La corrida : art ou cruauté déguisée ?
Franchement, c’est une question que je me suis posée des dizaines de fois. Surtout depuis cette discussion animée avec mon pote Jérôme, passionné de culture espagnole (et un peu têtu aussi ). Lui te dirait que la corrida, c’est un art ancestral, une danse entre l’homme et l’animal. Moi, j’en suis venu à douter… beaucoup.
Tu te demandes sûrement : Le taureau souffre-t-il pendant la corrida ? Et surtout, à quel point ?
Spoiler : oui, et pas qu’un peu. Mais attends, lis ça avant de juger.
Le déroulement d’une corrida : un rituel bien huilé
Trois actes, plusieurs blessures
La corrida se déroule en trois temps : la tercio de varas, la tercio de banderillas et enfin la tercio de muerte. À chaque étape, le taureau perd un peu plus de sang, d’énergie, et… ouais, de sa dignité.
Au début, les picadors le percent dans le dos avec une longue lance (on appelle ça la puya).
Ensuite, les banderilles – des espèces de petits harpons – sont plantées dans ses épaules.
Et pour finir, le matador tente de lui donner la mort avec une épée, souvent ratant du premier coup (parfois il faut plusieurs essais... ça m’a glacé le sang la première fois que j’ai vu une vidéo).
Le taureau ressent-il vraiment la douleur ?
Alors là, gros débat. Certains affirment que le taureau ne ressentirait pas la douleur "comme nous", qu’il serait "conditionné pour l’arène". Franchement, cette idée me semble absurde.
Une étude vétérinaire espagnole publiée en 2016 (j’ai dû la lire deux fois) montrait clairement que le taureau développe un stress intense, des signes de souffrance physique et psychique — et même un désespoir apparent, visible dans son comportement. C’est pas juste de la biologie froide : c’est vivant, c’est réel.
Derrière les capes et les paillettes : la souffrance invisible
L'avant-arène : un taureau déjà affaibli
Ce que j’ignorais totalement avant d’en parler avec Claire (vétérinaire et militante), c’est que beaucoup de taureaux sont préalablement affaiblis avant même de rentrer dans l’arène.
Certains témoignages parlent de privation de nourriture, de coups, et même de substances administrées pour le rendre plus "docile". Ça m’a retourné l’estomac.
L’après : l’animal est-il mangé ? Respecté ?
Souvent on te dit que la viande est ensuite offerte ou mangée. Mais franchement, est-ce que ça justifie la souffrance ? Et puis, c’est pas un repas... c’est un spectacle de mort. Moi j’appelle pas ça du respect, même avec les fleurs à la fin.
Une tradition en voie d’extinction ?
Des pays qui tournent la page
Bon, soyons honnêtes : la corrida est de moins en moins tolérée. Elle est interdite en Catalogne, au Venezuela, et même dans certaines villes du sud de la France (je suis de Paris, mais j’ai des potes à Nîmes qui en parlent souvent). Le public vieillit, les jeunes désertent les arènes.
Et tu sais quoi ? Même Jérôme, le défenseur invétéré, m’a confié dernièrement : “J’adore la symbolique, mais je crois qu’on doit évoluer.” Voilà. Changement de cap.
Alors, que penser de tout ça ?
Je vais être franc avec toi : j’étais fasciné par l’esthétique de la corrida. Les costumes, la musique, la tension… C’est puissant, presque hypnotique.
Mais maintenant, je peux plus. Pas après avoir vu ce que vit le taureau. Pas après avoir compris que cette "noblesse" dont on parle est construite sur la souffrance lente et calculée d’un être vivant.
Est-ce que le taureau souffre pendant la corrida ?
Oui. Horriblement. Injustement.
Et franchement, on peut faire mieux. L’art n’a pas besoin de sang pour être beau.

