit ?
Oui, mais c’est compliqué. Les banques n’aiment pas renégocier les prêts en cours, car cela réduit leurs marges. Mais si les taux ont baissé depuis que vous avez souscrit, ou si votre situation s’est améliorée (augmentation de salaire, fin d’un autre crédit), vous pouvez tenter votre chance.
Comment faire ?
1. Contactez votre conseiller et demandez une renégociation.
2. Si la banque refuse, menacez de rembourser par anticipation et de souscrire un nouveau prêt ailleurs.
3. Si elle accepte, exigez un avenant écrit avec le nouveau taux.
Attention : certaines banques facturent des frais de renégociation. Vérifiez bien les conditions avant de signer.
Les taux des prêts personnels vont-ils baisser en 2025 ?
C’est peu probable. Les prévisions de la Banque de France tablent sur une stabilisation des taux autour de 5,5% à 7,5% jusqu’à fin 2025. Pourquoi ? Parce que les banques anticipent une baisse progressive des taux directeurs de la BCE, mais elles ne veulent pas prendre de risques.
Si vous avez un projet en tête, ne comptez pas sur une baisse significative. Mieux vaut emprunter maintenant avec un bon taux que d’attendre une hypothétique baisse.
Faut-il choisir un taux fixe ou un taux variable ?
Pour un prêt personnel, choisissez toujours un taux fixe. Pourquoi ? Parce que les prêts personnels sont généralement courts (2 à 7 ans), et les taux variables n’ont
