Parce que oui, il y a des indicateurs concrets pour évaluer vos probabilités. Non, ce n’est pas une science exacte. Et surtout, le système est bien plus transparent qu’on ne le croit – à condition de savoir où regarder. Alors, prêt à faire le point sans vous mentir ?
Parcoursup, ce monstre incompris : comment ça marche (vraiment)
Commençons par le commencement. Parcoursup n’est pas une loterie, même si parfois on a l’impression inverse. C’est un système de matching, une sorte de Tinder géant entre lycéens et formations, où chaque profil est noté selon des critères précis. Le problème, c’est que ces critères varient d’une formation à l’autre, et que personne ne vous les explique clairement.
Prenons un exemple. En 2023, une licence de droit à Paris 1 a reçu 12 000 vœux pour 600 places. À côté, une licence de psycho à Lyon 2 en a eu 3 500 pour 250 places. Le taux d’admission n’est pas le même, et pourtant, les deux formations sont en tension. Pourquoi ? Parce que les critères de sélection diffèrent. Paris 1 regarde surtout les notes en français et en histoire, tandis que Lyon 2 accorde plus d’importance au projet de formation motivé. Et ça, c’est la première clé pour comprendre vos chances.
Les trois piliers de la sélection (que personne ne vous explique)
Derrière chaque vœu, il y a une grille de critères. Trois éléments reviennent systématiquement, mais avec des pondérations différentes selon les formations :
1. Les notes (mais pas seulement celles que vous croyez)
Oui, vos moyennes comptent. Mais pas de la façon dont vous l’imaginez. Ce n’est pas votre moyenne générale qui est analysée, mais des matières spécifiques, pondérées selon leur pertinence pour la formation. Un exemple ? Pour une prépa scientifique, les maths et la physique pèseront 60 % de la note, tandis que le sport et les arts plastiques ne compteront presque pas. Autant le dire clairement : si vous visez une filière sélective, vos notes dans les matières clés doivent être au-dessus de la moyenne de la classe.
2. Le projet de formation motivé (ce fameux PFM qui fait peur)
Ah, la fameuse lettre… Beaucoup la voient comme un exercice de style, une formalité. Grosse erreur. Dans les formations en tension, le PFM peut faire la différence entre un "oui" et un "non". Mais attention : ce n’est pas un concours d’éloquence. Les jurys cherchent trois choses :
- La cohérence entre votre parcours et la formation visée
- La connaissance réelle de la filière (pas juste "j’aime les sciences")
- Des éléments concrets qui vous distinguent (stages, engagements associatifs, projets perso)
Le truc, c’est que 80 % des candidats écrivent la même chose. Si vous voulez sortir du lot, il faut éviter les clichés et montrer que vous avez vraiment réfléchi à votre orientation.
3. Les "attendus" (ces critères invisibles qui vous pénalisent sans que vous le sachiez)
Chaque formation a ses "attendus", c’est-à-dire des compétences et connaissances minimales requises. Problème : ils ne sont pas toujours explicites. Par exemple, pour une licence d’économie, l’attendu "maîtrise des outils mathématiques" peut sembler évident. Mais saviez-vous que certaines universités vérifient aussi votre niveau en anglais via vos notes ? Ou que d’autres regardent si vous avez suivi l’option "SES" en première ? Là où ça coince, c’est que ces attendus sont souvent cachés dans les fiches formations, et que personne ne vous les résume.
Le classement des vœux : ce détail qui change tout
Vous avez classé vos vœux par ordre de préférence ? Bonne nouvelle : Parcoursup ne tient pas compte de cet ordre pour vous classer. En revanche, il influence la façon dont les formations vous voient. Explication :
Quand une formation reçoit votre dossier, elle ne sait pas si vous l’avez mise en premier ou en dernier vœu. Mais elle sait si vous avez postulé à des formations similaires ailleurs. Résultat : si vous visez 10 licences de psycho en Île-de-France, les jurys peuvent en déduire que vous n’êtes pas sûr de votre choix. Et ça, ça peut jouer en votre défaveur.
La solution ? Ne postulez pas à 20 formations identiques. Mieux vaut 5 vœux bien ciblés, avec des PFM personnalisés, que 20 copier-coller.
Comment évaluer vos chances : la méthode pas à pas (avec des exemples concrets)
Assez de théorie. Passons à la pratique. Voici une méthode en 5 étapes pour estimer vos probabilités d’admission, formation par formation. Prenez une feuille, un stylo, et suivez le guide.
Étape 1 : Trouvez le taux d’admission de la formation (et comparez-le à votre profil)
C’est la base. Chaque formation sur Parcoursup affiche son taux d’admission de l’année précédente. Pour le trouver :
1. Allez sur la fiche de la formation
2. Cliquez sur "Statistiques"
3. Regardez le pourcentage de candidats admis en 2023
Exemple : une licence de STAPS à Bordeaux a admis 30 % des candidats en 2023. Si vous êtes dans le top 30 % de votre classe en EPS et en SVT, vos chances sont bonnes. Si vous êtes dans le dernier tiers, autant dire que c’est mal parti.
Mais attention : ces chiffres sont des moyennes. Certaines formations ont des taux d’admission qui varient énormément selon les profils. Par exemple, une prépa MPSI peut admettre 80 % des candidats avec une moyenne de 16 en maths, mais seulement 10 % de ceux avec 12. Le taux global ne suffit pas : il faut croiser avec vos notes.
Étape 2 : Analysez vos notes par matière (et comparez-les aux attendus)
Prenez vos bulletins de première et terminale. Pour chaque formation, listez les matières clés et calculez votre moyenne dans ces matières. Ensuite, comparez-la à la moyenne des admis l’année précédente (disponible dans les statistiques Parcoursup).
Exemple concret :
| Formation | Matières clés | Votre moyenne | Moyenne admis 2023 | Écart |
|---|---|---|---|---|
| Licence d’informatique (Paris 7) | Maths, NSI, Physique | 14,5 | 15,2 | -0,7 |
| DUT Métiers du Multimédia (Lyon 1) | Français, Arts plastiques, Anglais | 13,8 | 12,5 | +1,3 |
Interprétation : Pour Paris 7, vous êtes en dessous de la moyenne des admis. Ça ne veut pas dire que vous n’avez aucune chance, mais que vous devrez compenser ailleurs (projet motivé, engagements extrascolaires). Pour Lyon 1, en revanche, vous êtes au-dessus : vos chances sont solides.
Étape 3 : Vérifiez le nombre de places (et le nombre de candidats)
C’est un détail que beaucoup négligent. Une formation peut avoir un taux d’admission élevé… mais très peu de places. Exemple :
- Formation A : 50 places, 200 candidats → taux d’admission = 25 %
- Formation B : 300 places, 1 500 candidats → taux d’admission = 20 %
À première vue, la formation A semble plus accessible. Sauf que si vous êtes 150e sur 200, vous n’aurez aucune chance. Alors que dans la formation B, même en étant 400e, vous pourriez être pris.
Le piège ? Les formations très sélectives avec peu de places (comme les doubles licences ou les prépas intégrées). Même avec un excellent dossier, vous pouvez être recalé simplement parce qu’il n’y a pas assez de places.
Étape 4 : Évaluez la qualité de votre projet motivé (et comparez-le aux attentes)
Reprenez votre PFM. Posez-vous ces 5 questions :
1. Avez-vous cité des éléments concrets du programme de la formation (cours, profs, associations) ?
2. Avez-vous expliqué pourquoi cette formation et pas une autre ?
3. Avez-vous mentionné des expériences (stages, bénévolat) qui montrent votre motivation ?
4. Votre texte est-il personnalisé (pas de copier-coller entre vos vœux) ?
5. Avez-vous évité les clichés ("je suis passionné depuis toujours", "cette formation est parfaite pour moi") ?
Si vous avez répondu "non" à plus de 2 questions, votre PFM est faible. Et dans une formation en tension, ça peut vous coûter cher.
Un exemple de ce qu’il ne faut pas faire :
"Je souhaite intégrer votre licence de droit car c’est une formation prestigieuse qui ouvre de nombreuses portes. Je suis rigoureux, travailleur, et passionné par les études juridiques."
Un exemple de ce qui marche :
"Lors de mon stage au tribunal de grande instance de Nantes, j’ai assisté à une audience en correctionnelle qui a confirmé mon intérêt pour le droit pénal. Votre licence m’attire particulièrement car elle propose un module sur les droits des victimes, un sujet qui me tient à cœur depuis que j’ai travaillé comme bénévole à la Croix-Rouge."
La différence ? Le premier texte pourrait être écrit par n’importe qui. Le second montre une vraie réflexion et une expérience concrète.
Étape 5 : Calculez votre "score Parcoursup" (la méthode des pros)
Certains cabinets d’orientation utilisent une formule pour estimer vos chances. Voici une version simplifiée que vous pouvez appliquer vous-même :
Score = (Moyenne matières clés × 0,5) + (Qualité PFM × 0,3) + (Engagements extrascolaires × 0,2)
Comment noter chaque critère ?
- Moyenne matières clés : sur 20 (votre moyenne réelle)
- Qualité PFM : sur 10 (5 = moyen, 7 = bon, 10 = excellent)
- Engagements extrascolaires : sur 10 (5 = aucun, 7 = un engagement régulier, 10 = plusieurs engagements significatifs)
Exemple :
Vous visez une licence d’économie. Vos notes en maths et SES sont de 15/20. Votre PFM est correct (7/10), et vous avez fait du bénévolat dans une association d’aide aux devoirs (8/10).
Score = (15 × 0,5) + (7 × 0,3) + (8 × 0,2) = 7,5 + 2,1 + 1,6 = 11,2/20
Maintenant, comparez ce score à la moyenne des admis dans la formation visée (disponible dans les statistiques Parcoursup). Si votre score est supérieur, vos chances sont bonnes. S’il est inférieur, il faudra compenser ailleurs.
Les formations où vos chances sont (presque) garanties (et celles où c’est perdu d’avance)
Toutes les formations ne se valent pas. Certaines sont des valeurs sûres, même avec un dossier moyen. D’autres sont des usines à déceptions, où même les meilleurs dossiers se font recaler. Voici le décryptage.
Les formations où vous avez 80 % de chances (même avec un dossier moyen)
1. Les licences universitaires "classiques" hors Île-de-France
Exemples : licence d’histoire à Clermont-Ferrand, licence de sociologie à Rennes, licence de biologie à Strasbourg. Pourquoi ? Ces formations ont beaucoup de places et peu de candidats. En 2023, certaines licences de lettres ont admis 90 % des candidats. Le piège ? Beaucoup de ces licences ont des taux d’abandon élevés en L1. Si vous n’êtes pas motivé, vous risquez de décrocher.
2. Les BUT (ex-DUT) en province
Les BUT en informatique, gestion ou techniques de commercialisation dans des villes comme Le Mans, Angers ou Perpignan ont des taux d’admission élevés (50 à 70 %). Pourquoi ? Les étudiants préfèrent souvent les grandes villes, ce qui laisse des places disponibles en province. L’avantage ? Ces formations offrent un bon taux d’insertion professionnelle.
3. Les licences professionnelles (après un bac+2)
Si vous visez une licence pro après un BTS ou un BUT, vos chances sont excellentes. En 2023, 85 % des candidats ont été admis. Pourquoi ? Parce que ces formations cherchent à remplir leurs effectifs, et que les profils avec une première expérience (stages, alternance) sont privilégiés.
Les formations où vos chances sont inférieures à 20 % (même avec un excellent dossier)
1. Les doubles licences (droit-économie, maths-physique, etc.)
Ces formations sont ultra-sélectives. Exemple : la double licence droit-économie à Paris 1 a admis seulement 5 % des candidats en 2023. Pourquoi ? Peu de places (50 à 100) pour des milliers de candidats. Le conseil ? Si vous visez une double licence, prévoyez au moins 3 vœux de secours dans des licences simples.
2. Les prépas scientifiques (MPSI, PCSI, PTSI) dans les lycées prestigieux
Les prépas comme Louis-le-Grand, Henri-IV ou Sainte-Geneviève à Paris ont des taux d’admission inférieurs à 10 %. Même avec 18 de moyenne en maths et physique, vous pouvez être recalé. Pourquoi ? Parce que ces prépas reçoivent des centaines de dossiers excellents, et qu’elles privilégient les profils "équilibrés" (bonnes notes dans toutes les matières, pas seulement en sciences).
3. Les écoles d’art publiques (Beaux-Arts, Gobelins, etc.)
Ces formations recrutent sur concours, mais le dossier Parcoursup compte aussi. Problème : elles reçoivent des milliers de candidatures pour quelques dizaines de places. En 2023, l’école des Gobelins a admis 3 % des candidats. Le piège ? Beaucoup de candidats sous-estiment l’importance du dossier artistique (book, projets perso). Si vous n’avez pas un book solide, vos chances sont quasi nulles.
4. Les PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé)
Les études de santé sont un cas à part. En 2023, seulement 15 % des candidats en PASS ont été admis en deuxième année. Pourquoi ? Parce que le numerus clausus (nombre de places) est très bas, et que la sélection se fait sur les notes et sur un concours très difficile. Le conseil ? Si vous visez médecine, prévoyez au moins 2 vœux en L.AS (Licence Accès Santé) en backup.
Les erreurs qui tuent vos chances (et comment les éviter)
Vous avez un bon dossier, un projet motivé solide, et pourtant… vous êtes sur liste d’attente. Pourquoi ? Parce que vous avez commis une (ou plusieurs) de ces erreurs. Voici les pièges à éviter absolument.
Erreur n°1 : Postuler à 20 formations identiques (le syndrome du "au cas où")
Beaucoup de lycéens pensent que multiplier les vœux augmente leurs chances. C’est l’inverse. Parcoursup pénalise les candidats qui postulent à trop de formations similaires. Pourquoi ? Parce que le système détecte que vous n’êtes pas sûr de votre choix, et que vous "spammez" les formations. Résultat : vos vœux sont moins bien classés.
La solution ? Limitez-vous à 5-7 vœux maximum, en variant les types de formations (licence, BUT, prépa, etc.). Et surtout, personnalisez chaque PFM.
Erreur n°2 : Négliger les "attendus" cachés
Certaines formations ont des attendus qui ne sont pas clairement indiqués. Exemples :
- Pour une licence de psychologie, certaines universités regardent vos notes en philosophie (même si ce n’est pas une matière scientifique)
- Pour un BUT informatique, certaines écoles vérifient si vous avez suivi l’option NSI en première
- Pour une licence de droit, certaines facs privilégient les candidats qui ont fait l’option "Droit et grands enjeux du monde contemporain" en terminale
Comment les repérer ? Lisez attentivement les fiches formations sur Parcoursup, et cherchez des indices dans les statistiques (quelles matières sont les plus corrélées à l’admission ?).
Erreur n°3 : Envoyer un PFM générique (le copier-coller qui tue)
C’est la faute la plus courante. Un PFM générique = une candidature recalée. Pourtant, c’est si simple à éviter :
- Personnalisez chaque PFM : citez des cours, des profs, des associations spécifiques à la formation
- Montrez que vous connaissez la formation : parlez d’un module qui vous intéresse, d’un projet de recherche mené par un labo de la fac
- Évitez les phrases toutes faites : "Je suis passionné depuis toujours" ne convainc personne
Un exemple de ce qu’il ne faut jamais écrire :
"Votre formation m’intéresse car elle est réputée et offre de nombreuses opportunités."
Un exemple de ce qui marche :
"Votre licence d’histoire m’attire particulièrement car elle propose un cours sur l’histoire des femmes au Moyen Âge, un sujet que j’ai abordé lors de mon stage aux Archives départementales. J’ai aussi remarqué que votre université organise des conférences avec des historiens renommés, comme celle de janvier 2023 sur les croisades, qui a confirmé mon intérêt pour cette période."
Erreur n°4 : Sous-estimer l’importance des engagements extrascolaires
Beaucoup de lycéens pensent que seules les notes comptent. Grosse erreur. Dans les formations en tension, les jurys cherchent des profils complets. Un engagement associatif, un stage, un projet perso… ça peut faire la différence.
Exemples d’engagements qui boostent votre dossier :
- Un stage en entreprise (même court)
- Un engagement dans une association (bénévolat, club scolaire)
- Un projet perso (blog, chaîne YouTube, création artistique)
- Une participation à des concours (Olympiades de maths, concours d’éloquence)
Le conseil ? Mentionnez ces engagements dans votre PFM, et joignez des preuves si possible (attestation de stage, lien vers un portfolio).
Erreur n°5 : Ne pas vérifier les statistiques avant de postuler
C’est un réflexe que 90 % des candidats n’ont pas. Avant de valider un vœu, vérifiez :
- Le taux d’admission de l’année précédente
- La moyenne des notes des admis
- Le nombre de places disponibles
- Le nombre de candidats en 2023
Pourquoi c’est crucial ? Parce que ça vous évite de perdre un vœu sur une formation où vous n’avez aucune chance. Exemple : si une prépa MPSI a admis 10 % des candidats en 2023, et que votre moyenne en maths est de 13, vous n’avez presque aucune chance. Autant utiliser ce vœu pour une formation plus accessible.
Les alternatives si vos chances sont faibles (sans tout sacrifier)
Vos notes ne sont pas à la hauteur ? Votre PFM est moyen ? Pas de panique. Il existe des solutions pour contourner le problème, sans renoncer à votre projet. En voici quelques-unes.
Option 1 : La licence en province (le plan B qui marche à tous les coups)
Si vous visez une licence en Île-de-France et que votre dossier est limite, postulez à la même licence dans une université de province. Exemple : une licence de psycho à Paris Nanterre a un taux d’admission de 20 %. La même licence à Limoges ou à Brest ? 80 % de chances.
L’avantage ? Vous gardez la même formation, mais avec un taux d’admission bien plus élevé. Le piège ? Certaines licences en province ont des taux d’abandon élevés. Renseignez-vous sur le taux de réussite en L1 avant de postuler.
Option 2 : Le BUT (ex-DUT) comme tremplin (la voie royale pour les dossiers moyens)
Les BUT (Bachelors Universitaires de Technologie) sont une excellente alternative aux licences. Pourquoi ?
- Taux d’admission élevé (50 à 70 % selon les spécialités)
- Formation professionnalisante (stages, alternance)
- Possibilité de poursuivre en licence pro ou en école d’ingénieurs après le BUT
Exemple : si vous visez une licence d’informatique mais que vos notes en maths sont moyennes, un BUT informatique peut être un meilleur choix. En 2023, 65 % des candidats ont été admis en BUT informatique, contre 30 % en licence d’info.
Option 3 : La prépa intégrée (le compromis entre prépa et école d’ingé)
Si vous rêvez d’une école d’ingénieurs mais que votre dossier ne passe pas en prépa, les prépas intégrées sont une excellente solution. Exemples :
- INSA
- UTC (Université de Technologie de Compiègne)
- Polytech
- EPITA (pour l’informatique)
Pourquoi c’est intéressant ?
- Taux d’admission plus élevé qu’en prépa classique (30 à 50 %)
- Formation moins théorique, plus appliquée
- Accès direct à une école d’ingénieurs après 2 ans (sans repasser de concours)
Le piège ? Certaines prépas intégrées sont très sélectives (comme l’INSA Lyon). Vérifiez bien les statistiques avant de postuler.
Option 4 : L’année de césure (pour rebondir sans perdre de temps)
Si votre dossier est vraiment faible, une année de césure peut être une bonne solution. Comment ça marche ?
1. Vous postulez à des formations accessibles (licence en province, BUT)
2. Une fois admis, vous demandez une année de césure pour :
- Faire un service civique
- Partir à l’étranger (PVT, woofing)
- Faire un stage en entreprise
- Suivre une formation complémentaire (langues, compétences techniques)
L’avantage ? Vous améliorez votre profil pour l’année suivante, et vous évitez de vous engager dans une formation qui ne vous convient pas.
Le conseil ? Choisissez une formation où l’année de césure est facile à obtenir (certaines facs la refusent systématiquement). Renseignez-vous auprès du secrétariat de la formation.
Questions fréquentes (celles que tout le monde se pose, mais que personne n’ose demander)
Est-ce que mes notes de première comptent vraiment ?
Oui. Mais pas de la même façon pour toutes les formations. En général :
- Les prépas et les doubles licences regardent vos notes de première et de terminale
- Les licences universitaires privilégient les notes de terminale
- Les BUT et les écoles d’art regardent les notes des matières clés + le projet motivé
Le truc en plus ? Certaines formations analysent l’évolution de vos notes. Si vous avez progressé entre la première et la terminale, c’est un bon point. Si vos notes ont baissé, ça peut jouer contre vous.
Est-ce que le lycée d’origine influence mes chances ?
Oui, mais indirectement. Parcoursup ne prend pas en compte le nom de votre lycée. En revanche, il compare vos notes à celles de votre classe. Exemple :
- Si vous avez 14 de moyenne dans un lycée où la moyenne de la classe est de 12, vous serez bien classé
- Si vous avez 14 dans un lycée où la moyenne est de 16, vous serez mal classé
Le conseil ? Si vous êtes dans un lycée très sélectif, misez sur d’autres critères (PFM, engagements extrascolaires) pour compenser.
Est-ce que les formations regardent les appréciations des profs ?
Oui, mais pas toutes. Les prépas et les doubles licences lisent attentivement les appréciations. Les licences universitaires, moins. Ce qu’elles cherchent :
- Des appréciations positives et détaillées ("élève sérieux, bon esprit d’analyse")
- Des mentions de progrès ("a beaucoup progressé en maths cette année")
- Des qualités personnelles ("bon relationnel", "esprit d’équipe")
Le piège ? Les appréciations génériques ("bon élève") ne servent à rien. Demandez à vos profs d’être précis.
Est-ce que je peux contester une décision de Parcoursup ?
Oui, mais c’est compliqué. Vous avez deux options :
1. Demander un réexamen de votre dossier : si vous pensez qu’il y a eu une erreur (notes mal saisies, pièce manquante), vous pouvez contacter la formation pour demander une révision. Ça marche rarement, mais ça vaut le coup d’essayer.
2. Faire un recours gracieux : si vous estimez que la décision est injuste, vous pouvez envoyer un courrier au recteur de l’académie. Mais attention : les recours sont rarement acceptés, sauf en cas d’erreur manifeste.
Le conseil ? Plutôt que de perdre du temps en recours, concentrez-vous sur vos vœux en attente et sur les formations qui recrutent encore en phase complémentaire.
Est-ce que je peux savoir où je suis classé sur la liste d’attente ?
Non. Parcoursup ne communique pas votre rang sur la liste d’attente. En revanche, vous pouvez estimer vos chances en regardant :
- Le nombre de places disponibles
- Le nombre de candidats admis l’année précédente
- Votre position par rapport à la moyenne des admis (si vous êtes au-dessus, vos chances sont bonnes)
Exemple : si une formation a 100 places et que vous êtes dans le top 30 % des candidats, vous avez de bonnes chances d’être pris. Si vous êtes dans le dernier tiers, c’est mal parti.
Verdict : vos chances, formation par formation (le tableau qui résume tout)
Pour y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des chances d’admission selon le type de formation et la qualité de votre dossier. À prendre avec des pincettes : ces chiffres sont des moyennes, et chaque formation a ses spécificités.
| Type de formation | Dossier excellent (top 10 %) | Dossier bon (top 30 %) | Dossier moyen (milieu de classe) | Dossier faible (dernier tiers) |
|---|---|---|---|---|
| Licence classique (province) | 90 % | 70 % | 50 % | 20 % |
| Licence classique (Île-de-France) | 70 % | 50 % | 30 % | 10 % |
| Double licence | 50 % | 20 % | 5 % | 1 % |
| Prépa scientifique (lycée prestigieux) | 40 % | 15 % | 2 % | 0 % |
| Prépa scientifique (lycée standard) | 70 % | 40 % | 10 % | 1 % |
| BUT (province) | 80 % | 60 % | 40 % | 20 % |
| BUT (Île-de-France) | 60 % | 40 % | 20 % | 5 % |
| PASS (études de santé) | 30 % | 15 % | 5 % | 1 % |
| École d’art publique | 20 % | 10 % | 3 % | 0 % |

