L’inflation, ce vieux serpent sournois
Bon. L’inflation, c’est pas juste les prix qui grimpent. C’est une érosion sournoise du pouvoir d’achat, une vraie sangsue économique. Un panier de courses qui coûtait 100€ y’a deux ans, aujourd’hui il peut te revenir à 115€ ou 120€, easy. Tu bosses pareil, tu gagnes pareil (dans le meilleur des cas), mais tu t’appauvris. Et c’est là que l’idée d’emprunter prend un tournant assez... surprenant.
Emprunter de l’argent aujourd’hui, le rembourser avec des euros “moins forts” demain
L’effet magique (ou presque) de l’inflation sur la dette
Alors voilà le twist : si tu t’endettes aujourd’hui à taux fixe, tu rembourses dans quelques années avec une monnaie qui vaut moins. Dit autrement ? Ce que tu rembourses a moins de valeur réelle qu’au moment où tu as emprunté. Pfff… je te jure, ça semble contre-intuitif, mais économiquement, c’est presque une stratégie de ninja.
Prenons un exemple simple. Imaginons que tu empruntes 100 000€ à 2 % sur 20 ans. Si l’inflation moyenne sur cette période est de 4 % (oui, c’est arrivé, et ça peut revenir), ton argent perdu via les mensualités est partiellement compensé par la dévaluation de l’euro. En gros, c’est comme si la dette se dissolvait doucement avec le temps.
Petit bémol : à condition que ton taux soit fixe
Et là, attention : faut que ce soit un taux fixe. Sinon, tu te fais rattraper par la bête. Mon cousin a eu cette (mauvaise) idée d’un prêt à taux variable en 2022. Résultat ? En 2024, ses mensualités ont grimpé comme un sprinteur sous stéroïdes. Il s’en mord encore les doigts, surtout qu’il a fait ça pour une résidence secondaire en Bretagne, et qu’il n’y va même plus.
Acheter des actifs tangibles : la dette au service de l’investissement
Immobilier, or, et autres valeurs-refuges
Je vais pas te faire un dessin : l’immobilier, c’est le classique des classiques. Tu t’endettes pour acheter un bien, il prend de la valeur avec l’inflation, et ta mensualité reste la même (encore une fois, merci taux fixe). J’ai acheté un petit T2 à Pantin en 2021. À l’époque, tout le monde me disait "Attends, c’est pas le bon moment". Bah aujourd’hui, il a pris +12 % et mon crédit est toujours à 1,6 %. Autant te dire que je souris à chaque échéance prélevée.
Et c’est pas juste pour l’immobilier. Certains s’endettent (avec prudence hein) pour acheter de l’or, des œuvres d’art, ou même des terres agricoles. Tout ce qui “garde” ou “monte” en valeur quand les billets perdent la leur.
L’effet de levier : oui, mais avec la tête
Mais faut pas se mentir : ça reste risqué. Faut pas s’endetter pour spéculer sur des actifs volatils (genre la crypto, sauf si t’es prêt à ne plus dormir la nuit). L’effet de levier, c’est puissant, mais ça peut aussi te broyer si t’as mal calculé ton coût de portage, tes loyers ou les frais imprévus (et y’en a toujours…).
S’endetter pour consommer ? Là, je suis beaucoup moins chaud…
Tu me connais, j’aime les bons restos, les week-ends impros en Europe, les gadgets Apple... Mais emprunter pour consommer en période d’inflation ? Mouais. Mauvais plan.
Pourquoi ? Parce que contrairement aux actifs, la consommation, elle, ne prend pas de valeur. Tu rembourses plus cher (même avec de la "monnaie moins forte") quelque chose qui a déjà perdu sa valeur dès que tu l’as utilisé.
Mon frère a acheté une Tesla à crédit en 2023. "C’est un investissement", il disait. Bah non. Deux ans plus tard, elle a perdu 20 %, les batteries fatiguent, et il a encore 4 ans de crédit. Moralité ? S’endetter pour un objet qui se déprécie, même avec l’inflation, c’est juste... bah, se tirer une balle dans le pied.
Les pièges à éviter avant de foncer tête baissée
Surévaluer sa capacité de remboursement
Pfff... j’ai failli faire cette boulette en 2020. J’étais à deux doigts de signer un crédit un poil trop ambitieux. Heureusement, ma banquière (Caroline, une perle rare) m’a calmé. "Vous avez pensé aux impôts fonciers qui explosent ?" qu’elle m’a sorti. Bah non. Résultat, j’ai revu ma copie. Faut rester lucide, surtout en temps d’inflation.
Négliger les frais annexes
Y’a pas que le taux et le montant. Assurance, entretien, taxe foncière, charges de copro… Tout ça peut vite te faire regretter ton emprunt. Et ces frais, eux, ils n’attendent pas que l’inflation passe.
Conclusion : l’inflation n’est pas qu’une menace, c’est aussi une opportunité (mais faut pas être naïf)
Tiens, c’est marrant, en écrivant tout ça, je me rends compte que j’ai changé d’avis sur pas mal de trucs. Au début, l’idée de m’endetter pendant l’inflation me semblait risquée, limite absurde. Mais avec un peu de recul, de stratégie (et quelques erreurs de potes bien instructives), je vois que ça peut être carrément malin... à condition de le faire intelligemment.
Alors, si t’y penses aussi : pose-toi les bonnes questions, entoure-toi de gens qui savent (pas juste les gourous de YouTube hein), et surtout... reste cool avec tes finances. L’inflation, elle fait pas de cadeau — mais elle peut aussi bosser pour toi, si tu joues bien tes cartes.
À toi de voir.
