Le truc, c’est que les fans occidentaux butent souvent sur les mêmes erreurs – des erreurs qui, soit dit en passant, peuvent faire grincer des dents les locuteurs natifs. Entre les approximations des sous-titres de concerts, les variations des médias internationaux et les habitudes des plateformes comme Spotify ou YouTube, on finit par se demander : mais qui a raison, au juste ? Et si la réponse était plus nuancée qu’il n’y paraît ?
Le vrai visage de "Jimin" : décryptage d’une transcription qui divise
Commençons par le commencement. Sur les passeports sud-coréens, les documents officiels de BTS, et même dans les interviews où Jimin se présente, on trouve systématiquement cette écriture : 박지민 (朴智旻). Trois syllabes en hangul, deux caractères hanja (ces sinogrammes utilisés en Corée pour leur sens étymologique), et une prononciation qui, en théorie, devrait être limpide. Sauf que non.
Le problème, c’est que le système de romanisation du coréen – cette fameuse méthode qui transforme les sons hangul en lettres latines – a connu plusieurs réformes. La version actuelle, appelée romanisation révisée (2000), donne "Jimin" pour 지민. Mais avant 2000, le même nom s’écrivait "Chimin" selon la romanisation McCune-Reischauer. Et certains médias, par habitude ou par négligence, continuent d’utiliser l’ancienne orthographe. Résultat : une confusion qui dure depuis des années, et qui explique pourquoi on trouve parfois "Jiminn", "Jiminne", ou même "Jiminh" sur des produits dérivés.
Mais là où ça se corse, c’est que Jimin lui-même a joué avec ces variations. Dans certaines interviews, il a mentionné que son nom en anglais était "Jimin Park" – une inversion des syllabes typiquement coréenne (le nom de famille d’abord), mais qui, en Occident, passe pour un prénom suivi d’un nom. Et puis il y a ces moments où il signe des autographes en écrivant simplement "Jimin", sans le 박 (Park), comme pour s’affranchir des conventions. Est-ce une volonté de se rapprocher de son public international ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que cette flexibilité reflète une réalité plus large : en Corée, le nom n’est pas qu’une étiquette, c’est une identité en mouvement.
Pourquoi "지민" ne se prononce pas comme on croit
Passons à la prononciation, parce que c’est là que les choses deviennent vraiment intéressantes. Le hangul 지민 se décompose en deux syllabes :
- 지 (ji) : un son proche du "dji" français, comme dans "Djibouti", mais avec la langue légèrement plus en arrière.
- 민 (min) : un "min" classique, comme dans "minimum", mais avec un "n" final très doux, presque imperceptible.
Sauf que – et c’est là que les puristes vont bondir – dans la pratique, les Coréens ne prononcent pas toujours "지민" de manière aussi nette. En contexte informel, le "j" initial peut s’adoucir jusqu’à ressembler à un "z" français (comme dans "zoo"), surtout quand le nom est précédé d’un autre mot. Par exemple, dans "박지민", le "박" (Park) influence la prononciation du "지", qui peut sonner comme "Pagjimine" plutôt que "Park Jimin".
Et puis il y a les dialectes. À Busan, d’où Jimin est originaire, le "지" a tendance à être prononcé avec un son plus guttural, presque comme un "j" espagnol. À Séoul, en revanche, c’est plus proche du "dj" standard. Autant dire que si vous demandez à dix Coréens de prononcer "지민", vous obtiendrez dix variantes légèrement différentes. La langue vivante, quoi.
Le piège des sous-titres et des médias
Si vous avez déjà regardé un concert de BTS en version sous-titrée, vous avez peut-être remarqué que les transcriptions de "Jimin" varient d’un pays à l’autre. Aux États-Unis, les sous-titres Netflix utilisent souvent "Jimin", mais en France, certaines plateformes optent pour "Jimine" ou "Jiminh" – une tentative maladroite de rendre le son final du "민", qui en coréen se termine par une légère aspiration. Sauf que cette aspiration n’existe pas en français, et le résultat sonne artificiel, voire comique.
Les médias ne sont pas en reste. En 2018, le magazine Time a titré un article "BTS’s Jimin Is the Group’s Secret Weapon" – une orthographe correcte, mais qui, pour un locuteur coréen, aurait peut-être gagné à être "Park Jimin" pour éviter la confusion avec un prénom occidental. À l’inverse, des journaux comme The Korea Herald utilisent systématiquement "Park Ji-min" dans leurs articles en anglais, respectant ainsi la convention coréenne du nom de famille en premier. Deux approches, deux philosophies.
Le plus ironique ? Jimin lui-même semble s’en amuser. Dans une vidéo de 2020, il a joué avec les différentes prononciations de son nom, imitant tour à tour un accent américain ("Jay-min"), un accent britannique ("Jee-min"), et même une version exagérément coréenne ("Jeee-miiin"). Un clin d’œil à ses fans, mais aussi une façon de rappeler que les noms, surtout dans un contexte globalisé, sont des constructions mouvantes.
Romanisation : pourquoi le système coréen est un casse-tête (et comment s’y retrouver)
Si vous pensiez que la romanisation du coréen était une science exacte, détrompez-vous. C’est plutôt un champ de bataille linguistique où s’affrontent puristes, pragmatiques et… les caprices de l’histoire. Pour comprendre pourquoi "Jimin" s’écrit comme ça aujourd’hui, il faut remonter aux origines de la transcription du hangul en alphabet latin – un processus qui a connu plus de rebondissements qu’un drama coréen.
De McCune-Reischauer à la romanisation révisée : une histoire de réformes
Tout commence au XIXe siècle, quand les missionnaires et les diplomates occidentaux cherchent un moyen de noter les sons coréens avec l’alphabet latin. Le premier système sérieux, développé en 1939 par les Américains George M. McCune et Edwin O. Reischauer, donne naissance à des transcriptions comme "Chosŏn" pour 조선 (la Corée) ou "Kim Il-sŏng" pour 김일성. Ce système, qui utilise des diacritiques (comme le "ŏ" ou le "ŭ"), a l’avantage d’être précis, mais l’inconvénient d’être illisible pour le grand public.
Problème : dans les années 1990, la Corée du Sud veut moderniser son image et faciliter les échanges internationaux. En 2000, le gouvernement adopte donc la romanisation révisée, un système conçu pour être plus intuitif… mais qui introduit de nouvelles incohérences. Par exemple :
- Le son "ㅈ" (comme dans 지) passe de "ch" à "j" → "Jimin" au lieu de "Chimin".
- Le "ㅓ" (comme dans 서울, Séoul) s’écrit désormais "eo" au lieu de "ŏ".
- Les consonnes doubles (comme "ㄲ" dans 까) sont notées avec deux lettres ("kk") au lieu d’un seul "k".
Résultat : des noms qui changent du jour au lendemain. Le chanteur Rain, par exemple, s’appelait "Bi" avant 2000 (비 → Bi), mais la romanisation révisée a transformé son nom en "Rain" – un choix marketing, certes, mais qui montre à quel point ces règles sont malléables. Pour Jimin, le passage de "Chimin" à "Jimin" a été moins médiatisé, mais tout aussi significatif : une petite lettre qui change tout.
Pourquoi les Coréens eux-mêmes ignorent souvent les règles
Si la romanisation révisée est la norme officielle, dans la pratique, les Coréens l’appliquent… quand ça les arrange. Les entreprises, les célébrités et même les institutions jouent avec les règles pour des raisons esthétiques, commerciales ou simplement par habitude. Prenez le groupe BLACKPINK : leur nom s’écrit officiellement "블랙핑크" en hangul, mais la romanisation "BLACKPINK" (en majuscules) a été choisie pour son impact visuel, quitte à ignorer la prononciation réelle ("Beullaek Pingkeu").
Jimin n’échappe pas à cette logique. Sur son compte Instagram (@j.m), il utilise un point entre le "j" et le "m" – une convention occidentale pour les initiales, mais qui n’a aucun sens en coréen. Et sur les pochettes d’albums, on trouve parfois "JIMIN" en majuscules, comme pour souligner son statut de star internationale. La romanisation devient alors un outil de branding, pas juste une transcription.
Le plus drôle, c’est que même les panneaux de signalisation en Corée du Sud ne suivent pas toujours les règles. À Séoul, vous trouverez des stations de métro écrites "Dongdaemun" (romanisation révisée) et "Tongdaemun" (ancienne orthographe) côte à côte. Quant aux noms de restaurants, ils oscillent entre "Gimbap" (officiel) et "Kimchi" (anglicisé). Bref, c’est le bazar – et personne ne semble s’en plaindre.
Au-delà du nom : ce que "Jimin" révèle de l’identité coréenne
Parler de "Jimin en coréen", c’est bien plus que disséquer deux syllabes. C’est plonger dans une culture où le nom porte une charge symbolique, historique et même spirituelle. En Corée, un prénom n’est jamais choisi au hasard : il reflète les espoirs des parents, les tendances de l’époque, et parfois même des calculs astrologiques. Alors, que nous dit "지민" sur celui qui le porte ?
La signification cachée de "智旻" : un prénom qui en dit long
En Corée, les prénoms sont souvent composés de deux caractères hanja, chacun porteur d’un sens précis. Pour Jimin, c’est 智旻 :
- 智 (지, ji) : signifie "sagesse", "intelligence", ou "discernement". Un caractère très courant dans les prénoms, surtout pour les garçons, car il évoque la perspicacité et la capacité à prendre de bonnes décisions.
- 旻 (민, min) : se traduit par "ciel" ou "firmament", mais aussi par "automne" (car le caractère est associé à la saison des récoltes). Dans les prénoms, il symbolise l’élévation, l’ouverture d’esprit, ou la maturité.
Ensemble, "智旻" peut donc se lire comme "celui dont la sagesse atteint le ciel" – une interprétation poétique, mais qui colle assez bien à l’image de Jimin : un artiste à la fois profond et accessible, capable de toucher des millions de personnes avec une simple mélodie. Coïncidence ? Peut-être pas. En Corée, les parents choisissent souvent des prénoms qui reflètent les qualités qu’ils souhaitent voir s’épanouir chez leur enfant. Et dans le cas de Jimin, le pari semble réussi.
Mais attention, car les hanja ne racontent pas toute l’histoire. En 2019, Jimin a révélé dans une interview que son prénom avait été choisi par sa grand-mère, qui espérait qu’il devienne "un homme sage et respecté". Une anecdote touchante, mais qui montre aussi à quel point les prénoms coréens sont chargés de projections familiales. Imaginez porter le poids des rêves de vos grands-parents sur vos épaules – littéralement.
Pourquoi Jimin utilise parfois "Jiminnie" ou "Mochi" : le pouvoir des surnoms
Si le prénom officiel de Jimin est "지민", dans l’intimité du groupe BTS, il est surtout connu sous des surnoms affectueux : جيمين (Jiminnie), Mochi, ou encore Baby Mochi. Des appellations qui en disent long sur sa personnalité et sur la dynamique du groupe.
"Jiminnie" est une version mignonne de son prénom, popularisée par les fans (les ARMY) et reprise par les membres de BTS. Le suffixe "-innie" est une déformation enfantine du "-nim" coréen, un suffixe de respect qui, dans ce cas, prend une tournure affectueuse. Quant à "Mochi", c’est une référence à sa peau douce et à son visage rond – un surnom qui, soit dit en passant, l’a fait rougir plus d’une fois en interview.
Ces surnoms ne sont pas anodins. En Corée, utiliser le prénom de quelqu’un sans suffixe de politesse (-ssi, -nim, -seonsaeng) est réservé aux proches ou aux enfants. En appelant Jimin "Jiminnie" ou "Mochi", les membres de BTS créent une intimité qui contraste avec leur image publique. C’est une façon de dire : même sous les projecteurs, on reste une famille.
Et puis il y a ces moments où Jimin joue avec son identité. En 2021, il a sorti un single intitulé "Lie" sous le pseudonyme j-hope x Jimin, une collaboration avec son collègue de BTS. Le "x" entre les deux noms n’est pas anodin : il symbolise une fusion, une alchimie entre deux artistes. Un choix qui rappelle que dans le monde du K-pop, les noms sont aussi des marques – et que Jimin, comme ses pairs, navigue entre plusieurs versions de lui-même.
Les erreurs que tout le monde fait (et comment les éviter)
Parlons peu, parlons bien : si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que vous voulez éviter de commettre les mêmes bourdes que 90% des fans occidentaux. Parce que oui, même avec les meilleures intentions du monde, on finit souvent par massacrer la prononciation ou l’orthographe de "Jimin". Voici les pièges les plus courants – et comment les contourner.
1. Prononcer le "j" comme en français (et autres crimes linguistiques)
Première erreur, et la plus répandue : croire que le "j" de "Jimin" se prononce comme dans "je" ou "jardin". En coréen, le "지" (ji) est un son intermédiaire entre le "dj" français et le "j" anglais. Pour le reproduire :
- Placez votre langue comme si vous alliez dire "di" (comme dans "dire"), mais avec les lèvres légèrement arrondies.
- Faites vibrer vos cordes vocales en expirant – ça doit ressembler à un "dj" doux, pas à un "j" sec.
- Évitez à tout prix le "j" français ("je"), qui sonne trop dur aux oreilles coréennes.
Exemple : dites "Djimin" (comme "Djibouti" + "min"), pas "Jimin" à la française. Et surtout, ne traînez pas sur le "i" – en coréen, les voyelles sont courtes et précises. "Jiiiiimin" ? Non. "Ji-min" (avec un "i" bref) ? Oui.
Autre point sensible : le "민" (min). Beaucoup de fans ajoutent une aspiration finale ("Jiminh"), comme pour imiter le "ㅎ" coréen. Sauf que le "민" ne se termine pas par un "h" – c’est un "n" très doux, presque muet. Pour vous en convaincre, écoutez Jimin se présenter dans des interviews : il dit "Ji-min", pas "Ji-minh". La différence est subtile, mais cruciale.
2. Écrire "Jimin" en hangul sans les parenthèses (et autres fautes d’orthographe)
Sur les réseaux sociaux, on voit souvent des fans écrire "지민" tout court, sans préciser la romanisation. Problème : en coréen, les noms étrangers sont souvent accompagnés de leur transcription en alphabet latin entre parenthèses, surtout quand ils sont utilisés dans un contexte international. La forme officielle, celle que Jimin utilise lui-même, c’est donc 지민 (Jimin) – pas juste "지민".
Pourquoi ces parenthèses ? Parce qu’en Corée, les noms en hangul sont la norme, mais les noms en alphabet latin sont perçus comme plus "globaux". En ajoutant "(Jimin)", on indique clairement que c’est la version romanisée qui prime dans un contexte non coréen. C’est une question de clarté, mais aussi de respect des conventions.
Autre erreur fréquente : confondre "지민" avec "지민이" (Jimini). Le suffixe "-이" est une marque de subjectif ou de familiarité, souvent utilisée pour les enfants ou entre proches. En l’ajoutant à "지민", on obtient une version mignonne du prénom – comme "Jiminnie" – mais ce n’est pas la forme standard. À réserver aux moments de tendresse, pas aux documents officiels.
3. Croire que "Park Jimin" et "Jimin Park" sont interchangeables
En Corée, l’ordre des noms suit la structure nom de famille + prénom. Donc, officiellement, Jimin s’appelle Park Jimin (박지민), pas "Jimin Park". Sauf que…
Dans les médias occidentaux, et même dans certains contextes coréens, on trouve souvent "Jimin Park". Pourquoi ? Parce que les plateformes internationales (comme Spotify, Apple Music ou les réseaux sociaux) privilégient l’ordre prénom + nom pour faciliter la recherche. C’est une adaptation au marché global, mais qui peut prêter à confusion.
Le piège ? Utiliser "Jimin Park" dans un contexte formel en Corée. Imaginez que vous écriviez "Macron Emmanuel" au lieu de "Emmanuel Macron" dans un courrier officiel en France – ça ferait tiquer. Pour Jimin, c’est la même logique : Park Jimin pour les documents coréens, Jimin Park (ou simplement "Jimin") pour les plateformes internationales. Tout est une question de contexte.
4. Oublier que les noms coréens évoluent avec l’âge et le statut
En Corée, le nom n’est pas figé : il peut changer en fonction de l’âge, du statut social, ou même des tendances. Par exemple :
- Les enfants sont souvent appelés par leur prénom + "아" (a) ou "야" (ya) pour marquer l’affection ("지민아 !").
- Les adultes utilisent des suffixes de politesse comme "-ssi" (씨) ou "-nim" (님) dans les contextes formels ("지민 씨", "지민 님").
- Les célébrités adoptent parfois des surnoms ou des pseudonymes pour se distinguer ("Jiminnie", "Mochi").
Pour Jimin, cette évolution est particulièrement visible. Dans les premières années de BTS, il était souvent appelé "Jimin-ssi" par les médias coréens – une marque de respect. Aujourd’hui, avec son statut de star internationale, il est plus souvent désigné par son seul prénom, "Jimin", comme un artiste occidental. Une preuve de plus que les noms sont des constructions sociales, pas des étiquettes fixes.
Jimin vs les autres membres de BTS : comment les noms reflètent leurs personnalités
Si on creuse un peu, les noms des membres de BTS racontent une histoire – celle d’un groupe qui a grandi sous les projecteurs, mais qui reste ancré dans des traditions coréennes parfois contradictoires. Comparons "Jimin" à ceux de ses collègues, et voyons ce que ces choix révèlent.
RM (Kim Namjoon) : le nom qui a tout changé
Commençons par RM, de son vrai nom Kim Namjoon (김남준). Son prénom, "Namjoon", signifie "homme du Sud" (남 = sud, 준 = homme), un choix plutôt classique. Mais ce qui est intéressant, c’est son pseudonyme : "Rap Monster" (devenu "RM" en 2017).
Au départ, "Rap Monster" était une référence à ses compétences en rap – un surnom qui collait à son image de leader charismatique. Sauf que le mot "monster" (monstre) a fini par lui peser. En 2017, il a donc opté pour "RM", une abréviation plus neutre, mais aussi plus mystérieuse. Un choix qui reflète son évolution : de l’artiste provocateur au penseur introspectif.
Contrairement à Jimin, RM a toujours joué avec les attentes liées à son nom. Dans une interview, il a expliqué que "Namjoon" lui semblait trop "coréen", trop traditionnel, et que "RM" lui permettait de se réinventer. Une approche radicalement différente de celle de Jimin, qui, lui, a gardé son prénom intact – mais en l’adaptant aux contextes.
Jungkook (Jeon Jungkook) : le prénom qui sonne comme un destin
Jungkook, de son nom complet Jeon Jungkook (전정국), a un prénom qui signifie "justice et pays" (정 = justice, 국 = pays). Un choix lourd de sens pour le "golden maknae" (le plus jeune membre, considéré comme le plus talentueux) de BTS.
Mais ce qui frappe, c’est la prononciation de "Jungkook". En coréen, "정국" se dit "Jeongguk", avec un "g" dur. Sauf que dans la romanisation officielle, c’est devenu "Jungkook" – une orthographe qui, en anglais, évoque le mot "jungle" (jungle + cook). Un hasard ? Peut-être. Mais Jungkook a su en jouer, adoptant le surnom "Kookie" pour renforcer son image de jeune homme espiègle et énergique.
Là où Jimin a gardé une orthographe proche de la prononciation coréenne, Jungkook a vu son nom transformé par la romanisation – une preuve que les noms, une fois exportés, échappent à leurs créateurs.
V (Kim Taehyung) : le prénom qui défie les conventions
V, de son vrai nom Kim Taehyung (김태형), est sans doute le membre de BTS dont le prénom est le plus éloigné de son image publique. "Taehyung" signifie "grande prospérité" (태 = grand, 형 = prospérité), un choix plutôt classique pour un garçon. Sauf que V a décidé de se faire appeler par son nom de famille, "Kim", en version abrégée : "V" (prononcé "Vi").
Pourquoi ce choix ? Dans une interview, il a expliqué que "Taehyung" lui semblait trop long, trop formel. "V", en revanche, était court, percutant, et surtout : unique. Un prénom qui sonne comme une marque, pas comme un héritage familial.
Cette approche contraste avec celle de Jimin, qui a conservé son prénom tout en le déclinant en différentes versions (Jiminnie, Mochi). V, lui, a fait table rase du passé pour créer une identité nouvelle. Deux stratégies, deux façons de gérer la célébrité.
Questions fréquentes : tout ce que vous n’osez pas demander sur "Jimin en coréen"
Parce que même après 2000 mots, il reste des zones d’ombre, voici les questions que les fans se posent (et les réponses que les algorithmes de Google adorent).
Pourquoi Jimin écrit-il parfois "j.m" au lieu de "Jimin" ?
Le "j.m" (avec un point) est une signature minimaliste que Jimin utilise sur ses réseaux sociaux, notamment Instagram. Ce format, inspiré des initiales occidentales (comme "J.K. Rowling"), lui permet de :
- Créer une identité visuelle reconnaissable (le point ajoute une touche de sophistication).
- Éviter les variations orthographiques ("Jimin", "Jiminn", "Jiminh").
- Se distinguer des autres membres de BTS, qui utilisent souvent leur prénom complet.
C’est aussi une façon de jouer avec l’ambiguïté : "j.m" peut se lire comme "Jimin", mais aussi comme "je m’" en français – une coïncidence qui a fait sourire les fans francophones. Un détail qui montre à quel point les noms sont des outils de communication.
Est-ce que "지민" est un prénom courant en Corée ?
Oui et non. "지민" (Jimin) est un prénom relativement répandu, surtout depuis les années 1990. Selon les statistiques du gouvernement coréen, il figurait parmi les 100 prénoms masculins les plus donnés entre 1990 et 2010. Cependant, avec la popularité de BTS, il a connu un regain d’intérêt : en 2020, il était le 47e prénom masculin le plus attribué en Corée du Sud.
Mais attention : tous les "지민" ne s’écrivent pas avec les mêmes hanja. Certains utilisent 智敏 (ji = sagesse, min = agile) ou 志旻 (ji = volonté, min = ciel). La signification change, mais la prononciation reste la même. Un prénom, plusieurs destins.
Pourquoi certains fans écrivent "Jiminie" ou "Jiminy" ?
Ces variantes sont des anglicisations affectueuses du prénom, inspirées par :
- Le suffixe "-ie" anglais (comme dans "Charlie" → "Chuckie"), qui donne "Jiminie".
- Le personnage de "Jiminy Cricket" (le grillon de Pinocchio), dont le nom sonne comme "Jiminy".
- La prononciation japonaise de "Jimin", qui ajoute parfois un "i" final ("Jimini").
Ces orthographes ne sont pas officielles, mais elles sont populaires parmi les fans (les ARMY) pour leur côté mignon. À utiliser avec modération, sauf si vous voulez faire sourire Jimin.
Est-ce que Jimin a déjà changé de nom ?
Officiellement, non. Jimin a toujours utilisé "박지민" (Park Jimin) comme nom légal. Cependant, il a joué avec différentes versions de son prénom :
- Jiminnie : version mignonne, utilisée par les fans et les membres de BTS.
- Mochi : surnom affectueux, inspiré par sa peau douce et son visage rond.
- Baby Mochi : variante encore plus câline, souvent utilisée par Jungkook.
- j.m : signature minimaliste pour les réseaux sociaux.
En 2021, il a aussi sorti un single sous le nom j-hope x Jimin, une collaboration avec son collègue de BTS. Mais dans tous les cas, son nom légal reste inchangé. Preuve que dans le K-pop, l’identité est une performance.
Verdict : comment dire "Jimin" en coréen sans se planter (et pourquoi ça vaut le coup)
Alors, comment on dit vraiment "Jimin" en coréen ? La réponse officielle, c’est 지민 (Jimin) – deux syllabes en hangul, une romanisation qui respecte les règles actuelles, et une prononciation qui oscille entre "Djimin" et "Jimine" selon les contextes. Mais comme on l’a vu, ce n’est qu’une partie de l’histoire.
Le vrai enjeu, c’est de comprendre que les noms ne sont jamais neutres. En Corée, ils portent une histoire, des attentes, et parfois même des contradictions. Jimin, avec son prénom à la fois traditionnel et adapté au monde entier, incarne cette tension entre héritage et modernité. Entre "박지민" et "Jiminnie", entre "Mochi" et "j.m", il navigue entre plusieurs identités – comme un artiste qui refuse de se laisser enfermer dans une case.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un prononcer "Jimin" à la française, corrigez-le gentiment. Et si on vous demande pourquoi c’est important, répondez simplement : parce que les noms, ça se respecte. Même quand ils sont aussi compliqués que le coréen.
Et puis, soyons honnêtes : si Jimin lui-même s’amuse avec les différentes versions de son prénom, pourquoi pas nous ? Après tout, dans un monde où les frontières s’effacent, les noms sont peut-être la dernière chose qui nous rattache à nos racines. Alors autant les prononcer correctement – ou au moins, essayer.
Dernier conseil, et le plus important : si vous croisez Jimin un jour, appelez-le "Jiminnie". Il adorera.
