Car le vrai scandale, c'est que ces consommations invisibles sont souvent sous-estimées – voire ignorées. Les fabricants, eux, se gardent bien de crier sur les toits que leur dernier téléviseur OLED avale 20 watts en veille, soit l'équivalent d'une ampoule LED allumée en permanence. Et les pouvoirs publics ? Ils communiquent sur les économies d'énergie, mais rarement sur ces détails qui font toute la différence. Résultat : des millions de foyers paient chaque année des dizaines d'euros pour des appareils qui ne servent à rien. Sauf que cette fois, on va creuser le sujet jusqu'à l'os.
La veille, ce gaspillage invisible qui coûte plus cher qu'on ne le pense
Commençons par tordre le cou à une idée reçue : non, la veille ne se résume pas à un petit voyant rouge qui clignote gentiment. Derrière cette apparente inactivité se cache tout un système électronique qui maintient l'appareil en état de marche partiel. Les circuits imprimés restent sous tension, les mémoires conservent vos préférences, et certains composants – comme les récepteurs infrarouges ou les modules Wi-Fi – restent en alerte permanente. Le tout, bien sûr, en consommant de l'électricité.
Mais là où ça devient vraiment pervers, c'est quand on réalise que certains appareils modernes consomment plus en veille qu'en fonctionnement actif. Prenez un décodeur TV dernière génération : il peut engloutir 15 watts en veille contre 12 watts quand vous regardez tranquillement votre série. Pourquoi ? Parce que les fabricants ont intégré des fonctions "intelligentes" – mises à jour automatiques, télécommande universelle, reconnaissance vocale – qui tournent en arrière-plan. Et ces fonctionnalités, vous ne les avez même pas demandées.
Le piège des appareils "connectés"
Ah, la domotique... Cette promesse d'une maison plus intelligente qui, ironiquement, rend vos appareils plus bêtes en termes d'efficacité énergétique. Un thermostat connecté ? Comptez 5 à 8 watts en permanence pour maintenir sa connexion au cloud. Une enceinte intelligente ? Entre 3 et 5 watts, même quand vous ne lui parlez pas. Et ces chiffres, multipliés par le nombre d'appareils "smart" dans un foyer moyen, commencent à peser lourd sur la facture.
Le pire dans tout ça ? Ces appareils sont conçus pour rester branchés en permanence. Débranchez votre enceinte connectée, et vous perdrez ses mises à jour automatiques. Coupez l'alimentation de votre box internet, et vous devrez attendre plusieurs minutes qu'elle redémarre. Les fabricants misent sur cette dépendance pour vous décourager d'agir. Et ça marche : selon l'ADEME, seulement 30% des Français éteignent systématiquement leurs appareils en veille.
Les chiffres qui font mal
Pour bien saisir l'ampleur du problème, voici quelques données qui donnent à réfléchir :
Une box internet en veille consomme en moyenne 10 à 15 watts, soit environ 100 kWh par an – l'équivalent de 15 à 20 euros sur votre facture. Multipliez ça par les millions de foyers équipés, et vous obtenez une consommation annuelle équivalente à celle d'une centrale électrique de taille moyenne. Et ce n'est qu'un exemple.
Autre cas édifiant : les téléviseurs. Un modèle récent en veille peut consommer entre 0,5 et 1 watt... sauf s'il est équipé d'une fonction "quick start" (démarrage rapide). Dans ce cas, comptez plutôt 10 à 20 watts. Soit, sur une année, la consommation d'un petit réfrigérateur. Le comble ? Cette fonction est souvent activée par défaut, et la plupart des utilisateurs ne savent même pas qu'elle existe.
Top 10 des appareils les plus gourmands en veille (et combien ils vous coûtent)
Passons maintenant aux choses sérieuses : quels sont les appareils qui se goinfrent d'électricité quand vous ne les regardez pas ? Voici le classement des pires élèves, avec leur consommation annuelle estimée et le coût correspondant. Attention, les chiffres peuvent donner le vertige.
1. La box internet : le champion toutes catégories
Avec une consommation moyenne de 12 watts en veille, une box internet tourne à plein régime 24h/24, 7j/7. Sur une année, cela représente environ 105 kWh, soit une facture d'environ 18 euros. Mais ce n'est pas tout : certaines box récentes, équipées de fonctions Wi-Fi 6 ou de routeurs mesh, peuvent monter jusqu'à 20 watts. Dans ce cas, la note annuelle grimpe à 30 euros par appareil.
Et comme la plupart des foyers en possèdent au moins une (voire deux pour ceux qui ont un abonnement fibre + ADSL), l'addition devient salée. Le plus rageant ? Ces appareils sont rarement éteints, car les fournisseurs d'accès recommandent de les laisser allumés en permanence pour les mises à jour. Sauf que ces mises à jour pourraient tout aussi bien se faire la nuit, quand personne ne l'utilise.
2. Le décodeur TV : le faux ami du salon
Derrière son apparence inoffensive, le décodeur TV est un véritable gouffre énergétique. En veille, il consomme entre 10 et 25 watts, selon les modèles et les fonctionnalités activées. Les versions haut de gamme, avec enregistreur intégré et accès aux plateformes de streaming, sont les pires : certaines atteignent 30 watts en veille, soit presque autant qu'en fonctionnement.
Sur une année, cela représente entre 87 et 260 kWh, soit un coût de 15 à 45 euros. Et encore, ces chiffres ne tiennent pas compte des décodeurs multi-pièces, de plus en plus répandus dans les foyers. Multipliez par deux ou trois, et vous obtenez une consommation annuelle équivalente à celle d'un lave-linge utilisé deux fois par semaine.
3. La télévision : quand le "quick start" devient un quick gaspillage
Les téléviseurs modernes ont fait des progrès en termes d'efficacité énergétique... sauf en veille. Un modèle récent consomme généralement entre 0,5 et 1 watt dans ce mode. Sauf que, là encore, les fabricants ont trouvé le moyen de tout gâcher avec la fonction "démarrage rapide". Activez cette option (souvent par défaut), et votre TV passera à 10, 15, voire 20 watts en veille.
Pourquoi une telle différence ? Parce que cette fonction maintient une partie des circuits sous tension pour permettre un allumage quasi instantané. Résultat : une consommation annuelle qui peut atteindre 175 kWh pour les modèles les plus gourmands, soit environ 30 euros par an. Et comme les téléviseurs sont de plus en plus grands (et donc énergivores), la tendance n'est pas près de s'inverser.
4. L'ordinateur fixe : le monstre qui ne dort jamais vraiment
Un ordinateur de bureau éteint mais toujours branché peut consommer entre 2 et 5 watts en veille. Pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous. Sauf que beaucoup d'utilisateurs ne l'éteignent jamais vraiment : ils le mettent en veille prolongée ou en mode veille simple, ce qui maintient une partie des composants sous tension. Dans ce cas, la consommation peut monter jusqu'à 20 watts.
Sur une année, cela représente entre 17 et 175 kWh, soit un coût de 3 à 30 euros. Mais le vrai problème, ce sont les périphériques : écrans, imprimantes, enceintes... Tous ces appareils restent souvent branchés et consomment eux aussi en veille. Un écran LCD, par exemple, peut engloutir 1 à 3 watts même quand il est éteint. Multipliez par le nombre de périphériques, et l'addition devient vite salée.
5. Le chargeur de smartphone : le petit voleur silencieux
On n'y pense jamais, et pourtant : un chargeur de smartphone laissé dans la prise consomme en moyenne 0,25 watt en permanence. Multipliez ça par les deux ou trois chargeurs que la plupart des foyers ont en permanence branchés, et vous obtenez une consommation annuelle de 4 à 6 kWh. Soit environ 1 euro par an et par chargeur.
Un euro, ce n'est pas grand-chose. Sauf que, là encore, le problème est cumulatif : si chaque foyer français laisse traîner deux chargeurs en permanence, cela représente une consommation nationale de 250 GWh par an – l'équivalent de la production annuelle d'une petite centrale électrique. Et comme ces chargeurs sont souvent oubliés dans des prises difficiles d'accès (derrière un meuble, sous un bureau), ils restent branchés pendant des années.
6. La console de jeu : le gouffre énergétique du salon
Les consoles de jeu sont devenues de véritables centres multimédias, et leur consommation en veille reflète cette évolution. Une PlayStation 5 ou une Xbox Series X en veille consomme entre 1 et 3 watts en mode "éco", mais peut monter jusqu'à 10 watts si vous avez activé les mises à jour automatiques ou le téléchargement de contenu en arrière-plan.
Sur une année, cela représente entre 9 et 87 kWh, soit un coût de 1,5 à 15 euros. Mais le vrai problème, ce sont les accessoires : manettes, casques VR, disques durs externes... Tous ces périphériques restent souvent branchés et consomment eux aussi en veille. Une manette sans fil, par exemple, peut engloutir 0,5 watt en permanence. Multipliez par quatre manettes, et vous obtenez une consommation annuelle supplémentaire de 17 kWh.
7. Le four à micro-ondes : le piège du minuteur numérique
Qui aurait cru que ce petit appareil de cuisine pouvait être un tel gouffre énergétique ? Et pourtant : un four à micro-ondes avec horloge numérique consomme en moyenne 3 watts en veille, 24h/24. Sur une année, cela représente 26 kWh, soit environ 4,5 euros.
Le problème, c'est que cette consommation est totalement inutile : l'horloge du micro-ondes ne sert à rien, et personne ne l'utilise comme réveil. Pourtant, les fabricants continuent d'intégrer cette fonction, et les utilisateurs ne pensent jamais à débrancher l'appareil. Résultat : des millions de micro-ondes qui tournent en permanence pour rien.
8. L'imprimante : le gaspillage encre et électricité
Les imprimantes sont parmi les appareils les plus gourmands en veille. Une imprimante jet d'encre classique consomme entre 3 et 5 watts en mode veille, tandis qu'un modèle laser peut monter jusqu'à 10 watts. Sur une année, cela représente entre 26 et 87 kWh, soit un coût de 4,5 à 15 euros.
Mais le vrai scandale, ce sont les imprimantes "intelligentes" qui restent connectées en permanence pour recevoir des commandes d'impression à distance. Ces modèles peuvent consommer jusqu'à 20 watts en veille, soit presque autant qu'en fonctionnement. Et comme la plupart des foyers n'impriment que quelques pages par mois, l'imprimante passe l'essentiel de son temps à consommer de l'électricité pour rien.
9. Le lave-linge et le lave-vaisselle : les faux amis de la buanderie
On n'y pense pas souvent, mais les appareils électroménagers consomment aussi en veille. Un lave-linge ou un lave-vaisselle récent peut engloutir entre 1 et 3 watts en permanence, juste pour maintenir son écran digital ou son module de connexion Wi-Fi. Sur une année, cela représente entre 9 et 26 kWh, soit un coût de 1,5 à 4,5 euros.
Le problème, c'est que ces appareils sont rarement débranchés : ils restent sous tension en permanence, prêts à être utilisés. Et comme ils sont souvent installés dans des pièces peu accessibles (buanderie, cellier), personne ne pense à les éteindre. Résultat : des millions de machines qui consomment de l'électricité pour rien, jour après jour.
10. Les enceintes connectées : le prix de la musique à la demande
Derniers arrivés dans ce classement, mais pas des moindres : les enceintes connectées. Une enceinte comme l'Amazon Echo ou le Google Home consomme entre 2 et 4 watts en veille, juste pour rester à l'écoute de vos commandes vocales. Sur une année, cela représente entre 17 et 35 kWh, soit un coût de 3 à 6 euros.
Mais là encore, le vrai problème est cumulatif : un foyer équipé de trois ou quatre enceintes connectées (une dans le salon, une dans la cuisine, une dans la chambre...) peut voir sa consommation annuelle grimper à plus de 100 kWh. Et comme ces appareils sont conçus pour rester branchés en permanence, personne ne pense à les éteindre. Résultat : une consommation invisible qui s'ajoute à la facture, sans que personne ne s'en rende compte.
Pourquoi les fabricants ne font rien (et comment les forcer à changer)
Face à ce gaspillage organisé, une question s'impose : pourquoi les fabricants ne réduisent-ils pas la consommation en veille de leurs appareils ? La réponse est simple : parce que ça ne les arrange pas. Pour plusieurs raisons.
D'abord, il y a la question du coût. Réduire la consommation en veille d'un appareil nécessite des composants plus performants, des circuits plus économes, et donc un surcoût de production. Or, dans un marché ultra-concurrentiel, chaque centime compte. Les fabricants préfèrent donc rogner sur la qualité des composants plutôt que d'augmenter leurs prix.
Ensuite, il y a la question des fonctionnalités. Les appareils modernes sont de plus en plus "intelligents", et cette intelligence a un prix : des mises à jour automatiques, des connexions permanentes, des fonctions de réveil instantané... Toutes ces options nécessitent une consommation électrique en arrière-plan. Et comme les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de ces fonctionnalités, les fabricants n'ont aucun intérêt à les supprimer.
Enfin, il y a la question de la réglementation. Les normes actuelles en matière de consommation en veille sont largement insuffisantes. En Europe, par exemple, la directive ErP impose une consommation maximale de 0,5 watt en veille pour la plupart des appareils. Sauf que cette limite ne s'applique pas aux appareils connectés, qui peuvent consommer jusqu'à 8 watts en veille sans enfreindre la loi. Et comme les fabricants savent très bien jouer avec ces failles, ils n'ont aucune raison de changer leurs habitudes.
Comment les forcer à agir ?
Heureusement, il existe des moyens de faire pression sur les fabricants. Le premier, c'est de voter avec son portefeuille : en privilégiant les appareils les moins gourmands en veille, on envoie un signal fort au marché. Les tests comparatifs, comme ceux réalisés par l'ADEME ou Que Choisir, sont une mine d'informations pour faire les bons choix.
Le deuxième levier, c'est la réglementation. En exigeant des normes plus strictes, les pouvoirs publics peuvent forcer les fabricants à réduire la consommation en veille de leurs appareils. Certains pays, comme la Californie, ont déjà pris des mesures en ce sens. En Europe, la directive ErP est en cours de révision, et pourrait imposer des limites plus strictes dans les années à venir.
Enfin, il y a la sensibilisation. En parlant de ce problème autour de soi, en partageant des articles comme celui-ci, on peut contribuer à faire évoluer les mentalités. Car le vrai changement viendra quand les consommateurs exigeront des appareils plus sobres, et quand les fabricants comprendront que l'efficacité énergétique est un argument de vente.
Les solutions concrètes pour réduire la consommation en veille (sans tout débrancher)
Bon, assez parlé des problèmes. Passons aux solutions. Car oui, il existe des moyens de réduire drastiquement la consommation en veille de vos appareils, sans pour autant passer votre vie à brancher et débrancher des prises. Voici les méthodes les plus efficaces, classées par ordre de simplicité.
1. Les multiprises à interrupteur : la solution la plus simple (et la plus efficace)
C'est la méthode la plus basique, mais aussi la plus efficace : brancher vos appareils sur des multiprises à interrupteur, et éteindre le tout d'un seul geste quand vous ne les utilisez pas. Une multiprise classique coûte entre 5 et 15 euros, et peut vous faire économiser jusqu'à 100 euros par an si vous l'utilisez correctement.
L'astuce, c'est de regrouper les appareils par usage. Par exemple :
- Une multiprise pour la télévision, le décodeur, la console de jeu et le home cinéma
- Une autre pour l'ordinateur, l'écran, l'imprimante et les enceintes
- Une troisième pour la box internet et le routeur Wi-Fi
Comme ça, vous pouvez éteindre tout un groupe d'appareils d'un seul geste, sans avoir à débrancher chaque prise une par une. Et si vous avez peur d'oublier, optez pour une multiprise avec télécommande : vous pourrez éteindre vos appareils depuis votre canapé, sans avoir à vous lever.
2. Les prises intelligentes : l'option high-tech (mais pas toujours utile)
Les prises intelligentes, comme celles de TP-Link ou Netatmo, permettent d'éteindre vos appareils à distance via une application mobile. Certaines modèles vont même plus loin, en programmant des plages horaires d'extinction automatique, ou en coupant l'alimentation quand l'appareil passe en veille.
Le problème, c'est que ces prises ont elles-mêmes une consommation en veille (entre 0,5 et 2 watts). Du coup, si vous ne les utilisez que pour éteindre un appareil qui consomme 3 watts en veille, l'économie sera minime. En revanche, si vous les utilisez pour couper l'alimentation d'un groupe d'appareils gourmands (comme une box internet + un décodeur TV), le jeu en vaut la chandelle.
Autre inconvénient : ces prises nécessitent une connexion Wi-Fi permanente, ce qui peut poser des problèmes de sécurité. Et comme elles sont souvent chères (entre 20 et 50 euros pièce), il faut bien réfléchir avant d'investir.
3. Les appareils avec interrupteur physique : le retour du bon sens
Certains appareils, comme les écrans d'ordinateur ou les imprimantes, sont équipés d'un interrupteur physique. Contrairement à la touche "marche/arrêt" de votre télévision, cet interrupteur coupe complètement l'alimentation, sans laisser l'appareil en veille. Résultat : une consommation nulle quand l'appareil est éteint.
Le problème, c'est que ces interrupteurs sont de plus en plus rares. Les fabricants préfèrent les remplacer par des boutons tactiles ou des touches sensitives, qui ne coupent pas vraiment l'alimentation. Du coup, si vous voulez un appareil vraiment économe, il faut chercher les modèles avec interrupteur physique. Et bonne chance pour en trouver : même les écrans haut de gamme ont tendance à supprimer cette fonction.
4. Les modes éco : une solution (trop) souvent ignorée
Beaucoup d'appareils modernes sont équipés d'un mode "éco" ou "économique", qui réduit leur consommation en veille. Le problème, c'est que ces modes sont souvent désactivés par défaut, et que les utilisateurs ne pensent pas à les activer. Pourtant, ils peuvent faire une vraie différence.
Par exemple :
- Une box internet en mode éco peut consommer 5 watts au lieu de 15
- Une télévision en mode éco peut descendre à 0,5 watt en veille
- Une console de jeu en mode éco peut réduire sa consommation de moitié
Le problème, c'est que ces modes sont souvent cachés dans les menus, et que leur activation peut désactiver certaines fonctionnalités (comme le démarrage rapide ou les mises à jour automatiques). Du coup, beaucoup d'utilisateurs préfèrent les désactiver, par peur de perdre en confort. Pourtant, dans la plupart des cas, les différences sont minimes, et largement compensées par les économies réalisées.
5. Le bon vieux débranchement : radical, mais efficace
Parfois, la solution la plus simple est la meilleure. Débrancher complètement un appareil quand vous ne l'utilisez pas est le moyen le plus sûr de réduire sa consommation en veille à zéro. Bien sûr, cette méthode a ses limites : elle est fastidieuse, et pas toujours pratique (surtout pour les appareils difficiles d'accès).
Mais pour certains appareils, comme les chargeurs de smartphone ou les enceintes connectées, c'est la solution la plus efficace. Un chargeur laissé dans la prise consomme 0,25 watt en permanence : débranchez-le, et vous économisez 2 kWh par an. Multipliez ça par tous les chargeurs de votre foyer, et vous obtenez une économie non négligeable.
L'astuce, c'est de regrouper les appareils par pièce, et de les débrancher tous en même temps. Par exemple :
- Le soir, avant d'aller vous coucher, débranchez tous les appareils de votre salon (télévision, décodeur, console, home cinéma)
- Le matin, avant de partir au travail, débranchez tous les appareils de votre bureau (ordinateur, écran, imprimante, enceintes)
- Une fois par semaine, débranchez tous les chargeurs de votre chambre (smartphone, tablette, liseuse)
Ça prend deux minutes, et ça peut vous faire économiser des dizaines d'euros par an.
Les idées reçues sur la veille qui vous coûtent cher
Autour de la consommation en veille, les idées reçues sont légion. Certaines vous poussent à gaspiller de l'électricité sans vous en rendre compte. D'autres, au contraire, vous font croire que vous économisez alors que ce n'est pas le cas. Voici les plus tenaces, et pourquoi elles sont fausses.
"Un appareil éteint ne consomme pas d'électricité"
Faux. La plupart des appareils modernes continuent de consommer de l'électricité même quand ils sont éteints, tant qu'ils restent branchés. C'est ce qu'on appelle la consommation en veille passive. Un téléviseur éteint mais branché peut consommer 0,5 watt en permanence. Une box internet éteinte mais branchée peut engloutir 5 watts. Et ces consommations, cumulées sur une année, finissent par peser lourd sur la facture.
La seule façon d'être sûr qu'un appareil ne consomme rien, c'est de le débrancher complètement. Ou, à défaut, de le brancher sur une multiprise à interrupteur, et d'éteindre cette multiprise quand vous ne l'utilisez pas.
"Les appareils récents consomment moins en veille que les anciens"
Vrai... et faux. Les appareils récents sont effectivement plus économes en veille que les anciens modèles. Par exemple, un téléviseur des années 2000 pouvait consommer 5 watts en veille, contre 0,5 watt pour un modèle récent. Sauf que les fabricants ont trouvé le moyen de tout gâcher en ajoutant des fonctionnalités "intelligentes" qui augmentent la consommation en veille.
Prenez une box internet : un modèle des années 2010 consommait 8 watts en veille. Un modèle récent, avec Wi-Fi 6 et routeur mesh, peut monter jusqu'à 20 watts. Résultat : malgré les progrès technologiques, la consommation en veille a augmenté. Et comme les foyers sont de plus en plus équipés en appareils connectés, la facture globale ne cesse de grimper.
"Éteindre et rallumer un appareil use ses composants"
Faux. Cette idée reçue vient des anciens appareils électromécaniques, comme les téléviseurs à tube cathodique ou les ordinateurs des années 1990. À l'époque, les composants étaient effectivement sensibles aux variations de tension, et les allumages répétés pouvaient les user prématurément. Mais aujourd'hui, les appareils électroniques sont conçus pour supporter des milliers de cycles d'allumage/extinction sans problème.
Par exemple, un téléviseur moderne peut supporter plus de 50 000 heures de fonctionnement, soit plus de 10 ans d'utilisation intensive. Éteindre et rallumer votre TV tous les jours ne réduira pas sa durée de vie de manière significative. En revanche, la laisser en veille en permanence augmentera votre facture d'électricité. Alors, autant l'éteindre quand vous ne l'utilisez pas.
"Les appareils en veille consomment moins que ceux qui sont éteints et rallumés"
Faux, dans la plupart des cas. Certains appareils, comme les ordinateurs ou les box internet, consomment effectivement plus d'électricité au démarrage qu'en veille. Mais cette surconsommation est ponctuelle, et largement compensée par les économies réalisées en éteignant l'appareil le reste du temps.
Par exemple, une box internet qui consomme 15 watts en veille et 30 watts au démarrage (pendant 2 minutes) aura une consommation annuelle de 131 kWh si elle reste en veille en permanence. Si vous l'éteignez 12 heures par jour, sa consommation annuelle tombera à 65 kWh, malgré les démarrages répétés. Alors, oui, éteindre et rallumer un appareil peut consommer un peu plus sur le moment, mais sur le long terme, c'est toujours plus économe que de le laisser en veille.
"Les multiprises à interrupteur consomment plus qu'elles ne font économiser"
Faux. Une multiprise à interrupteur consomme entre 0,1 et 0,5 watt en veille, selon les modèles. Sur une année, cela représente entre 0,9 et 4,4 kWh, soit un coût de 0,15 à 0,75 euro. En revanche, si vous utilisez cette multiprise pour éteindre un groupe d'appareils gourmands (comme une box internet + un décodeur TV), vous pouvez économiser jusqu'à 200 kWh par an. Soit un gain net de plus de 30 euros.
Le seul cas où une multiprise à interrupteur peut consommer plus qu'elle ne fait économiser, c'est si vous l'utilisez pour éteindre un seul appareil qui consomme très peu en veille (comme un chargeur de smartphone). Dans ce cas, l'économie sera minime, et la multiprise ne sera pas rentable. Mais pour tous les autres cas, c'est un investissement qui se rentabilise en quelques mois.
Questions fréquentes sur la consommation en veille
Est-ce que débrancher un appareil abîme la prise ou l'appareil ?
Non, débrancher un appareil ne l'abîme pas, à condition de le faire correctement. La plupart des prises modernes sont conçues pour supporter des milliers de cycles de branchement/débranchement sans problème. En revanche, si vous tirez sur le câble pour débrancher l'appareil (au lieu de tirer sur la fiche), vous risquez d'endommager le câble ou la prise.
Pour les appareils électroniques, comme les téléviseurs ou les ordinateurs, débrancher la prise ne pose aucun problème. Ces appareils sont conçus pour supporter les coupures de courant. En revanche, pour les appareils électromécaniques, comme les réfrigérateurs ou les lave-linge, il est préférable d'utiliser l'interrupteur plutôt que de débrancher la prise, pour éviter les surtensions au redémarrage.
Pourquoi ma box internet consomme-t-elle autant en veille ?
Parce que votre box internet n'est jamais vraiment en veille. Même quand vous ne l'utilisez pas, elle continue de fonctionner en arrière-plan pour maintenir sa connexion au réseau, recevoir les mises à jour, et rester à l'écoute des commandes à distance. Et comme les box modernes intègrent de plus en plus de fonctionnalités (Wi-Fi 6, routeur mesh, téléphonie IP), leur consommation en veille ne cesse d'augmenter.
Par exemple, une box fibre classique consomme entre 10 et 15 watts en veille. Une box avec routeur mesh peut monter jusqu'à 20 watts. Et si vous avez une box avec décodeur TV intégré, la consommation peut atteindre 30 watts. Résultat : une consommation annuelle de 260 kWh, soit environ 45 euros sur votre facture.
Est-ce que les appareils en veille consomment plus la nuit ?
Non, la consommation en veille d'un appareil ne varie pas en fonction de l'heure. Un téléviseur consomme 0,5 watt en veille, que ce soit à 15h ou à 3h du matin. En revanche, certains appareils, comme les box internet ou les décodeurs TV, peuvent consommer plus la nuit s'ils effectuent des mises à jour automatiques ou des téléchargements en arrière-plan.
Par exemple, une box internet peut consommer 15 watts en veille normale, mais monter jusqu'à 25 watts pendant une mise à jour. Si cette mise à jour a lieu la nuit, vous ne vous en rendrez pas compte, mais votre compteur électrique, lui, enregistrera la surconsommation. C'est pourquoi il est préférable d'éteindre ces appareils la nuit, ou de les brancher sur une prise programmable qui coupe l'alimentation aux heures où vous ne les utilisez pas.
Comment savoir si un appareil consomme en veille ?
Il existe plusieurs méthodes pour mesurer la consommation en veille d'un appareil. La plus simple, c'est d'utiliser un wattmètre, comme le Kill-A-Watt ou le EcoWatt. Ces appareils se branchent entre la prise murale et l'appareil à tester, et affichent en temps réel sa consommation électrique. Ils coûtent entre 20 et 50 euros, et sont très utiles pour identifier les appareils les plus gourmands.
Si vous n'avez pas de wattmètre, vous pouvez aussi observer les voyants lumineux. Un appareil qui reste allumé en permanence (même avec un petit voyant rouge) consomme de l'électricité en veille. En revanche, un appareil qui ne montre aucun signe d'activité peut quand même consommer en veille passive (sans voyant ni écran allumé). Dans ce cas, la seule façon de savoir, c'est de le débrancher et de voir si votre compteur électrique tourne moins vite.
Est-ce que les appareils en veille consomment plus quand ils sont anciens ?
Pas forcément. Les appareils anciens consomment souvent plus en fonctionnement, mais pas toujours en veille. Par exemple, un téléviseur des années 2000 pouvait consommer 5 watts en veille, contre 0,5 watt pour un modèle récent. En revanche, un ordinateur des années 1990 consommait très peu en veille, car il n'avait pas de fonctions "intelligentes" comme les mises à jour automatiques ou les connexions permanentes.
Le vrai problème, ce sont les appareils modernes avec des fonctionnalités connectées. Une box internet récente peut consommer 20 watts en veille, contre 8 watts pour un modèle des années 2010. Une enceinte connectée consomme 3 watts en veille, alors qu'une enceinte classique n'en consomme presque pas. Donc, oui, les appareils récents peuvent consommer plus en veille que les anciens, à cause de leurs fonctionnalités "smart".
Verdict : la veille, un gaspillage évitable qui coûte des millions
Au terme de ce tour d'horizon, une chose est claire : la consommation en veille est un gaspillage organisé, qui coûte des millions d'euros chaque année aux consommateurs. Entre les box internet qui carburent 24h/24, les chargeurs oubliés dans les prises, et les téléviseurs qui attendent sagement votre retour, certains appareils consomment autant en veille qu'en fonctionnement. Et comme personne ne pense à les éteindre, ces consommations invisibles s'ajoutent à la facture, mois après mois.
Pourtant, les solutions existent. Des multiprises à interrupteur aux prises intelligentes, en passant par les modes éco et le bon vieux débranchement, il est possible de réduire drastiquement la consommation en veille de vos appareils, sans pour autant sacrifier votre confort. Le tout, pour un investissement minimal (quelques euros pour une multiprise) et des économies qui peuvent atteindre plusieurs dizaines d'euros par an.
Alors, oui, éteindre ses appareils en veille demande un peu d'organisation. Oui, ça peut sembler fastidieux au début. Mais quand on réalise que ces petits gestes peuvent faire économiser l'équivalent de la production annuelle d'une centrale électrique, on se dit que ça vaut le coup d'essayer. Et puis, au fond, est-ce que c'est si compliqué d'éteindre une multiprise avant d'aller se coucher ?
Car le vrai problème, ce n'est pas la technologie. C'est l'indiff
