On va creuser ça sans jargon, avec des exemples qui collent à la réalité – celle des files d'attente aux Restos du Cœur, des CDD qui s'enchaînent, ou des gamins qui lèvent la main en classe en sachant pertinemment que leur accent va les trahir. Et surtout, on va voir pourquoi cette notion divise autant, entre ceux qui y voient une urgence et ceux qui crient au populisme. (Spoiler : les deux ont un peu raison.)
Quand l'égalité devient une question de timing : le court terme contre le long terme
Imaginez deux médecins face à un patient en crise cardiaque. Le premier propose une opération à cœur ouvert dans six mois, avec 80% de chances de succès. Le second sort une seringue d'adrénaline et injecte le produit sur-le-champ, sauvant le patient... mais avec un risque d'effets secondaires imprévisibles. Lequel choisiriez-vous ?
C'est à peu près le dilemme de l'égalité en très court terme. Les politiques sociales classiques – éducation, logement, santé – fonctionnent comme cette opération programmée : elles prennent du temps, coûtent cher, mais transforment durablement les choses. Sauf que dans l'intervalle, des gens crèvent. Littéralement. En France, l'espérance de vie varie encore de 13 ans entre les communes les plus riches et les plus pauvres. Treize ans. Autant dire qu'attendre la prochaine génération de réformes, c'est un luxe que beaucoup ne peuvent pas se payer.
Alors, on fait quoi ? On bricole. On sort la seringue. Et c'est là que les ennuis commencent.
Le court terme, ce mal-aimé des économistes
Les économistes détestent le court terme. Pas par snobisme, mais parce que c'est le royaume des effets pervers. Prenez le SMIC : augmenter les salaires nets de 10% du jour au lendemain, ça fait plaisir aux travailleurs pauvres. Sauf que les petites entreprises, elles, licencient ou augmentent leurs prix. Résultat : les plus précaires se retrouvent avec un pouvoir d'achat identique, voire en baisse. (Et oui, les études de l'INSEE le confirment : les hausses brutales du SMIC profitent surtout aux ménages déjà modestes, mais pas aux plus pauvres.)
Pourtant, on continue à le faire. Pourquoi ? Parce que le court terme, c'est aussi le terrain de jeu des politiques. Un ministre qui annonce une prime de 100 euros pour les ménages sous le seuil de pauvreté, ça fait les gros titres. Une réforme fiscale qui mettra dix ans à porter ses fruits, beaucoup moins. Or, comme le disait un ancien conseiller de l'Élysée : "En politique, si tu ne vois pas les effets avant la prochaine élection, c'est que tu as déjà perdu."
Quand le court terme sauve des vies (vraiment)
Mais réduire l'égalité en très court terme à du clientélisme, c'est passer à côté de l'essentiel. Parce que parfois, ça marche. Vraiment. Prenez les tarifs sociaux de l'électricité : en 2022, 5,5 millions de foyers ont bénéficié d'une réduction de leur facture, avec un coup de pouce moyen de 150 euros par an. Coût pour l'État ? 800 millions d'euros. Bénéfice ? Des familles qui ont pu se chauffer l'hiver sans choisir entre manger et payer leur loyer. Et contrairement aux idées reçues, ces aides ciblées coûtent moins cher que les baisses de TVA généralisées, qui profitent aussi aux ménages aisés.
Autre exemple : les chèques alimentaires distribués pendant la crise du Covid. En 2020, 8 millions de personnes ont reçu 100 euros pour faire leurs courses. Coût : 800 millions d'euros. Impact : une baisse de 30% des demandes d'aide alimentaire dans les associations. Le truc c'est que ces dispositifs, conçus comme des rustines, deviennent souvent permanents. Parce que quand on voit que ça marche, difficile de revenir en arrière.
Les trois pièges qui guettent l'égalité immédiate (et comment les éviter)
Si l'égalité en très court terme était une recette de cuisine, ce serait celle du gâteau au chocolat brûlé : tout le monde en veut, mais personne ne maîtrise vraiment les temps de cuisson. Voici les trois erreurs qui reviennent le plus souvent – et qui transforment une bonne intention en catastrophe.
Piège n°1 : confondre vitesse et précipitation
En 2018, le gouvernement italien a lancé le "revenu de citoyenneté", une aide de 780 euros par mois pour les ménages sous le seuil de pauvreté. Objectif : éradiquer la misère en deux ans. Résultat ? En 2023, le nombre de bénéficiaires avait explosé (+60%), le coût pour l'État avait triplé, et le taux de pauvreté... n'avait presque pas bougé. Pourquoi ? Parce que le dispositif était mal calibré : trop généreux pour certains (les jeunes vivant chez leurs parents), pas assez pour d'autres (les familles monoparentales), et surtout, sans accompagnement vers l'emploi.
La leçon ? Le court terme, ça ne veut pas dire bâclé. Une aide d'urgence doit être :
- Ciblée (sinon, c'est de l'argent jeté par les fenêtres)
- Temporaire (sinon, ça crée des dépendances)
- Accompagnée (sinon, ça ne règle rien sur le long terme)
Autant dire que la plupart des mesures "coup de poing" ratent au moins un de ces trois critères.
Piège n°2 : croire que l'argent résout tout
Donner 200 euros à une mère célibataire, c'est bien. Mais si elle habite dans un quartier où les crèches sont saturées, où les transports en commun sont inexistants, et où les écoles sont en sous-effectif, ces 200 euros ne changeront pas grand-chose. Pire : ça peut donner l'illusion que le problème est réglé. Comme si on soignait une jambe cassée avec un pansement.
Prenez les zones franches urbaines (ZFU) en France. Dans les années 2000, l'État a offert des exonérations fiscales aux entreprises qui s'installaient dans les quartiers défavorisés. Résultat : des emplois ont été créés, oui. Mais surtout des emplois précaires, mal payés, et souvent occupés par des travailleurs qui n'habitaient même pas le quartier. Bref, on a subventionné des entreprises sans vraiment aider les habitants.
La morale de l'histoire ? L'égalité en très court terme, c'est comme un sparadrap sur une fracture ouverte : ça peut limiter les dégâts, mais ça ne guérit pas.
Piège n°3 : oublier que les inégalités se déplacent
En 2019, la ville de Paris a lancé un dispositif pour aider les ménages modestes à payer leur loyer : jusqu'à 200 euros par mois. Sauf que dans une ville où les prix de l'immobilier flambent, cette aide a surtout... fait monter les loyers. Les propriétaires, voyant que leurs locataires pouvaient payer plus, ont augmenté leurs tarifs. Résultat : les bénéficiaires se sont retrouvés au même point, et les non-bénéficiaires ont vu leur situation empirer.
C'est ce qu'on appelle l'effet pervers de l'aide ciblée : quand on aide un groupe, on crée souvent une nouvelle inégalité avec ceux qui sont juste au-dessus du seuil. Et comme les seuils sont arbitraires (pourquoi 1 200 euros de revenus et pas 1 250 ?), on finit par exclure des gens qui en ont tout autant besoin.
D'où la question qui fâche : et si la seule façon d'éviter ces pièges, c'était... de ne pas cibler ?
L'alternative radicale : et si on arrêtait de cibler ?
Imaginez un monde où tout le monde reçoit la même aide, sans condition. Pas de paperasse, pas de contrôles, pas de stigmatisation. Juste un chèque, tous les mois, pour tout le monde. C'est l'idée du revenu universel, et ça fait fantasmer (ou cauchemarder) les économistes depuis des siècles.
Le revenu universel : la solution miracle ?
En 2017, la Finlande a testé le revenu universel pendant deux ans. 2 000 chômeurs ont reçu 560 euros par mois, sans contrepartie. Les résultats ? Les bénéficiaires étaient plus heureux, moins stressés, et... pas moins motivés pour travailler. En fait, certains ont même trouvé un emploi plus facilement, parce qu'ils avaient le temps de chercher un boulot qui leur convenait.
Mais avant de crier victoire, regardons les chiffres : le coût d'un revenu universel à l'échelle de la France serait de 300 à 400 milliards d'euros par an. Soit presque le budget de l'État. Autant dire que financer ça sans augmenter massivement les impôts (ou couper dans les autres dépenses) relève de la magie.
Alors, utopie ou pis-aller ? Je reste convaincu que c'est une piste à explorer, mais pas comme solution unique. Parce que le revenu universel, c'est un peu comme un filet de sécurité : ça évite les chutes, mais ça ne construit pas d'échelle pour remonter.
Les services publics universels : l'autre voie
Et si, au lieu de donner de l'argent, on donnait accès à des services ? C'est l'idée des services publics universels : des crèches gratuites pour tous, des transports en commun à prix unique, des soins de santé sans avance de frais. L'avantage ? Ça profite à tout le monde, sans créer de nouvelles inégalités.
Prenez la Suède : là-bas, les crèches coûtent au maximum 150 euros par mois, quel que soit le revenu des parents. Résultat : 90% des enfants de 1 à 5 ans sont gardés en crèche, contre 50% en France. Et les études montrent que ça réduit les inégalités scolaires dès la maternelle.
Le problème ? Ça coûte cher. Très cher. Et ça suppose une volonté politique sur le long terme – ce qui, en France, est aussi rare qu'un été sans canicule.
Les idées reçues qui pourrissent le débat (et comment les démonter)
Sur l'égalité en très court terme, tout le monde a son avis. Sauf que la plupart du temps, ces avis reposent sur des clichés, des approximations, ou pire : des mensonges. Voici les trois idées reçues qui reviennent le plus souvent – et pourquoi elles sont (au moins en partie) fausses.
"Les aides sociales découragent le travail"
C'est le refrain préféré des conservateurs : si on donne trop aux pauvres, ils ne voudront plus travailler. Sauf que les études montrent exactement le contraire. Aux États-Unis, une expérience menée dans les années 1970 a donné un revenu garanti à 1 300 familles. Résultat : le taux d'emploi n'a pas baissé. En fait, les bénéficiaires ont même travaillé plus, parce qu'ils avaient les moyens de se payer une voiture ou une garde d'enfants pour aller bosser.
En France, c'est la même chose : les allocataires du RSA qui trouvent un emploi ne perdent pas forcément leur aide. Ils bénéficient d'un complément de revenu pendant plusieurs mois, pour éviter l'effet "tout ou rien". Et pourtant, le taux de retour à l'emploi reste faible. Pourquoi ? Parce que le vrai problème, ce n'est pas la paresse, c'est le manque de formations adaptées, de transports, et de crèches.
"Les riches paient déjà trop d'impôts"
En 2022, les 1% les plus riches en France possédaient 20% du patrimoine national. Les 10% les plus riches, 50%. Pourtant, quand on parle de taxer davantage les ultra-riches, on entend toujours le même argument : "Ils paient déjà trop !"
Sauf que c'est faux. En réalité, les 0,1% les plus riches ont un taux d'imposition effectif de 25%, contre 40% pour les classes moyennes. Comment est-ce possible ? Grâce aux niches fiscales, aux montages financiers, et à l'optimisation agressive. En 2021, une étude de l'Observatoire des inégalités a montré que si on supprimait les principales niches fiscales, on pourrait récupérer 100 milliards d'euros par an. De quoi financer un paquet de mesures en très court terme.
Alors oui, taxer les riches, ça ne résoudra pas tout. Mais ça permettrait au moins de financer des aides ciblées sans creuser la dette.
"L'égalité, c'est l'uniformité"
Quand on parle d'égalité, certains imaginent immédiatement un monde gris où tout le monde porte le même uniforme et mange la même soupe. Sauf que l'égalité, ce n'est pas ça. C'est donner à chacun les moyens de choisir sa vie.
Prenez l'exemple des bourses sur critères sociaux : elles permettent à des étudiants de milieux modestes d'aller à l'université. Est-ce que ça crée de l'uniformité ? Non. Ça crée de la diversité. Parce qu'une société où seuls les riches peuvent faire des études, c'est une société où les élites se reproduisent entre elles. Et ça, c'est l'inverse de l'égalité.
Autant le dire clairement : l'égalité en très court terme, ce n'est pas niveler par le bas. C'est donner un coup de pouce à ceux qui en ont besoin pour avoir les mêmes chances que les autres.
Comment mesurer l'égalité en très court terme ? (Spoiler : c'est compliqué)
Si vous demandez à un économiste comment mesurer l'égalité, il vous sortira l'indice de Gini, le taux de pauvreté, ou le coefficient de Palma. Des outils utiles, mais qui ont un gros défaut : ils mesurent l'égalité sur le long terme. Pour le court terme, c'est plus flou.
Les indicateurs qui ne mentent pas
Voici quelques pistes pour évaluer l'impact d'une mesure en très court terme :
- Le taux de non-recours : combien de personnes éligibles à une aide ne la demandent pas ? En France, 30% des bénéficiaires potentiels du RSA ne le touchent pas. Soit parce qu'ils ne savent pas qu'ils y ont droit, soit parce que la paperasse les décourage.
- L'effet sur les inégalités de santé : une aide qui permet à des familles modestes de se soigner réduit-elle les écarts d'espérance de vie ? En Angleterre, le NHS (système de santé gratuit) a réduit l'écart d'espérance de vie entre les plus riches et les plus pauvres de 5 ans en 20 ans.
- La mobilité sociale : une mesure en très court terme permet-elle à des enfants de milieux défavorisés d'accéder à des études supérieures ? Aux États-Unis, les programmes de bourses pour les lycées défavorisés ont augmenté de 20% le taux d'accès à l'université pour ces élèves.
Le problème, c'est que ces indicateurs prennent du temps à se manifester. Et en politique, on veut des résultats maintenant.
Pourquoi les données manquent (et comment faire sans)
En 2020, le gouvernement a lancé le chèque énergie, une aide de 100 à 200 euros pour payer ses factures. Sauf que personne ne sait vraiment si ça a marché. Pourquoi ? Parce que les données sur la précarité énergétique sont parcellaires. On sait que 3,5 millions de ménages ont du mal à se chauffer, mais on ne sait pas combien ont vraiment bénéficié du chèque.
Résultat : on navigue à vue. On lance des mesures, on espère qu'elles marchent, et on ajuste au feeling. (Ce qui, soit dit en passant, est une très mauvaise méthode.)
La solution ? Investir dans des observatoires indépendants, comme l'Observatoire des inégalités en France, qui publient des rapports annuels sur l'impact des politiques sociales. Parce que sans données, on est comme un médecin qui prescrit des médicaments sans savoir s'ils soignent ou s'ils tuent.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n'ose demander)
Est-ce que l'égalité en très court terme, ça marche vraiment ?
Ça dépend. Si c'est bien conçu, oui. Si c'est bâclé, non. Prenez les aides au logement : en France, elles coûtent 18 milliards d'euros par an, mais elles ont aussi contribué à faire monter les loyers. Résultat : les bénéficiaires paient plus cher, et les non-bénéficiaires aussi. Bref, ça marche à moitié.
En revanche, les tarifs sociaux de l'eau (qui existent dans certaines villes) fonctionnent bien : ils permettent aux ménages modestes de payer moins, sans faire exploser les prix pour les autres. La différence ? Ces tarifs sont progressifs (plus on consomme, plus le prix au mètre cube augmente), et ils sont financés par une taxe sur les gros consommateurs.
Pourquoi les politiques privilégient-ils le court terme ?
Parce que c'est électoralement rentable. Un ministre qui annonce une prime de 100 euros pour les ménages modestes fait les gros titres. Une réforme fiscale qui mettra dix ans à porter ses fruits, beaucoup moins. Or, en politique, si tu ne vois pas les effets avant la prochaine élection, c'est que tu as déjà perdu.
Mais il y a une autre raison : le court terme, c'est visible. Quand vous donnez 200 euros à une famille, elle s'en souvient. Quand vous construisez une école dans un quartier défavorisé, les effets se voient dans dix ans. Et dans un monde où tout le monde veut des résultats immédiats, le visible l'emporte sur l'efficace.
Est-ce que l'égalité en très court terme creuse la dette ?
Pas forcément. Tout dépend de comment on finance les mesures. Si c'est par la dette, oui, ça creuse le déficit. Mais si c'est par une réforme fiscale (comme taxer davantage les ultra-riches ou supprimer les niches fiscales inutiles), alors non.
En 2023, la Cour des comptes a estimé que les niches fiscales coûtent 100 milliards d'euros par an à l'État. Autant dire que si on supprimait ne serait-ce que 10% de ces niches, on pourrait financer un paquet de mesures en très court terme sans toucher à la dette.
Peut-on concilier court terme et long terme ?
Oui, mais c'est compliqué. L'idéal, c'est de combiner les deux : des mesures d'urgence pour soulager la misère immédiate, et des réformes structurelles pour régler les problèmes sur le long terme.
Prenez l'exemple des emplois francs en France : une aide de 15 000 euros pour les entreprises qui embauchent des habitants des quartiers prioritaires. C'est du court terme (ça donne un coup de pouce immédiat), mais c'est aussi du long terme (ça permet à des gens de s'insérer durablement sur le marché du travail).
Le problème, c'est que les politiques ont tendance à privilégier l'un ou l'autre. Soit ils font du court terme (et oublient le long terme), soit ils font du long terme (et oublient que les gens ont faim aujourd'hui).
Verdict : l'égalité en très court terme, solution miracle ou pis-aller ?
Alors, faut-il jeter l'égalité en très court terme aux orties ? Non. Mais faut-il en faire une religion ? Encore moins.
Le court terme, c'est comme un pansement : ça limite les dégâts, mais ça ne guérit pas. Ça peut sauver des vies (littéralement, dans le cas des aides alimentaires ou des tarifs sociaux de l'énergie), mais ça ne résout pas les problèmes structurels. Et surtout, ça peut créer des effets pervers si c'est mal conçu : des aides qui font monter les prix, des dispositifs qui excluent ceux qui en ont le plus besoin, ou pire, des mesures qui donnent l'illusion que le problème est réglé.
Alors, que faire ? Trois pistes :
1. Cibler mieux : les aides doivent être réservées à ceux qui en ont vraiment besoin, sans créer de nouvelles inégalités. (Et non, ce n'est pas impossible : les pays nordiques le font depuis des années.)
2. Financer intelligemment : taxer les ultra-riches, supprimer les niches fiscales inutiles, et arrêter de subventionner des dispositifs qui ne marchent pas. (Oui, je pense aux 18 milliards d'euros d'aides au logement qui font monter les loyers.)
3. Combiner court et long terme : une mesure d'urgence doit toujours être accompagnée d'une réforme structurelle. Sinon, c'est comme mettre un pansement sur une fracture ouverte.
Et surtout, arrêtons de croire que l'égalité se décrète. Elle se construit, jour après jour, avec des mesures qui marchent maintenant, et d'autres qui porteront leurs fruits dans dix ans. Parce que le vrai défi, ce n'est pas de choisir entre le court et le long terme. C'est de faire les deux en même temps.
Alors oui, l'égalité en très court terme, c'est imparfait. C'est même souvent bancal. Mais c'est aussi la seule façon de ne pas laisser des gens sur le bord de la route en attendant que les réformes structurelles daignent porter leurs fruits. Et ça, c'est déjà pas mal.
(Et si vous ne deviez retenir qu'une chose de cet article, retenez ça : la prochaine fois qu'un politique vous promet une mesure "coup de poing" pour réduire les inégalités, demandez-lui comment il compte éviter les trois pièges du court terme. Parce que les bonnes intentions, ça ne suffit pas.)
