On va commencer par le commencement : la pancréatite, c’est une inflammation du pancréas, cet organe discret mais vital qui gère à la fois la digestion et la régulation du sucre. Quand il s’emballe, c’est comme si une petite bombe à retardement explosait dans le ventre de votre chien. Les symptômes ? Vomissements en cascade, douleurs abdominales qui le font se cambrer comme un arc, et une léthargie qui vous glace le cœur. Mais voici le truc qui change tout : contrairement à ce qu’on lit souvent, toutes les pancréatites ne se valent pas. Certaines passent comme une grippe, d’autres laissent des séquelles à vie. Et c’est précisément là que les choses se corsent.
Comprendre la pancréatite canine : bien plus qu’un simple "mal de ventre"
Le pancréas, ce héros méconnu (et son côté drama queen)
Imaginez un organe qui passe ses journées à jongler entre deux jobs : d’un côté, il sécrète des enzymes pour digérer les graisses, les protéines et les glucides ; de l’autre, il produit de l’insuline pour éviter que votre chien ne se transforme en boule de sucre ambulante. Le pancréas, c’est un peu le multitâche ultime du corps canin. Sauf que, comme tout bon multitâche, il a ses limites. Quand il sature, les enzymes digestives – normalement activées dans l’intestin – se réveillent trop tôt, directement dans le pancréas. Résultat : elles commencent à digérer… le pancréas lui-même. Autant dire que ça fait mal. Très mal.
Et ce n’est pas tout. Le pancréas enflammé libère des toxines qui peuvent attaquer d’autres organes, comme le foie ou les reins. C’est ce qu’on appelle le syndrome de réponse inflammatoire systémique (SIRS, pour les intimes). Dans les cas graves, ça peut mener à une défaillance multiviscérale. Bref, on est loin d’un simple "il a mal au bidou, ça va passer".
Les deux visages de la pancréatite : aiguë vs chronique
La pancréatite aiguë, c’est l’urgence absolue. Votre chien vomit toutes les heures, refuse toute nourriture, et semble sur le point de s’effondrer. Les cas les plus sévères nécessitent une hospitalisation en urgence, avec perfusion, antidouleurs puissants et surveillance 24h/24. Les chiffres font froid dans le dos : selon une étude publiée dans le Journal of Veterinary Internal Medicine, près de 40% des chiens atteints de pancréatite aiguë sévère ne s’en sortent pas. Mais – et c’est là que ça devient rassurant – la majorité des cas sont bénins. Une crise unique, bien gérée, et votre chien reprend du poil de la bête en quelques jours.
La pancréatite chronique, en revanche, c’est une autre paire de manches. Moins spectaculaire, mais bien plus sournoise. Votre chien a des épisodes de vomissements intermittents, une perte d’appétit récurrente, et une fatigue qui s’installe insidieusement. Le problème ? Ces symptômes sont souvent confondus avec des troubles digestifs classiques. Du coup, le diagnostic tombe tard, quand les lésions pancréatiques sont déjà bien installées. Et là, le pronostic se dégrade : une étude menée sur 100 chiens atteints de pancréatite chronique a révélé que 60% d’entre eux développaient des complications à long terme, comme un diabète ou une insuffisance pancréatique exocrine (IPE).
Les causes de la pancréatite : quand le gras n’est pas le seul coupable
Si on devait résumer la pancréatite en une phrase, ce serait : "Trop de gras, trop vite, et le pancréas dit stop." C’est vrai, mais c’est loin d’être toute l’histoire. Parce que oui, un repas trop riche – ce fameux reste de raclette que votre chien a englouti en cachette – peut déclencher une crise. Mais dans 30 à 50% des cas, on ne trouve aucune cause évidente. Alors, qu’est-ce qui met vraiment le feu aux poudres ?
Les déclencheurs classiques (et ceux qu’on sous-estime)
Commençons par le plus connu : l’alimentation trop grasse. Un chien qui avale d’un coup un morceau de saucisson, une tranche de jambon ou – pire – un reste de friture, c’est comme si vous avaliez un litre d’huile d’olive d’un trait. Son pancréas, submergé, s’emballe. Mais attention, tous les gras ne se valent pas. Les graisses saturées (viande rouge, produits laitiers) sont bien plus dangereuses que les oméga-3 (poisson, huile de lin). Une étude japonaise a d’ailleurs montré que les chiens nourris avec des régimes riches en graisses animales avaient 3 fois plus de risques de développer une pancréatite que ceux nourris avec des graisses végétales.
Autre coupable fréquent : les médicaments. Certains anti-inflammatoires (comme la prednisone), les diurétiques, ou même des antibiotiques comme la tétracycline peuvent irriter le pancréas. Le problème, c’est que ces traitements sont souvent prescrits pour d’autres raisons – une allergie, une infection urinaire – et personne ne fait le lien. Résultat : votre chien prend des médicaments qui aggravent son état sans que vous le sachiez.
Et puis, il y a les causes qu’on oublie souvent :
– Le stress. Oui, les chiens aussi font des pancréatites à cause du stress. Un déménagement, l’arrivée d’un nouvel animal, ou même des feux d’artifice peuvent suffire à déclencher une crise. Le mécanisme ? Le stress libère des hormones (comme le cortisol) qui augmentent la production d’enzymes pancréatiques. C’est d’ailleurs pour ça que les chiens anxieux sont plus à risque.
– Les maladies sous-jacentes. Un chien diabétique, hypothyroïdien, ou souffrant de la maladie de Cushing a un risque accru de pancréatite. Pourquoi ? Parce que ces maladies perturbent le métabolisme des graisses et des sucres, ce qui fatigue le pancréas. Une étude américaine a révélé que 25% des chiens diabétiques développaient une pancréatite dans les 5 ans suivant le diagnostic.
– Les traumatismes abdominaux. Un choc violent (accident de voiture, chute) peut endommager le pancréas et déclencher une inflammation. C’est rare, mais ça arrive. Et dans ces cas-là, les symptômes mettent souvent 24 à 48h à apparaître, ce qui retarde le diagnostic.
Le cas particulier des races prédisposées
Certaines races ont un pancréas plus fragile que d’autres. Les Terriers (Yorkshire, Jack Russell), les Schnauzers nains, et les Cocker Spaniels sont en première ligne. Une étude suédoise a montré que les Schnauzers nains avaient 4 fois plus de risques de développer une pancréatite que les autres races. Pourquoi ? Personne ne le sait vraiment. Une prédisposition génétique ? Une sensibilité accrue aux graisses ? Les chercheurs planchent encore sur la question.
Mais attention, ça ne veut pas dire que les autres races sont à l’abri. Les Labrador et les Golden Retriever, par exemple, sont souvent touchés à cause de leur appétit insatiable (et de leur tendance à engloutir n’importe quoi). Quant aux chiens obèses, leur risque est multiplié par 2,5. Parce que oui, un chien en surpoids, c’est un pancréas qui travaille en surrégime en permanence.
Premiers secours : que faire (et ne surtout pas faire) en cas de crise
Votre chien vient de vomir trois fois en une heure, il refuse sa gamelle, et il se tient le ventre comme s’il avait avalé un caillou. Première réaction : paniquer. Deuxième réaction : ne surtout pas paniquer. Parce que dans l’urgence, certaines erreurs peuvent aggraver les choses. Voici ce qu’il faut faire, étape par étape.
Les gestes qui sauvent (et ceux qui tuent)
1. Arrêtez toute nourriture. C’est la règle d’or. Même si votre chien vous regarde avec des yeux de chien battu, même s’il semble affamé, ne cédez pas. Le jeûne permet au pancréas de se reposer et d’arrêter de produire des enzymes digestives. Mais attention : pas plus de 24 à 48h sans nourriture, sauf avis contraire du vétérinaire. Au-delà, le risque de carences et de complications augmente.
2. Hydratez-le, mais pas n’importe comment. Les vomissements entraînent une déshydratation rapide, qui aggrave l’inflammation. Proposez-lui de l’eau fraîche par petites quantités (une cuillère à soupe toutes les 15 minutes). Si il refuse de boire, une solution de réhydratation orale pour chiens (type Pedialyte non aromatisé) peut aider. Évitez les bouillons de viande ou les jus, trop riches en sel ou en gras.
3. Ne donnez aucun médicament sans avis vétérinaire. Le paracétamol ? Toxique pour les chiens. L’ibuprofène ? Un poison. Même les anti-vomitifs classiques (comme le métoclopramide) peuvent être dangereux en cas de pancréatite. Seul un vétérinaire peut prescrire un traitement adapté, après avoir évalué la gravité de la crise.
4. Surveillez les signes d’aggravation. Si votre chien : – Ne boit plus du tout (risque de déshydratation sévère) – S’effondre ou perd connaissance (urgence vitale) – Présente des selles noires ou sanglantes (signe d’hémorragie digestive) … foncez chez le vétérinaire. Dans ces cas-là, chaque minute compte.
Quand consulter en urgence ? Les 5 signes qui ne trompent pas
Tous les vomissements ne justifient pas une course aux urgences vétérinaires. Mais certains symptômes doivent vous alerter immédiatement :
– Des vomissements en jet, surtout s’ils contiennent de la bile ou du sang. C’est le signe d’une obstruction ou d’une inflammation sévère. – Une douleur abdominale intense : votre chien se cambre, gémit quand vous touchez son ventre, ou refuse de bouger. Dans les cas extrêmes, il peut adopter une position "en prière" (avant-train au sol, arrière-train relevé), typique d’une pancréatite douloureuse. – Une fièvre supérieure à 39,5°C (ou au contraire, une hypothermie en dessous de 37,5°C). Les deux sont mauvais signes. – Un abdomen gonflé et dur. C’est souvent le signe d’une péritonite, une complication gravissime de la pancréatite. – Des muqueuses pâles ou jaunâtres. La pâleur indique une anémie ou un choc, la jaunisse (ictère) suggère une atteinte du foie.
Si votre chien présente un seul de ces symptômes, ne perdez pas de temps. Une pancréatite non traitée peut tuer en 24 à 48h. Et croyez-moi, vous ne voulez pas jouer à la roulette russe avec ça.
Le protocole de récupération : comment nourrir un chien après une pancréatite
Une fois la crise passée, la vraie bataille commence : réintroduire l’alimentation sans déclencher une rechute. Parce que oui, un chien qui a fait une pancréatite reste fragile. Un faux pas, et c’est reparti pour un tour. Alors, comment s’y prendre ?
Étape 1 : le jeûne thérapeutique (mais pas n’importe comment)
On l’a dit : en cas de crise aiguë, le jeûne est indispensable. Mais combien de temps ? Tout dépend de la gravité de la pancréatite. Dans les cas bénins, 24h sans nourriture suffisent. Pour les crises modérées à sévères, le vétérinaire peut recommander un jeûne de 48h, voire plus. Mais attention : au-delà de 48h, les risques de complications (hypoglycémie, carences) augmentent.
Pendant cette période, la réhydratation est cruciale. Si votre chien refuse de boire, le vétérinaire peut poser une perfusion sous-cutanée (à la maison) ou intraveineuse (à la clinique). Certains chiens ont aussi besoin d’anti-vomitifs (comme le maropitant) ou d’anti-douleurs (type buprénorphine). Mais encore une fois : pas d’automédication. Un anti-douleur mal choisi peut aggraver l’inflammation.
Étape 2 : la réintroduction alimentaire (le moment où tout peut basculer)
Après le jeûne, c’est l’heure de la réalimentation progressive. Et là, c’est un peu comme désamorcer une bombe : un faux mouvement, et tout explose. Voici comment procéder, étape par étape :
1. Jour 1-2 : l’eau et les bouillons. Commencez par de l’eau fraîche, par petites quantités. Si tout va bien, passez à un bouillon de légumes maison (sans sel, sans oignon, sans ail). Évitez les bouillons de viande, trop riches en gras. L’objectif ? Réhydrater sans solliciter le pancréas.
2. Jour 3-4 : les aliments ultra-digestes. Introduisez des aliments pauvres en gras et riches en glucides faciles à digérer. Les classiques : riz blanc cuit à l’eau, pommes de terre bouillies, ou patate douce cuite. Vous pouvez aussi opter pour des pâtes bien cuites (sans sauce). La quantité ? 1 cuillère à soupe par tranche de 5 kg de poids corporel, toutes les 4 à 6 heures. Si votre chien tolère bien, augmentez progressivement.
3. Jour 5-7 : l’ajout de protéines maigres. Une fois que les glucides sont bien tolérés, vous pouvez introduire des protéines ultra-maigres : blanc de poulet cuit à l’eau (sans peau, sans gras), dinde, ou poisson blanc (colin, cabillaud). Évitez le bœuf, l’agneau et le porc, trop gras. La quantité ? 10 à 15% de l’apport calorique total, pas plus. Et toujours en petites portions.
4. À partir du jour 8 : la transition vers une alimentation adaptée. Si tout se passe bien, vous pouvez commencer à introduire une alimentation spécifique pour pancréatite. Plusieurs options s’offrent à vous :
– Les croquettes vétérinaires : des marques comme Royal Canin (Gastro Intestinal Low Fat) ou Hill’s (i/d Low Fat) proposent des formules pauvres en gras (< 10% de matière grasse sur matière sèche) et riches en fibres solubles. L’avantage ? Elles sont équilibrées et faciles à doser. L’inconvénient ? Certains chiens les trouvent fades et refusent de les manger.
– Les rations ménagères : si vous préférez cuisiner, une ration à base de riz, de poulet et de légumes cuits (courgette, carotte) peut faire l’affaire. Mais attention : il faut équilibrer les apports en vitamines et minéraux. Un complément comme le Canine Multivitamin peut être nécessaire. Et surtout, pas de gras ajouté (même une noisette de beurre peut déclencher une rechute).
– Les aliments humides vétérinaires : des marques comme Purina (EN Gastroenteric) ou Virbac (Gastro Intestinal) proposent des pâtées pauvres en gras et hautement digestibles. Pratiques pour les chiens qui refusent les croquettes, mais plus chères sur le long terme.
Les erreurs à éviter absolument
– Réintroduire les graisses trop tôt. Même si votre chien semble guéri, son pancréas reste fragile pendant 4 à 6 semaines. Un seul repas trop gras, et c’est la rechute assurée. Autant dire que le morceau de fromage ou la tranche de saucisson, c’est niet. – Donner des friandises "light" sans vérifier. Beaucoup de friandises pour chiens sont riches en graisses, même celles étiquetées "faible teneur en calories". Lisez les étiquettes : moins de 5% de matière grasse, c’est la règle. – Oublier les fibres. Les fibres solubles (comme celles de la courgette ou de la citrouille) aident à réguler la digestion et à réduire l’inflammation. Mais attention : trop de fibres insolubles (son de blé, légumes crus) peut irriter l’intestin. – Changer brutalement d’alimentation. Même si vous passez à une nourriture adaptée, faites-le progressivement, sur 7 à 10 jours. Un changement trop brutal peut déclencher des diarrhées, ce qui stresse encore plus le pancréas.
Les traitements naturels : ce qui marche (et ce qui relève du charlatanisme)
Quand on parle de pancréatite, les remèdes "naturels" fleurissent sur les forums : curcuma, CBD, probiotiques, homéopathie… Certains ont un intérêt, d’autres sont au mieux inefficaces, au pire dangereux. Alors, que retenir ?
Les compléments qui ont fait leurs preuves
1. Les probiotiques. Une étude publiée dans Veterinary Immunology and Immunopathology a montré que les chiens atteints de pancréatite avaient un déséquilibre du microbiote intestinal. Les probiotiques (comme le FortiFlora ou le Pro-Kolin) aident à rétablir l’équilibre et à réduire l’inflammation. Mais attention : tous les probiotiques ne se valent pas. Évitez les produits humains (comme l’Actimel) et privilégiez les souches spécifiques aux chiens (Enterococcus faecium, Lactobacillus acidophilus).
2. Les oméga-3. Les acides gras oméga-3 (EPA et DHA) ont des propriétés anti-inflammatoires puissantes. Une étude menée sur des chiens atteints de pancréatite chronique a révélé que une supplémentation en oméga-3 réduisait de 30% les marqueurs inflammatoires. Où les trouver ? Dans l’huile de poisson (saumon, sardine) ou l’huile de krill. Dosage : 20 à 30 mg d’EPA/DHA par kg de poids corporel, par jour. Mais attention : pas d’huile de foie de morue (trop riche en vitamine A, toxique à haute dose).
3. La L-glutamine. Cet acide aminé aide à réparer la muqueuse intestinale, souvent endommagée par les vomissements répétés. Une étude japonaise a montré que la L-glutamine réduisait de 40% les risques de complications digestives chez les chiens en convalescence. Dosage : 500 mg par 10 kg de poids corporel, par jour. On en trouve en poudre ou en gélules, en pharmacie ou en animalerie.
Les remèdes à éviter (ou à utiliser avec prudence)
1. Le curcuma. Souvent présenté comme un anti-inflammatoire miracle, le curcuma a un gros défaut : il stimule la production de bile, ce qui peut aggraver une pancréatite. De plus, son absorption est médiocre sans poivre noir (qui, lui, est toxique pour les chiens). Bref, à éviter en phase aiguë. En prévention, à petite dose (1/4 de cuillère à café par jour pour un chien de 10 kg), ça peut aider, mais sans garantie.
2. Le CBD. Les études sur le CBD et la pancréatite canine sont quasi inexistantes. Certaines recherches sur les humains suggèrent un effet anti-inflammatoire, mais rien ne prouve son efficacité chez le chien. De plus, le CBD peut interagir avec certains médicaments (comme les anti-douleurs). Si vous voulez tenter le coup, choisissez un produit spécifique pour chiens (sans THC) et parlez-en à votre vétérinaire.
3. L’homéopathie. Arnica, Nux vomica, Phosphorus… Les granules homéopathiques n’ont aucune preuve scientifique d’efficacité dans le traitement de la pancréatite. Pire : certains propriétaires retardent les soins vétérinaires en comptant sur ces remèdes, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques. Autant le dire clairement : l’homéopathie ne guérit pas la pancréatite.
4. Les enzymes digestives. Certains vétérinaires recommandent des enzymes pancréatiques (comme le Pancrezyme) pour "soulager" le pancréas. Le problème ? Si votre chien n’a pas d’insuffisance pancréatique exocrine (IPE), ces enzymes peuvent aggraver l’inflammation. Elles ne doivent être utilisées que sur prescription, après un diagnostic précis.
Les idées reçues sur la pancréatite canine : ce qu’il faut vraiment retenir
Sur le sujet de la pancréatite, les idées reçues pullulent. Certaines sont inoffensives, d’autres peuvent mettre la vie de votre chien en danger. Faisons le tri.
"Un chien qui a fait une pancréatite ne doit plus jamais manger de gras"
Faux. Un chien qui a fait une pancréatite doit manger une alimentation pauvre en gras pendant sa convalescence, mais pas forcément à vie. Tout dépend de la cause de la crise. Si elle a été déclenchée par un repas trop riche, une fois la convalescence terminée (4 à 6 semaines), vous pouvez réintroduire progressivement des graisses saines (comme les oméga-3). En revanche, si votre chien a une pancréatite chronique ou une prédisposition génétique, un régime pauvre en gras à vie est souvent nécessaire.
Le piège ? Beaucoup de propriétaires gardent leur chien au régime "zéro gras" par peur des rechutes, ce qui peut entraîner des carences en acides gras essentiels. Résultat : un pelage terne, une peau sèche, et un système immunitaire affaibli. L’équilibre est la clé.
"La pancréatite, c’est toujours à cause de l’alimentation"
Faux. Comme on l’a vu plus haut, 30 à 50% des pancréatites n’ont pas de cause alimentaire identifiable. Le stress, les médicaments, les maladies sous-jacentes ou même un traumatisme peuvent déclencher une crise. D’ailleurs, une étude menée sur 100 chiens atteints de pancréatite a révélé que seulement 22% des cas étaient liés à un régime trop gras.
Pourquoi cette idée reçue persiste-t-elle ? Parce que c’est la cause la plus visible, et donc la plus facile à pointer du doigt. Mais en réalité, la pancréatite est souvent multifactorielle. Un chien stressé + un repas un peu trop riche + une prédisposition génétique = la crise parfaite.
"Un jeûne de 48h, c’est obligatoire"
Vrai… et faux. En cas de pancréatite aiguë, le jeûne est indispensable, mais sa durée dépend de la gravité de la crise. Dans les cas légers, 24h suffisent. Pour les crises modérées à sévères, 48h sont souvent recommandées. Mais au-delà de 48h, les risques de complications (hypoglycémie, carences) augmentent. Certains vétérinaires préconisent même une alimentation entérale précoce (via une sonde) pour les chiens gravement atteints, afin d’éviter la fonte musculaire et les carences.
Le problème ? Beaucoup de propriétaires prolongent le jeûne par peur de déclencher une rechute, ce qui affaiblit encore plus leur chien. Le jeûne, oui, mais pas n’importe comment.
"Les croquettes sans céréales sont meilleures pour les chiens atteints de pancréatite"
Faux. Les croquettes sans céréales ne sont pas spécialement adaptées aux chiens atteints de pancréatite. Ce qui compte, ce n’est pas l’absence de céréales, mais la teneur en graisses. Une croquette sans céréales mais riche en graisses (comme certaines formules "grain-free" à base de viande rouge) peut être pire qu’une croquette classique pauvre en gras.
En réalité, les céréales (riz, avoine, orge) sont souvent bien tolérées par les chiens en convalescence, car elles sont faciles à digérer et pauvres en gras. Le vrai critère de choix ? Moins de 10% de matière grasse sur matière sèche, et une teneur élevée en fibres solubles.
Questions fréquentes : les réponses aux interrogations qui reviennent sans cesse
Mon chien a fait une pancréatite il y a 6 mois. Peut-il remanger normalement ?
Ça dépend. Si votre chien a fait une pancréatite aiguë isolée (sans récidive), et que la cause était clairement identifiée (un repas trop riche, par exemple), vous pouvez progressivement réintroduire une alimentation normale après 4 à 6 semaines de convalescence. Commencez par des aliments pauvres en gras, puis augmentez lentement la teneur en graisses (sans dépasser 15% de matière grasse sur matière sèche).
En revanche, si votre chien a une pancréatite chronique ou une prédisposition génétique (race à risque), un régime pauvre en gras à vie est souvent nécessaire. Dans ce cas, les croquettes vétérinaires (type Royal Canin Gastro Intestinal Low Fat) ou une ration ménagère équilibrée sont les meilleures options.
Et surtout : surveillez les signes de rechute (vomissements, léthargie, douleurs abdominales). Si ils réapparaissent, retour à la case départ.
Les friandises sont-elles interdites à vie ?
Non, mais il faut choisir des friandises ultra-pauvres en gras. Oubliez les morceaux de fromage, les saucisses ou les biscuits du commerce (même ceux étiquetés "light"). Privilégiez :
– Les légumes cuits : carotte, courgette, patate douce (sans peau). Riches en fibres et pauvres en calories. – Les fruits pauvres en sucre : pomme (sans pépins), myrtilles, pastèque (sans pépins). – Les friandises vétérinaires pauvres en gras : Royal Canin Gastro Intestinal Treats, Hill’s Hypo Treats. – Le blanc de poulet cuit à l’eau (sans peau, sans sel). Coupé en petits dés, c’est une friandise saine et appréciée.
La règle d’or : les friandises ne doivent pas représenter plus de 10% de l’apport calorique quotidien. Et toujours en petites quantités.
Mon chien refuse de manger ses croquettes "spéciales". Que faire ?
C’est un problème fréquent. Les croquettes vétérinaires pour pancréatite sont souvent fades et peu appétentes, surtout pour les chiens habitués à une alimentation variée. Voici quelques astuces pour les faire accepter :
1. Mélangez-les avec un peu de nourriture humide adaptée (type Purina EN Gastroenteric). La texture et l’odeur peuvent rendre les croquettes plus attractives. 2. Réhydratez-les. Ajoutez un peu d’eau tiède ou de bouillon de légumes (sans sel) pour les ramollir. Certains chiens préfèrent les croquettes "mouillées". 3. Saupoudrez un peu de levure de bière (riche en vitamines B et en saveur umami). 1/4 de cuillère à café suffit. 4. Essayez une autre marque. Certaines croquettes sont plus appétentes que d’autres. Hill’s i/d Low Fat, par exemple, est souvent mieux acceptée que Royal Canin Gastro Intestinal Low Fat. 5. Passez à une ration ménagère. Si vraiment votre chien refuse les croquettes, une ration à base de riz, poulet et légumes cuits peut être une alternative. Mais attention : il faut équilibrer les apports (un complément en vitamines et minéraux est souvent nécessaire).
Et surtout : ne cédez pas à la tentation de lui donner autre chose. Un chien peut tenir plusieurs jours sans manger, mais une rechute de pancréatite, c’est bien plus dangereux.
La pancréatite peut-elle récidiver ? Comment l’éviter ?
Oui, la pancréatite peut récidiver, surtout si la cause initiale n’a pas été identifiée ou traitée. Selon une étude publiée dans The Veterinary Journal, 30% des chiens ayant fait une pancréatite aiguë en feront une seconde dans les 12 mois. Pour les chiens atteints de pancréatite chronique, le taux de récidive dépasse 50%.
Comment limiter les risques ?
1. Identifiez et éliminez les déclencheurs. Si la crise a été causée par un aliment trop gras, évitez-le à vie. Si c’est le stress, travaillez sur la gestion de l’anxiété (phéromones, compléments comme le Zylkène, ou même une thérapie comportementale). 2. Maintenez un poids santé. Un chien en surpoids a 2,5 fois plus de risques de faire une pancréatite. Si votre chien a quelques kilos en trop, mettez-le au régime (sous supervision vétérinaire). 3. Évitez les médicaments irritants. Certains anti-inflammatoires (comme la prednisone) ou diurétiques peuvent déclencher une crise. Si votre chien doit en prendre, demandez à votre vétérinaire des alternatives moins agressives pour le pancréas. 4. Fractionnez les repas. Plutôt que deux gros repas par jour, donnez-lui 3 à 4 petits repas. Ça évite de surcharger le pancréas. 5. Surveillez les signes avant-coureurs. Les vomissements intermittents, une perte d’appétit ou une léthargie peuvent annoncer une rechute. Dans ce cas, consultez rapidement.
Verdict : la pancréatite, une maladie à prendre au sérieux (mais pas à paniquer)
La pancréatite canine
