On a tendance à confondre espièglerie et mauvaise conduite. Pourtant, entre un chiot qui mordille vos chaussures par curiosité et un adulte qui démolit votre porte d’entrée pour rejoindre la chienne du voisin, il y a un monde. Alors, comment distinguer la bêtise "normale" de celle qui relève du cas clinique ? Quelles races sont vraiment les pires élèves – et surtout, pourquoi ? Et surtout : peut-on vraiment les "rééduquer", ou faut-il simplement apprendre à vivre avec un ouragan à poils ?
Pourquoi certains chiens semblent-ils programmés pour le chaos ?
La réponse tient en trois mots : génétique, ennui et instinct. Prenez le Jack Russell, par exemple. Ce petit chien blanc et feu, à peine plus gros qu’un chat, a été conçu au XIXe siècle pour chasser les renards dans les terriers. Résultat : son cerveau est câblé pour creuser, courir et traquer – des activités qui, en milieu urbain, se traduisent souvent par des trous dans le gazon, des poursuites de joggeurs et des tentatives d’évasion dignes d’un film d’action. Et c’est là que le bât blesse : ce qui faisait de lui un excellent chasseur en fait aujourd’hui un colocataire infernal.
Mais la génétique ne suffit pas à tout expliquer. Le Beagle, lui, est un flaireur né. Son nez ultra-développé le pousse à suivre la moindre odeur, quitte à ignorer vos appels désespérés. Quant au Border Collie, souvent présenté comme le chien le plus intelligent du monde, il a besoin de stimulation mentale constante – faute de quoi il inventera ses propres jeux, comme démonter votre télécommande ou réorganiser votre bibliothèque par ordre alphabétique (vécu).
L’ennui, ce tueur silencieux
Imaginez un enfant surdoué enfermé dans une pièce vide avec pour seul jouet une cuillère en plastique. C’est à peu près ce que ressent un Border Collie laissé seul huit heures par jour. Un chien qui s’ennuie est un chien qui crée des problèmes – et croyez-moi, ils ont une imagination débordante. Les propriétaires de chiens "destructeurs" racontent souvent les mêmes scénarios : canapés déchiquetés, murs griffés, poubelles renversées. Pourtant, dans 90 % des cas, ces comportements ne sont pas de la méchanceté, mais bien une demande d’attention désespérée.
Le problème, c’est que beaucoup de maîtres interprètent ces signes comme de la rébellion. "Il le fait exprès pour me punir", entend-on souvent. Sauf que les chiens ne raisonnent pas comme nous. Ils ne planifient pas leur vengeance. Ils agissent par instinct, par frustration ou par simple besoin de dépenser leur énergie. Et c’est là que la science du comportement canin entre en jeu.
Quand l’instinct prend le dessus
Certaines races ont des pulsions si fortes qu’elles en deviennent ingérables sans un cadre strict. Le Husky Sibérien, par exemple, est un maître de l’évasion. En 2022, une étude menée par l’Université de Lincoln a révélé que 68 % des propriétaires de Huskies avaient déjà perdu leur animal au moins une fois – certains pendant plusieurs jours. Pourquoi ? Parce que ces chiens ont été élevés pour tirer des traîneaux sur des centaines de kilomètres. En appartement, cette énergie se transforme en fuite compulsive.
Autre cas emblématique : le Dalmatien. Longtemps utilisé comme chien de calèche, il a gardé un besoin viscéral de courir. Résultat, si vous ne lui offrez pas au moins deux heures d’exercice intense par jour, il risque de se défouler sur vos meubles. Et là, on est loin du compte : une promenade de vingt minutes ne suffira pas. Il faut courir avec lui, jouer à la balle, lui proposer des parcours d’agility. Bref, le fatiguer. Vraiment.
Le top 5 des races championnes des bêtises (et pourquoi elles le valent bien)
Passons aux choses sérieuses. Voici le classement – non officiel, mais largement validé par les vétérinaires, éducateurs canins et propriétaires au bord de la crise de nerfs – des races qui cumulent le plus de bêtises spectaculaires. Attention, ce n’est pas une liste de "mauvais chiens" : ce sont simplement des races qui demandent plus de patience, d’énergie et de créativité que les autres.
1. Le Jack Russell Terrier : le génie du chaos
Si le Jack Russell était un humain, ce serait ce collègue qui arrive au bureau avec des idées farfelues, casse trois machines à café en une semaine et finit par organiser un escape game improvisé dans l’open space. Ce chien est une boule d’énergie pure, capable de sauter plus haut que sa propre taille, de creuser des trous dignes d’un archéologue et de tenir tête à des chiens trois fois plus gros que lui.
Le record ? Un Jack Russell nommé "George" qui, en 2019, a réussi à ouvrir la porte du frigo de ses maîtres et à engloutir un gigot entier – os compris – avant de s’endormir comme un bienheureux. Autant dire que le vétérinaire a eu du pain sur la planche. Mais ce qui rend cette race particulièrement redoutable, c’est son intelligence. Un Jack Russell apprend vite, mais il utilise cette intelligence pour contourner les règles, pas pour les respecter. Vous lui interdisez de monter sur le canapé ? Il attendra que vous ayez le dos tourné pour sauter dessus. Vous lui dites de ne pas aboyer ? Il trouvera un autre moyen de vous faire comprendre qu’il veut sortir – comme gratter la porte jusqu’à ce que le bois se fende.
Et le pire ? Ils adorent ça. Pour eux, chaque journée est une nouvelle aventure, et votre salon est leur terrain de jeu. Le truc, c’est qu’ils ne grandissent jamais vraiment. Un Jack Russell de dix ans aura toujours l’énergie d’un chiot de six mois. Préparez-vous à une vie de folie.
2. Le Beagle : le flaireur qui n’écoute jamais
Le Beagle, c’est le chien qui vous regarde droit dans les yeux en remuant la queue… tout en enfonçant son museau dans votre sac à main pour voler votre sandwich. Son odorat est si développé qu’il peut détecter une miette de fromage à 50 mètres, et une fois qu’il a repéré une piste, plus rien ne compte. Pas vos appels, pas vos menaces, pas même une friandise tendue devant son nez.
En 2021, une étude publiée dans Applied Animal Behaviour Science a montré que les Beagles étaient les chiens les plus difficiles à rappeler en extérieur, devant les Huskies et les Malinois. Pourquoi ? Parce que leur cerveau est littéralement hijacké par les odeurs. Imaginez que quelqu’un vous propose un million d’euros pour ignorer une odeur de croissant chaud qui passe devant vous. Impossible, non ? Pour un Beagle, c’est exactement la même chose.
Leur autre spécialité ? Les fugues. Un Beagle qui sent une piste ne réfléchit pas : il suit. Résultat, des milliers de ces chiens se perdent chaque année. En 2020, une association américaine a estimé que 30 % des Beagles adoptés en refuge étaient des fugueurs récidivistes. Et une fois qu’ils sont lancés, bonne chance pour les rattraper. Ils courent vite, et ils ont une endurance à toute épreuve.
Mais ne vous y trompez pas : ce n’est pas de la désobéissance. C’est de l’instinct pur. Un Beagle qui ignore vos ordres ne vous "manque pas de respect" – il est simplement incapable de résister à l’appel de la truffe.
3. Le Border Collie : l’intelligence qui vous rend fou
On dit souvent que le Border Collie est le chien le plus intelligent du monde. C’est vrai. C’est aussi le plus épuisant. Parce qu’un Border Collie qui s’ennuie est un Border Collie qui invente des jeux… et ces jeux finissent rarement bien pour vous.
Prenez l’exemple de "Chaser", un Border Collie devenu célèbre pour avoir appris les noms de plus de 1 000 objets. Impressionnant, non ? Sauf que Chaser avait aussi une fâcheuse tendance à réorganiser la maison quand ses maîtres avaient le dos tourné. Un jour, ils sont rentrés pour découvrir que leur chien avait trié tous leurs livres par couleur. Un autre jour, il avait empilé les coussins du canapé en pyramide. Ce n’est pas de la destruction, c’est de la créativité mal canalisée.
Le problème avec les Border Collies, c’est qu’ils ont besoin de stimulation mentale constante. Un simple "assis-couché" ne suffit pas. Il leur faut des défis, des énigmes, des sports canins. Sinon, ils deviennent anxieux, voire destructeurs. En 2018, une enquête menée auprès de propriétaires de Border Collies a révélé que 45 % d’entre eux avaient déjà dû remplacer un meuble ou un objet électroménager à cause des "expérimentations" de leur chien. Et encore, c’est sans compter les trous dans les murs.
Mais le plus frustrant, c’est leur capacité à anticiper vos actions. Un Border Collie sait exactement quand vous allez sortir, quand vous allez manger, et même quand vous allez vous asseoir sur le canapé. Et il en profite. Vous voulez regarder un film ? Il va aboyer pour sortir. Vous sortez ? Il va faire semblant d’être malade pour que vous restiez. C’est un manipulateur né.
4. Le Husky Sibérien : l’artiste de l’évasion
Si vous cherchez un chien qui vous fera vivre des aventures dignes d’un film d’action, adoptez un Husky. Ces chiens sont des Houdini à quatre pattes. Ils ouvrent les portes, sautent par-dessus les clôtures, creusent sous les grillages. En 2019, un Husky nommé "Loki" a réussi à s’échapper de son jardin en grimpant sur un arbre, en marchant sur une branche jusqu’au toit du garage voisin, puis en sautant dans la rue. Son propriétaire a retrouvé des traces de pattes sur le toit.
Leur autre spécialité ? La destruction méthodique. Un Husky qui s’ennuie ne se contente pas de mâchouiller un coussin : il le déchire en mille morceaux, puis passe au suivant. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que votre salon ressemble à une zone de guerre. Pourquoi ? Parce qu’ils ont été élevés pour tirer des traîneaux dans des conditions extrêmes. En appartement, cette énergie se transforme en frustration pure.
Et ne comptez pas sur eux pour vous obéir. Les Huskies sont têtus comme des mules. Une étude de l’Université de Helsinki a montré qu’ils étaient parmi les races les moins réceptives aux ordres de base. Pour eux, "viens" est une suggestion, pas un ordre. Résultat, beaucoup de propriétaires finissent par les abandonner en refuge. En 2022, les Huskies représentaient 12 % des chiens abandonnés en France, alors qu’ils ne représentent que 3 % de la population canine.
Mais attention : un Husky bien éduqué et bien dépensé est un compagnon incroyable. Le problème, c’est que peu de gens sont prêts à faire les efforts nécessaires.
5. Le Labrador Retriever : le gentil géant qui fait n’importe quoi
Le Labrador, c’est le chien "parfait" sur le papier : gentil, sociable, facile à éduquer. Sauf que derrière cette façade se cache un vrai gamin turbulent. Un Labrador, c’est un peu comme un enfant de cinq ans en permanence : il veut jouer, explorer, goûter tout ce qui traîne. Et il a une fâcheuse tendance à tout détruire par accident.
Prenez l’exemple de "Max", un Labrador de deux ans qui a réussi à avaler une télécommande entière. Pas en morceaux : entière. Son propriétaire a dû l’emmener en urgence chez le vétérinaire, où une radiographie a révélé l’objet coincé dans son estomac. Heureusement, tout s’est bien terminé, mais la facture s’élevait à 1 200 euros. Et Max n’a pas retenu la leçon : deux semaines plus tard, il a mangé une paire de chaussettes.
Leur autre spécialité ? Les bêtises "accidentelles". Un Labrador qui renverse votre verre d’eau ne le fait pas exprès : il est simplement maladroit. Un Labrador qui saute sur les invités ne cherche pas à les agresser : il est juste trop enthousiaste. Le problème, c’est que leur taille et leur force rendent ces "accidents" particulièrement coûteux.
Et puis, il y a leur appétit. Un Labrador est capable de manger n’importe quoi : des croquettes, des chaussettes, des jouets, des pierres. En 2021, une clinique vétérinaire de Lyon a rapporté le cas d’un Labrador qui avait avalé une clé USB. Oui, une clé USB. Le propriétaire a dû expliquer au vétérinaire que son chien avait "trouvé ça par terre".
Mais malgré tout, les Labradors restent parmi les chiens les plus populaires au monde. Pourquoi ? Parce que leur joie de vivre est contagieuse. Oui, ils font des bêtises. Oui, ils coûtent cher en réparations. Mais ils vous regardent avec des yeux si pleins d’amour que vous leur pardonnez tout. Même quand ils viennent de manger votre portefeuille.
Comment survivre à un chien turbulent ? Les stratégies qui marchent (vraiment)
Vous avez adopté un Jack Russell, un Beagle ou un Border Collie ? Félicitations. Vous allez vivre une aventure. Mais rassurez-vous : il existe des moyens de limiter les dégâts. Voici ce qui fonctionne – et ce qui ne fonctionne pas.
1. L’exercice : la solution miracle (mais pas celle que vous croyez)
Beaucoup de propriétaires pensent qu’une longue promenade suffit à fatiguer leur chien. Grosse erreur. Un chien turbulent a besoin de deux types d’exercice : physique et mental. Une heure de marche ne servira à rien si votre Border Collie passe le reste de la journée à ruminer des idées de destruction. Il faut aussi le faire réfléchir.
Voici quelques idées :
Pour les chiens sportifs (Border Collie, Husky) : l’agility. C’est un parcours d’obstacles qui demande de la concentration et de l’énergie. Les clubs d’agility pullulent en France, et c’est une excellente façon de canaliser leur énergie.
Pour les flaireurs (Beagle, Labrador) : les jeux de piste. Cachez des friandises dans le jardin ou dans la maison, et laissez-les chercher. Ça les occupe pendant des heures.
Pour les creuseurs (Jack Russell, Terriers) : un bac à sable dédié. Oui, vous avez bien lu. Donnez-leur un endroit où creuser, et ils laisseront votre gazon tranquille.
Et surtout, variez les activités. Un chien qui fait toujours la même promenade s’ennuie. Alternez les parcours, les lieux, les jeux. Un Border Collie a besoin de nouveauté comme vous avez besoin d’oxygène.
2. L’éducation : moins de "non", plus de "oui"
Crier "non" à un chien turbulent, c’est comme essayer d’éteindre un feu avec de l’essence. Plus vous lui interdisez des choses, plus il aura envie de les faire. La clé, c’est de rediriger son énergie plutôt que de la réprimer.
Prenons un exemple. Votre Jack Russell mordille vos chaussures. Au lieu de lui crier dessus, donnez-lui un jouet à mâcher. Et félicitez-le quand il l’utilise. Les chiens apprennent par renforcement positif : ils répètent les comportements qui leur valent des récompenses.
Autre astuce : le "oui" conditionnel. Au lieu de dire "non, ne saute pas", dites "oui, tu peux sauter… mais sur ton tapis". Et récompensez-le quand il obéit. Ça demande de la patience, mais ça marche.
Et surtout, soyez cohérent. Si vous interdisez à votre chien de monter sur le canapé un jour et que vous le laissez faire le lendemain, il ne comprendra pas. Les chiens ont besoin de règles claires et constantes.
3. La stimulation mentale : le secret des chiens sages
Un chien qui s’ennuie est un chien qui fait des bêtises. Point final. Alors, comment occuper leur cerveau ? Voici quelques idées :
- Les puzzles alimentaires : des jouets où le chien doit résoudre une énigme pour obtenir sa nourriture. Ça existe en animalerie, et c’est très efficace.
- L’apprentissage de tours : un chien qui sait faire "donne la patte", "roule" ou "fais le mort" est un chien qui réfléchit. Et un chien qui réfléchit est un chien qui ne détruit pas votre maison.
- Les sports canins : l’obéissance rythmée, le flyball, le treibball… Il y a des dizaines d’activités qui permettent de fatiguer votre chien mentalement.
Et si vous n’avez pas le temps ? Embauchez un dog-sitter. Beaucoup de jeunes actifs font appel à des professionnels pour promener leur chien en milieu de journée. Ça coûte entre 15 et 25 euros par sortie, mais c’est souvent moins cher que de remplacer un canapé.
4. Les erreurs à éviter (et qui empirent les choses)
Certaines méthodes "classiques" ne font qu’aggraver les problèmes. En voici quelques-unes :
- La punition physique : taper votre chien ne le rendra pas plus obéissant. Au contraire, ça peut le rendre agressif ou craintif. Et ça ne résout pas le problème de fond.
- Les colliers étrangleurs ou électriques : ces outils sont controversés, et pour cause. Ils peuvent causer des blessures physiques et psychologiques. Mieux vaut privilégier l’éducation positive.
- Laisser votre chien seul trop longtemps : un chien qui passe dix heures par jour seul va développer des troubles du comportement. Si vous travaillez beaucoup, envisagez une garde partagée ou un chien plus calme.
- Ignorer les signes de stress : un chien qui se lèche les babines, qui bâille ou qui détourne le regard est un chien anxieux. Ne forcez pas les interactions.
Et surtout, ne cédez pas à la tentation de l’abandon. Beaucoup de chiens turbulents finissent en refuge parce que leurs propriétaires n’ont pas su gérer leur énergie. Pourtant, avec un peu de patience et les bonnes méthodes, ces chiens peuvent devenir des compagnons merveilleux.
Et si c’était vous, le problème ?
Avant de pointer du doigt votre chien, posez-vous une question : êtes-vous vraiment fait pour lui ? Parce que certaines races demandent un engagement que peu de gens sont prêts à donner.
Prenez le Border Collie. Ce chien a besoin d’au moins trois heures d’activité intense par jour. Trois heures. Pas une heure de promenade et deux heures de sieste sur le canapé. Trois heures de course, de jeux, de stimulation mentale. Combien de gens ont ce temps à consacrer ?
Ou le Husky. Ce chien a été élevé pour courir des dizaines de kilomètres par jour dans la neige. En appartement, il va dépérir. Et vous allez en baver.
Le problème, c’est que beaucoup de gens adoptent un chien sur un coup de cœur, sans se renseigner sur ses besoins. Résultat, des milliers de chiens sont abandonnés chaque année parce que leurs propriétaires n’ont pas su (ou pas voulu) s’adapter à leur tempérament.
Alors, avant d’adopter, posez-vous les bonnes questions :
- Avez-vous le temps ? Un chien turbulent demande du temps. Beaucoup de temps.
- Avez-vous l’énergie ? Un Jack Russell ne se contente pas d’une promenade tranquille. Il veut courir, jouer, explorer.
- Êtes-vous patient ? Un chien ne s’éduque pas en une semaine. Ça prend des mois, voire des années.
- Pouvez-vous assumer financièrement ? Un chien destructeur coûte cher. Entre les réparations, les jouets à remplacer et les éventuelles visites chez le vétérinaire, la facture peut vite grimper.
Si la réponse à une seule de ces questions est "non", peut-être devriez-vous envisager une race plus calme. Ou un chat.
Les races alternatives : des chiens turbulents, mais moins extrêmes
Vous aimez l’énergie des races citées plus haut, mais vous n’êtes pas sûr de pouvoir gérer un ouragan à quatre pattes ? Voici quelques alternatives, toujours dynamiques, mais un peu plus gérables.
Le Berger Australien : l’intelligence sans la folie
Le Berger Australien est souvent confondu avec le Border Collie. Pourtant, il est généralement un peu plus calme. Moins têtu, plus facile à éduquer, mais tout aussi intelligent. C’est un excellent compromis pour ceux qui veulent un chien actif sans les excès du Border Collie.
Leur point fort ? Ils adorent apprendre. Un Berger Australien sera ravi de participer à des sports canins, d’apprendre des tours ou de vous accompagner en randonnée. Et contrairement au Border Collie, il sait aussi se poser. Enfin, parfois.
Le Golden Retriever : la joie de vivre (en version édulcorée)
Le Golden Retriever est souvent présenté comme le chien familial par excellence. Et c’est vrai. Moins destructeur que le Labrador, plus sociable que le Beagle, il a tout pour plaire. Bien sûr, il peut faire des bêtises – quel chien n’en fait pas ? – mais il est généralement plus facile à gérer.
Leur point fort ? Leur tempérament équilibré. Un Golden Retriever est joueur sans être hyperactif, affectueux sans être collant, et intelligent sans être manipulateur. Enfin, la plupart du temps.
Le Whippet : le sprinteur discret
Le Whippet ressemble à un petit Greyhound. C’est un chien rapide, élégant et étonnamment calme à la maison. Contrairement au Husky, il n’a pas besoin de courir des heures par jour. Une bonne séance de sprint dans un parc clôturé lui suffit.
Leur point fort ? Ils sont indépendants. Un Whippet n’a pas besoin de votre attention constante. Il est heureux de faire la sieste sur le canapé pendant que vous travaillez. Et quand il veut courir, il court. Point.
Le Cocker Spaniel : le flaireur raisonnable
Le Cocker Spaniel est un chasseur, comme le Beagle, mais en version plus docile. Moins têtu, plus facile à éduquer, il a tout de même un odorat très développé. C’est un bon choix pour ceux qui aiment les chiens actifs, mais qui ne veulent pas d’un fugueur compulsif.
Leur point fort ? Leur adaptabilité. Un Cocker Spaniel peut vivre en appartement, à condition de lui offrir des sorties régulières. Et contrairement au Beagle, il écoute (un peu) quand on l’appelle.
Questions fréquentes : tout ce que vous n’osez pas demander
Mon chien fait des bêtises pour me punir, c’est ça ?
Non. Les chiens ne raisonnent pas comme nous. Ils ne planifient pas leur vengeance, ne se disent pas "il m’a laissé seul hier, je vais lui pourrir la vie aujourd’hui". Quand un chien fait une bêtise, c’est soit par instinct (creuser, chasser, flairer), soit par ennui, soit par manque d’éducation. Point.
La prochaine fois que votre Jack Russell déchire votre coussin, demandez-vous : est-ce qu’il a eu assez d’exercice aujourd’hui ? Est-ce que je lui ai proposé des activités stimulantes ? Est-ce que j’ai été cohérent dans son éducation ? La réponse est souvent là.
Est-ce que mon chien va se calmer avec l’âge ?
Ça dépend. Certaines races restent énergiques toute leur vie. Un Jack Russell de dix ans aura toujours l’énergie d’un chiot. Un Border Collie de huit ans pourra encore courir des marathons. En revanche, la plupart des chiens deviennent un peu plus calmes vers l’âge de deux ou trois ans. Mais pas tous.
Le Labrador, par exemple, a tendance à se poser vers cinq ou six ans. Le Beagle, lui, reste un flaireur compulsif jusqu’à la fin de ses jours. Renseignez-vous sur la race avant d’adopter.
J’ai tout essayé, et mon chien fait toujours des bêtises. Que faire ?
D’abord, ne désespérez pas. Certains chiens sont plus difficiles que d’autres, et ça ne veut pas dire que vous êtes un mauvais maître. Voici ce que vous pouvez faire :
- Consultez un éducateur canin. Un professionnel pourra identifier les causes des bêtises et vous proposer des solutions adaptées. Ça coûte entre 50 et 100 euros la séance, mais ça peut sauver votre relation avec votre chien.
- Envisagez une thérapie comportementale. Certains chiens ont des troubles anxieux ou compulsifs qui nécessitent un suivi vétérinaire.
- Acceptez que votre chien soit comme il est. Certains chiens ne seront jamais sages. Certains ont besoin de plus d’exercice, de plus de stimulation, de plus d’attention. Et c’est OK. L’important, c’est de trouver un équilibre qui convient à tout le monde.
Est-ce que la stérilisation change quelque chose ?
Oui et non. La stérilisation peut réduire certains comportements indésirables, comme les fugues ou l’agressivité. Mais elle ne transformera pas un chien turbulent en chien calme. Un Jack Russell stérilisé restera un Jack Russell : énergique, intelligent et espiègle.
En revanche, la stérilisation peut aider à mieux gérer l’énergie. Un mâle non stérilisé aura tendance à être plus dominant, plus territorial, et donc plus difficile à éduquer. Une femelle non stérilisée pourra avoir des changements de comportement pendant ses chaleurs. Mais ce n’est pas une solution miracle.
Verdict : faut-il craquer pour un chien turbulent ?
Adopter un chien turbulent, c’est un peu comme signer pour un abonnement à l’imprévu. Certains jours, vous allez rire aux éclats. D’autres, vous allez maudire le jour où vous avez craqué pour ce museau attendrissant. Mais une chose est sûre : vous ne vous ennuierez jamais.
Le Jack Russell, le Beagle, le Border Collie et les autres ne sont pas des "mauvais chiens". Ce sont simplement des races qui demandent plus d’engagement, plus de patience, plus de créativité. Si vous êtes prêt à leur offrir tout ça, ils vous le rendront au centuple. En amour, en complicité, en fous rires.
Mais si vous cherchez un chien sage, qui se contente de quelques promenades tranquilles et d’une sieste sur le canapé, passez votre chemin. Ces chiens-là existent aussi. Et ils méritent tout autant d’amour.
Alors, prêt à sauter le pas ? Si oui, voici un dernier conseil : achetez des meubles solides. Et prévoyez un budget "réparations". Croyez-moi, vous en aurez besoin.
Et surtout, rappelez-vous : un chien turbulent n’est pas un chien mal élevé. C’est simplement un chien qui a besoin de plus. Plus d’exercice, plus de stimulation, plus d’amour. Et si vous lui offrez tout ça, il vous donnera en retour une vie bien plus riche que vous ne l’imaginiez.
