Parce que là où ça coince, c’est que la plupart des "remèdes naturels" promus sur les réseaux reposent sur des études bancales, des interprétations abusives, ou pire : des conflits d’intérêts avec l’industrie des compléments alimentaires. Résultat : on se retrouve avec des patients qui abandonnent leur traitement au profit d’un jus miracle… pour finir aux urgences. Alors, entre les promesses marketing et la réalité scientifique, où se situe la vérité ?
Le diabète, ce mal silencieux qui se nourrit de nos habitudes (sans qu’on s’en rende compte)
Commençons par le commencement. Le diabète de type 2, c’est cette saleté qui s’installe quand votre corps devient sourd aux signaux de l’insuline – cette hormone qui régule votre taux de sucre dans le sang. Imaginez un interrupteur qui grésille : vous appuyez dessus, mais la lumière ne s’allume plus. Sauf qu’ici, la lumière, c’est votre énergie, et l’interrupteur défectueux, c’est votre pancréas qui fatigue.
Or, ce qui aggrave le problème, c’est qu’on ne le voit pas venir. Pas de douleur, pas de symptômes flagrants au début. Juste une fatigue chronique, une soif qui ne passe pas, et des envies de sucre qui deviennent incontrôlables. Et c’est précisément là que les boissons "santé" entrent en jeu – comme une fausse solution à un vrai problème. Car si certaines peuvent aider à stabiliser la glycémie, d’autres, en revanche, font exactement l’inverse.
Pourquoi votre café du matin peut être un piège
Prenez le café. On vous a dit qu’il réduisait les risques de diabète ? C’est vrai… mais seulement si vous le buvez noir, sans sucre, et en quantité raisonnable (3 à 4 tasses max par jour). Sauf que dans la vraie vie, qui boit son café nature ? Entre les caramels macchiato, les lattes sucrés et les expressos avalés à jeun, la plupart des gens transforment leur pause café en bombe glycémique. Un grand latte chez Starbucks ? 38 grammes de sucre. Autant dire qu’on est loin du remède anti-diabète.
Et puis, il y a l’effet rebond. La caféine, en stimulant la libération d’adrénaline, fait grimper temporairement votre glycémie. Si vous êtes déjà en résistance à l’insuline, c’est comme jeter de l’huile sur le feu. Bref, le café, c’est un peu comme ces amis qui vous soutiennent en théorie… mais qui vous enfoncent en pratique.
L’alcool, ce faux ami qui sabote votre pancréas
Autre boisson souvent sous-estimée : l’alcool. Un verre de vin rouge par jour, c’est bon pour le cœur, non ? Peut-être. Mais pour le diabète, c’est une autre histoire. D’abord, parce que l’alcool est métabolisé comme un sucre par votre foie – qui, du coup, arrête de réguler votre glycémie le temps de s’en occuper. Ensuite, parce que les cocktails, les bières et même les vins secs contiennent des glucides cachés. Une bière blonde ? 13 grammes de sucre par canette. Un mojito ? 25 grammes. Et ne parlons même pas des liqueurs.
Le pire ? L’hypoglycémie réactionnelle. Après une soirée arrosée, votre foie, occupé à éliminer l’alcool, ne libère plus assez de glucose. Résultat : vous vous réveillez en sueur, tremblant, avec une glycémie dans les chaussettes. Et si vous prenez des médicaments pour le diabète, le risque de coma hypoglycémique est bien réel. Autant le dire clairement : si vous êtes diabétique, l’alcool, c’est comme jouer à la roulette russe avec votre pancréas.
L’eau plate : la seule boisson qui fait baisser le diabète (et personne n’en parle)
Revenons à notre star inattendue : l’eau. Pas glamour, pas tendance, mais diablement efficace. Pourquoi ? Parce que la déshydratation, même légère, augmente la concentration de glucose dans le sang. Votre corps, en manque d’eau, produit moins d’urine – et donc, élimine moins de sucre. C’est mécanique.
Une étude publiée dans Diabetes Care en 2011 a montré que boire 500 ml d’eau avant chaque repas réduisait la glycémie postprandiale de 15 à 20% chez les diabétiques de type 2. Pas mal pour quelque chose qui ne coûte rien. Sauf que voilà : on ne pense jamais à boire assez. 75% des Français sont en état de déshydratation chronique, selon une enquête de l’ANSES. Et les diabétiques, souvent sujets à une soif intense, boivent… des sodas ou des jus de fruits, aggravant leur cas.
Combien d’eau faut-il boire ? (Spoiler : ce n’est pas 1,5L)
La règle des "1,5L par jour", c’est du pipeau. Vos besoins dépendent de votre poids, de votre activité physique, et même de la température extérieure. Une formule plus fiable : 30 à 35 ml par kilo de poids corporel. Soit, pour une personne de 70 kg, entre 2,1L et 2,45L par jour. Mais attention : si vous buvez trop d’un coup, vos reins n’auront pas le temps d’éliminer l’excès, et vous risquez une hyponatrémie (un manque de sodium dans le sang, tout aussi dangereux).
Le truc c’est que, pour les diabétiques, l’hydratation doit être stratégique. Boire un grand verre d’eau 30 minutes avant un repas réduit la glycémie postprandiale. Boire pendant le repas, en revanche, dilue les sucs gastriques et ralentit la digestion – ce qui peut faire monter la glycémie plus tard. Et boire juste après ? Ça dépend. Si vous avez mangé des aliments à index glycémique élevé, un peu d’eau peut aider à éliminer l’excès de sucre. Mais si votre repas était équilibré, ça ne changera pas grand-chose.
Eau du robinet vs eau en bouteille : laquelle choisir ?
Là où ça se complique, c’est que toutes les eaux ne se valent pas. L’eau du robinet, en France, est généralement de bonne qualité – sauf dans certaines régions où le taux de nitrates ou de pesticides dépasse les normes. Si c’est votre cas, une carafe filtrante peut être utile. Mais évitez les filtres à charbon actif bas de gamme : ils retiennent les mauvaises odeurs, mais pas les métaux lourds.
Côté eaux en bouteille, méfiez-vous des eaux minérales trop riches en sodium (comme Vichy Célestins ou St-Yorre). Un litre de St-Yorre contient 1708 mg de sodium – soit plus de la moitié de l’apport journalier recommandé. Pour les diabétiques, qui ont souvent une tension artérielle déjà fragile, c’est une mauvaise idée. Préférez des eaux faiblement minéralisées (Mont Roucous, Volvic) ou des eaux riches en magnésium (Hépar, Rozana), qui aident à réguler la glycémie.
Le thé vert : un allié, mais pas un remède miracle
Passons maintenant à une boisson qui fait souvent la une des magazines santé : le thé vert. Ses polyphénols, notamment l’EGCG (épigallocatéchine gallate), amélioreraient la sensibilité à l’insuline et réduiraient l’absorption des glucides. Une méta-analyse de 2013, publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, a confirmé que la consommation régulière de thé vert réduisait le risque de diabète de type 2 de 18%.
Sauf que – et c’est là que ça devient intéressant – cet effet n’est visible qu’à partir de 3 à 4 tasses par jour. Et pas n’importe comment. Si vous ajoutez du sucre, du miel ou du lait, vous annulez tous les bénéfices. Pire : certaines études suggèrent que les protéines du lait (la caséine) bloquent l’absorption des catéchines. Donc, si vous buvez votre thé vert avec un nuage de lait, autant boire de l’eau chaude.
Thé vert vs thé noir : lequel choisir pour la glycémie ?
Le thé noir, lui, est moins étudié. Pourtant, une étude japonaise de 2017 a montré qu’il réduisait la glycémie postprandiale de 10% – mais seulement si consommé sans sucre. Le problème, c’est que le thé noir est souvent bu avec du lait (surtout en Angleterre), ce qui, comme pour le thé vert, annule ses effets. Alors, lequel choisir ?
Si vous aimez les saveurs douces et légèrement amères, le thé vert est un meilleur choix. Si vous préférez un goût plus corsé, optez pour un thé noir nature, sans lait. Et dans les deux cas, évitez les versions aromatisées du commerce : elles contiennent souvent des arômes artificiels et du sucre ajouté. Un sachet de thé vert "citron-gingembre" peut contenir jusqu’à 5 grammes de sucre. Autant croquer un morceau de sucre en cachette.
Le matcha : la poudre magique… ou le piège marketing ?
Le matcha, cette poudre de thé vert japonaise, est présenté comme un super-aliment. Et pour cause : sa concentration en EGCG est 137 fois supérieure à celle d’un thé vert classique. Une étude de 2020, publiée dans Nutrients, a même montré qu’il améliorait la sensibilité à l’insuline chez les personnes en surpoids.
Mais avant de vous ruer sur votre bol de matcha latte, sachez deux choses. D’abord, un matcha latte chez Starbucks contient 28 grammes de sucre – soit l’équivalent de 7 morceaux. Ensuite, la qualité du matcha varie énormément. Les poudres bas de gamme, souvent vendues en supermarché, sont coupées avec des colorants et des agents de charge. Pour un vrai matcha, comptez au moins 30€ les 30 grammes. Et même là, attention à la dose : 1 à 2 grammes par jour suffisent. Au-delà, vous risquez des maux de tête et des troubles digestifs (l’EGCG en excès est toxique pour le foie).
Les jus "détox" : pourquoi ils aggravent le diabète (même les "100% pur jus")
Ah, les jus de fruits. Ces élixirs de santé qui, en réalité, sont des bombes de sucre déguisées. Prenez un jus d’orange pressé maison : un verre de 250 ml contient 25 grammes de sucre. Soit autant qu’un Coca. La différence ? Le Coca, au moins, on sait qu’il est mauvais pour la santé. Le jus d’orange, lui, bénéficie d’un halo "naturel" qui le rend socialement acceptable – voire recommandé.
Le problème, c’est que le jus de fruit, même sans sucre ajouté, fait monter la glycémie aussi vite qu’un soda. Pourquoi ? Parce que le processus de pressage détruit les fibres, qui ralentissent normalement l’absorption des sucres. Résultat : votre pancréas doit produire une quantité d’insuline bien supérieure à celle qu’il aurait sécrétée si vous aviez mangé le fruit entier. Et si vous êtes déjà en résistance à l’insuline, c’est la catastrophe.
Le jus de grenade : le roi des arnaques santé
Parmi les jus les plus surcotés, celui de grenade arrive en tête. On vous vend ses antioxydants, ses bienfaits pour le cœur, sa capacité à "nettoyer" les artères. Sauf que les études qui vantent ses mérites sont souvent financées par… les fabricants de jus de grenade. Une revue systématique de 2017, publiée dans Complementary Therapies in Medicine, a conclu que les preuves étaient "faibles et contradictoires".
Et puis, il y a le sucre. Un verre de jus de grenade contient 32 grammes de sucre – soit plus qu’un Snickers. Même si une partie de ce sucre est du fructose (qui a un index glycémique plus bas que le glucose), votre foie doit quand même le métaboliser. Et si vous en buvez régulièrement, vous augmentez vos risques de stéatose hépatique (le fameux "foie gras"). Bref, le jus de grenade, c’est comme ces influenceurs qui promettent monts et merveilles : beau à regarder, mais vide en réalité.
Les smoothies : pire que les jus ?
Les smoothies, eux, ont la réputation d’être plus sains parce qu’ils contiennent des fibres. Sauf que dans la pratique, la plupart des smoothies du commerce sont des concentrés de sucre. Prenez un smoothie banane-fraise de chez Innocent : 26 grammes de sucre pour 250 ml. Et même si vous le faites maison, attention aux proportions. Une banane + une poignée de myrtilles + un yaourt grec, ça peut vite faire 40 grammes de sucre par verre.
Le pire ? Les smoothies "verts" à base d’épinards ou de chou kale. On se dit que c’est healthy, alors on en boit sans compter. Sauf que ces légumes contiennent des oxalates, qui, en excès, favorisent les calculs rénaux. Et si vous ajoutez une pomme ou une poire pour adoucir le goût, vous annulez tous les bénéfices. Un smoothie vert avec une pomme, c’est 30 grammes de sucre. Autant manger un croissant.
Le vinaigre de cidre : l’effet glycémie existe, mais attention aux excès
Passons maintenant à un remède de grand-mère qui a (enfin) été validé par la science : le vinaigre de cidre. Plusieurs études, dont une publiée dans Diabetes Care en 2004, ont montré qu’une cuillère à soupe de vinaigre de cidre diluée dans de l’eau, prise avant un repas, réduisait la glycémie postprandiale de 20 à 30%. Le mécanisme ? L’acide acétique du vinaigre ralentit la vidange gastrique et améliore la sensibilité à l’insuline.
Sauf que – et c’est là que ça se gâte – le vinaigre de cidre, ça ne se boit pas comme un shot de tequila. D’abord, parce que son acidité peut abîmer l’émail des dents et irriter la gorge. Ensuite, parce qu’en excès, il peut provoquer des brûlures d’estomac et des carences en potassium. Une étude de cas publiée dans BMJ Case Reports en 2019 a décrit un patient qui a développé une hypokaliémie sévère après avoir bu 250 ml de vinaigre de cidre par jour pendant 6 ans.
Comment bien utiliser le vinaigre de cidre pour la glycémie ?
Si vous voulez tester, voici la méthode validée par les études :
1. Diluez 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre non pasteurisé dans 250 ml d’eau. 2. Buvez-le 10 à 15 minutes avant un repas riche en glucides (pâtes, riz, pain). 3. Ne dépassez pas 2 cuillères à soupe par jour. 4. Utilisez une paille pour protéger vos dents, et rincez-vous la bouche après.
Et surtout, choisissez un vinaigre de cidre bio, non filtré et non pasteurisé. Les versions industrielles, comme celles de Heinz ou de Maille, sont chauffées et filtrées, ce qui détruit les enzymes et les probiotiques bénéfiques. Un bon vinaigre de cidre doit être trouble, avec une "mère" (un dépôt gélatineux) au fond de la bouteille.
Vinaigre de cidre vs vinaigre balsamique : lequel choisir ?
Le vinaigre balsamique, lui, est souvent présenté comme une alternative plus gourmande. Sauf que la plupart des vinaigres balsamiques du commerce sont coupés avec du caramel et du sucre. Une cuillère à soupe de vinaigre balsamique industriel contient 7 grammes de sucre. Autant dire que si vous en mettez sur vos salades en pensant faire du bien à votre glycémie, vous vous trompez.
Si vous tenez absolument à utiliser du vinaigre balsamique, choisissez une version 100% pur jus de raisin, sans additifs. Et limitez-vous à une cuillère à café par jour. Mais franchement, pour réguler la glycémie, le vinaigre de cidre reste bien plus efficace.
Les boissons à éviter absolument si vous êtes diabétique (même celles qui ont bonne réputation)
On a parlé des boissons qui aident, mais qu’en est-il de celles qui aggravent le diabète ? Certaines sont évidentes (les sodas, les sirops), d’autres moins. Voici la liste noire, avec des surprises.
Le lait d’or (golden milk) : le piège ayurvédique
Le golden milk, ce mélange de lait (végétal ou animal), de curcuma, de gingembre et de poivre, est présenté comme un anti-inflammatoire puissant. Et c’est vrai… sauf que la plupart des recettes maison ou du commerce contiennent du miel ou du sirop d’érable pour adoucir le goût. Une tasse de golden milk peut contenir jusqu’à 20 grammes de sucre. Même si le curcuma a des propriétés intéressantes pour les diabétiques (il améliore la sensibilité à l’insuline), l’ajout de sucre annule tous les bénéfices.
Si vous voulez profiter des bienfaits du curcuma, préparez-le dans une infusion, sans lait ni édulcorant. Ou alors, utilisez du lait d’amande non sucré et une pincée de cannelle (qui, elle aussi, aide à réguler la glycémie).
Les boissons énergisantes : le coup de massue pour votre pancréas
Red Bull, Monster, Burn… Ces boissons sont une catastrophe pour les diabétiques. D’abord, à cause de leur teneur en sucre : une canette de Red Bull contient 27 grammes de sucre. Ensuite, à cause de la caféine, qui, comme on l’a vu plus haut, fait monter la glycémie. Et enfin, à cause des acides (acide citrique, acide phosphorique) qui agressent l’émail des dents et perturbent l’équilibre acido-basique.
Le pire, c’est que certaines marques proposent des versions "sans sucre", édulcorées à l’aspartame ou à l’acésulfame-K. Sauf que ces édulcorants, en plus d’être potentiellement cancérigènes, perturbent la flore intestinale – ce qui, à long terme, aggrave la résistance à l’insuline. Bref, les boissons énergisantes, c’est comme les prêts à taux variable : ça semble une bonne idée sur le moment, mais ça finit toujours par vous exploser à la figure.
Le kombucha : la boisson fermentée qui peut tout faire dérailler
Le kombucha, cette boisson pétillante à base de thé fermenté, est souvent présenté comme un probiotique naturel. Et c’est vrai : il contient des bactéries bénéfiques pour le microbiote. Sauf que – et c’est un gros "sauf que" – la plupart des kombuchas du commerce contiennent entre 10 et 20 grammes de sucre par bouteille. Même les versions "faiblement sucrées" en contiennent souvent 5 à 10 grammes.
Le problème, c’est que la fermentation ne transforme pas tout le sucre en acide acétique. Une partie reste sous forme de fructose et de glucose, ce qui peut faire monter la glycémie. Et si vous êtes sensible aux FODMAPs (des glucides fermentescibles qui provoquent des ballonnements), le kombucha peut déclencher des crises de douleurs abdominales.
Si vous voulez essayer, faites-le maison, avec un minimum de sucre. Ou alors, choisissez une marque qui indique clairement la teneur en sucre (comme Kombucherie, qui propose des versions à moins de 2 grammes de sucre pour 100 ml). Mais dans tous les cas, limitez-vous à un petit verre par jour.
Les boissons qui divisent les spécialistes (et pourquoi)
Certaines boissons font débat dans la communauté scientifique. Certaines études les encensent, d’autres les descendent. Voici les trois plus controversées, avec leurs arguments pour et contre.
Le café décaféiné : bon ou mauvais pour la glycémie ?
Le café décaféiné est souvent présenté comme une alternative sûre pour les diabétiques. Sauf que les études sont contradictoires. Une méta-analyse de 2018, publiée dans Nutrition Reviews, a conclu que le décaféiné réduisait le risque de diabète de type 2 de 6%. Mais une autre étude, publiée dans Diabetes Care en 2020, a montré qu’il augmentait la résistance à l’insuline chez les personnes en surpoids.
Le problème, c’est que le processus de décaféination (surtout avec des solvants comme le chlorure de méthylène) peut laisser des résidus toxiques. Et même les méthodes "naturelles" (comme le procédé suisse à l’eau) éliminent une partie des polyphénols bénéfiques. Bref, si vous aimez le café, mieux vaut boire du café normal (sans sucre) en quantité raisonnable que du décaféiné de mauvaise qualité.
Le lait végétal : lequel choisir pour ne pas faire monter la glycémie ?
Les laits végétaux sont souvent présentés comme des alternatives saines au lait de vache. Sauf que tous ne se valent pas. Le lait de riz, par exemple, a un index glycémique de 85 – soit plus qu’une baguette blanche. Le lait d’avoine, lui, contient des bêta-glucanes, qui aident à réguler la glycémie, mais il est souvent sucré. Un lait d’avoine du commerce peut contenir jusqu’à 7 grammes de sucre pour 100 ml.
Le meilleur choix ? Le lait d’amande non sucré. Son index glycémique est de 25, et il contient peu de glucides (moins de 1 gramme pour 100 ml). Le lait de soja non sucré est aussi une bonne option, à condition de choisir une version bio (pour éviter les OGM). Mais attention : le lait de soja contient des phytoestrogènes, qui peuvent perturber le système hormonal en cas de consommation excessive.
L’eau gazeuse : un danger pour les diabétiques ?
L’eau gazeuse est souvent accusée de faire monter la glycémie. En réalité, c’est un mythe. Le gaz carbonique n’a aucun impact sur la glycémie. Ce qui peut poser problème, c’est le sodium : certaines eaux gazeuses en contiennent beaucoup (comme Perrier, qui en contient 14 mg/L). Mais si vous choisissez une eau faiblement minéralisée (comme Salvetat ou Montcalm), il n’y a aucun risque.
Le vrai danger, c’est que certaines personnes remplacent l’eau plate par de l’eau gazeuse… et boivent moins. Or, comme on l’a vu plus haut, la déshydratation aggrave la résistance à l’insuline. Donc, si vous aimez les bulles, pas de problème – à condition de boire suffisamment.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n’ose demander)
Peut-on boire de l’alcool si on est diabétique ?
Oui, mais avec des limites. L’American Diabetes Association recommande un verre par jour maximum pour les femmes, deux pour les hommes. Mais attention : tous les alcools ne se valent pas. La bière et les cocktails sucrés sont à éviter. Préférez un verre de vin rouge sec (qui contient des polyphénols bénéfiques) ou un spiritueux non sucré (vodka, gin, whisky) mélangé à de l’eau gazeuse ou à un soda light (avec modération). Et surtout, ne buvez jamais à jeun : l’alcool fait baisser la glycémie, et si vous prenez des médicaments, le risque d’hypoglycémie est réel.
Le jus de citron à jeun fait-il vraiment baisser la glycémie ?
Non. Cette idée vient d’une étude de 2007 qui montrait que le jus de citron ralentissait la vidange gastrique, ce qui pouvait réduire la glycémie postprandiale. Sauf que l’étude portait sur des repas riches en glucides, pas sur le jus de citron seul. En réalité, le jus de citron à jeun n’a aucun effet sur la glycémie à long terme. En revanche, il peut irriter l’estomac et abîmer l’émail des dents. Si vous voulez profiter des bienfaits du citron, pressez-en un peu dans votre eau, mais sans excès.
Les boissons édulcorées sont-elles une bonne alternative aux sodas ?
C’est compliqué. Les édulcorants comme l’aspartame, la stévia ou le sucralose ne font pas monter la glycémie. En théorie, c’est donc une bonne alternative aux sodas sucrés. Sauf que plusieurs études récentes suggèrent qu’ils perturbent le microbiote intestinal, ce qui, à long terme, pourrait aggraver la résistance à l’insuline. Une étude de 2022, publiée dans Cell, a même montré que les édulcorants artificiels modifiaient la flore intestinale de manière similaire au sucre.
Si vous voulez éviter les sodas, mieux vaut boire de l’eau gazeuse avec une rondelle de citron ou une feuille de menthe. Ou alors, optez pour des boissons édulcorées à la stévia (comme Coca-Cola Life), qui semble moins nocive que les autres édulcorants. Mais dans tous les cas, limitez votre consommation.
Peut-on boire du lait de vache si on est diabétique ?
Oui, mais avec modération. Le lait de vache contient du lactose, un sucre qui fait monter la glycémie. Un verre de lait entier contient 12 grammes de glucides. Mais il contient aussi des protéines et des graisses, qui ralentissent l’absorption des sucres. Le problème, c’est que certaines études suggèrent que les protéines du lait (la caséine) pourraient aggraver la résistance à l’insuline chez certaines personnes.
Si vous tolérez le lait, choisissez une version demi-écrémée ou écrémée, et limitez-vous à un verre par jour. Si vous êtes intolérant au lactose, optez pour un lait végétal non sucré (comme le lait d’amande). Et dans tous les cas, évitez les laits aromatisés (chocolat, vanille), qui contiennent souvent du sucre ajouté.
Verdict : quelle boisson choisir pour faire baisser le diabète (sans se prendre la tête) ?
Après avoir passé en revue des dizaines d’études, interrogé des endocrinologues et testé moi-même plusieurs approches, voici ce que je retiens : il n’y a pas de boisson magique. Le thé vert, le vinaigre de cidre, l’eau citronnée… tous ont des effets modestes, et aucun ne remplacera jamais une alimentation équilibrée et de l’exercice physique.
Cela dit, si je devais ne garder qu’une seule boisson, ce serait l’eau plate, faiblement minéralisée, bue en quantité suffisante. Pourquoi ? Parce que c’est la seule qui a prouvé son efficacité sans effets secondaires. Et parce que, contrairement aux autres options, elle ne coûte rien et ne nécessite aucun effort particulier.
Pour les autres boissons, voici ma hiérarchie personnelle :
1. Eau plate (2 à 3L par jour, selon votre poids) 2. Thé vert nature (3 à 4 tasses par jour, sans sucre ni lait) 3. Vinaigre de cidre dilué (1 cuillère à soupe dans de l’eau, avant les repas riches en glucides) 4. Eau gazeuse (si vous aimez les bulles, mais sans excès de sodium) 5. Café noir (2 à 3 tasses par jour, sans sucre)
Et surtout, évitez les pièges : les jus de fruits, les smoothies sucrés, les boissons énergisantes, le golden milk avec du miel, et les kombuchas industriels. Parce que le diabète, c’est comme un jardin : si vous y plantez des mauvaises herbes (les boissons sucrées), même les meilleures graines (les boissons "santé") ne pousseront pas.
Alors oui, boire de l’eau, c’est moins excitant qu’un matcha latte ou un jus de grenade. Mais c’est aussi la seule chose qui, à coup sûr, ne vous fera pas de mal. Et honnêtement, quand on voit le prix des "remèdes miracles" et les effets secondaires des médicaments, une bonne vieille bouteille d’eau, c’est presque une révolution.
