Une question qui intrigue… mais cache un piège
Le système français : pas de vice-président dans la Constitution
Un modèle présidentiel mais... sans vice
Contrairement aux États-Unis, où le vice-président est le remplaçant constitutionnel du président en cas d’empêchement, la Cinquième République française ne prévoit aucun "vice-président" officiel. C’est le Président du Sénat qui prend le relais temporaire si le chef de l'État venait à être empêché (maladie grave, décès ou destitution).
Et là, petit rappel utile : le président actuel du Sénat, Gérard Larcher, pourrait donc devenir président par intérim en cas de souci majeur avec Macron. Pas très connu du grand public, mais extrêmement influent dans les coulisses politiques.
Anecdote personnelle
Je me rappelle d’un cours de droit constitutionnel à Nanterre en 2011, le prof nous avait balancé : "En France, le vice-président, c’est un mythe. Si le président tombe, c’est Larcher qui ramasse la boutique." Tout le monde avait rigolé, mais c’est resté dans ma tête. Comme quoi, c’est pas si anodin.
Alors, qui est l’équivalent de facto du vice-président ?
Un rôle informel dans l’entourage de Macron
Même sans titre officiel, certains proches de Macron jouent ce rôle d’ombre, cette fonction de “n°2” ou “bras droit” du président. On pense notamment à :
Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, l’homme de confiance, parfois surnommé “le vice-président officieux”.
Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, très exposé médiatiquement, souvent pressenti pour prendre la relève (ou au moins tenter le coup).
Élisabeth Borne ou son successeur à Matignon, selon la période : le Premier ministre a évidemment un poids énorme, mais reste dépendant de l’Élysée.
Tout ça, c’est du jeu d’équilibre. Des gens ultra puissants, mais jamais au premier rang sur la photo officielle.
Une confusion fréquente dans l’opinion publique
Pourquoi cette erreur revient tout le temps ?
C’est peut-être à cause des séries américaines ou d’un simple réflexe de comparaison. Beaucoup de Français pensent qu’il existe un vice-président parce qu’ils associent ce rôle à toute figure présidentielle. Mais la vérité, c’est que la structure politique française est très différente.
Et puis faut dire que Macron, avec son style très présidentiel, très vertical, ne laisse que peu de place à l’ombre d’un n°2. C’est lui le chef, point.
Conclusion : une fonction fantôme qui fait fantasmer
Le vice-président de Macron, c’est un mirage républicain. Il n’existe pas dans les textes, pas dans les faits, mais il existe dans l’imaginaire collectif. Un besoin de stabilité ? Une volonté de comprendre le pouvoir à travers un prisme plus simple?
Quoi qu’il en soit, le jour où la France aura un vrai vice-président, ce sera une révolution institutionnelle. Mais on n’y est pas encore… et peut-être qu’on n’y sera jamais.
