Une affaire de suffixes : pourquoi le duel entre qatari et qatarien ?
On n'y pense pas assez, mais la façon dont nous nommons les habitants d'un pays en dit long sur notre rapport à l'altérité et à l'histoire de notre propre langue. Le français adore les moules. Pour fabriquer un nom d'habitant, ou gentilé, nous avons nos petites habitudes : le "-ais" pour les Français ou les Japonais, le "-ois" pour les Québécois, et surtout le "-ien" qui semble être le passe-partout ultime. C'est de là que vient qatarien. C'est une francisation pure et dure, une manière de faire rentrer un mot étranger dans le rang, de lui mettre un costume trois-pièces pour qu'il ne détonne pas trop dans une phrase de Molière. Mais là où ça coince, c'est que le Qatar n'est pas un pays comme les autres dans notre imaginaire récent.
Le terme "qatari", lui, ne vient pas d'un caprice de journaliste branché. Il est la transcription directe de la nisba arabe, ce suffixe en "-i" qui sert à exprimer l'appartenance ou l'origine dans les langues sémitiques. En arabe, on dit "qatari". En anglais, on dit "qatari". Du coup, par un effet de mimétisme évident et une flemme linguistique assez classique, le mot a envahi nos colonnes. Reste que pour un puriste, "qatari" sonne un peu comme une pièce rapportée, un mot qui n'a pas fini sa mutation pour devenir totalement français. C'est un peu comme si on s'obstinait à dire un "spaghetti" au lieu de franciser totalement le concept, sauf que là, on parle de l'identité d'un peuple. Je trouve d'ailleurs assez fascinant de voir comment un simple suffixe peut devenir un marqueur de précision ou, au contraire, de laisser-aller éditorial.
La force d'attraction du suffixe -ien
Pourquoi s'acharner sur ce "-ien" ? Parce qu'il est productif. Dans la tête d'un locuteur francophone, si un pays se termine par une consonne ou une voyelle un peu sèche, on lui colle naturellement cette terminaison pour l'adoucir. On dit bien Italien, Tunisien, Algérien ou encore Chilien. C'est une mécanique fluide. Le mot qatarien s'inscrit dans cette logique de continuité phonétique qui permet de former le féminin sans effort : une Qatarienne. Essayez de faire la même chose avec "qatari". Une "qatarie" ? Ça passe à l'oreille, mais à l'écrit, on sent bien que le système vacille un peu, qu'il manque une base solide pour construire le pluriel et le féminin de manière harmonieuse.
L'exception culturelle du Golfe dans notre lexique
Il y a une sorte de snobisme inversé qui s'est installé avec les pays de la péninsule Arabique. Pour certains, utiliser "qatari" permet de montrer qu'on connaît le terrain, qu'on est proche de la culture locale. C'est une forme d'emprunt qui se veut respectueuse de l'étymologie d'origine. Mais le problème, c'est la cohérence. Si on accepte "qatari", pourquoi ne dit-on pas un "kuwaiti" ou un "bahraini" ? Pour ces voisins, nous utilisons massivement Koweïtien et Bahreïni (ou Bahreïnien, même si c'est plus rare). Le Qatar bénéficie, si l'on peut dire, d'un traitement de faveur médiatique qui a imposé la forme courte au détriment de la forme académique. Et c'est précisément là que le bât blesse : on crée une exception là où la règle aurait pu simplifier la vie de tout le monde.
Que disent vraiment les sages : l'arrêté de 1993 et l'Académie française
Si vous ouvrez le Journal Officiel, la messe est dite. L'arrêté du 4 novembre 1993, qui fait autorité pour tous les documents administratifs en France, ne connaît que le terme qatarien. C'est la référence absolue pour les diplomates, les cartographes de l'IGN et les professeurs de géographie qui ne veulent pas se faire taper sur les doigts. Cette décision n'a pas été prise sur un coin de table. Elle résulte d'une volonté de stabiliser la langue face à l'afflux de noms de pays nouveaux ou méconnus à l'époque. On voulait éviter que chaque ministère n'invente sa propre nomenclature. Résultat : officiellement, le mot "qatari" n'existe pas dans le dictionnaire de la diplomatie française.
L'Académie française, fidèle à sa ligne de défense de la clarté et de l'homogénéité, abonde dans ce sens. Pour les Immortels, le suffixe "-ien" est le garant de la bonne intégration du mot dans le système morphologique français. Ils voient d'un mauvais œil ces terminaisons en "-i" qui pullulent, car elles rendent l'accord en genre et en nombre plus complexe, ou du moins moins intuitif. Mais, et c'est là que le portrait se nuance, l'Académie reconnaît aussi que l'usage est le maître suprême de la langue. Si demain 100 % des Français disent "qatari", elle finira par l'acter, même en traînant des pieds. Pour l'instant, on est dans cet entre-deux un peu flou où la règle dit blanc et la rue dit noir.
Qatari vs Qatarien : le match des médias et de la diplomatie
Dans les rédactions, la guerre fait rage, ou du moins elle a fait rage. Au début des années 2000, on trouvait encore beaucoup de "qatarien" dans les colonnes du Monde ou du Figaro. Puis, avec l'arrivée massive de fonds qataris (notez l'accord) dans l'économie française et surtout dans le football, tout a basculé. Le journal L'Équipe, par exemple, a presque totalement basculé vers "qatari". Pourquoi ? Parce que c'est plus court, plus percutant pour un titre, et que ça colle à l'image internationale que le pays veut se donner. Le Qatar lui-même, dans sa communication en français, utilise souvent "qatari". C'est un cas fascinant où l'objet de la nomination influence la manière dont il est nommé.
Cependant, si vous lisez un communiqué du Quai d'Orsay, vous ne verrez jamais "les investissements qataris". Vous lirez "les investissements qatariens". C'est une question de standing et de respect des conventions internationales. La diplomatie est un monde de codes, et utiliser le mauvais gentilé peut être perçu comme un manque de rigueur, voire une faute de goût. Mais entre nous, qui lit encore les communiqués officiels à part les journalistes spécialisés et les conseillers d'ambassade ? Le grand public, lui, est abreuvé de "qatari" à longueur de journaux télévisés. Soit dit en passant, cette dualité crée une confusion chez les élèves et les étudiants qui ne savent plus quel saint vouer.
L'effet PSG et l'omniprésence du sport
On ne peut pas parler de ce sujet sans évoquer le club de la capitale. Depuis le rachat du Paris Saint-Germain par QSI (Qatar Sports Investments) en 2011, le mot est sur toutes les lèvres. Dans les tribunes du Parc des Princes, personne ne crie "les propriétaires qatariens". On parle des "Qataris". Le sport a cette capacité unique à imposer des mots dans le langage courant à une vitesse que les linguistes ne peuvent pas suivre. C'est une déferlante. Le mot est devenu un adjectif de couleur, de puissance, presque une marque. Dans ce contexte, qatarien paraît soudainement très vieux jeu, presque poussiéreux, comme un mot qu'on sortirait d'un dictionnaire du XIXe siècle.
La Coupe du Monde 2022 comme juge de paix ?
On aurait pu penser que l'organisation du Mondial de football en 2022 allait trancher définitivement la question. Ça a été tout le contraire. On a vu une cohabitation sauvage des deux termes. Les commentateurs sportifs hurlaient "qatari" tandis que les envoyés spéciaux des chaînes d'info, tentant de garder une posture plus sérieuse, s'essayaient au "qatarien". Ce fut un festival de perplexité linguistique. Ce que j'en retiens, c'est que la langue est un organisme vivant qui refuse de se laisser enfermer dans des décrets, même quand ils datent de 30 ans. On est loin du compte si on pense que la loi peut dicter la manière dont les gens parlent devant leur bière ou leur café.
Pourquoi "Qatari" sonne-t-il plus moderne à nos oreilles ?
Il y a une dimension esthétique et phonétique qu'il ne faut pas négliger. Le mot "qatari" est bref. Il finit par une voyelle tonique qui lui donne du ressort. Dans une époque qui va vite, où l'on cherche l'efficacité maximale, la syllabe supplémentaire de qatarien semble superflue. C'est un peu comme comparer un tweet à une lettre manuscrite. De plus, la terminaison en "-i" possède une connotation exotique qui plaît. Elle rappelle que le pays est lointain, qu'il appartient à une autre sphère culturelle. C'est paradoxal : on préfère le mot qui souligne la différence plutôt que celui qui l'intègre dans notre système grammatical habituel.
Mais attention, cette modernité a un prix. Celui de l'imprécision. Quand on utilise "qatari", on oublie parfois que le français demande des accords. Dit-on "des décisions qatari" ou "des décisions qataries" ? La plupart des gens hésitent. Avec qatarien, la question ne se pose pas : "des décisions qatariennes". C'est carré, c'est propre, c'est sans bavure. Je reste convaincu que la résistance de la forme longue tient uniquement à cette solidité grammaticale qui évite bien des nœuds au cerveau aux correcteurs professionnels.
Le problème du "Q" sans "U" : une bizarrerie bien française
Au-delà du suffixe, c'est le début du mot qui pose souvent problème aux écoliers. En français, la lettre Q est presque toujours suivie d'un U. C'est une règle d'or, une sorte de mariage forcé. Et puis arrive le Qatar. Pas de U. Rien. Juste un Q qui trône fièrement au début du mot. C'est une transcription de la lettre arabe "Qaf", qui se prononce au fond de la gorge. Si on avait voulu être vraiment logique avec notre orthographe, on aurait dû écrire "Katar", comme le font les Allemands, ou "Quatar". Mais non, l'usage international a imposé le Q seul.
Cette particularité graphique renforce l'aspect étrange du mot. Qu'on dise qatarien ou qatari, on commence déjà par une exception orthographique. Autant dire que le mot part avec un handicap pour ceux qui aiment les règles bien rangées. D'où, peut-être, cette liberté que prennent les locuteurs avec la suite du mot. Puisque le début est déjà "hors-la-loi", pourquoi s'embêter avec un suffixe académique à la fin ? C'est une psychologie de comptoir, j'en conviens, mais elle explique pas mal de dérives langagières.
Les règles d'accord : un véritable casse-tête chinois (ou arabe)
Entrons un peu dans la technique, car c'est là que le bât blesse vraiment. Si vous choisissez d'utiliser qatarien, vous êtes sur un rail. Un investisseur qatarien, une banque qatarienne, des fonds qatariens, des entreprises qatariennes. C'est limpide. Tout le monde comprend, tout le monde sait l'écrire. C'est la force du système "-ien". Mais si vous optez pour "qatari", préparez-vous à transpirer un peu. L'adjectif doit-il s'accorder ? La règle générale dit oui. On devrait donc écrire "une délégation qatarie" et "des émissaires qataris".
Sauf que beaucoup de gens traitent "qatari" comme un mot invariable, par méconnaissance ou par peur de se tromper. On voit souvent passer des "sociétés qatari" dans la presse peu soignée. C'est là que le bât blesse. En voulant faire plus moderne ou plus "vrai", on finit par massacrer la syntaxe. Et ne parlons même pas de la prononciation du féminin "qatarie". Doit-on prononcer le "e" final ? Non, bien sûr, mais la confusion est là. Bref, le choix du terme n'est pas neutre : il engage votre responsabilité de scripteur face à la grammaire.
Comparaison avec les pays voisins : pourquoi cette différence de traitement ?
C'est sans doute l'argument le plus fort des partisans de qatarien. Regardons ce qui se passe pour les pays alentour. Pour l'Arabie Saoudite, on dit "Saoudien". Personne, absolument personne, ne dit "un Saoudi" en français, sauf peut-être quelques spécialistes de l'histoire des tribus de la péninsule. Pour la Jordanie, on dit "Jordanien". Pour l'Irak, on dit "Irakien". Alors, pourquoi ce traitement de faveur pour le Qatar ?
La réponse est sans doute à chercher du côté de la chronologie de l'entrée de ces pays dans notre radar médiatique. La Jordanie ou l'Irak sont des noms familiers depuis des décennies, intégrés à une époque où le français était plus sûr de ses règles et moins perméable aux influences extérieures. Le Qatar, lui, a explosé sur la scène mondiale à une époque de mondialisation galopante, où l'anglais sert de filtre à toutes nos connaissances. Comme les Anglais disent "Qatari", nous avons fait un copier-coller sans réfléchir. C'est un peu dommage, car on perd en cohérence globale. On se retrouve avec une liste de gentilés qui ressemble à un manteau d'Arlequin, sans queue ni tête.
Le cas de l'Omanais et de l'Émirati
Pour Oman, nous avons choisi "Omanais". C'est élégant, ça sonne bien. Pour les Émirats Arabes Unis, on utilise "Émirati". Tiens, encore un suffixe en "-i" ! Mais là, c'est différent, car "Émiratien" serait phonétiquement très lourd (essayez de le dire trois fois très vite). "Émirati" semble donc être un compromis acceptable. Mais pour le Qatar, la forme en "-ien" ne pose aucun problème de prononciation. Elle est même plutôt mélodieuse. Alors, pourquoi s'en priver ? C'est là que je trouve que l'usage de "qatari" relève parfois d'une forme de paresse intellectuelle.
Le Koweïtien, ce cousin proche
Le cas du Koweït est le plus frappant. Les deux pays ont des structures de noms similaires. Pourtant, le terme "Koweïtien" reste la norme absolue. On n'entend jamais "un Koweïti" à la radio. Pourquoi ? Peut-être parce que le Koweït a eu son heure de gloire médiatique lors de la guerre du Golfe en 1990, une époque où les rédactions respectaient encore scrupuleusement les consignes de l'AFP qui, elle-même, suivait les recommandations officielles. Le Qatar, arrivé plus tard, a bénéficié d'un relâchement des codes. C'est une question de génération de mots, tout simplement.
Les erreurs que l'on voit partout (et comment les éviter)
Il y a une erreur qui me fait particulièrement grincer des dents : c'est l'utilisation de "Qatari" avec une minuscule quand on parle de l'habitant, et une majuscule quand on parle de l'adjectif. En français, la règle est pourtant simple, mais elle semble s'évaporer dès qu'on traverse la Méditerranée. On écrit "un Qatarien" (nom, majuscule) mais "le gaz qatarien" (adjectif, minuscule). C'est la base. Pourtant, on voit fleurir des "un qatari" partout. C'est une double faute : de gentilé et de typographie.
Une autre confusion courante concerne le pluriel. Certains pensent que "Qataris" est le pluriel de "Qatarien". Non ! Ce sont deux systèmes différents. Soit vous êtes dans le camp des officiels et vous dites "des Qatariens", soit vous êtes dans le camp de l'usage et vous dites "des Qataris". Mais pitié, ne mélangez pas les deux au sein d'un même texte. Rien ne fait plus amateur qu'un article qui change de monture au milieu de la rivière. Choisissez votre camp dès le premier paragraphe et tenez-vous-y. C'est une question de politesse envers le lecteur.
La majuscule aux habitants, la minuscule à l'adjectif
C'est un point sur lequel je veux insister car il change la donne pour la crédibilité d'un écrit. Si vous écrivez "Il a rencontré un qatari", vous faites une erreur. Le nom d'habitant prend TOUJOURS la majuscule. Si vous écrivez "C'est un plat Qatari", vous faites aussi une erreur. L'adjectif de nationalité prend TOUJOURS la minuscule. C'est une règle de fer de la langue française, peu importe que vous choisissiez la forme en "-i" ou en "-ien".
Questions fréquentes sur le gentilé du Qatar
Est-ce que "qatari" est considéré comme une faute ?
Techniquement, pour l'administration française, oui. Dans un examen officiel ou un concours de la fonction publique, il est vivement conseillé d'utiliser qatarien. Cependant, dans la vie courante, dans un cadre professionnel privé ou dans la presse, "qatari" est largement accepté. Ce n'est pas une faute de français au sens barbare du terme, c'est un écart par rapport à la norme officielle. Disons que c'est une variante tolérée, mais pas recommandée.
Comment appelle-t-on les femmes au Qatar ?
Si vous suivez la règle officielle, vous direz une Qatarienne. C'est la forme la plus correcte et la plus facile à intégrer dans une phrase. Si vous préférez l'usage courant, vous direz une Qatarie. Attention à l'orthographe de cette dernière : n'oubliez pas le "e" final, même s'il ne s'entend pas. Personnellement, je trouve que "Qatarienne" a beaucoup plus de prestance et évite toute ambiguïté à l'oral.
Pourquoi certains dictionnaires mettent-ils les deux ?
Le Larousse et le Petit Robert sont des observateurs de l'usage. Ils ne sont pas là pour faire la police, mais pour refléter la réalité de la langue. Comme les deux termes sont massivement utilisés, ils les mentionnent tous les deux. Souvent, ils précisent que qatarien est la forme administrative. C'est une manière de ne froisser personne et de reconnaître que la langue est en pleine mutation sur ce point précis. Honnêtement, c'est flou pour beaucoup de gens, et les dictionnaires ne font que confirmer ce flou artistique.
Y a-t-il une différence de sens entre les deux termes ?
Absolument aucune. Que vous parliez d'un qatari ou d'un qatarien, vous désignez exactement la même personne ou la même chose. La différence est purement stylistique et normative. C'est un peu comme choisir entre "un vélo" et "une bicyclette", sauf que l'un des deux a le tampon de l'État et l'autre celui de la rue.
L'essentiel : quelle forme adopter au quotidien ?
Alors, que faut-il retenir de ce méli-mélo linguistique ? Si vous voulez être inattaquable, si vous rédigez un mémoire, un rapport officiel ou que vous écrivez à votre banquier, optez sans hésiter pour qatarien. C'est la marque d'une culture soignée et d'un respect des conventions. C'est aussi la forme la plus pratique pour gérer les accords sans se tromper. Mais ne tombez pas non plus dans la pédanterie : si vous discutez de football avec des amis, "qatari" fera parfaitement l'affaire et vous évitera de passer pour un correcteur de copies égaré dans un bar.
Le truc, c'est que la langue française est riche de ces hésitations. Elles sont le signe que notre lexique est en contact permanent avec le reste du monde. On peut le regretter pour la clarté, mais on peut aussi s'en réjouir. Reste que, pour ma part, je garde une petite préférence pour qatarien. Il y a quelque chose de satisfaisant à utiliser un mot qui respecte la logique de ses ancêtres, de l'Italien au Tunisien. C'est une manière de dire que, même si le monde change et que les investissements coulent à flots, notre grammaire, elle, a encore son mot à dire. Au final, le plus important n'est pas tant le suffixe que vous choisissez, mais la constance avec laquelle vous l'utilisez. La cohérence est la politesse des gens qui écrivent.
En résumé, le duel entre qatari et qatarien n'est pas près de s'arrêter. D'un côté, une forme officielle, solide, mais qui semble perdre du terrain dans l'usage populaire. De l'autre, une forme courte, dynamique, portée par les médias et le sport, mais qui peine à s'accorder proprement. Mon conseil ? Apprenez à jongler avec les deux, mais gardez qatarien dans votre manche pour les grandes occasions. C'est le genre de détail qui, mine de rien, assoit une expertise. Et après tout, n'est-ce pas là tout l'intérêt de maîtriser les subtilités de notre belle langue ?
Verdict
La réponse à la question "Pourquoi dit-on qatarien ?" tient en un mot : la normalisation. On utilise ce terme parce qu'il est le seul à être conforme au système de construction des gentilés en français et qu'il bénéficie d'une onction officielle depuis 1993. "Qatari" n'est qu'un invité, certes omniprésent, mais qui n'a pas encore ses papiers en règle auprès de l'Académie. Si vous tenez à la précision et à l'élégance, privilégiez la forme longue. Elle ne vous fera jamais défaut, contrairement aux modes passagères qui, si elles sont séduisantes, finissent souvent par créer plus de confusion qu'autre chose.

