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Qui a vraiment établi le principe d'égalité ? Une enquête qui bouscule les idées reçues

Le problème, c’est qu’on a tendance à réduire cette histoire à quelques noms gravés dans le marbre – Rousseau, Jefferson, Robespierre – comme si ces figures avaient tout dit, tout pensé, tout résolu. Or, la réalité est bien plus désordonnée. Et c’est précisément là que ça devient intéressant.

L’égalité avant les Lumières : les précurseurs qu’on a oubliés

Les stoïciens, ou l’art de penser l’égalité sans le dire

Imaginez : nous sommes au IIIe siècle avant notre ère, à Athènes. Zénon de Citium, fondateur du stoïcisme, enseigne sous un portique (d’où le nom de sa doctrine) que tous les hommes, qu’ils soient grecs ou barbares, libres ou esclaves, partagent une même raison universelle. Pour lui, la vraie noblesse ne tient ni à la naissance ni à la richesse, mais à la vertu. Autant dire une révolution conceptuelle – même si, dans les faits, les stoïciens n’ont jamais remis en cause l’esclavage. Leur force ? Avoir posé l’idée que l’humanité forme un tout, bien avant que le christianisme ne s’en empare. Sauf que personne ne les cite quand on parle des origines de l’égalité. Pourquoi ? Parce que leur pensée était trop abstraite, trop détachée des luttes sociales de leur temps.

Et puis il y a Sénèque, ce Romain richissime qui écrivait des lettres enflammées sur l’égalité des hommes tout en possédant des centaines d’esclaves. Un paradoxe ? Plutôt la preuve que les idées circulent bien avant de s’incarner. (On pourrait d’ailleurs en dire autant de Jefferson, propriétaire d’esclaves et signataire d’une déclaration proclamant que "tous les hommes sont créés égaux". Mais ça, on y reviendra.)

Le christianisme : une égalité spirituelle qui a (presque) tout changé

Là où les stoïciens parlaient de raison universelle, le christianisme a introduit une rupture bien plus radicale : l’idée que tous les hommes sont égaux devant Dieu. "Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ", écrit saint Paul dans son Épître aux Galates. Une phrase qui, pour l’époque, est une bombe. Car dans l’Antiquité, la hiérarchie sociale était considérée comme naturelle, voire divine. Or, voilà qu’une religion affirme que la dignité humaine ne dépend pas de votre statut.

Le hic ? Cette égalité restait cantonnée au domaine spirituel. L’Église a mis des siècles à remettre en cause l’esclavage ou les inégalités sociales – quand elle ne les a pas justifiées. (Rappelez-vous les théories du "droit divin" des rois, qui faisaient de la monarchie une institution voulue par Dieu.) Pourtant, cette idée d’une égalité fondamentale a infusé, lentement, dans les consciences. Et quand les révolutionnaires de 1789 ont brandi la Déclaration des droits de l’homme, ils ont puisé, consciemment ou non, dans ce réservoir de pensée vieux de deux mille ans.

Les Lumières : le moment où l’égalité devient un projet politique (mais pas pour tout le monde)

Rousseau, ou comment théoriser l’égalité sans la pratiquer

Jean-Jacques Rousseau est souvent présenté comme le père de l’égalité moderne. Dans Du Contrat social (1762), il écrit cette phrase célèbre : "L’homme est né libre, et partout il est dans les fers." Pour lui, l’inégalité n’est pas naturelle, mais le résultat d’une corruption de la société. Son remède ? Un contrat social où chacun aliénerait sa liberté au profit de la communauté, pour mieux la retrouver sous une forme collective. En théorie, c’est génial. En pratique, Rousseau lui-même n’a jamais milité pour l’abolition de l’esclavage, et ses idées sur les femmes (qu’il jugeait "naturellement" inférieures aux hommes) font frémir aujourd’hui.

Le paradoxe Rousseau, c’est d’avoir posé les bases d’une égalité radicale tout en excluant une bonne partie de l’humanité de son champ d’application. Et c’est là que le bât blesse : les Lumières ont produit des textes magnifiques sur l’égalité, mais souvent en fermant les yeux sur les contradictions criantes de leur époque. (Diderot, par exemple, a écrit des pages sublimes sur la liberté… tout en investissant dans des compagnies négrières. Allez comprendre.)

La Déclaration d’indépendance américaine : l’égalité comme arme de propagande

1776. Les colonies américaines se rebellent contre la couronne britannique. Thomas Jefferson, principal rédacteur de la Déclaration d’indépendance, y inscrit cette phrase : "Tous les hommes sont créés égaux." Une formule choc, reprise plus tard par la Révolution française. Sauf que, là encore, le décalage entre les mots et les actes est sidérant. Jefferson possédait plus de 600 esclaves. George Washington aussi. Benjamin Franklin, pourtant abolitionniste, a attendu la fin de sa vie pour affranchir les siens.

Alors, pourquoi cette déclaration ? Parce que les révolutionnaires américains avaient besoin d’un argument moral pour justifier leur rébellion. L’égalité était un outil rhétorique, pas une réalité sociale. Et ça marche : aujourd’hui encore, cette phrase est brandie comme un symbole des valeurs démocratiques. Pourtant, si on gratte un peu, on découvre que les Pères fondateurs n’avaient aucune intention de l’appliquer aux Noirs, aux Amérindiens, ou même aux femmes. Autant le dire clairement : l’égalité, dans l’Amérique de 1776, était une égalité entre hommes blancs propriétaires. Point.

1789 : quand l’égalité devient un droit (mais toujours pas une réalité)

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : un texte révolutionnaire… et ses limites

Le 26 août 1789, l’Assemblée nationale française adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Son article premier proclame : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Une avancée majeure, sans aucun doute. Mais là encore, les exclusions sont flagrantes. Les femmes ? Oubliées. Les colonies ? Ignorées. Les pauvres ? Méprisés. (Robespierre lui-même, pourtant grand défenseur de l’égalité, a voté contre le suffrage universel masculin en 1791, estimant que les domestiques et les ouvriers n’étaient pas assez "indépendants" pour voter.)

Et puis il y a cette fameuse distinction entre "égalité en droits" et "égalité de fait". Les révolutionnaires français ont choisi la première, plus facile à proclamer que la seconde. Résultat : la Déclaration de 1789 a ouvert la voie à des siècles de luttes pour que l’égalité devienne une réalité concrète. (On pense aux suffragettes, aux mouvements antiracistes, aux combats pour les droits sociaux… Tous ces combats qui, aujourd’hui encore, sont loin d’être gagnés.)

Olympe de Gouges : l’égalité qu’on a voulu effacer

En 1791, une femme ose écrire une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Son nom : Olympe de Gouges. Son crime ? Avoir osé dire que l’égalité proclamée en 1789 devait s’appliquer aux deux sexes. "La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits", écrit-elle. Une provocation insupportable pour les révolutionnaires, qui la guillotineront en 1793 pour "avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe".

Son texte, aujourd’hui considéré comme un jalon du féminisme, a été effacé de l’histoire pendant près de deux siècles. Pourquoi ? Parce qu’il remettait en cause l’ordre établi bien plus radicalement que les déclarations masculines. Olympe de Gouges ne se contentait pas de réclamer l’égalité : elle exigeait aussi le droit au divorce, à l’éducation, à la propriété. Autant de revendications qui, à l’époque, étaient perçues comme une menace pour la famille et la société. (Aujourd’hui encore, certaines de ses propositions restent controversées. Preuve que l’égalité, quand elle bouscule vraiment les habitudes, dérange toujours.)

Le XIXe siècle : l’égalité à l’épreuve des révolutions industrielles

Marx et Engels : l’égalité par la lutte des classes

Au milieu du XIXe siècle, Karl Marx et Friedrich Engels publient le Manifeste du parti communiste. Leur diagnostic est sans appel : l’égalité proclamée par les bourgeois n’est qu’un leurre. Tant que le capitalisme existera, les inégalités économiques persisteront. Leur solution ? La révolution prolétarienne, seule capable d’instaurer une société sans classes.

Leur force ? Avoir lié l’égalité politique à l’égalité économique. Leur faiblesse ? Avoir sous-estimé la capacité du capitalisme à se réinventer, et à intégrer certaines revendications sociales sans remettre en cause son fonctionnement de base. (Les congés payés, la sécurité sociale, les droits syndicaux… Autant d’avancées arrachées par les luttes ouvrières, mais qui n’ont pas aboli le système capitaliste.)

Et puis il y a cette question qui divise encore les marxistes : une égalité économique suffit-elle à garantir l’égalité réelle ? Les femmes, les minorités ethniques, les personnes handicapées… Toutes ces catégories ont dû mener leurs propres combats, souvent contre des mouvements ouvriers dominés par des hommes blancs. Preuve que l’égalité ne se décrète pas : elle se conquiert, secteur par secteur, lutte par lutte.

Les utopistes : des rêves d’égalité qui ont fait long feu

À côté de Marx, d’autres penseurs ont imaginé des sociétés égalitaires. Charles Fourier, par exemple, proposait de créer des phalanstères, des communautés autogérées où chacun travaillerait selon ses passions. Étienne Cabet, lui, a écrit Voyage en Icarie, un roman décrivant une société sans propriété privée, sans argent, et où tous les citoyens seraient égaux. Ces utopies ont inspiré des expériences concrètes – comme le familistère de Guise, en France, où les ouvriers bénéficiaient de logements décents, d’écoles et de soins gratuits.

Le problème ? Ces modèles se sont souvent heurtés à la réalité. Les phalanstères de Fourier ont périclité faute de participants. Les communautés icariennes ont implosé à cause de dissensions internes. Et le familistère de Guise a fini par fermer, victime de la concurrence capitaliste. Reste que ces expériences ont montré une chose : l’égalité n’est pas qu’une question de lois. C’est aussi une question d’organisation sociale, de culture, de mentalités. Et ça, ça ne se change pas d’un coup de baguette magique.

Le XXe siècle : l’égalité face à ses contradictions

Les droits civiques : quand l’égalité devient une lutte

Aux États-Unis, les années 1950 et 1960 voient éclater le mouvement des droits civiques. Martin Luther King, Rosa Parks, Malcolm X… Ces figures ont mené des combats acharnés pour que l’égalité proclamée en 1776 devienne une réalité pour les Noirs américains. Leur victoire ? Le Civil Rights Act de 1964, qui interdit la ségrégation raciale. Leur défaite ? Le fait que, plus de cinquante ans plus tard, les inégalités raciales persistent – dans l’éducation, l’emploi, la justice, la santé.

Le cas américain est emblématique : l’égalité légale ne suffit pas. Il faut aussi des politiques publiques volontaristes, une volonté politique, et une société prête à accepter les changements. Or, aux États-Unis comme ailleurs, les résistances sont fortes. (Pensez aux débats sur les quotas, aux polémiques sur les "privilèges blancs", aux violences policières… Autant de signes que l’égalité reste un combat permanent.)

Le féminisme : l’égalité qui dérange encore

Le XXe siècle a aussi été celui des luttes féministes. En France, le droit de vote est accordé aux femmes en 1944 – soit près d’un siècle après les hommes. Aux États-Unis, la pilule contraceptive est légalisée en 1960, mais reste inaccessible à beaucoup. Et aujourd’hui encore, dans la plupart des pays, les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes pour un travail équivalent.

Le féminisme a permis des avancées majeures : droit à l’avortement, lutte contre les violences conjugales, parité en politique… Mais il a aussi révélé une vérité dérangeante : l’égalité entre les sexes remet en cause des siècles de domination masculine. Et ça, beaucoup de gens – y compris des femmes – ne sont pas prêts à l’accepter. (Combien de fois a-t-on entendu que "les femmes sont naturellement plus douces", que "les hommes sont faits pour diriger", ou que "les féministes exagèrent" ?) Autant dire que le combat est loin d’être terminé.

L’égalité aujourd’hui : entre avancées et reculs

Les nouvelles formes d’inégalités

Aujourd’hui, l’égalité est confrontée à de nouveaux défis. Les inégalités économiques se creusent : selon Oxfam, les 1 % les plus riches possèdent désormais plus que les 99 % restants. Les discriminations persistent : en France, un CV avec un nom à consonance maghrébine a 30 % de chances en moins d’obtenir un entretien. Et les nouvelles technologies créent de nouvelles formes d’exclusion : fracture numérique, algorithmes biaisés, surveillance de masse…

Le problème, c’est que ces inégalités sont souvent invisibles. On parle beaucoup des écarts de salaire entre hommes et femmes, mais beaucoup moins des discriminations subies par les personnes handicapées, les LGBT+, ou les minorités ethniques. Or, une société vraiment égalitaire doit lutter contre toutes les formes d’exclusion. Pas seulement celles qui font la une des journaux.

L’égalité face au populisme : un principe en danger ?

Dans de nombreux pays, l’égalité est attaquée par des mouvements populistes. Aux États-Unis, Donald Trump a surfé sur le ressentiment des classes populaires blanches, promettant de "rendre sa grandeur à l’Amérique" – sous-entendu : aux dépens des minorités. En Europe, des partis d’extrême droite remettent en cause les droits des migrants, des musulmans, des Roms. En Hongrie, Viktor Orbán a fait adopter une loi interdisant la "promotion" de l’homosexualité auprès des mineurs.

Ces attaques ne sont pas nouvelles. L’histoire montre que l’égalité est toujours fragile, toujours menacée. Mais elles révèlent une vérité inquiétante : dans les périodes de crise, les gens ont tendance à se replier sur leurs privilèges, plutôt que de les partager. Et c’est là que le bât blesse : l’égalité n’est jamais acquise. Elle se défend, jour après jour, contre ceux qui veulent la réduire à une simple utopie.

Les idées reçues sur l’égalité : ce qu’on croit savoir (et qui est faux)

"L’égalité, c’est une idée occidentale"

Faux. L’idée d’égalité existe dans de nombreuses cultures, bien avant les Lumières. En Inde, par exemple, le bouddhisme enseigne que tous les êtres sont égaux en dignité. En Afrique, certaines sociétés traditionnelles fonctionnent sur des principes égalitaires – comme les Igbo, au Nigeria, où les décisions sont prises collectivement. Et dans le monde arabe, des penseurs comme Ibn Khaldoun ont réfléchi à l’égalité bien avant Rousseau.

Le problème, c’est que l’histoire est écrite par les vainqueurs. Et les vainqueurs, en l’occurrence, ce sont les Européens. Résultat : on a tendance à oublier que d’autres civilisations ont aussi pensé l’égalité, à leur manière.

"L’égalité, c’est la même chose que la justice"

Pas si simple. La justice, c’est donner à chacun ce qui lui est dû. L’égalité, c’est traiter tout le monde de la même façon. Or, ces deux concepts peuvent entrer en conflit. Prenez l’école : si on donne les mêmes moyens à tous les élèves, on risque de creuser les inégalités (parce que certains partent avec des handicaps sociaux). À l’inverse, si on donne plus à ceux qui en ont besoin, on n’est plus dans l’égalité stricte, mais dans l’équité. (Et ça, ça fait grincer des dents.)

Autre exemple : les quotas. En Inde, les castes défavorisées bénéficient de places réservées dans les universités et la fonction publique. Une mesure juste ? Pour certains, oui. Pour d’autres, c’est une atteinte à l’égalité. Bref, la frontière entre égalité et justice est souvent floue.

"L’égalité, c’est le communisme"

Encore une idée reçue. Le communisme prône une égalité radicale, où tous les biens seraient partagés. Mais l’égalité, telle qu’on la conçoit aujourd’hui, est compatible avec le capitalisme – à condition de le réguler. La Suède, par exemple, est un pays capitaliste où les inégalités sont bien moins fortes qu’aux États-Unis. Comment ? Grâce à un système fiscal progressif, à des services publics solides, et à une culture du compromis social.

Le vrai débat, ce n’est pas "égalité vs capitalisme", mais "quelle forme d’égalité voulons-nous ?". Une égalité des chances, où chacun peut réussir selon son mérite ? Une égalité des conditions, où les écarts de richesse sont limités ? Ou une égalité des résultats, où tout le monde aurait le même niveau de vie ? Chacune de ces options a ses avantages et ses inconvénients. Et aucune n’est parfaite.

Questions fréquentes : ce que tout le monde se demande (mais n’ose pas toujours demander)

Pourquoi l’égalité est-elle si difficile à mettre en œuvre ?

Parce que l’égalité suppose de remettre en cause des privilèges. Or, ceux qui en bénéficient n’ont pas envie de les lâcher. Prenez l’exemple des 1 % les plus riches : ils ont tout intérêt à ce que le système reste en l’état. Même chose pour les hommes, qui profitent (consciemment ou non) d’un système patriarcal. Et puis il y a la peur du changement : beaucoup de gens préfèrent le statu quo, même injuste, à une égalité qui les déstabiliserait.

Autre raison : l’égalité est un concept abstrait. On peut proclamer que "tous les hommes sont égaux", mais comment le traduire en actes ? Faut-il instaurer des quotas ? Des discriminations positives ? Des impôts plus élevés pour les riches ? Chaque solution a ses partisans et ses détracteurs. Et c’est là que ça coince : l’égalité, en pratique, est toujours un compromis.

L’égalité est-elle compatible avec la liberté ?

C’est la grande question. Pour certains, l’égalité et la liberté sont incompatibles : plus on cherche à égaliser, plus on restreint les libertés individuelles. (Pensez aux régimes communistes, où l’État contrôle tout pour garantir l’égalité.) Pour d’autres, au contraire, l’égalité est la condition de la liberté : sans égalité des chances, comment être vraiment libre ?

En réalité, tout dépend du type d’égalité qu’on vise. Une égalité des droits (comme le droit de vote) est parfaitement compatible avec la liberté. Une égalité des résultats (où tout le monde aurait le même niveau de vie) l’est beaucoup moins. Le vrai défi, c’est de trouver un équilibre entre les deux. Et ça, c’est loin d’être simple.

Peut-on être pour l’égalité sans être pour la diversité ?

Oui, mais c’est dangereux. L’égalité, c’est traiter tout le monde de la même façon. La diversité, c’est reconnaître et valoriser les différences. Or, si on se contente de l’égalité formelle, on risque d’ignorer les discriminations spécifiques subies par certains groupes. (Par exemple, une loi qui interdit les discriminations raciales est une avancée, mais elle ne suffit pas à lutter contre le racisme systémique.)

À l’inverse, si on ne parle que de diversité sans se soucier de l’égalité, on risque de créer une société où les différences sont célébrées, mais où les inégalités persistent. (Pensez aux entreprises qui affichent leur "diversité" tout en maintenant des écarts de salaire abyssaux.) Bref, l’idéal, c’est de combiner les deux : une égalité réelle, qui prend en compte les spécificités de chacun.

L’égalité est-elle un idéal universel ?

Pas si sûr. Dans certaines cultures, l’harmonie sociale prime sur l’égalité individuelle. Au Japon, par exemple, on valorise davantage le respect de la hiérarchie que l’égalité. En Chine, le confucianisme enseigne que chaque personne a une place dans la société, et que c’est cette place qui garantit l’ordre. (Autant dire que l’idée d’une égalité radicale y est mal perçue.)

Même en Occident, l’égalité n’a pas toujours été une valeur centrale. Pendant des siècles, on a considéré que les inégalités étaient naturelles, voire divines. Ce n’est qu’avec les Lumières que l’égalité est devenue un idéal. Et encore : même aujourd’hui, beaucoup de gens la voient comme une utopie, plutôt qu’un objectif réaliste.

Verdict : l’égalité, une conquête jamais achevée

Alors, qui a établi le principe d’égalité ? Personne, et tout le monde à la fois. Ce n’est pas l’œuvre d’un seul homme, ni même d’un seul siècle. C’est le résultat de millénaires de luttes, de reculs, de compromis, de victoires éphémères et de défaites cuisantes. Les stoïciens en ont posé les bases philosophiques. Le christianisme en a fait un idéal spirituel. Les Lumières l’ont transformé en projet politique. Et les révolutions du XIXe et XXe siècles en ont fait une réalité – partielle, imparfaite, mais bien réelle.

Le truc, c’est que l’égalité n’est jamais acquise. Elle se conquiert, se défend, se réinvente sans cesse. Aujourd’hui, elle est attaquée par les inégalités économiques, les replis identitaires, les populismes. Demain, elle devra faire face à de nouveaux défis : l’intelligence artificielle, les crises climatiques, les migrations massives… Autant dire que le combat est loin d’être terminé.

Et c’est précisément là que réside son génie : l’égalité n’est pas un état, mais un processus. Une tension permanente entre ce qui est et ce qui devrait être. Une utopie concrète, en somme. Et si on veut qu’elle survive, il faut continuer à se battre. Pas seulement pour la proclamer, mais pour la vivre. Au quotidien. Dans nos choix, nos combats, nos indignations. Parce qu’au fond, l’égalité, c’est comme la démocratie : ça ne marche que si on y croit assez pour la défendre.

(Et si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article, ce serait ça : l’égalité n’est pas un principe abstrait. C’est une pratique. Une manière d’être au monde. Et c’est à nous, aujourd’hui, de décider quelle forme elle prendra demain.)

💡 Points clés à retenir

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  • Qui a remporté le Ballon d ? - Ballon d'Or/Lauréats (2023)
  • Qui a le plus d étoiles ? - Alain Ducasse - La quintessence de la haute cuisine Avec 17 étoiles Michelin à son actif, Ducasse incarne l'apogée de la gastronomie.
  • Qui a le plus d Europa League ? - L'Eintracht Francfort est le tenant du titre tandis que le Séville FC est le club plus titré dans l'histoire de la compétition avec six victoires.
  • Qui a le plus d etoile CAN ? - Lors du premier édition en 1957, il n'y avait que trois nations participantes : l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie....

❓ Questions fréquemment posées

1. Qui a le plus d Ethereum ?

Vitalik Buterin : ~240 000 ETH Il détient actuellement plus de 240 000 ETH à cette adresse, après avoir transféré 320 000 ETH de son portefeuille VB principal il y a un peu moins de 2 ans.12 mai 2023

2. Qui a remporté le Ballon d ?

Ballon d'Or/Lauréats (2023)

3. Qui a le plus d étoiles ?

Alain Ducasse - La quintessence de la haute cuisine Avec 17 étoiles Michelin à son actif, Ducasse incarne l'apogée de la gastronomie. Il est le chef en activité le plus étoilé au monde.

4. Qui a le plus d Europa League ?

L'Eintracht Francfort est le tenant du titre tandis que le Séville FC est le club plus titré dans l'histoire de la compétition avec six victoires.

5. Qui a le plus d etoile CAN ?

Lors du premier édition en 1957, il n'y avait que trois nations participantes : l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie....Coupe d'Afrique des nations de football.
Tenant du titreSénégal ( 1er titre)
Plus titré(s)Égypte (7 titres)
Meilleur(s) buteur(s)Samuel Eto'o (18 buts)
Plus d'apparitionsRigobert Song (36 matchs)

6. Qui a gagné le plus d etoile ?

Un Brésil 5 étoiles Il s'agit des éditions 1958, 1962, 1970, 1994 et 2002. Les Auriverde peuvent d'ailleurs se targuer d'être la seule nation à avoir conservé son titre, il y a plus d'un demi-siècle.21 déc. 2022

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Palmarès de la Champions Cup de rugby 1996-2023 Cette statistique représente le palmarès des clubs ayant remporté la Champions Cup de rugby entre 1996 et 2023. Avec cinq titres, le Stade Toulousain est le club le plus titré de la compétition européenne. Le Stade Rochelais était le tenant du titre en 2023.31 mai 2023

8. Qui a le plus d étoilé cuisine ?

À la tête de 34 restaurants dans 9 pays différents, le grand chef français Alain Ducasse détient 20 étoiles au Guide Michelin…12 avr. 2023

9. Qui a blesser le père d Haaland ?

"Alfie" Haaland a joué comme footballeur professionnel entre 1989 et 2003 après des passages à Nottingham Forest, Leeds et Manchester City où il a mis un terme à sa carrière après un violent tacle de Roy Keane qui lui avait occasionné une grave blessure.10 mai 2023

10. Quel fruit qui a le vitamine D ?

Peu de fruits contiennent de la vitamine D. Parmi les végétaux, l'avocat contient une petite dose de vitamine D2. Vous en trouverez dans certains champignons et dans les levures. Il y en a dans les micro-organismes tels que la spiruline, une petite algue bien souvent transformée en compléments alimentaires.

11. Qui a plus d Europa League ?

  • FC Séville : 6 titres.
  • Atletico Madrid : 3 titres.
  • FC Valence : 3 titres.
  • Liverpool FC : 3 titres.
  • Juventus Turin : 3 titres.
  • Inter Milan : 3 titres.
  • FC Barcelone : 3 titres.
  • Eintracht Francfort : 2 titres.
Plus…

12. Qui a le plus d assist au foot ?

Classement général
RangJoueurMatchs
1Dimitri Payet492
2Jérôme Rothen295
3Safet Sušić287
4Ángel Di María197
6 autres lignes

13. Qui a le plus d étoile au monde ?

En 2023, il est le chef cuisinier le plus étoilé au monde avec 21 étoiles Michelin obtenues à travers ses différents restaurants. Il est président de Châteaux et Hôtels Collection depuis 1999 (près de 700 établissements) et dirigeant du groupe Alain Ducasse, une société d'hôtellerie-restauration.

14. Qui a gagner le plus d Europa League ?

L'Eintracht Francfort est le tenant du titre tandis que le Séville FC est le club plus titré dans l'histoire de la compétition avec six victoires.

15. Qui a reconnu la guerre d Algérie ?

Un silence officiel est de rigueur sur les événements les plus troubles comme la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 ou la question de la torture. En juin puis octobre 1999, l'Assemblée nationale puis le Sénat votent à l'unanimité la loi de reconnaissance officielle de la Guerre d'Algérie.17 mars 2023

16. Quel sport est le plus facile à parier ?

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