1. Comprendre comment la sécurité de votre argent est organisée (ou pas)
1.1. Le système de garantie des dépôts : une protection en théorie solide...
En France, comme dans la plupart des pays européens, vos dépôts bancaires sont protégés jusqu'à 100 000 euros par établissement (et par client) grâce au Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR). Créé en 2010, ce mécanisme est censé vous rembourser en cas de faillite de votre banque. Le hic ? Ce système n'a été testé que dans des conditions... très particulières. La dernière crise bancaire majeure en Europe, celle de 2013 avec la faillite de la banque coopérative espagnole Bankia, n'a concerné que des épargnants espagnols, et le FGDR n'a jamais eu à intervenir sur une grosse banque française.
Et là où ça coince, c'est que les 100 000 euros ne couvrent pas tout. Si vous avez plusieurs comptes dans la même banque (un livret A, un compte courant, un PEL), c'est l'ensemble qui est plafonné à 100 000 euros. De plus, les sommes placées sur des comptes à terme ou des livrets réglementés (comme le Livret A ou le LDDS) sont aussi concernées, mais attention : certains produits d'épargne, comme les assurances-vie en fonds euros, ne sont pas couverts par le FGDR. Autant le dire clairement, si vous avez plus de 100 000 euros sur un seul livret, vous dépassez allègrement le seuil de sécurité.
Car les banques françaises ne sont pas toutes égales face au risque. Certaines, comme la CIC ou le Crédit Mutuel, ont des ratios de solvabilité plus fragiles que d'autres. En 2022, la Banque Centrale Européenne (BCE) a pointé du doigt quatre banques françaises** (dont la BPCE et le Crédit Agricole) pour leur exposition aux risques immobiliers. Traduction : si l'immobilier s'effondre, ces banques pourraient avoir du mal à honorer leurs engagements. Et dans ce cas, le FGDR pourrait mettre des mois à vous rembourser. On est loin du compte.
1.2. ...mais des failles existent, et elles sont méconnues
Le FGDR a beau être un filet de sécurité, il a des limites. D'abord, il ne couvre pas les pertes liées à des fraudes ou des erreurs de gestion. En 2021, la banque en ligne N26 a dû rembourser des milliers de clients victimes de fraudes aux cartes bancaires, mais seulement parce que la banque allemande (son siège social) avait souscrit à un fonds de garantie supplémentaire. En France, si votre banque fait faillite à cause d'une cyberattaque massive ou d'une gestion calamiteuse, le FGDR n'interviendra que pour les dépôts... pas pour les préjudices indirects.
Ensuite, il y a le casse-tête des comptes joints. Si vous partagez un compte avec votre conjoint, le plafond de 100 000 euros s'applique à l'ensemble du compte, pas à chaque titulaire. Résultat : si vous avez 80 000 euros sur un compte joint et que votre partenaire en ajoute 50 000, seul 70 000 euros seront garantis. Le reste ? Perdu. Et si vous pensez que les livrets réglementés sont une solution miracle, détrompez-vous : le plafond du Livret A est fixé à 22 950 euros (hors intérêts), et celui du LDDS à 12 000 euros. Autant dire que si vous avez des économies, il faudra les éparpiller.
Enfin, il y a le problème des fonds propres des banques. En 2023, la BCE a imposé aux banques européennes de renforcer leurs fonds propres pour faire face aux risques climatiques et aux tensions géopolitiques. Mais dans la pratique, beaucoup de banques françaises ont contourné ces règles en utilisant des montages comptables complexes. Résultat : leur solidité réelle est plus difficile à évaluer. Et c'est précisément là que le bât blesse. Si une banque comme la Société Générale ou BNP Paribas venait à avoir des problèmes, le FGDR serait-il capable de faire face ? Personne ne peut le dire avec certitude.
2. Les risques qui menacent votre épargne (et que les banques ne vous diront pas)
2.1. Le risque systémique : quand la crise d'une banque en entraîne une autre
En 2008, la faillite de Lehman Brothers a provoqué un effet domino dans tout le système financier mondial. Aujourd'hui, avec la digitalisation des banques et la mondialisation des flux d'argent, le risque systémique n'a pas disparu. Au contraire : il s'est complexifié. Prenez l'exemple de la Silicon Valley Bank (SVB), qui a fait faillite en mars 2023. Cette banque américaine, spécialisée dans les startups, a été victime d'une course aux retraits (un "bank run") déclenchée par des investisseurs paniqués. En quelques heures, 42 milliards de dollars ont été retirés. Résultat ? La SVB a dû vendre ses obligations à perte, déclenchant sa faillite.
En Europe, le même scénario pourrait se produire, surtout avec les obligations souveraines. Les banques françaises et allemandes détiennent des montagnes de dette italienne, espagnole ou grecque. Si un pays de la zone euro fait défaut (comme la Grèce en 2010), les banques pourraient être contraintes de vendre ces obligations à perte, fragilisant leur bilan. Et si une grande banque comme la Deutsche Bank ou la Société Générale tombe, le FGDR serait submergé. Là où ça coince, c'est que personne ne sait vraiment combien de temps il faudrait pour rembourser les épargnants. En 2013, en Chypre, il a fallu deux ans pour que les épargnants récupèrent une partie de leur argent. En France, avec 100 000 euros en jeu, le délai pourrait être similaire.
Car le problème, c'est que les banques sont interconnectées. Si une grande banque française fait faillite, elle pourrait entraîner dans sa chute des centaines de petites banques et de fintechs qui lui sont liées. En 2020, la faillite de la néobanque Wirecard (en Allemagne) a montré à quel point les systèmes de paiement pouvaient s'effondrer du jour au lendemain. Les clients de Wirecard en Europe ont mis des mois à récupérer leurs fonds, et certains n'ont jamais été remboursés.
2.2. Le risque de taux : quand les banques jouent avec votre argent
Les taux d'intérêt sont au plus bas depuis des décennies, mais ça ne veut pas dire que les banques ne prennent aucun risque. Au contraire : beaucoup de banques françaises ont massivement investi dans des obligations à long terme, qui perdent de la valeur quand les taux montent. En 2022, la BCE a relevé ses taux de 0% à 4,5% en quelques mois, provoquant une chute de la valeur de ces obligations. Résultat : certaines banques, comme la Deutsche Bank, ont vu leur bilan se dégrader. Et c'est précisément là que le risque pour les épargnants devient réel.
Pire encore : certaines banques répercutent ces pertes sur leurs clients. En 2021, la banque en ligne Boursorama a annoncé qu'elle allait réduire les intérêts versés sur les livrets pour compenser la baisse de ses marges. Autrement dit, même si les taux montent, vous ne profiterez pas forcément de la hausse. Et si une banque comme la BNP Paribas ou le Crédit Agricole venait à avoir des problèmes de liquidités, elle pourrait limiter les retraits ou geler les comptes. En 2015, en Grèce, les banques ont imposé un plafond de retraits quotidiens à 60 euros. Un scénario qui, en France, n'est pas impossible si la crise s'aggrave.
Enfin, il y a le problème des comptes à terme. Beaucoup d'épargnants pensent que ces comptes (qui offrent un taux fixe pour une durée déterminée) sont une valeur sûre. Or, si la banque fait faillite avant la date d'échéance, vous perdrez les intérêts, et peut-être une partie du capital. En 2020, la banque italienne Banca Carige a fait faillite, et les détenteurs de comptes à terme ont dû attendre des mois pour récupérer leur argent. Autant dire que les comptes à terme ne sont pas une solution miracle.
2.3. Le risque cyber : quand les pirates font la loi
En 2023, les cyberattaques contre les banques ont augmenté de 40% en un an, selon l'Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information (ANSSI). Les pirates ciblent désormais les comptes des particuliers, pas seulement les grandes entreprises. En 2022, la banque française Crédit Mutuel a été victime d'une attaque qui a permis à des hackers de voler les coordonnées bancaires de milliers de clients. Le problème ? Les banques ne sont pas toujours tenues de rembourser les victimes. En Europe, la directive DSP2 (sur les services de paiement) impose aux banques de rembourser les fraudes... sauf si elles prouvent que le client a commis une négligence. Le truc c'est que prouver une négligence, c'est presque impossible. Résultat : beaucoup de victimes se retrouvent sans recours.
Et ce n'est pas tout. Les banques en ligne, comme Revolut ou N26, sont encore plus vulnérables. En 2021, la néobanque allemande N26 a dû suspendre ses services en Espagne après une série de cyberattaques. Les clients ont été privés d'accès à leur argent pendant plusieurs jours. On n'y pense pas assez, mais les banques en ligne sont souvent moins protégées que les banques traditionnelles. Leurs systèmes sont plus simples, et leurs équipes de cybersécurité moins nombreuses.
Enfin, il y a le risque des faux virements. En 2023, la police nationale a recensé plus de 30 000 cas de fraudes aux virements en France, pour un préjudice total de 500 millions d'euros. Les escrocs utilisent des techniques de plus en plus sophistiquées, comme le "CEO fraud" (où ils se font passer pour un dirigeant d'entreprise) ou le "phishing vocal" (où ils appellent la victime pour lui soutirer des codes). Et dans la plupart des cas, les banques refusent de rembourser, arguant que le client a "validé" la transaction. Là où ça coince, c'est que la justice donne souvent raison aux banques.
3. Les alternatives à la banque : où placer son argent quand on doute ?
3.1. Les livrets réglementés : une fausse sécurité
Le Livret A, le LDDS, le LEP... Ces livrets sont présentés comme des valeurs sûres, et pour cause : ils sont garantis par l'État. Pourtant, ils ont plusieurs défauts. D'abord, leurs rendements sont au plus bas : 3% pour le Livret A en 2024, contre 6% en 2008. Ensuite, leurs plafonds sont ridiculement bas : 22 950 euros pour le Livret A, 12 000 euros pour le LDDS. Autant le dire clairement, si vous avez plus de 30 000 euros d'épargne, vous ne pouvez pas tout mettre sur ces livrets.
Et puis, il y a le problème de la fiscalité. Les intérêts des livrets réglementés sont exonérés d'impôts, mais seulement si vous ne dépassez pas les plafonds. Si vous dépassez, les intérêts supplémentaires sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%. Résultat : pour un Livret A à 3%, le rendement net après impôt tombe à 2,1%. C'est à peine mieux qu'un compte à terme.
Enfin, il y a le risque de blocage des retraits. En 2020, pendant la crise du Covid, la Caisse des Dépôts a temporairement limité les retraits sur les Livrets A pour éviter une panique bancaire. Un scénario qui pourrait se reproduire en cas de crise majeure. Le problème, c'est que vous n'avez aucun recours si vous avez besoin de votre argent.
3.2. L'assurance-vie : un placement sûr, mais pas sans risques
L'assurance-vie est souvent présentée comme la solution miracle pour sécuriser son argent. Et pour cause : en 2023, elle représentait plus de 2 000 milliards d'euros d'épargne en France. Pourtant, les fonds euros (les plus sûrs) ne sont pas sans risques. D'abord, leur rendement est en chute libre : en 2023, le rendement moyen des fonds euros était de 2,5%, contre 4% en 2010. Ensuite, les assureurs peuvent réduire leurs participations aux bénéfices en cas de crise, ce qui diminue encore le rendement.
Et puis, il y a le problème de la garantie. Les fonds euros sont garantis par l'assureur, pas par l'État. Si un grand assureur comme AXA ou Generali venait à avoir des problèmes, votre capital pourrait être bloqué pendant des mois, voire des années. En 2008, pendant la crise des subprimes, certains assureurs américains ont mis des années à rembourser leurs clients. On est loin du compte.
Enfin, il y a le risque de mauvaise gestion. Beaucoup d'assureurs placent une partie de l'épargne en actions ou en obligations risquées pour booster les rendements. Si le marché s'effondre, votre capital pourrait baisser. En 2022, certains fonds euros ont perdu jusqu'à 5% de leur valeur. Autant dire que l'assurance-vie n'est pas une solution 100% sûre.
3.3. L'or et les métaux précieux : une valeur refuge, mais pas une solution miracle
L'or est souvent présenté comme la valeur refuge par excellence. Et pour cause : en période de crise, son prix monte. Pourtant, il a plusieurs inconvénients. D'abord, il ne rapporte rien : pas de dividendes, pas d'intérêts. Ensuite, son prix est très volatile : en 2020, il a chuté de 10% en quelques semaines. Enfin, le stocker est compliqué : si vous achetez des lingots, il faudra les mettre en coffre-fort (ce qui coûte cher), et si vous achetez des ETF or, vous dépendez d'un intermédiaire.
Et puis, il y a le problème de la fiscalité. La vente d'or est soumise à une taxe de 36,2% (au-delà d'un seuil de 5 000 euros). Résultat : si vous achetez de l'or à 2 000 euros l'once et que vous le revendez à 2 200 euros, vous ne toucherez que 2 087 euros après impôt. Là où ça coince, c'est que l'or ne vous protège pas contre l'inflation : si les prix montent de 10%, l'or ne montera pas forcément de 10%.
Enfin, il y a le risque de vol ou de perte. Si vous stockez de l'or chez vous, vous risquez de vous le faire voler. Si vous le mettez en coffre, vous payez des frais annuels. Et si vous l'achetez en ligne, vous dépendez d'un intermédiaire qui pourrait faire faillite. Autant dire que l'or n'est pas une solution miracle.
3.4. Les cryptomonnaies : un pari risqué, mais pas à écarter
Les cryptomonnaies sont souvent présentées comme une alternative aux banques traditionnelles. Et pour cause : elles ne dépendent d'aucun État ni d'aucune banque centrale. Pourtant, elles ont plusieurs défauts. D'abord, leur prix est extrêmement volatile : en 2022, le Bitcoin est passé de 69 000 dollars à 16 000 dollars en quelques mois. Ensuite, elles ne sont pas garanties : si vous perdez vos clés privées, vous perdez tout. Enfin, elles sont soumises à une réglementation floue : en Europe, le règlement MiCA (qui encadre les cryptos) n'est entré en vigueur qu'en 2024, et il reste plein de zones d'ombre.
Et puis, il y a le problème de la sécurité. Les plateformes d'échange comme Binance ou Coinbase ont été victimes de plusieurs piratages. En 2019, la plateforme japonaise MtGox a fait faillite après un piratage, et des milliers de clients n'ont jamais récupéré leurs Bitcoins. Là où ça coince, c'est que les cryptos ne sont pas couvertes par le FGDR. Si une plateforme fait faillite, vous n'aurez aucun recours.
Enfin, il y a le problème de la fiscalité. En France, les plus-values sur les cryptomonnaies sont soumises à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%. Résultat : si vous achetez des cryptos à 1 000 euros et que vous les revendez à 1 500 euros, vous ne toucherez que 1 350 euros après impôt. Autant dire que les cryptos ne sont pas une solution pour sécuriser son argent à court terme.
4. Les erreurs à ne pas commettre quand on veut sécuriser son argent
4.1. Mettre tous ses œufs dans le même panier (même réglementé)
Beaucoup d'épargnants pensent que le Livret A est une valeur sûre, et y mettent tout leur argent. Le problème ? Si vous dépassez le plafond (22 950 euros), les intérêts supplémentaires sont soumis à l'impôt. Résultat : vous perdez une partie de vos gains. Le truc c'est que les livrets réglementés ne sont pas adaptés aux gros épargnants. Si vous avez plus de 30 000 euros, il faut diversifier.
Et puis, il y a le problème de la disponibilité. Les livrets réglementés permettent des retraits sous 48 heures, mais en période de crise, les banques peuvent limiter les retraits. En 2020, pendant le Covid, certaines banques ont temporairement bloqué les retraits sur les Livrets A pour éviter une panique bancaire. On est loin du compte si vous avez besoin de votre argent rapidement.
Enfin, il y a le problème de la fiscalité. Les intérêts des livrets réglementés sont exonérés d'impôt, mais seulement si vous ne dépassez pas les plafonds. Si vous dépassez, vous devrez déclarer les intérêts supplémentaires, et ils seront soumis au PFU de 30%. Résultat : pour un Livret A à 3%, le rendement net après impôt tombe à 2,1%. Autant le dire clairement, les livrets réglementés ne sont pas une solution miracle pour les gros épargnants.
4.2. Négliger les frais bancaires
Les banques gagnent de l'argent sur les frais, pas seulement sur les crédits. En 2023, les frais bancaires ont atteint plus de 10 milliards d'euros en France. Pourtant, beaucoup d'épargnants ne vérifient pas ces frais, et paient sans le savoir. Par exemple, certains comptes courants facturent jusqu'à 20 euros par mois de frais de tenue de compte. D'autres facturent des frais de retraits à l'étranger, même pour des montants minimes.
Et puis, il y a le problème des frais cachés. Certaines banques facturent des frais de clôture de compte, des frais de virement international, ou des frais de gestion de PEA. Résultat : si vous avez plusieurs comptes dans plusieurs banques, vous pourriez perdre des centaines d'euros par an sans le savoir. Le problème, c'est que ces frais ne sont pas toujours affichés clairement. Il faut souvent lire les petites lignes des contrats.
Enfin, il y a le problème des banques en ligne. Certaines néobanques facturent des frais de retrait sur les distributeurs, ou des frais de change si vous voyagez à l'étranger. En 2022, la banque en ligne Revolut a été condamnée à rembourser des milliers de clients pour des frais abusifs. Autant dire que il faut bien lire les conditions générales avant d'ouvrir un compte.
4.3. Ignorer les risques de change
Si vous avez des comptes en devises étrangères (comme un compte en dollars ou en livres sterling), vous êtes exposé au risque de change. En 2022, la livre sterling a perdu 15% de sa valeur face à l'euro en quelques mois. Résultat : si vous aviez des économies en livres sterling, vous avez perdu une partie de leur valeur en euros. Le truc c'est que beaucoup d'épargnants oublient ce risque, surtout s'ils ont des comptes à l'étranger.
Et puis, il y a le problème des comptes multi-devises. Certaines banques en ligne (comme Wise ou N26) permettent d'ouvrir des comptes en plusieurs devises. Le problème ? Ces comptes ne sont pas garantis par le FGDR. Si la banque fait faillite, vous pourriez perdre une partie de votre argent. Là où ça coince, c'est que ces comptes sont souvent présentés comme une solution miracle pour voyager ou investir à l'étranger.
Enfin, il y a le problème des obligations en devises. Si vous achetez des obligations en dollars ou en yens, vous êtes exposé au risque de change. En 2020, la crise du Covid a provoqué une chute de 20% des devises émergentes face au dollar. Résultat : si vous aviez des obligations en pesos argentins ou en reais brésiliens, vous avez perdu une partie de votre capital. Autant dire que les devises étrangères ne sont pas une solution pour sécuriser son argent.
5. Les banques en ligne et les néobanques : une alternative sûre ou un piège ?
5.1. Les avantages des banques en ligne
Les banques en ligne (comme Boursorama, Fortuneo ou Hello Bank) ont plusieurs avantages. D'abord, elles proposent des rendements plus élevés que les banques traditionnelles. En 2024, certaines néobanques offrent jusqu'à 4% sur les livrets, contre 3% pour un Livret A. Ensuite, elles ont des frais réduits : pas de frais de tenue de compte, des virements gratuits, des cartes bancaires sans cotisation. Résultat : si vous avez un compte bien rempli, vous économisez des centaines d'euros par an.
Et puis, il y a le problème des services innovants. Les néobanques proposent souvent des outils de gestion budgétaire, des alertes en temps réel sur les dépenses, ou des comptes multi-devises. En 2023, plus de 15 millions de Français avaient un compte dans une banque en ligne. Résultat : ces banques sont devenues une alternative crédible aux banques traditionnelles.
Enfin, il y a le problème de la sécurité. Les néobanques sont soumises aux mêmes réglementations que les banques traditionnelles, et elles sont couvertes par le FGDR. En 2021, la banque en ligne N26 a été victime d'une cyberattaque, mais elle a pu rembourser ses clients grâce à son fonds de garantie. Le truc c'est que les néobanques sont souvent plus sécurisées que les banques traditionnelles, car elles n'ont pas de succursales physiques à protéger.
5.2. Les risques des banques en ligne
Pourtant, les néobanques ont aussi des risques. D'abord, leur solidité financière est parfois douteuse. En 2020, la néobanque allemande Wirecard a fait faillite après une fraude comptable de plusieurs milliards d'euros. Résultat : des milliers de clients ont perdu une partie de leur argent. En France, la néobanque Lydia a été sanctionnée en 2022 pour des manquements à ses obligations de lutte contre le blanchiment d'argent. Là où ça coince, c'est que les néobanques sont souvent moins capitalisées que les banques traditionnelles.
Et puis, il y a le problème des services limités. Les néobanques ne proposent pas toujours des prêts immobiliers, des assurances-vie ou des livrets réglementés. Résultat : si vous avez besoin de ces services, vous devrez ouvrir un compte dans une banque traditionnelle. En 2023, seulement 20% des Français avaient un compte dans une néobanque, contre 80% dans une banque traditionnelle. Autant dire que les néobanques ne sont pas adaptées à tous les profils.
Enfin, il y a le problème de la disponibilité. Les néobanques n'ont pas de succursales physiques, et leur service client est souvent limité à un chat en ligne ou un email. Résultat : si vous avez un problème technique ou une fraude, vous pourriez attendre des jours avant d'obtenir une réponse. En 2021, la néobanque Revolut a été critiquée pour son service client lent et inefficace. Le problème, c'est que les néobanques ne sont pas adaptées aux personnes qui ont besoin d'un accompagnement personnalisé.
5.3. Comment choisir une banque en ligne sûre ?
Si vous voulez ouvrir un compte dans une néobanque, il faut vérifier plusieurs critères. D'abord, vérifiez que la banque est couverte par le FGDR. En France, toutes les néobanques agréées par l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) sont couvertes. Ensuite, vérifiez la solvabilité de la banque. Certaines néobanques sont affiliées à des grands groupes bancaires (comme Boursorama, qui dépend de la Société Générale), ce qui les rend plus sûres. Enfin, vérifiez les frais et les rendements. Certaines néobanques facturent des frais cachés ou offrent des rendements trop beaux pour être vrais.
Et puis, il y a le problème des avis clients. Avant d'ouvrir un compte, lisez les avis sur des sites comme Trustpilot ou les forums spécialisés. En 2023, la néobanque Lydia a reçu des centaines de mauvais avis pour son service client et ses frais abusifs. Le truc c'est que les néobanques sont souvent jeunes et peu capitalisées, ce qui les rend plus risquées que les banques traditionnelles.
Enfin, il y a le problème de la transparence. Certaines néobanques ne publient pas leurs bilans financiers, ce qui rend difficile l'évaluation de leur santé. En 2022, la néobanque allemande N26 a été critiquée pour son manque de transparence. Autant dire que il faut bien se renseigner avant d'ouvrir un compte.
6. Que faire en cas de crise bancaire ? Comment réagir si ma banque fait faillite ?
6.1. Les signes avant-coureurs d'une crise bancaire
Les crises bancaires ne tombent pas du ciel. Elles sont souvent précédées de signes avant-coureurs. D'abord, observez les rumeurs dans la presse financière. Si des médias comme Les Échos, Bloomberg ou Reuters publient des articles sur des problèmes de liquidités dans une banque, c'est un mauvais signe. Ensuite, surveillez les taux d'intérêt. Si les banques se refinancent à des taux très élevés sur les marchés, c'est qu'elles ont des problèmes de trésorerie. En 2023, la Deutsche Bank a vu ses coûts de refinancement exploser, signe de difficultés financières.
Et puis, il y a le problème des retraits massifs. Si vous voyez que des clients font la queue devant une agence bancaire pour retirer leur argent, c'est un signe de panique. En 2013, en Chypre, les retraits massifs ont précipité la crise bancaire. Résultat : les banques ont dû imposer des plafonds de retraits. Là où ça coince, c'est que ces signes sont souvent visibles trop tard.
Enfin, observez les notes des agences de notation. Si une agence comme Moody's ou Standard & Poor's abaisse la note d'une banque, c'est qu'elle considère que la banque est en difficulté. En 2022, la banque italienne Monte dei Paschi di Siena a vu sa note abaissée à "junk", signe qu'elle était en très mauvaise santé financière.
6.2. Les étapes à suivre pour sécuriser son argent
Si vous suspectez une crise bancaire, il faut agir rapidement. D'abord, diversifiez vos comptes. N'ayez pas tout votre argent sur un seul compte ou dans une seule banque. Ouvrez des comptes dans plusieurs banques, y compris des néobanques. En 2023, la crise de la Silicon Valley Bank a montré que même les banques en ligne pouvaient être vulnérables. Résultat : il vaut mieux avoir plusieurs comptes, même dans des établissements différents.
Et puis, limitez les gros retraits. Si vous retirez tout votre argent en liquide, vous risquez de déclencher une panique bancaire. En 2015, en Grèce, les retraits massifs ont aggravé la crise. Résultat : les banques ont dû imposer des plafonds de retraits. Le truc c'est que garder une partie de votre argent sur un compte (même si c'est peu) permet de limiter les risques.
Enfin, surveillez les comptes à terme et les livrets. Si vous avez des comptes à terme qui arrivent à échéance, ne les renouvelez pas automatiquement. Attendez de voir comment évolue la situation. En 2020, pendant la crise du Covid, certaines banques ont gelé les retraits sur les comptes à terme. Autant dire que il vaut mieux garder une partie de votre argent disponible.
Si une banque fait faillite, contactez immédiatement le FGDR. Vous pouvez faire une réclamation en ligne sur leur site. Le FGDR a un délai de 7 jours ouvrés pour vous répondre. Si votre demande est acceptée, vous récupérerez votre argent sous 20 jours ouvrés. Mais attention : si vous avez dépassé le plafond de 100 000 euros, vous ne récupérerez qu'une partie de votre argent. Là où ça coince, c'est que le FGDR ne couvre pas les intérêts ni les pertes liées aux fraudes.
6.3. Les erreurs à éviter en cas de crise
En cas de crise bancaire, beaucoup d'épargnants font des erreurs qui aggravent leur situation. D'abord, ne paniquez pas. Si vous retirez tout votre argent en liquide, vous risquez de déclencher une panique généralisée. Résultat : les banques pourraient geler tous les retraits. En 2013, en Chypre, les retraits massifs ont précipité la crise. Le problème, c'est que les retraits en liquide ne sont pas une solution : si la banque fait faillite, votre argent en liquide ne sera pas garanti.
Et puis,
