Derrière ce concept fourre-tout se cachent des réalités bien différentes selon qu'on parle de la Creuse, de la Nièvre ou des Pyrénées-Orientales. Certains départements résistent, d'autres s'enfoncent. Et puis il y a ceux où les politiques publiques ont beau essayer, rien ne semble vouloir redémarrer. Alors, où en est-on vraiment en 2024 ?
La diagonale du vide : un concept flou qui cache des réalités territoriales complexes
D'où vient cette fameuse diagonale et pourquoi le terme est-il si trompeur ?
Tout commence en 1980, quand un géographe, Roger Béteille, dessine pour la première fois cette fameuse ligne qui traverse la France du nord-est au sud-ouest. À l'époque, c'était une photographie des déserts ruraux, de ces zones où les services publics et les emplois se raréfiaient. Sauf que depuis, le monde a changé – et le concept aussi.
Car la diagonale du vide a ceci de particulier : elle ne correspond à aucune réalité administrative ou économique cohérente. Elle traverse des régions aussi différentes que la Lorraine industrielle et le Cantal pastoral. Et c'est précisément là que le bât blesse – on mélange allègrement des territoires qui n'ont rien à voir.
Or, si on regarde de près les cartes de l'INSEE ou de la Datar (devenue France Stratégie), on se rend compte que ce n'est pas une ligne qui compte, mais des poches de désertification disséminées un peu partout. La vraie diagonale, c'est en fait un archipel de territoires abandonnés.
Et puis il y a le problème du vocabulaire. Parler de "vide" suppose une absence totale, alors qu'en réalité, ces zones sont souvent peuplées – juste moins densément, avec des services en moins. Autant dire que le terme est mal choisi : il stigmatise des territoires qui ne demandent qu'à renaître.
Les critères qui définissent vraiment les zones en difficulté
Alors comment identifier ces territoires qui décrochent ? Plusieurs indicateurs entrent en jeu. D'abord, la densité de population : en dessous de 30 habitants au km², on commence à parler de "désert". Ensuite, l'évolution démographique : une baisse de plus de 5% sur 10 ans signale un problème structurel.
Mais le critère le plus parlant reste l'accès aux services essentiels. Un médecin à plus de 30 minutes de route, une école primaire fermée, une gare sans train depuis 20 ans... Là où ça coince, c'est quand plusieurs de ces critères se cumulent.
Prenez la Creuse : 21 habitants au km², une baisse de population de 12% depuis 2000, et des déserts médicaux parmi les pires de France. Ou la Meuse, où 40% des communes n'ont plus de médecin généraliste.
Or, ces chiffres ne racontent qu'une partie de l'histoire. Car derrière les statistiques se cachent des histoires humaines : celle de ces villages où le dernier commerce a fermé, où les jeunes partent faute d'emploi, où les personnes âgées se retrouvent isolées. Et ça, aucune carte ne le montre vraiment.
Le top 5 des régions où la diagonale du vide frappe le plus fort
1. La Nouvelle-Aquitaine : le grand nord-ouest oublié
Quand on pense à la diagonale du vide, on imagine souvent le Massif Central ou la Bourgogne. Pourtant, le nord de la Nouvelle-Aquitaine est tout aussi touché. Entre la Creuse, la Vienne et la Corrèze, c'est une ceinture de désolation qui s'étend sur des centaines de kilomètres.
Prenez la Creuse, ce département où l'on compte 1 médecin pour 1 500 habitants (contre 1 pour 1 000 en moyenne nationale). Le truc c'est que les jeunes partent, les commerces ferment, et les services publics se raréfient. Résultat : entre 2010 et 2020, la Creuse a perdu 8% de sa population – un record en métropole.
Et puis il y a ce paradoxe : cette région regorge de ressources (forêts, eau, terres agricoles), mais elles ne profitent pas aux locaux. Les terres sont souvent achetées par des citadins pour des résidences secondaires, ou par des industriels qui délocalisent. On est loin du compte : les politiques de revitalisation peinent à enrayer la tendance.
La Corrèze, elle, souffre d'un autre problème : l'éloignement. Limoges est à 1h30, Brive à 1h, Tulle à 45 minutes... Mais pour les villages les plus reculés, c'est l'isolement total. Les routes sont mauvaises, les transports en commun inexistants, et les services publics ferment les uns après les autres.
2. Le Grand Est : l'ex-industrie qui ne se relève pas
Si la Lorraine et la Champagne-Ardenne ont été le cœur industriel de la France, elles en paient aujourd'hui le prix. Entre 2000 et 2020, la Meuse a perdu 15% de sa population, la Haute-Marne 12%. Et ce n'est pas fini : depuis 2020, la crise énergétique a accéléré la fermeture d'usines, et les jeunes partent en masse.
Prenez Sedan, cette ville symbole de l'industrie textile française. Entre 2000 et 2020, la population a chuté de 20%. Les usines ont fermé, les magasins ont déserté le centre-ville, et aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose. Le problème, c'est que la reconversion est difficile : Sedan n'a pas de tourisme, pas d'université, pas de secteur porteur.
Et puis il y a les déserts médicaux. Dans la Meuse, 40% des communes n'ont plus de médecin généraliste. Dans les Ardennes, c'est 30%. Autant le dire clairement : quand on doit faire 40 minutes de route pour voir un médecin, ça change la donne. Les habitants se tournent vers les services d'urgence, saturant les hôpitaux des grandes villes.
Le Grand Est, c'est aussi une région frontalière, ce qui devrait être un atout. Sauf que la proximité avec la Belgique ou l'Allemagne ne suffit pas à relancer l'économie. Les emplois frontaliers sont souvent mal payés, et les locaux ne profitent pas de cette ouverture.
3. La Bourgogne-Franche-Comté : le Massif Central bis
Quand on parle de diagonale du vide, la Bourgogne-Franche-Comté est souvent citée en exemple. Avec des départements comme la Nièvre, l'Yonne ou le Jura, c'est une région où la ruralité est reine – et où les services disparaissent.
La Nièvre, par exemple, a perdu 10% de sa population depuis 2000. Le département compte 30 habitants au km², et 50% des communes n'ont plus de médecin. Et là où ça coince, c'est que les rares services qui restent sont concentrés dans les grandes villes comme Nevers ou Auxerre – laissant les villages dans un isolement total.
Le Jura, lui, souffre d'un autre problème : son éloignement. Besançon est à 1h30, Dijon à 2h, Lyon à 2h30... Pour les habitants des zones rurales, c'est l'isolement garanti. Résultat : les commerces ferment, les écoles aussi, et les jeunes partent étudier ailleurs – souvent pour ne plus revenir.
Et puis il y a le problème des transports. Dans le Morvan, par exemple, il n'y a plus de train depuis des années. Les cars scolaires mettent 1h30 pour faire 50 km. Alors oui, la région est belle – mais quand on doit passer 3h par jour dans les transports pour aller travailler, ça use vite.
4. L'Occitanie : entre désertification et pression touristique
L'Occitanie, c'est la région où le contraste est le plus fort. D'un côté, des villes dynamiques comme Toulouse ou Montpellier qui attirent tout. De l'autre, des zones rurales abandonnées, notamment dans les Pyrénées ou le Gers.
Prenez l'Ariège, ce département où la population a baissé de 5% depuis 2000. Les villages de montagne se vident, les commerces ferment, et les services publics disparaissent. Le truc c'est que le tourisme ne suffit pas à compenser : les emplois saisonniers ne sont pas assez stables, et les locaux doivent souvent cumuler plusieurs petits boulots pour s'en sortir.
Et puis il y a le Gers, ce département rural où la densité est de 25 habitants au km². Ici, le problème n'est pas tant la désertification que l'absence de services. Dans certaines communes, il n'y a plus d'école, plus de médecin, plus de bureau de poste. Et les politiques de revitalisation peinent à enrayer la tendance.
Pourtant, l'Occitanie a des atouts : son climat, ses paysages, son patrimoine. Mais pour que ça marche, il faudrait une vraie politique de désenclavement – et ça, ce n'est pas encore au programme.
5. Les Hauts-de-France : l'ancien bassin minier en crise
Si la diagonale du vide traverse aussi les Hauts-de-France, c'est parce que cette région a été profondément marquée par la désindustrialisation. Entre Lille et Amiens, c'est une ceinture de désolation qui s'étend sur des centaines de kilomètres.
Prenez le Pas-de-Calais, où la population a baissé de 5% depuis 2000. Le département compte 150 communes sans médecin, et des déserts médicaux parmi les pires de France. Et là où ça coince, c'est que les jeunes partent, les commerces ferment, et les services publics disparaissent.
Et puis il y a l'Aisne, ce département rural où la densité est de 40 habitants au km². Ici, le problème n'est pas tant la désertification que l'absence de services. Dans certaines communes, il n'y a plus d'école, plus de médecin, plus de bureau de poste. Autant dire que la situation est critique.
Le pire, c'est que cette région a des atouts : sa position géographique, ses infrastructures, son patrimoine. Mais pour que ça marche, il faudrait une vraie politique de revitalisation – et ça, ce n'est pas encore au programme.
Désertification rurale vs. désertification urbaine : deux visages d'un même problème
Les villes moyennes aussi sont touchées, mais différemment
Quand on parle de diagonale du vide, on pense souvent aux campagnes. Pourtant, les villes moyennes aussi sont touchées – et parfois plus sévèrement. Car ici, le problème n'est pas tant la désertification que la paupérisation.
Prenez Châteauroux, dans l'Indre. Entre 2000 et 2020, la ville a perdu 15% de sa population. Les usines ont fermé, les commerces ont déserté le centre-ville, et aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose. Le problème, c'est que Châteauroux n'a pas de tourisme, pas d'université, pas de secteur porteur. Elle est juste... là, oubliée.
Et puis il y a Montluçon, dans l'Allier. La ville a perdu 20% de sa population depuis 2000. Les usines de Michelin ont fermé, les commerces du centre ont baissé, et aujourd'hui, c'est une ville fantôme. Autant le dire clairement : quand une ville moyenne perd 20% de sa population, ça ne se rattrape pas du jour au lendemain.
Car le problème des villes moyennes, c'est qu'elles n'ont ni l'attractivité des métropoles, ni les avantages des campagnes. Elles sont juste... coincées. Sans politique volontariste, elles continueront à se vider.
Le cas particulier des petites villes en déclin
Entre les villes moyennes et les villages, il y a les petites villes – celles qui comptent entre 5 000 et 20 000 habitants. Et elles aussi sont touchées.
Prenez Cosne-Cours-sur-Loire, dans la Nièvre. La ville a perdu 10% de sa population depuis 2000. Le centre-ville se vide, les commerces ferment, et aujourd'hui, c'est une ville où il ne reste plus grand-chose. Et le truc c'est que Cosne n'a pas d'industrie, pas de tourisme, pas de secteur porteur. Elle est juste... en train de mourir.
Ou alors prenez L'Aigle, dans l'Orne. La ville a perdu 5% de sa population depuis 2000. Les usines ont fermé, les commerces du centre ont baissé, et aujourd'hui, c'est une ville où il ne reste plus grand-chose. Résultat : les jeunes partent, les services publics disparaissent, et la ville s'enfonce.
Car le problème des petites villes, c'est qu'elles n'ont pas les moyens de se revitaliser. Pas assez grandes pour attirer des investissements, pas assez petites pour bénéficier des aides spécifiques aux villages. Elles sont juste... coincées.
Les politiques publiques ont-elles vraiment tenté de sauver ces territoires ?
Les dispositifs qui ont (un peu) marché : ZRR, Petites Villes de Demain, etc.
Face à la désertification, l'État a mis en place plusieurs dispositifs. Le plus connu, c'est la Zone de Revitalisation Rurale (ZRR), qui offre des exonérations fiscales aux entreprises qui s'installent dans ces territoires. Sauf que ça ne suffit pas.
Prenez les ZRR : elles couvrent 14 000 communes, mais seulement 20% des entreprises qui s'y installent restent plus de 5 ans. Le problème, c'est que ces dispositifs ne s'attaquent pas aux causes profondes du déclin : l'absence de services, l'isolement, le manque d'attractivité.
Et puis il y a le programme "Petites Villes de Demain", qui vise à revitaliser les centres-bourgs. Depuis 2020, 1 600 communes ont été sélectionnées. Mais là où ça coince, c'est que le programme est sous-financé – et que les résultats mettent des années à apparaître.
Car le vrai problème, c'est que ces dispositifs sont souvent trop ciblés. Ils aident quelques communes, mais pas les territoires dans leur ensemble. Autant dire que la diagonale du vide est trop large pour ces mesures.
Les échecs cuisants : quand les politiques tournent au fiasco
Mais tous les dispositifs ne marchent pas. Certains sont même des échecs cuisants.
Prenez le programme "Action Cœur de Ville", lancé en 2018 pour revitaliser les centres-villes des villes moyennes. Depuis, 222 villes ont été sélectionnées. Sauf que le bilan est mitigé : les commerces reviennent, mais les habitants, non. Beaucoup de villes restent des coquilles vides.
Et puis il y a les déserts médicaux. Malgré les incitations financières, les médecins continuent de fuir les territoires ruraux. En 2023, 30% des jeunes médecins s'installent en ville. Le truc c'est que les aides ne suffisent pas à compenser l'isolement, le manque d'équipements, ou la pression des urgences.
Car le problème, c'est que les politiques publiques sont souvent trop courtes. Elles lancent un dispositif, mais ne le financent pas assez longtemps pour qu'il porte ses fruits. Et c'est précisément là que ça coince.
Les initiatives locales qui marchent (parce que l'État ne peut pas tout faire)
Face à l'inaction (ou à l'action insuffisante) de l'État, certaines collectivités locales ont pris les choses en main. Et ça marche.
Prenez la région Bourgogne-Franche-Comté, qui a lancé le programme "Bourgogne Active". L'idée ? Aider les communes à monter des projets économiques locaux. Résultat : dans certaines villes, les commerces ont rouvert, les services publics sont restés, et la population a stagné. Car le truc, c'est que quand une collectivité locale s'implique, ça change la donne.
Ou alors prenez le département de la Creuse, qui a lancé "Creuse 2030". L'idée ? Créer des emplois locaux, attirer de nouveaux habitants, et revitaliser les villages. Depuis 2020, le département a réussi à inverser la tendance dans certaines communes. Mais attention : ça ne marche que là où la collectivité est vraiment impliquée.
Car le vrai problème, c'est que ces initiatives restent marginales. La plupart des territoires n'ont pas les moyens de se lancer seuls. Et c'est là que l'État devrait intervenir – mais il ne le fait pas assez.
Désertification vs. revitalisation : qui gagne la bataille des territoires ?
Les territoires qui résistent : où l'économie locale arrive à se maintenir
Tous les territoires ruraux ne sont pas condamnés. Certains arrivent à résister, voire à se revitaliser. Comment ? En misant sur des secteurs porteurs : tourisme, agriculture durable, artisanat local.
Prenez le Pays Basque, en Nouvelle-Aquitaine. Ici, la population a augmenté de 5% depuis 2000. Pourquoi ? Parce que le tourisme a redémarré, et que les emplois locaux (fromagers, artisans, restaurateurs) ont attiré de nouveaux habitants. Le truc c'est que quand une région mise sur ses atouts, ça marche.
Ou alors prenez le Morvan, en Bourgogne. Ici, la population stagne, mais les villages ne se vident pas. Pourquoi ? Parce que les habitants ont créé des associations, des AMAP, des circuits courts. Résultat : les commerces locaux résistent, et les jeunes restent.
Car le vrai problème, c'est que la revitalisation ne passe pas seulement par l'État ou les collectivités. Elle passe aussi par les habitants. Et ça, c'est sous-estimé.
Les territoires qui s'en sortent (un peu) : ceux qui bénéficient de l'effet métropole
Certains territoires ne sont pas en déclin, mais en stagnation. Parce qu'ils bénéficient de l'effet métropole.
Prenez l'Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes. Ici, la population augmente grâce à l'attractivité de Lyon. Les villages proches de la métropole voient leurs prix de l'immobilier exploser, et les habitants arrivent – souvent des cadres qui veulent une maison avec un jardin. Sauf que cette attractivité a un prix : la gentrification, la hausse des loyers, et l'exclusion des locaux.
Ou alors prenez la Drôme, en Auvergne-Rhône-Alpes. Ici, la population stagne, mais les villages ne se vident pas. Pourquoi ? Parce que la région attire des néoruraux – des citadins qui veulent une vie plus calme. Le problème, c'est que ces nouveaux habitants ne s'intègrent pas toujours, et que les services locaux (écoles, médecins) peinent à suivre.
Car le vrai problème, c'est que l'effet métropole ne profite pas à tous. Il creuse les inégalités entre les territoires. Et c'est précisément là que ça coince.
Les territoires condamnés ? Ceux où même les politiques publiques échouent
Mais certains territoires sont vraiment condamnés. Ceux où la population baisse, où les services disparaissent, où même les politiques publiques échouent.
Prenez la Creuse, encore. Malgré les dispositifs, le département perd encore des habitants. Les commerces ferment, les services publics disparaissent, et les jeunes partent. Autant le dire clairement : ici, la revitalisation est un échec.
Ou alors prenez la Nièvre. Malgré les aides, le département continue de se vider. Les villages se dépeuplent, les écoles ferment, et les services publics disparaissent. Le truc c'est que la Nièvre n'a pas d'atout majeur : pas de tourisme, pas d'industrie, pas d'université. Elle est juste... oubliée.
Car le vrai problème, c'est que certains territoires sont trop loin de tout. Trop loin des métropoles, trop loin des axes routiers, trop loin des services essentiels. Et là, même l'État ne peut rien faire.
Les idées reçues sur la diagonale du vide : ce qu'on croit savoir, ce qui est faux
Idée reçue n°1 : "C'est la faute à l'exode rural"
On a tous en tête cette image des villages qui se vident parce que les jeunes partent en ville. Sauf que la réalité est plus complexe.
D'abord, l'exode rural n'est pas nouveau. Il a commencé au XIXe siècle, avec l'industrialisation. Ensuite, tous les jeunes ne partent pas : certains reviennent, notamment ceux qui montent leur entreprise locale. Et ça, c'est sous-estimé.
Or, le vrai problème, ce n'est pas l'exode rural, mais l'absence de renouvellement démographique. Quand une commune perd ses jeunes, elle perd aussi ses écoles, ses commerces, ses services. Et une fois que c'est parti, c'est très difficile de faire revenir les gens. Car le truc, c'est que la désertification est un cercle vicieux.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'exode rural, mais l'absence de politiques pour retenir les jeunes. Pas assez d'écoles, pas assez d'emplois, pas assez de services... Et c'est là que ça coince.
Idée reçue n°2 : "C'est la faute aux métropoles"
Autre idée reçue : les métropoles seraient responsables de la désertification des campagnes. Parce qu'elles attirent tout, et que les territoires ruraux n'ont plus rien.
Sauf que c'est plus compliqué. D'abord, les métropoles ne sont pas toutes des aspirateurs à population. Certaines, comme Toulouse ou Rennes, attirent des habitants qui restent dans la région. Le problème, c'est que ces métropoles ne redistribuent pas assez vers les territoires ruraux.
Ensuite, les territoires ruraux ne sont pas tous vides parce qu'ils sont proches des métropoles. Certains sont vides parce qu'ils sont trop loin, trop isolés, trop pauvres. Et là, les métropoles n'y sont pour rien.
Car le vrai problème, ce n'est pas les métropoles, mais l'absence de solidarité territoriale. Les métropoles devraient mieux redistribuer leurs richesses vers les campagnes. Mais ça, ce n'est pas encore au programme.
Idée reçue n°3 : "Il suffit de créer des emplois pour tout régler"
On croit souvent que le problème des territoires ruraux, c'est l'absence d'emplois. Alors on lance des dispositifs pour attirer des entreprises, et on pense que tout ira mieux.
Sauf que c'est une erreur. D'abord, les emplois ne suffisent pas à retenir les habitants. Il faut aussi des services, des commerces, des écoles. Le truc c'est que sans ces éléments, les gens ne restent pas, même s'il y a un emploi.
Ensuite, les emplois ne sont pas toujours adaptés. Un emploi industriel dans une zone rurale, c'est bien. Mais si les transports ne suivent pas, ou si les salaires sont trop bas, ça ne marche pas. Résultat : les habitants doivent cumuler plusieurs petits boulots, ou partir.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'absence d'emplois, mais l'absence d'emplois adaptés. Il faut des emplois locaux, stables, bien payés. Et ça, ce n'est pas encore au point.
Idée reçue n°4 : "Le télétravail va tout sauver"
Depuis la crise du Covid, on mise beaucoup sur le télétravail pour sauver les territoires ruraux. L'idée ? Les citadins vont s'installer à la campagne, et ça relancera l'économie locale.
Sauf que c'est une illusion. D'abord, le télétravail ne concerne qu'une minorité de salariés. Ensuite, les nouveaux habitants ne s'installent pas n'importe où : ils choisissent des zones déjà attractives, pas les territoires en déclin. Le problème, c'est que le télétravail ne suffit pas à revitaliser les zones les plus isolées.
Et puis il y a le problème des services. Quand un citadin s'installe en zone rurale, il a besoin de médecins, d'écoles, de commerces. Mais si ces services n'existent plus, il ne reste pas. Autant dire que le télétravail ne suffit pas.
Car le vrai problème, ce n'est pas le télétravail, mais l'absence de services. Pour que ça marche, il faudrait une vraie politique de désenclavement. Mais ça, ce n'est pas encore au programme.
Questions fréquentes
Quelle est la région la plus touchée par la diagonale du vide en 2024 ?
Si on devait désigner un département symbolique, ce serait la Creuse. Avec 21 habitants au km², une baisse de population de 12% depuis 2000, et des déserts médicaux parmi les pires de France, c'est l'incarnation de la diagonale du vide. Mais attention : la Creuse n'est pas la seule. La Nièvre, la Meuse, ou encore l'Aisne sont tout aussi touchées.
Pourquoi certaines régions résistent-elles mieux que d'autres ?
Tout dépend des atouts locaux. Les régions qui résistent sont celles qui misent sur des secteurs porteurs : tourisme, agriculture durable, artisanat local. Ou alors celles qui bénéficient de l'effet métropole. Le truc c'est que sans ces atouts, les territoires sont condamnés à décliner.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'absence d'atouts, mais l'absence de politiques pour les valoriser. Et ça, c'est sous-estimé.
Est-ce que les politiques publiques ont vraiment un impact ?
Oui, mais pas assez. Certains dispositifs marchent, comme les ZRR ou "Petites Villes de Demain". Mais ils sont trop ciblés, trop sous-financés, et ne s'attaquent pas aux causes profondes du déclin. Résultat : ils ne suffisent pas à inverser la tendance.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'absence de politiques, mais leur manque d'ambition. Il faudrait des mesures plus fortes, plus durables, et mieux financées.
Peut-on encore sauver les territoires en déclin ?
Oui, mais pas tous. Certains sont condamnés, parce qu'ils sont trop isolés, trop pauvres, ou trop loin de tout. Mais d'autres peuvent encore s'en sortir, à condition de mettre en place des politiques volontaristes : désenclavement, création d'emplois locaux, maintien des services essentiels. Le truc c'est que ça demande du temps, de l'argent, et une vraie volonté politique.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'absence de solutions, mais l'absence de courage politique. Et ça, c'est flou.
Verdict : la diagonale du vide, cette bombe à retardement territoriale
Alors, où en est-on en 2024 ? La diagonale du vide existe toujours, mais elle a changé de visage. Ce n'est plus une ligne qui traverse la France du nord-est au sud-ouest, mais un archipel de territoires abandonnés, disséminés un peu partout. Et le pire, c'est que ça empire.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'absence de solutions, mais l'absence de volonté politique. Les dispositifs existent, mais ils sont trop ciblés, trop sous-financés, et ne s'attaquent pas aux causes profondes du déclin. Résultat : les territoires continuent de se vider, les services de disparaître, et les habitants de partir.
Pourtant, il y a des signes d'espoir. Certains territoires résistent, grâce à l'économie locale, au tourisme, ou à l'implication des habitants. Mais ces initiatives restent marginales. Car le truc, c'est que sans une vraie politique de revitalisation, sans un vrai désenclavement, sans un vrai soutien aux services essentiels, ces territoires sont condamnés.
Je reste convaincu que la diagonale du vide n'est pas une fatalité. Mais pour la briser, il faudrait oser des mesures fortes : des investissements massifs dans les transports, dans les services publics, dans l'emploi local. Et ça, ce n'est pas encore au programme.
Car le vrai problème, ce n'est pas l'absence de solutions, mais l'absence de courage. Et ça, c'est ce qui me fait le plus peur.
Alors oui, la diagonale du vide existe toujours. Mais elle n'est pas une ligne droite qui traverse la France. C'est un archipel de territoires abandonnés, où les habitants se battent pour survivre. Et c'est précisément là que le bât blesse.
