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Qui sera le successeur de Poutine ? Enquête sur les héritiers du Kremlin

L'énigme du dauphin dans un système verrouillé

C'est le grand saut dans l'inconnu. Un saut de 145 millions de personnes. Autant le dire clairement : la question de la succession en Russie n'est pas une affaire de démocratie, c'est une affaire de survie biologique et politique. Le système actuel, que les politologues nomment la "Verticale du pouvoir", a été sculpté sur mesure pour un seul homme depuis plus de 24 ans. Du coup, imaginer l'après-Poutine revient à imaginer un édifice dont on retirerait la clé de voûte sans que tout ne s'écroule. Reste que le temps presse, même si le président russe semble avoir figé l'horloge avec sa réforme constitutionnelle de 2020. Cette manœuvre lui permet théoriquement de rester au pouvoir jusqu'en 2036, soit jusqu'à ses 83 ans. Mais la biologie a ses raisons que la politique ignore.

Le truc c'est que le pouvoir russe fonctionne par clans. On a les "Siloviki", les hommes à poigne issus des services de renseignement, et les technocrates, ceux qui font tourner la machine économique pour éviter que le pays ne sombre sous les sanctions. Entre les deux, l'arbitrage est constant. Je reste convaincu que le futur dirigeant ne sera pas un révolutionnaire, mais un garant. Un garant des actifs financiers de l'élite et, surtout, un garant de l'immunité physique de la famille Poutine. On n'est pas dans une alternance à la française, on est dans une passation de bail sous haute surveillance.

La stabilité comme obsession nationale

Pourquoi cette question obsède-t-elle autant ? Parce que la Russie a un traumatisme : les années 1990. La fin de l'ère Eltsine a laissé un souvenir de chaos, de pauvreté et d'humiliation internationale. Pour le Russe moyen, le successeur doit avant tout éviter le "smouta", ce temps des troubles que l'histoire du pays régurgite régulièrement. Le problème, c'est que Poutine a tellement bien nettoyé le paysage politique qu'il n'y a plus d'herbe haute. Pas d'opposition crédible, pas de dauphin officiel. C'est un désert où seuls les initiés savent lire les traces de pas sur le sable.

Le poids des services secrets dans le choix final

On ne peut pas comprendre la Russie sans piger le rôle du FSB. L'organisation qui a succédé au KGB est partout. Elle est le sang qui coule dans les veines de l'administration. Si le successeur ne vient pas de leurs rangs, il devra au moins obtenir leur tampon de validation. À ceci près que le FSB lui-même est divisé en factions qui se tirent la bourre pour le contrôle des flux financiers. C'est là que ça coince : mettre d'accord ces différents services sur un seul nom est un défi herculéen.

Nikolaï Patrouchev, le gardien du temple et l'éminence grise

Si vous cherchez l'homme qui murmure à l'oreille du tsar, c'est lui. Nikolaï Patrouchev, ancien chef du FSB et secrétaire du Conseil de sécurité, est souvent décrit comme le cerveau derrière la confrontation avec l'Occident. C'est un dur de dur. À 72 ans, il est plus âgé que Poutine, ce qui en fait un successeur de transition, un "pape de transition" version orthodoxe et nucléaire. Il incarne la ligne la plus radicale, celle qui voit des complots de la CIA derrière chaque manifestation à Moscou.

Certains observateurs pensent qu'il prépare le terrain pour son fils, Dmitri Patrouchev, l'actuel ministre de l'Agriculture. Ce serait une première : une dynastie au Kremlin. Le fils a 46 ans, il est jeune, il connaît les rouages de l'État et il est "bien né". Mais la Russie n'est pas une monarchie de droit divin, et les autres clans pourraient voir d'un très mauvais œil cette concentration de pouvoir dans une seule famille. Et c'est précisément là que le scénario Patrouchev pourrait dérailler. Les technocrates ne veulent pas d'un pays transformé en caserne géante pour les cinquante prochaines années.

Le rôle du Conseil de sécurité

Cette instance est devenue le véritable gouvernement de l'ombre. C'est là que les décisions de guerre et de paix se prennent, loin des caméras de la Douma. Patrouchev y règne en maître. Si une vacance du pouvoir survient demain, c'est ce Conseil qui prendra les rênes dans les premières heures. On est loin du compte si on pense que le Parlement aura son mot à dire. Le processus sera opaque, rapide, et probablement brutal en coulisses.

Mikhaïl Michoustine, le Premier ministre au profil de gestionnaire

Lui, c'est l'anti-Patrouchev. Ancien chef du fisc, il a modernisé l'administration fiscale russe avec une efficacité redoutable (et un peu effrayante). Quand Poutine l'a nommé en 2020, personne ne le connaissait vraiment. C'est un profil gris, sans base politique propre, ce qui le rendait inoffensif. Sauf que, depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, Michoustine a réussi un tour de force : maintenir l'économie russe à flot malgré une pluie de sanctions sans précédent. Résultat : sa cote de popularité grimpe.

Selon la Constitution, c'est lui qui assure l'intérim en cas de décès ou de démission du président. Ce n'est pas rien. Il aurait 90 jours pour organiser des élections. Trois mois, c'est court, mais c'est assez pour s'installer confortablement dans le fauteuil et devenir indispensable. Son avantage ? Il rassure les oligarques qui veulent retrouver un semblant de normalité commerciale. Son défaut ? Les services de sécurité le trouvent trop "mou" vis-à-vis de l'étranger. Bref, il est le candidat du portefeuille, pas celui du fusil.

L'atout de la neutralité apparente

Michoustine ne parle jamais de politique étrangère. Jamais. Il se concentre sur les routes, les hôpitaux et le PIB. Cette discrétion est sa meilleure assurance vie politique. Dans un système où dépasser la tête du chef est dangereux, il reste courbé. Mais ne vous y trompez pas, sous ses airs de comptable, il dirige une machine administrative immense. S'il parvient à convaincre l'armée qu'il ne bradera pas les intérêts nationaux, il devient le candidat de consensus idéal.

Alexeï Dioumine, le garde du corps devenu prince héritier

C'est sans doute le profil le plus fascinant. Alexeï Dioumine a commencé comme garde du corps personnel de Poutine. Il était l'homme qui dormait devant sa porte. Puis, sa carrière a décollé de façon fulgurante : général, vice-ministre de la Défense, puis gouverneur de la région de Toula. On dit qu'il a sauvé Poutine d'une attaque d'ours dans une résidence de montagne. Info ou intox ? Peu importe, la légende est là.

Dioumine a l'avantage d'être jeune (51 ans) et d'avoir la confiance absolue du patron. Il appartient à cette nouvelle génération de "princes" formés directement par le président. Contrairement aux vieux loups du KGB, il n'a pas connu la chute de l'URSS en tant qu'adulte responsable. Il est un pur produit du poutinisme. Je trouve ça surestimé de dire qu'il est le favori, car il manque de réseaux au sein de l'élite moscovite, lui qui est resté longtemps en province. Mais c'est un nom qu'il faut garder en tête, surtout si Poutine décide de passer la main de son vivant.

Le test de la région de Toula

Gouverner une région comme Toula est un banc d'essai. C'est là que Dioumine a dû apprendre à gérer autre chose que des armes : l'industrie, le mécontentement social, les infrastructures. Il s'en est plutôt bien sorti, transformant cette région industrielle en vitrine du renouveau russe. C'est un signal envoyé aux autres : il sait diriger.

Dmitri Medvedev, la chute d'un espoir libéral

On n'y pense pas assez, mais Medvedev a déjà été président. Entre 2008 et 2012, il incarnait l'espoir d'une modernisation, d'un dégel avec l'Occident. Aujourd'hui, il est devenu la caricature de lui-même. Sur sa chaîne Telegram, il multiplie les menaces nucléaires et les insultes contre les dirigeants étrangers. Pourquoi un tel revirement ? Probablement pour survivre politiquement. En étant plus radical que Poutine, il espère ne pas être balayé par les faucons.

Mais soyons honnêtes, c'est flou. Medvedev a perdu sa base. Les libéraux le voient comme un traître, et les durs le voient comme un faible qui joue la comédie. Il reste un pion sur l'échiquier, utile pour dire ce que Poutine ne peut pas dire officiellement, mais ses chances de redevenir numéro un semblent aujourd'hui proches de zéro. Il est le parfait exemple de ce que devient un successeur qui n'a pas su tuer le père (politiquement parlant).

Sergueï Sobianine, le bâtisseur de Moscou

Le maire de Moscou est une puissance en soi. Gérer une mégapole de 13 millions d'habitants avec un budget colossal, c'est presque gérer un État dans l'État. Sobianine a transformé Moscou en une ville ultra-moderne, connectée, propre. Il a une image d'efficience technique. Là où ça coince, c'est que les régions russes détestent Moscou. Un dirigeant qui vient de la capitale part avec un handicap de popularité dans le reste du pays.

Pourtant, en cas de crise majeure, Sobianine est l'homme qui tient les leviers de la capitale. Si ça chauffe dans les rues, c'est lui qui contrôle la police municipale et les services de base. C'est un poids lourd, mais peut-être trop identifié à l'élite urbaine et branchée pour plaire à la Russie profonde qui vote massivement pour Poutine. Son positionnement est délicat : il doit être fidèle au Kremlin tout en gérant une population moscovite plus frondeuse que la moyenne.

Le scénario du "Poutine collectif" : une direction collégiale ?

Et si la réponse n'était pas un nom, mais un groupe ? On oublie souvent que la Russie a déjà connu des directions collégiales après la mort de Staline ou de Brejnev. Le scénario d'un triumvirat (par exemple Michoustine pour l'économie, Patrouchev pour la sécurité et un troisième larron pour la diplomatie) est tout à fait crédible. Cela permettrait d'éviter une guerre civile entre les clans dès le lendemain de la disparition du chef.

Le problème, c'est que ces alliances sont par nature instables. En Russie, le pouvoir est une substance qui ne se partage pas bien. Tôt ou tard, l'un des membres du groupe finit par manger les autres. C'est une loi de la physique politique au Kremlin. Mais pour une période de transition de deux ou trois ans, ce "Poutine collectif" pourrait assurer la continuité de l'État et rassurer les marchés (ce qu'il en reste).

Pourquoi les analystes occidentaux se trompent souvent

On a tendance à projeter nos propres schémas de pensée sur la Russie. On cherche un "libéral" caché ou un "réformateur". C'est une erreur de lecture monumentale. Tout successeur, même le plus modéré en apparence, devra composer avec un appareil d'État qui est désormais structurellement anti-occidental. L'idée qu'un nouveau président pourrait rendre la Crimée ou demander pardon du jour au lendemain est une vue de l'esprit.

Voici les trois critères réels qui détermineront le gagnant : 1. Sa capacité à garantir la sécurité financière des 500 familles qui tiennent le pays. 2. Son acceptation par l'état-major de l'armée et les services secrets. 3. Son absence de charisme excessif (pour ne pas effrayer les clans avant d'être installé).

Le successeur sera un homme de l'appareil, pas un homme de la rue. L'opposition en exil, comme les partisans de Navalny, n'a pour l'instant aucun levier interne pour peser sur ce choix. C'est triste, mais c'est la réalité froide du terrain.

Questions fréquentes sur l'après-Poutine

Quand la transition pourrait-elle avoir lieu ?

Difficile à dire. Poutine semble en bonne santé malgré les rumeurs persistantes. L'échéance de 2030 (fin de son prochain mandat) est la plus probable, mais un événement de type "Cygne noir" (problème de santé soudain, revers militaire majeur) peut tout accélérer. La structure du pouvoir russe est solide jusqu'à ce qu'elle se brise d'un coup.

L'armée peut-elle prendre le pouvoir ?

Historiquement, l'armée russe n'a jamais fait de coup d'État réussi. Elle est surveillée de très près par le FSB. Sergueï Choïgou, le ministre de la Défense, a perdu beaucoup de plumes avec la guerre en Ukraine. Valéri Guérassimov, le chef d'état-major, est un technicien, pas un putschiste. L'armée suivra le clan qui lui garantira ses budgets et son honneur.

Quid de Ramzan Kadyrov ou d'Evgueni Prigojine ?

Prigojine est mort, et son crash d'avion a servi de leçon à tous ceux qui voudraient contester le centre par la force. Quant à Kadyrov, le leader tchétchène, il est puissant chez lui mais reste un "étranger" pour l'élite moscovite. Il peut jouer les faiseurs de rois, mais il ne sera jamais le roi. Trop clivant, trop dangereux pour l'équilibre ethnique de la Russie.

L'essentiel : une transition sous haute tension

Au final, le successeur de Poutine sera probablement un homme de l'ombre, un profil comme Alexeï Dioumine ou un gestionnaire comme Mikhaïl Michoustine, capable de maintenir l'équilibre entre les factions guerrières et les besoins économiques du pays. Il ne faut pas s'attendre à un grand soir démocratique, mais plutôt à un ajustement technique du système. La Russie de demain ressemblera furieusement à celle d'aujourd'hui, du moins dans un premier temps, car l'élite a trop à perdre dans un changement radical. Le vrai danger, ce n'est pas qui sera le successeur, mais si le processus de désignation dégénère en conflit ouvert entre les services secrets. Là, et seulement là, le pays pourrait basculer dans une zone de turbulences que personne, ni à l'Est ni à l'Ouest, ne souhaite vraiment voir arriver.

💡 Points clés à retenir

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  • Qui est le successeur de Vladimir Poutine ? - Classement par durée de mandatRangNomDates1Vladimir Poutine ( 2e présidence)2012-...
  • Qui sera le successeur de Macron ? - Dans la majorité, trois hommes se verraient bien succéder à Emmanuel Macron : Gérald Darmanin, Bruno Le Maire et Édouard Philippe.
  • Quel est le successeur de Poutine ? - Dmitri Medvedev devient par ailleurs président du parti présidentiel, Russie unie.
  • Quel successeur à Poutine ? - Dmitri Medvedev devient par ailleurs président du parti présidentiel, Russie unie.

❓ Questions fréquemment posées

1. Qui est le successeur de Poutine ?

Dmitri Medvedev
Fonctions
Vice-président du Conseil de sécurité de Russie
PrédécesseurVladimir Poutine
SuccesseurVladimir Poutine
Premier vice-président du gouvernement russe
44 autres lignes

2. Qui est le successeur de Vladimir Poutine ?

Classement par durée de mandat
RangNomDates
1Vladimir Poutine ( 2e présidence)2012-...
2Boris Eltsine1991-1999
3Vladimir Poutine ( 1re présidence)2000-2008
4Dmitri Medvedev2008-2012

3. Qui sera le successeur de Macron ?

Dans la majorité, trois hommes se verraient bien succéder à Emmanuel Macron : Gérald Darmanin, Bruno Le Maire et Édouard Philippe. Gérald Darmanin, Édouard Philippe et Bruno Le Maire.25 août 2023

4. Quel est le successeur de Poutine ?

Dmitri Medvedev devient par ailleurs président du parti présidentiel, Russie unie. Il est reconduit dans ses fonctions en 2018, après la réélection de Vladimir Poutine. Il démissionne de la tête du gouvernement en 2020 et est nommé vice-président du Conseil de sécurité.

5. Quel successeur à Poutine ?

Dmitri Medvedev devient par ailleurs président du parti présidentiel, Russie unie. Il est reconduit dans ses fonctions en 2018, après la réélection de Vladimir Poutine. Il démissionne de la tête du gouvernement en 2020 et est nommé vice-président du Conseil de sécurité.

6. Qui sera le successeur d Ancelotti ?

Le club madrilène a déjà trouvé le successeur de Carlo Ancelotti comme entraîneur. Le Real Madrid a choisi Xabi Alonso pour prendre la tête de l'équipe la saison prochaine.26 sept. 2023

7. Qui sera le successeur du dalaï-lama ?

L'un des grands enjeux pour le gouvernement tibétain en exil, qui a élu vendredi 14 mai un nouveau président (sikyong), Penpa Tsering, est la succession prochaine du dalaï-lama, âgé de 85 ans et chef spirituel du Tibet.14 mai 2021

8. Qui est le successeur de Lénine ?

En mars 1923 , Lénine est définitivement écarté du jeu politique par la maladie ; il meurt en début d'année suivante. Deux successeurs se présentent : Joseph Staline et Léon Trotski.

9. Qui etait le successeur de Salomon ?

931-881) À la mort de Salomon, son fils Roboam, âgé de 41 ans, se rendit à Sichem pour y être proclamé roi d'Israël par l'assemblée du peuple.

10. Qui est le successeur de Neymar ?

Le joueur d'Al Hilal a parlé de la situation actuelle de l'équipe du Brésil et a déclaré que Rodrygo sera la star.24 juin 2024

11. Qui est le successeur de Xavi ?

Selon les informations du journal catalan Sport, Rafael Marquez sera le prochain entraineur du Barça si Xavi confirme son départ. La radio catalane Rac1 est plus prudente, assurant qu'il est effectivement une vraie piste mais que ce n'est pas acté.17 avr. 2024

12. Qui est le successeur de Bruce Lee ?

Ne pas oublier Donnie Yen qui est un artiste martial confirmé. C'est le plus digne de succéder à Bruce Lee.20 juil. 2013

13. Qui est le successeur de Emmanuel Macron ?

"Edouard Philippe a son expérience propre. C'est un élu local, un homme d'État.26 juil. 2023

14. Qui est le successeur de Jules César ?

Auguste
Empereur romain
Suivi deTibère
Biographie
Nom de naissanceCaius Octavius
Naissance23 septembre 63 av. J.-C. Rome, Italie
16 autres lignesAuguste - Wikipédiawikipedia.orghttps://fr.wikipedia.org › wiki › Augustewikipedia.orghttps://fr.wikipedia.org › wiki › Auguste Auguste
Empereur romain
Suivi deTibère
Biographie
Nom de naissanceCaius Octavius
Naissance23 septembre 63 av. J.-C. Rome, Italie
16 autres lignes

15. Qui est le successeur de Napoléon 1er ?

Après sa défaite à Waterloo le 18 juin 1815, Napoléon Ier a abdiqué le 22 juin en faveur de son jeune fils qui devient Napoléon II. Mais ce dernier n'est jamais vraiment reconnu et le régime impérial est remplacé par le régime monarchique de la Restauration.

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