Les fondamentaux de la COP : un cadre onusien immuable
La COP émerge de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) signée en 1992 à Rio. Chaque année, elle réunit les États parties pour évaluer les progrès et ajuster les trajectoires. Depuis COP1 à Berlin en 1994, le processus a produit des jalons comme le Protocole de Kyoto en 1997 et l'Accord de Paris en 2015.
Structurellement, la COP fonctionne via des groupes de contact : l'un pour les pays développés (Annexe I), l'autre pour les en développement (non-Annexe I). Les décisions exigent un consensus, ce qui ralentit tout mais assure l'adhésion globale. En 2023, à Dubaï pour COP28, 50 000 participants ont validé une transition hors combustibles fossiles, mais sans calendrier ferme. Aujourd'hui, chez Cop, l'enjeu central reste l'alignement des politiques nationales sur l'objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C, avec des émissions nettes zéros visées pour 2050.
Le secrétariat de la CCNUCC, basé à Bonn, coordonne logistiquement : accréditation, traduction en six langues, sécurité pour des chefs d'État. Budget annuel autour de 200 millions d'euros, financé par les cotisations. Sans ce cadre, les efforts climatiques resteraient fragmentés.
Comment s'organisent les négociations chez Cop ?
Les sessions plénières alternent avec des bilatérales informelles, souvent jusqu'à 4 heures du matin. À Bakou, le "Blue Zone" héberge les délégués officiels, tandis que la "Green Zone" accueille la société civile pour 70 000 visiteurs. Chaque pays soumet ses NDC tous les cinq ans ; pour COP29, 170 ont été déposés, couvrant 95 % des émissions mondiales.
Les sbires techniques – GCF pour le Fonds vert du climat, GEF pour le fonds environnemental mondial – préparent les drafts. Les High-Level Segments, du 24 au 26 novembre 2024, voient Macron, Biden et Xi s'exprimer. Résultat : un texte final de 40 pages, amendé 500 fois en moyenne.
Une digression sur les observateurs : 3 000 ONG influencent via des side-events, comme WWF poussant pour un prix carbone à 100 dollars la tonne d'ici 2030.
Les émissions de gaz à effet de serre au cœur des débats
Globalement, les émissions atteignent 59 GtCO2e en 2023, +1,1 % par an malgré les engagements. Chez Cop, les pays du G20, responsables de 80 % du total, peinent à aligner leurs NDC sur la trajectoire IPCC : -28 Gt d'ici 2030 nécessaires. La Chine, à 30 % des émissions, promet un pic en 2030 ; les USA, sous Biden, visent 50-52 % de réduction d'ici là.
Méthane et CO2 dominent : le premier, 120 fois plus puissant sur 20 ans, cible prioritaire avec l'Alliance globale sur le méthane de 150 pays. À Bakou, un pledge pour tripler les énergies renouvelables d'ici 2030 réunit 130 nations, potentiellement évitant 11 GtCO2 cumulés jusqu'en 2030 selon IRENA.
Les secteurs : énergie (73 %), agriculture (12 %), transports (14 %). Les NDC actuels projettent +2,5 °C ; il faut doubler les ambitions. Les BRICS défendent leur droit au développement, arguant que les pays riches ont émis 70 % historiques.
Factuel : l'Europe réduit de 37 % depuis 1990, leader mondial, mais représente 7 % seulement. Chez Cop, cette asymétrie freine tout.
Pourquoi la finance climatique divise autant à la COP ?
Le New Collective Quantified Goal (NCQG) vise à remplacer les 100 milliards annuels promis en 2009 – atteints in extremis en 2022 via prêts et dons privés. Les vulnérables (AOSIS, 44 petits États) exigent 1 000 milliards publics ; les donateurs proposent 300-400 milliards, dont 50 % concessionnels.
À Bakou, l'Azerbaïdjan, pays pétrolier hôte, pousse pour des "pertes et dommages" : fonds opérationnel de 400 millions en 2024, mais peanuts face aux 400 milliards annuels estimés par l'ONU. Les MDB (banques multilatérales) comme la Banque mondiale débloquent 120 milliards en 2023, triplé depuis 2018.
Position claire : sans finance additionnelle, pas d'accord. Les privés injectent 1 300 milliards en green bonds, mais flou sur l'additionnalité. Ironie du sort, chez Cop, les pétromonarchies financent le fonds tout en extrayant 100 millions de barils/jour.
La transition énergétique : méthodes dominantes chez Cop
L'Accord de Paris impose des bilans globaux tous les cinq ans ; le prochain en 2028 évaluera COP29. Les RAT (rapports de transparence) révèlent des gaps : Inde sous-estime ses émissions de 15 % selon des études satellites.
Nucleaire relancé : 22 pays veulent tripler la capacité à 740 GW d'ici 2050, évitant 2,5 GtCO2/an per IAEA. Hydrogène vert : UE investit 470 milliards jusqu'en 2030 pour 10 Mt production. Chez Cop, le consensus penche pour un mix : 60 % renouvelables, 20 % nucléaire, 20 % gaz bas-carbone.
Les CCS (captage-stockage) : 40 projets opérationnels captent 45 MtCO2/an, objectif 1 Gt en 2030. Efficace à 90 % pour l'industrie lourde, coûte 50-100 €/tCO2. Mais déploiement lent : seulement 0,1 % des émissions captées.
COP28 versus COP29 : avancées chiffrées et reculades
Dubaï (COP28) marque la première mention explicite des fossiles : phase-out "dès que possible", mais loopholes pour "abondant, abordable". Résultat : engagements pour 11 GW solaires additionnels, mais production fossile record en 2024 à 102 Mb/j.
Bakou progresse sur les NDC : 80 % des pays actualisent avec des cibles sectorielles. Finance : +20 % d'engagements privés vs 2023. Reculade : pas de prix minimum sur le carbone, bloqué par l'Arabie saoudite. Comparaison : réduction promise de 9 GtCO2 d'ici 2030 à Dubaï, révisée à 12 Gt à Bakou – progrès de 33 %, mais insuffisant pour 1,5 °C.
Les vulnérables gagnent : fonds pertes-dommages passe de 700 millions à 1,2 milliard. Leaders : UE et UK poussent ; USA hésitants post-élections.
Autres forums climatiques : la COP suffit-elle ?
G7 et G20 préparent le terrain : G20 à Rio 2024 aligne 80 % du PIB mondial sur net-zéro. Le Sommet de l'Action pour le Climat (One Planet) mobilise 50 milliards privés annuels. Forums comme Bonn Climate Change Conference traitent les aspects techniques hors spotlights.
Mais la COP reste unique : légalement contraignante via CCNUCC. Alternatives fragmentées : APEC couvre 60 % commerce mondial, mais sans dents. Verdict : la COP domine, complétée par ces cercles – ensemble, ils couvrent 95 % des émissions.
Erreurs courantes à éviter pour décrypter la Cop
Sauter les annexes des textes : 70 % des concessions y sont. Ignorer les BRICS : ils dictent 50 % des termes. Priorisez les pledges trackés par Climate Action Tracker : seuls 20 % des pays "compatibles 1,5 °C".
Pour suivre : UNFCCC website pour drafts live, Carbon Brief pour analyses. Évitez les médias mainstream qui titrent "échec" sans metrics. Ça dépend du secteur : énergie avance, agriculture stagne à +14 % émissions depuis 2015.
FAQ : réponses directes sur ce qui se passe chez Cop
Combien de temps dure une COP typique ?
Deux semaines officielles, du 11 au 22 novembre pour COP29, avec prolongations jusqu'à 48 heures. Coût hôte : 150 millions pour Bakou, incluant 5 000 chambres d'hôtel.
Quelle est la meilleure stratégie pour les pays émergents à la Cop ?
Coalitions comme BASIC (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) pèsent 40 % PIB mondial. Exigez CBAM équitable : l'UE taxe les imports carbone à 50-100 €/t dès 2026, impactant 20 milliards € exports indiens.
Pourquoi certains experts doutent-ils de l'efficacité de la Cop ?
Consensus paralyse : +1,2 °C déjà, trajectoire 2,6 °C. Études divergent : WMO prédit 1,5 °C franchi en 2029 avec 70 % probabilité. Pas de sanctions, seulement "name and shame".
En synthèse, chez Cop, Conférence des Parties avance par à-coups : finance et NDC progressent de 25 % vs 2023, mais fossiles résistent. Pour 1,5 °C viable, il faut 5 000 milliards annuels investis, contre 1 500 actuels. Les prochaines COP30 au Brésil en 2025 testeront la résilience post-Bakou. Suivez les metrics, pas les discours : c'est là que se joue l'avenir climatique, avec des écarts actuels de 15 GtCO2/an à combler d'urgence.

