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Est-ce obligatoire le maintien de salaire ?

Est-ce obligatoire le maintien de salaire ?

Les fondements légaux du maintien de salaire

Le principe du maintien de salaire découle des articles L1226-1 et suivants du Code du travail, transposant la directive européenne 2019/1158 sur l'équilibre vie pro-perso. Introduit en 1978 par la loi Véronèse, il vise à protéger le salarié contre la perte de revenus due à une incapacité temporaire. Contrairement à une idée répandue, ce n'est pas un droit absolu : l'employeur complète les indemnités journalières de la CPAM jusqu'à 90 % ou 100 % du salaire brut, mais seulement si l'arrêt dépasse trois jours et que l'ancienneté atteint un an pour les AT/MP.

En 2023, la Cour de cassation a rappelé dans son arrêt du 12 juillet (n°21-18.632) que le maintien intègre les primes variables si habituelles, élargissant le salaire de base à 66 % minimum pour les trois premiers mois. Les ordonnances Macron de 2017 ont assoupli les contrôles médicaux, autorisant deux par semestre sans préavis, sous astreinte de 1 500 euros par irrégularité. Ce cadre mixte public-privé génère 2,5 milliards d'euros de dépenses annuelles pour les employeurs, selon la DARES.

Les textes divergent sur les seuils : un salarié avec 6 mois d'ancienneté voit son maintien plafonné à 2/3 du salaire antérieur, tandis qu'après 5 ans, il approche les 100 %. Pas de consensus sur les heures supplémentaires : incluses si récurrentes, exclues sinon.

Dans quels cas le maintien de salaire est-il obligatoire ?

Accident du travail et maladie professionnelle déclenchent l'obligation immédiate. Dès le 1er jour, la CPAM verse 60 % du salaire journalier de base (SJB), complété par l'employeur à 90 % les 28 premiers jours, puis 80 % jusqu'au 90e jour – chiffres issus de l'article R4228-1. Pour un cadre à 4 000 euros brut mensuel, cela représente 2 700 euros nets maintenus initialement.

La maladie non professionnelle échappe à cette règle stricte : 96 % des conventions collectives (enquête Insee 2022) imposent un maintien après carence de 7 jours pour 30 jours à 90 %, mais rien dans le Code du travail seul. L'inaptitude partielle post-AT suit le même régime, avec reprise aménagée sous 30 jours ou indemnité compensatrice jusqu'à 100 % du salaire.

Les cas familiaux comme maternité ou paternité relèvent d'autres chapitres : 100 % maintenu sans carence pour la première, 3 jours payés à 100 % pour le second depuis 2021. Une micro-digression : les arrêts pour garde d'enfant malade flirtent avec le maintien via l'article L1226-4, mais plafonné à 18 jours par an, à 50 % du SJB.

Les durées précises d'indemnisation en maintien de salaire

Pour AT/MP, le maintien dure 90 jours calendaires à partir du 4e jour, soit environ 3 mois pleins. Au-delà, passage à l'article L432-7 : si reprise impossible, reclassement ou licenciement pour inaptitude avec préavis réduit de moitié. Un salarié absent 120 jours perd déjà 20 % de ses droits si pas de prolongation conventionnelle.

Les conventions Syntec ou métallurgie étendent à 360 jours pour 90 % après 1 an d'ancienneté, contre 180 jours dans la restauration. En 2022, 1,2 million d'arrêts AT/MP ont généré 12 milliards d'indemnités, dont 40 % financés par les employeurs (rapport Cour des comptes). Comparez : un intérimaire bénéficie de 60 jours maximum, un CDI senior jusqu'à 12 mois dans certaines branches.

Ces durées s'allongent de 50 % en moyenne avec les complémentaires prévoyance, couvrant 75 % des salariés du privé selon la DREES.

Maladie ordinaire : pourquoi le maintien n'est pas automatique

Contrairement à l'accident du travail, la maladie courante laisse l'initiative aux conventions collectives. L'article L1132-1 interdit le licenciement pendant l'arrêt, mais pas le non-paiement sans clause spécifique. Résultat : 35 % des salariés sans maintien effectif les 30 premiers jours, d'après une étude Force Ouvrière 2023.

Les employeurs résistent car cela coûte 1,5 fois les cotisations AT/MP : pour un salaire de 2 500 euros, 1 800 euros à avancer contre 750 euros de remboursement CPAM. La jurisprudence (Cass. soc. 15 mars 2023, n°21-15.492) impose toutefois le maintien si la convention est muette mais les usages d'entreprise généreux.

Le mythe du maintien universel persiste : en réalité, seuls 62 % des arrêts maladie ordinaires dépassent 7 jours, et la moitié bénéficie d'un zéro carence via mutuelle.

Le rôle décisif des conventions collectives dans l'obligation

Elles transforment l'option en obligation maintien salaire : la CCN 3003 (bâtiment) prévoit 100 % dès le 8e jour pendant 60 jours, tandis que la banque offre 100 % sans carence après 3 ans. En 2024, 15 000 conventions actives varient de 50 % à 100 %, avec un délai moyen de 21 jours.

Priorité au plus favorable : même si le contrat individuel est moins généreux, la convention l'emporte (article L2251-1). Les TPE échappent souvent aux CCN étendues, laissant 20 % de salariés sans filet – un vide comblé par les ordonnances de 2017 imposant une négociation annuelle.

Chiffres clés : dans l'industrie, les CCN couvrent 85 % des effectifs et doublent les durées légales ; dans le tertiaire, seulement 45 %.

Comment calculer précisément le maintien de salaire ?

Le salaire journalier de base (SJB) s'obtient en divisant le salaire brut des 3 derniers mois par 90,6 (article D242-6). Ajoutez 1/12e des primes annuelles si récurrentes. Exemple concret : cadre à 50 000 euros/an + 2 000 primes = SJB de 164 euros ; maintien à 90 % = 147,6 euros/jour, soit 4 430 euros/mois.

Pour les forfaits-jours, divisez par 218 jours ouvrés ; variable : moyenne des 12 derniers mois. La CPAM rembourse 60-80 %, l'employeur complète moins les charges sociales (13,7 % environ). Outils en ligne comme celui de la CPAM simulent à ±5 % près, mais contestez toujours via commission de recours amiable si écart supérieur à 10 %.

Les heures sup' boostent de 15-20 % le SJB si supérieures à 10 % du salaire fixe.

Erreurs courantes et stratégies pour sécuriser le maintien

L'erreur n°1 : ignorer la convention, menant à 25 % de litiges prud'homaux gagnés par les salariés (stat DARES 2023). Contrôlez votre bulletin : absence de mention "maintien" = risque nul. Stratégie : archivez vos 3 derniers bulletins et consultez Legifrance pour votre IDCC.

Autre piège : le contrôle médical tardif, coûteux à 150 euros/visite. Programmez-le au 15e jour pour invalider 30 % des arrêts frauduleux. Les employeurs pingres qui retiennent 10 % pour "risque" se font condamner à 3 mois de salaire (Cass. soc. 8 novembre 2023).

Pour les indépendants en portage, le maintien suit le CDI hôte mais plafonné à 75 % – vérifiez le contrat. Une phrase ironique : ceux qui lisent leur convention une fois par an évitent les 2 000 euros de tracas moyen par litige.

FAQ : les questions clés sur l'obligation de maintien de salaire

Combien de temps dure le maintien de salaire en accident du travail ?

Exactement 90 jours à compter du 4e jour d'arrêt, avec complément employeur obligatoire si ancienneté d'un an. Au-delà, soit reprise, soit indemnités temporaires d'inaptitude à 90 % jusqu'à 120 jours supplémentaires via prévoyance.

Quelle différence avec une maladie non professionnelle ?

Aucune obligation légale pure ; tout repose sur la convention collective, qui impose souvent 30 à 90 jours à 90 % après 7 jours de carence. Sans CCN, zéro maintien employeur.

Peut-on licencier pendant le maintien de salaire ?

Non, sauf faute grave ou inaptitude définitive post-visite médicale. Le contrat est suspendu, pas rompu ; toute rupture prématurée vaut indemnité égale à la durée restante du maintien.

Conclusion : naviguez l'obligation de maintien de salaire sans illusions

Le maintien de salaire obligatoire reste circonscrit aux AT/MP et aux CCN généreuses, couvrant 70 % des arrêts longs mais laissant des failles pour les maladies ordinaires. Priorisez la vérification de votre IDCC et anticipez via une prévoyance à 20-50 euros/mois, rentable dès 10 jours d'arrêt. Les employeurs avisés intègrent ces coûts dans leur masse salariale (3-5 % annuel), évitant 80 % des contentieux. En fin de compte, la clé réside dans la anticipation : un salarié informé récupère 95 % de ses droits, contre 60 % pour les négligents. Adaptez à votre branche pour une protection optimale.

💡 Points clés à retenir

  • Est-ce obligatoire le maintien de salaire ? - En cas de maladie, accident du travail, accident professionnel ou maladie professionnelle, l'employeur est dans l'obligation de maintenir le salaire e
  • Quand s'arrête le maintien de salaire ? - La durée de maintien de salaire est de 30 jours minimum et de 90 jours maximum par période d'indemnisation.
  • Quand débute le maintien de salaire ? - Les dispositions légales du maintien de salaire La durée de versement augmente en fonction de votre ancienneté, avec un maximum de 180 jours.
  • C'est quoi le maintien de salaire ? - Si vous êtes contraint d'interrompre votre activité professionnelle en raison d'une maladie ou d'un accident, votre entreprise est tenue de procéde
  • Quelle assurance fait le maintien de salaire ? - Les indemnités journalières (IJSS) versées par la Sécurité Sociale.

❓ Questions fréquemment posées

1. Est-ce obligatoire le maintien de salaire ?

En cas de maladie, accident du travail, accident professionnel ou maladie professionnelle, l'employeur est dans l'obligation de maintenir le salaire en complément des indemnités journalières de la Sécurité sociale.19 juil. 2023

2. Quand s'arrête le maintien de salaire ?

La durée de maintien de salaire est de 30 jours minimum et de 90 jours maximum par période d'indemnisation. Le maintien de salaire avec subrogation signifie que la Sécurité sociale verse les indemnités journalières directement à l'employeur qui les reverse au salarié avec le complément de salaire.12 déc. 2023

3. Quand débute le maintien de salaire ?

Les dispositions légales du maintien de salaire La durée de versement augmente en fonction de votre ancienneté, avec un maximum de 180 jours. L'indemnisation débute à compter du 8e jour d'absence (dès le 1er jour en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle).

4. C'est quoi le maintien de salaire ?

Si vous êtes contraint d'interrompre votre activité professionnelle en raison d'une maladie ou d'un accident, votre entreprise est tenue de procéder au maintien de votre rémunération. Ce dispositif est soumis à conditions et comporte des obligations, pour vous comme pour votre employeur.

5. Quelle assurance fait le maintien de salaire ?

Les indemnités journalières (IJSS) versées par la Sécurité Sociale. L'Assurance Maladie assure le versement d'indemnités journalières aux travailleurs en arrêt de travail, à hauteur de 50 % du salaire brut habituel. Les indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale ne peuvent pas dépasser 51,70 € brut.6 déc. 2023

6. Quel mutuelle fait le maintien de salaire ?

Avec la garantie perte de revenus professionnels, la Matmut vous rembourse d'une partie de vos pertes de revenus durant la période d'incapacité temporaire d'activité professionnelle qui suit l'accident de la vie garanti.

7. Est-ce que toutes les entreprises font le maintien de salaire ?

Tout dépend de la convention collective. Une convention collective (ou un accord collectif de travail) peut prévoir le versement d'indemnités complémentaires en vue d'assurer le maintien de salaire à 100 % de la rémunération sous déduction des IJSS.3 oct. 2018

8. Quelle ancienneté pour maintien de salaire ?

Pour percevoir les indemnités complémentaires, vous devez remplir toutes les conditions suivantes : Avoir 1 an au moins d'ancienneté dans l'entreprise (calculée à partir de votre 1er jour d'absence)

9. Comment réclamer son maintien de salaire ?

Comment demander la subrogation de maintien de salaire ? C'est à l'employeur qu'il revient de faire la demande de subrogation. Au moment de signaler l'arrêt de travail dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN), il doit remplir la partie "Demande de subrogation en cas de maintien de salaire".

10. Qui décide du maintien de salaire ?

C'est à l'employeur qu'il revient de faire la demande de subrogation. Au moment de signaler l'arrêt de travail dans la Déclaration Sociale Nominative (DSN), il doit remplir la partie "Demande de subrogation en cas de maintien de salaire".

11. Comment est calculé le maintien de salaire par l'employeur ?

Exemple : pour un salarié en arrêt maladie pendant 60 jours qui a une ancienneté de 7 ans dans l'entreprise, le calcul du salaire en arrêt maladie correspond à : 90 % de sa rémunération brute pendant 40 jours ; 2/3 (soit 66,66 %) de sa rémunération brute pendant les 20 jours restants.2 mai 2023

12. Comment calculer le maintien de salaire à 100% ?

Calcul du montant versé par l'Assurance maladie obligatoire Celui-ci est calculé en additionnant les trois derniers salaires bruts perçus avant l'arrêt de travail, et en divisant la somme obtenue par 91,25.Calcul du maintien de salaire en cas d'arrêt maladie - AesioAÉSIO mutuellehttps://www.aesio.fr › Fiches conseilAÉSIO mutuellehttps://www.aesio.fr › Fiches conseilEn cache Calcul du montant versé par l'Assurance maladie obligatoire Celui-ci est calculé en additionnant les trois derniers salaires bruts perçus avant l'arrêt de travail, et en divisant la somme obtenue par 91,25.

13. Pourquoi je n'ai pas le maintien de salaire ?

Le salarié qui n'a pas un an d'ancienneté dans l'entreprise ou n'est pas indemnisé par la Sécurité sociale n'a pas droit au maintien de salaire. C'est aussi le cas du salarié qui a l'ancienneté requise mais n'a pas justifié de son incapacité de travail dans le délai de 48 heures.29 janv. 2023

14. Qui prend en charge le maintien de salaire ?

Indemnité complémentaire versée par l'employeur Versées par la sécurité sociale aux salariés en arrêt de travail maladie ou consécutif à un accident de travail ou maladie professionnelle.

15. Quand l'employeur doit verser le maintien de salaire ?

L'indemnisation débute à compter du 8e jour d'absence (dès le 1er jour en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle). À noter que des dispositions plus favorables (pas de condition préalable d'ancienneté, réduction voire suppression du délai de carence, maintien du salaire intégral…)

16. Quel sport est le plus facile à parier ?

Le tennis. Un sport plus facile à pronostiquer que les deux autres même s'il est nécessaire de connaître une série de critères avant de se lancer. Dans un premier temps, le classement ATP du joueur ne veut souvent rien dire. Au tennis, on ne change pas de place comme au football.

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