On commence par soi, pas par la race
Franchement, on devrait obliger tout le monde à remplir un petit questionnaire genre "Êtes-vous prêt à être parent canin ?" avant d’acheter un chiot. Parce que non, ce n’est pas mignon juste parce qu’il bave sur vos chaussures. C’est une responsabilité. Alors, posez-vous les vraies questions : vous êtes plutôt sédentaire ou vous faites du trail tous les dimanches ? Vous rentrez à 18h tous les soirs ou plutôt 21h30, crevé, avec un sandwich surgelé ? Vous vivez en appartement de 40m² ou dans une baraque avec jardin ?
Parce que bon, je vous arrête tout de suite : un Border Collie dans un studio à Paris, c’est un cauchemar en puissance. Il va vous démonter la porte à coups de crocs, vous jurer qu’il a fait pipi dehors alors qu’il a juste pissé dans la plante, et vous regarder avec cette intensité… ce regard qui dit "j’ai besoin de COURIR". Et vous, vous allez être là, en pyjama, à lui proposer une balade de 10 minutes autour du poteau. Pas bon.
Mon erreur, je l’ai faite. Deux fois.
Alors là, je suis sincère. La première fois, j’ai voulu un Jack Russell. Parce que "petit, rigolo, vivant", tout ça. Sauf que… vivant, c’est un doux euphémisme. Ce chien, c’est un démon sur pattes. Il a déterré le jardin de mes parents, grignoté trois paires de lunettes, et un jour, il a pété une ampoule dans la cuisine juste pour voir ce que ça faisait. Et moi, je me disais "ah ouais mais il est joueur !". Ouais, joueur comme un kamikaze.
La deuxième, c’était un Carlin. Mignon, calme, ronfle comme un tractopelle. Super pour la ville. Sauf que… le pauvre, il suffoque dès qu’il monte trois marches. Et en été, impossible de sortir à midi, il fait 40°C dans son museau. Alors on le sort à 7h, ou à 20h. Et encore, avec une bouteille d’eau et un brumisateur. Alors oui, il est adorable, mais franchement, c’est un peu triste de devoir adapter sa vie à un chien qui respire mal.
Les grands classiques… mais sont-ils faits pour vous ?
On connaît tous les stars : Labrador, Berger Allemand, Beauceron, Bichon… Mais bon, le Labrador, c’est pas juste "gentil toutou". C’est un aspirateur à nourriture, un chien qui va vous suivre partout, même aux toilettes, et qui a besoin de bouger. Beaucoup. Genre, deux heures de sport par jour, minimum. Alors si vous êtes plutôt du genre canapé-série-netflix, passez votre chemin.
Le Berger Allemand, super intelligent, mais si vous ne lui donnez pas de stimulation, il invente ses propres jeux. Et ses jeux, c’est souvent "je mâchouille le fauteuil" ou "je creuse un tunnel dans le jardin pour aller chez le voisin". Pas de blague. J’ai un pote, Julien, qui en avait un. En trois semaines, le chien avait fait un trou assez grand pour rentrer un vélo. Un vélo !
Et les méconnus ? Parfois, c’est là que ça se joue
Alors là, j’ai une petite préférence : le Braque Saint-Germain. Vous connaissez ? Moi, j’ai découvert ça par hasard, en allant chez des cousins en Dordogne. Ce chien, c’est un truc de fou. Calme à la maison, ultra actif en balade, super intelligent, et… il ne pue pas. Oui, bon, les chiens, c’est pas toujours la fraîcheur, mais là, franchement, c’est un détail qui compte. Et niveau poils ? Il en perd, mais pas comme un Caniche qui laisse des boules partout.
Ou alors, il y a le Basset Artésien. Petit, costaud, un peu têtu, mais tellement attachant. Parfait pour les familles. Et il aboie pas trop. Enfin… sauf quand il sent une odeur de saucisse à 500 mètres. Mais bon, on peut pas tout avoir.
Et si on parlait des refuges ?
Vous savez quoi ? J’ai longtemps cru qu’il fallait un chiot. Parce que "c’est plus facile à éduquer". Sauf que… non. Les chiens de refuge, c’est souvent des perles. Ils ont déjà un caractère, on voit comment ils réagissent. Et souvent, ils sont déjà éduqués. Et puis, franchement, adopter, c’est… humain. J’ai un voisin, Sophie, elle a pris un croisé de 5 ans. Un machin genre "chien du voisin mal entretenu". Et là, paf, le chien, il s’appelle Rex, il est devenu le roi du quartier. Calme, affectueux, marche sans tirer… un amour. Et elle dit que c’est le meilleur choix de sa vie.
Alors oui, parfois, ils ont des traumatismes. Mais avec un peu de patience, d’amour, et un bon comportementaliste, ils s’en sortent. Et franchement, le regard qu’ils ont quand ils comprennent qu’ils ont un chez-eux… c’est pas monnayable.
Et les enfants dans tout ça ?
Si vous avez des gamins, ou que vous en voulez, faut y penser. Parce qu’un chien, ce n’est pas un doudou. Il peut être fatigué, stressé, avoir mal. Et un gamin de 4 ans qui tire par la queue, ça, ça passe pas. Donc, là, je dirais : les labradors, les golden, les bouviers bernois… ils sont souvent très tolérants. Mais encore une fois, tout dépend du chien. Un caractère, ça se travaille, mais il faut aussi de la chance.
Et surtout, éduquez les enfants. Pas le chien. Les enfants. Qu’ils comprennent que le chien, c’est pas un jouet. Que parfois, il veut être tranquille. Que non, on ne le réveille pas quand il dort.
Et maintenant… mon conseil perso
Bon, si je devais recommencer… je prendrais un croisé de refuge. Un mâtin, un griffon, un truc comme ça. Plutôt calme, pas trop de poil, costaud. Et je passerais du temps avec lui avant. Genre, plusieurs visites. Je demanderais aux bénévoles : "il fait quoi quand il est stressé ? Il aime les enfants ? Il aboie la nuit ?". Parce que chaque chien est un individu. Même les races pures, c’est pas du standard.
Et puis, j’attendrais. Parce que non, ce n’est pas une course. Ce n’est pas "je veux un chien pour Noël". C’est "je veux un compagnon pour les 10-15 prochaines années". Alors, on prend son temps. On observe. On discute. On écoute.
Et au fait… si vous hésitez encore, faites un test : gardez le chien d’un pote pendant une semaine. Sans rien dire, juste pour voir. Vous verrez vite si c’est pour vous. Moi, je l’ai fait avec un Épagneul Breton. Trois jours après, j’étais épuisé. Mais heureux. Vraiment heureux.
Alors, quel chien faut-il prendre ? Aucune idée. Parce que je ne suis pas vous. Mais je sais une chose : le bon chien, c’est celui qui vous correspond. Pas celui qui fait joli sur Instagram.
