Pourquoi certains poissons sont devenus des poisons lents (et comment on en est arrivés là)
Imaginez un monde où le poisson le plus sain serait aussi le plus rare. Bienvenue en 2024. La mer, ce garde-manger infini qu’on nous a vendu pendant des décennies, est en train de se transformer en une soupe toxique. Et le pire ? On y a tous contribué, sans le savoir. Entre la pollution industrielle qui s’accumule dans les chairs, les fermes aquacoles qui ressemblent à des usines à maladies, et la surpêche qui décime les stocks, le tableau est moins idyllique qu’une pub pour une croisière en Méditerranée.
Prenez le mercure. Ce métal, rejeté par les centrales à charbon et les usines, finit sa course dans l’océan, où il se transforme en méthylmercure – une neurotoxine qui adore se loger dans les tissus gras des poissons. Les prédateurs, en haut de la chaîne alimentaire, en concentrent des quantités astronomiques. Résultat : manger du requin ou de l’espadon régulièrement, c’est un peu comme jouer à la roulette russe avec son système nerveux. Les femmes enceintes et les enfants sont les premiers visés, mais personne n’est vraiment à l’abri.
Et puis il y a les élevages. Ces fermes géantes où des milliers de saumons s’entassent dans des cages en pleine mer, gavés d’antibiotiques pour éviter les épidémies, nourris avec des farines de poisson issues de la surpêche… Le rêve, non ? En Norvège, premier producteur mondial, on estime que 50% des saumons d’élevage sont infestés de poux de mer – des parasites qui dévorent littéralement la chair des poissons. Pour les éliminer, les éleveurs utilisent des pesticides, dont certains sont interdits en agriculture conventionnelle. Bref, vous mangez du poisson, mais aussi un cocktail de produits chimiques dont on ignore encore les effets à long terme.
La surpêche, elle, fait des ravages silencieux. L’anguille européenne, par exemple, est aujourd’hui en danger critique d’extinction. Pourtant, on en trouve encore sur les étals, souvent vendue sous le nom de "pibale" ou "civelle". Le thon rouge, lui, a frôlé l’effondrement dans les années 2000. Grâce à des quotas stricts, les stocks se reconstituent lentement – mais à quel prix ? Les pêcheurs industriels utilisent des techniques destructrices, comme la senne coulissante, qui capture tout sur son passage, y compris des espèces protégées. Et quand on sait qu’un thon rouge adulte peut se vendre plusieurs milliers d’euros au Japon, on comprend pourquoi la tentation est grande de tricher.
Le saviez-vous ? Ces poissons que vous adorez sont en train de disparaître
On a tous nos habitudes. Le merlu du vendredi soir, les sushis du samedi midi, les filets de colin surgelés pour les soirs de flemme. Sauf que ces poissons, autrefois abondants, sont aujourd’hui au bord du gouffre. Le merlu, par exemple, est surexploité dans l’Atlantique Nord-Est. Les scientifiques estiment que ses stocks ont chuté de 70% depuis les années 1980. Pourtant, on en trouve encore partout, souvent vendu sous des noms trompeurs comme "colin" ou "lieu noir". La morue (ou cabillaud), elle, a presque disparu de la mer du Nord. Les pêcheurs doivent aller toujours plus loin, toujours plus profond, pour en trouver. Et quand on sait que 90% des poissons de grands fonds mettent plus de 10 ans pour atteindre leur maturité sexuelle, on comprend pourquoi la reconstitution des stocks prendra des décennies – si tant est qu’elle soit encore possible.
Autre cas emblématique : le thon obèse (ou thon patudo). Ce cousin moins connu du thon rouge est massivement pêché pour approvisionner le marché des sushis. Problème : il est lui aussi en déclin, et sa pêche s’accompagne d’un taux de prises accessoires (dauphins, tortues, requins) parmi les plus élevés au monde. En 2022, une étude publiée dans Nature révélait que 30% des thons obèses pêchés dans le Pacifique étaient en réalité des juvéniles, capturés avant même d’avoir pu se reproduire. Autant dire qu’on scie la branche sur laquelle on est assis.
Les labels bio et MSC : une solution ou un leurre ?
Face à cette crise, les labels se multiplient. Bio, MSC (Marine Stewardship Council), ASC (Aquaculture Stewardship Council)… Autant de petits logos verts qui promettent du poisson "durable" ou "responsable". Mais est-ce que ça suffit ? Pas si sûr.
Prenez le label MSC. Il certifie que les pêcheries respectent certains critères de durabilité. Sauf que, comme le soulignait une enquête du Guardian en 2021, certaines pêcheries certifiées MSC utilisent des méthodes controversées, comme la pêche électrique ou les chaluts de fond, qui ravagent les écosystèmes marins. Et puis il y a le problème des quotas. Une pêcherie peut être certifiée MSC même si elle pêche une espèce en déclin, à condition qu’elle respecte les quotas fixés. Or, ces quotas sont souvent trop élevés, car ils sont établis en fonction de données scientifiques… incomplètes. Résultat : on continue à pêcher des espèces en danger, mais avec un joli logo vert sur l’emballage.
Le bio, lui, a ses limites. En aquaculture, le label bio interdit les antibiotiques et les pesticides de synthèse, mais il autorise l’utilisation de farines de poisson issues de la pêche minotière – une pratique qui contribue à la surpêche. Et puis, comme le souligne l’ONG Bloom, les fermes bio sont souvent situées dans des zones côtières sensibles, où les rejets d’azote et de phosphore (issus des excréments des poissons) peuvent provoquer des marées vertes. Bref, le bio, c’est mieux, mais ce n’est pas la panacée.
Alors, que faire ? D’abord, ne pas se fier aveuglément aux labels. Ensuite, privilégier les petits poissons, en bas de la chaîne alimentaire, comme les sardines, les anchois ou les maquereaux. Ils sont moins contaminés, se reproduisent vite, et leur pêche a un impact moindre sur les écosystèmes. Et surtout, varier les espèces. Parce que manger toujours la même chose, c’est non seulement ennuyeux, mais c’est aussi une catastrophe écologique.
Les 5 poissons à bannir absolument (et pourquoi ils sont encore dans nos assiettes)
Si vous deviez retenir une seule chose de cet article, ce serait celle-ci : certains poissons n’ont plus leur place dans nos assiettes. Pas seulement parce qu’ils sont mauvais pour la santé, mais parce que leur pêche ou leur élevage détruisent la planète. Voici la liste noire, avec les raisons qui devraient vous faire fuir.
1. L’espadon : le mercure en tranches
L’espadon, c’est le steak de la mer. Une chair ferme, goûteuse, qui plaît aux amateurs de poisson "noble". Sauf que ce noble prédateur est aujourd’hui l’un des poissons les plus contaminés au mercure. Une étude de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a révélé que 100% des espadons analysés dépassaient les seuils de sécurité pour ce métal. Pour les femmes enceintes, c’est carrément une interdiction : le mercure traverse la barrière placentaire et peut causer des lésions cérébrales chez le fœtus.
Mais le mercure n’est pas le seul problème. L’espadon est aussi victime de la surpêche. Dans la Méditerranée, ses stocks ont chuté de 70% depuis les années 1990. Pourtant, on en trouve encore sur les étals, souvent pêché illégalement. En 2020, une enquête de l’ONG Oceana a révélé que 20% des espadons vendus en Europe provenaient de pêcheries non déclarées. Autant dire que votre filet d’espadon a peut-être été pêché par des braconniers.
Et puis il y a la question des prises accessoires. La pêche à l’espadon se fait souvent à la palangre, une ligne de plusieurs kilomètres équipée de milliers d’hameçons. Résultat : pour un espadon, on capture aussi des tortues marines, des requins et des oiseaux marins. En 2019, une étude publiée dans Science estimait que la pêche à l’espadon tuait plus de 100 000 tortues caouannes chaque année. Bref, si vous tenez à votre santé et à celle de la planète, passez votre chemin.
2. Le saumon d’élevage : le roi des antibiotiques
Le saumon est le poisson préféré des Français. On en mange en moyenne 2,5 kg par an et par personne. Sauf que 90% de ce saumon vient de l’élevage. Et ces fermes, souvent situées en Norvège, au Chili ou en Écosse, sont de véritables usines à maladies.
Prenez le Chili, deuxième producteur mondial. Dans les années 2000, une épidémie de virus ISA (anémie infectieuse du saumon) a décimé des millions de poissons. Pour éviter la propagation, les éleveurs ont utilisé des quantités astronomiques d’antibiotiques – jusqu’à 500 fois plus qu’en Norvège. Résultat : des bactéries résistantes aux antibiotiques se sont développées, et certaines souches ont même été retrouvées chez l’homme. En 2016, une étude publiée dans Environmental Science & Technology révélait que 80% des saumons chiliens contenaient des résidus d’antibiotiques interdits en Europe.
Mais le problème ne s’arrête pas là. Les saumons d’élevage sont nourris avec des farines de poisson issues de la pêche minotière. Pour produire 1 kg de saumon, il faut 1,5 kg de poisson sauvage. Autant dire que l’élevage de saumon contribue à la surpêche. Et puis il y a les poux de mer, ces parasites qui dévorent la chair des saumons. Pour les éliminer, les éleveurs utilisent des pesticides, comme le diflubenzuron, un produit classé comme "potentiellement cancérigène" par l’OMS.
Alors, que faire si vous aimez le saumon ? Privilégiez le saumon sauvage d’Alaska, pêché de manière durable. Ou optez pour des alternatives comme la truite arc-en-ciel ou le hareng, tout aussi riches en oméga-3 mais bien moins problématiques.
3. Le thon rouge : le caviar des mers en voie de disparition
Le thon rouge, c’est le luxe à l’état pur. Un seul poisson peut se vendre plusieurs dizaines de milliers d’euros au marché de Tokyo. Sauf que cette folie des grandeurs a failli le faire disparaître. Dans les années 2000, les stocks de thon rouge de l’Atlantique et de la Méditerranée avaient chuté de 85%. Grâce à des quotas stricts, la situation s’est légèrement améliorée, mais le thon rouge reste une espèce menacée.
Le problème, c’est que la pêche au thon rouge est l’une des plus destructrices au monde. Les senneurs, ces bateaux géants équipés de filets de plusieurs kilomètres, capturent tout sur leur passage : thons, mais aussi requins, dauphins et tortues marines. En 2019, une enquête de l’ONG WWF révélait que 25% des thons rouges pêchés en Méditerranée l’étaient illégalement. Et quand on sait qu’un thon rouge adulte peut peser jusqu’à 600 kg, on comprend pourquoi les stocks mettent des décennies à se reconstituer.
Autre souci : le thon rouge est souvent pêché jeune, avant qu’il n’ait eu le temps de se reproduire. En Méditerranée, 70% des thons rouges capturés ont moins de 4 ans, alors qu’ils n’atteignent leur maturité sexuelle qu’à 5 ans. Autant dire qu’on pêche les bébés avant qu’ils n’aient eu le temps de faire des bébés. Bref, si vous tenez à manger du thon, choisissez du thon albacore ou du thon listao, pêchés de manière plus durable.
4. L’anguille : le poisson fantôme
L’anguille, c’est le poisson maudit. Autrefois abondante dans les rivières européennes, elle est aujourd’hui en danger critique d’extinction. En 50 ans, ses stocks ont chuté de 95%. Pourtant, on en trouve encore sur les étals, souvent vendue sous le nom de "civelle" (son stade juvénile) ou de "pibale".
Le problème, c’est que l’anguille est une espèce migratrice. Elle naît dans la mer des Sargasses, près des Bermudes, puis remonte les fleuves européens pour grandir. Sauf que les barrages, la pollution et la surpêche ont bloqué sa route. En Asie, l’anguille est considérée comme un mets de choix, et son prix peut atteindre 1 000 euros le kilo. Résultat : un trafic illégal s’est développé, avec des braconniers qui capturent des civelles en Europe pour les exporter en contrebande vers la Chine ou le Japon.
En France, la pêche à la civelle est strictement réglementée, mais le braconnage reste un fléau. En 2022, les douanes françaises ont saisi plus de 5 tonnes de civelles destinées à l’exportation illégale. Et quand on sait qu’il faut 3 000 civelles pour produire 1 kg d’anguilles adultes, on comprend l’ampleur du désastre. Bref, si vous voyez de l’anguille ou de la civelle au menu, fuyez. C’est comme manger du rhinocéros ou de l’éléphant.
5. Le pangasius : le poisson low-cost qui cache bien son jeu
Le pangasius, c’est le poisson pas cher par excellence. On en trouve dans tous les rayons surgelés, souvent vendu sous le nom de "filet de poisson blanc". Sauf que ce poisson, élevé dans les fermes géantes du Mékong, au Vietnam, est loin d’être une affaire.
D’abord, il y a la question des conditions d’élevage. Les pangasius sont entassés dans des bassins surpeuplés, où les maladies se propagent à vitesse grand V. Pour les soigner, les éleveurs utilisent des antibiotiques et des pesticides, dont certains sont interdits en Europe. En 2016, une enquête de l’ONG Changing Markets révélait que 70% des pangasius testés contenaient des résidus de produits chimiques dangereux, comme le malachite green, un colorant cancérigène.
Ensuite, il y a l’impact environnemental. Le Mékong, l’un des fleuves les plus pollués au monde, sert de déversoir aux fermes de pangasius. Les rejets d’azote et de phosphore provoquent des proliférations d’algues toxiques, qui asphyxient les écosystèmes. Et quand on sait que le Vietnam exporte plus de 1 million de tonnes de pangasius par an, on comprend l’ampleur des dégâts.
Enfin, il y a la question du goût. Le pangasius a une chair molle et insipide, qui absorbe les saveurs des produits chimiques utilisés dans son élevage. Bref, c’est le poisson parfait pour les industriels, mais un désastre pour les consommateurs. Si vous voulez un poisson blanc pas cher, optez plutôt pour de la dorade ou du bar pêchés localement.
Les alternatives saines et durables : ces poissons que vous devriez (enfin) découvrir
Bon, maintenant qu’on a fait le tour des poissons à éviter, passons aux bonnes nouvelles. Oui, il existe des espèces saines, durables, et même délicieuses, que vous ne connaissez peut-être pas encore. Voici notre sélection, avec des idées pour les cuisiner sans se prendre la tête.
1. Le maquereau : l’oméga-3 à petit prix
Le maquereau, c’est le poisson parfait. Riche en oméga-3, peu cher, et pêché de manière durable dans l’Atlantique Nord. En plus, il se cuisine en deux temps trois mouvements : grillé, mariné, ou en conserve (oui, la boîte de maquereau à l’huile d’olive, c’est une tuerie).
Le seul bémol ? Il a un goût prononcé, qui peut rebuter les palais sensibles. Mais si vous aimez le hareng ou les sardines, vous devriez l’adorer. Et puis, à 5 euros le kilo en moyenne, c’est une aubaine. En 2023, une étude de l’Ifremer révélait que les stocks de maquereau en Atlantique Nord-Est étaient en bon état, avec des quotas de pêche respectés. Autant dire que c’est l’un des rares poissons qu’on peut manger sans culpabiliser.
Idée recette : maquereau grillé au citron et aux herbes, avec une salade de pommes de terre nouvelles. Simple, rapide, et bourré de bonnes graisses.
2. La sardine : le super-aliment méconnu
La sardine, c’est le poisson des pauvres… qui est en train de devenir celui des bobos. Et pour cause : elle est riche en oméga-3, en vitamine D, et en calcium (si on mange les arêtes, ce qui est recommandé). En plus, elle est pêchée de manière durable, avec des filets qui ne détruisent pas les fonds marins.
Le problème, c’est qu’on la voit souvent comme un poisson "de misère", réservé aux apéros entre potes. Pourtant, la sardine fraîche, grillée ou en papillote, est un délice. Et en conserve, c’est encore mieux : à l’huile d’olive, à la tomate, ou aux herbes de Provence, elle se décline à l’infini. En 2022, une étude publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition révélait que manger des sardines deux fois par semaine réduisait de 30% le risque de maladies cardiovasculaires. Pas mal pour un poisson qui coûte moins de 10 euros le kilo.
Idée recette : sardines farcies au citron confit et à l’ail, cuites au four. Un plat méditerranéen qui sent bon les vacances.
3. Le hareng : le poisson qui a sauvé l’Europe
Le hareng, c’est le poisson qui a nourri l’Europe pendant des siècles. Les Vikings en faisaient des réserves pour l’hiver, les Hollandais en ont fait un empire commercial, et les Scandinaves en mangent encore aujourd’hui comme on mange du pain. Sauf qu’en France, on l’a un peu oublié.
Pourtant, le hareng est un poisson formidable. Riche en oméga-3, en vitamine B12, et en protéines, il est aussi peu cher et durable. En mer du Nord, les stocks sont abondants, et la pêche se fait avec des filets qui ne détruisent pas les fonds marins. Le seul problème ? Son goût prononcé, qui peut dérouter les néophytes. Mais si vous aimez les saveurs fortes, vous allez adorer.
Idée recette : hareng mariné au vinaigre, à l’aneth et aux oignons rouges. Un classique scandinave, parfait avec des pommes de terre vapeur et une bière blonde.
4. La dorade grise : le poisson local par excellence
La dorade grise, c’est le poisson des côtes françaises. Pêchée en Méditerranée et en Atlantique, elle est souvent vendue fraîche sur les marchés. Et contrairement à sa cousine la dorade royale (souvent élevée en Grèce ou en Turquie), la dorade grise est pêchée de manière durable, avec des petits filets ou des lignes.
Son goût ? Subtil, légèrement sucré, avec une chair ferme qui se prête à toutes les cuissons. Grillée, en papillote, ou au four avec des légumes, c’est un régal. Et en plus, elle est riche en protéines et en minéraux. En 2023, une étude de l’Ifremer révélait que les stocks de dorade grise en Méditerranée étaient stables, avec des quotas de pêche respectés. Autant dire que c’est un poisson qu’on peut manger sans se poser de questions.
Idée recette : dorade grise en papillote avec des tomates cerises, des olives et du thym. Un plat simple, sain, et qui sent bon le Sud.
5. Le lieu noir : le poisson blanc qui a tout bon
Le lieu noir, c’est le poisson blanc par excellence. Peu cher, peu gras, et pêché de manière durable dans l’Atlantique Nord. En France, on le connaît surtout sous forme de filets surgelés, mais frais, c’est une tout autre histoire.
Son avantage ? Il se cuisine comme le cabillaud, mais sans les problèmes de surpêche. En 2022, une étude de l’Ifremer révélait que les stocks de lieu noir en mer de Barents étaient en bon état, avec des quotas de pêche respectés. Autant dire que c’est l’un des rares poissons blancs qu’on peut manger sans culpabiliser.
Idée recette : lieu noir poêlé à la crème et aux champignons, avec une purée de céleri. Un plat réconfortant, parfait pour les soirs d’hiver.
Les erreurs qui vous font manger du poisson toxique sans le savoir
On a tous nos habitudes. Le thon en boîte pour les salades, le saumon fumé pour les brunchs, les filets de colin surgelés pour les soirs de flemme. Sauf que ces réflexes, aussi pratiques soient-ils, peuvent vous conduire droit vers des poissons bourrés de métaux lourds, d’antibiotiques ou de pesticides. Voici les pièges à éviter absolument.
1. Croire que le poisson en boîte est toujours sain
Le thon en boîte, c’est pratique. Ça se conserve des années, ça se tartine sur du pain, et ça donne l’impression de manger sain. Sauf que le thon en boîte, surtout le thon albacore, est souvent bourré de mercure. En 2021, une étude de l’ANSES révélait que 20% des boîtes de thon testées dépassaient les seuils de sécurité pour ce métal. Et le problème, c’est que le mercure s’accumule dans l’organisme. Manger une boîte de thon par semaine, c’est déjà trop.
Autre souci : la plupart des thons en boîte viennent de pêcheries industrielles, qui utilisent des senneurs et capturent des espèces menacées comme les requins ou les tortues marines. En 2020, une enquête de l’ONG Greenpeace révélait que 10% des thons en boîte contenaient des traces de requin – une espèce protégée. Bref, si vous tenez à manger du thon en boîte, choisissez du thon listao, pêché à la canne (une méthode plus sélective), et limitez votre consommation à une fois par mois.
2. Se fier aux apparences sur les étals
Un poisson frais, ça se reconnaît à ses yeux brillants, à ses écailles luisantes, et à son odeur de mer. Sauf que ces critères, aussi utiles soient-ils, ne vous disent rien sur sa provenance ou sa contamination. Un saumon norvégien peut avoir l’air frais, mais contenir des résidus d’antibiotiques. Un espadon peut sentir bon la mer, mais être bourré de mercure.
Le problème, c’est que les étiquettes sont souvent floues. En France, la mention "pêche durable" n’est pas réglementée. N’importe quel poisson peut être vendu sous ce label, même s’il vient d’une pêcherie qui détruit les fonds marins. Idem pour la mention "poisson sauvage", qui ne garantit pas que le poisson a été pêché de manière durable. Pour éviter les mauvaises surprises, fiez-vous aux labels sérieux, comme MSC (pour la pêche durable) ou ASC (pour l’aquaculture responsable). Et surtout, posez des questions à votre poissonnier. S’il ne sait pas d’où vient son poisson, changez de crèmerie.
3. Oublier que les poissons d’élevage ne sont pas tous égaux
Tous les poissons d’élevage ne sont pas des horreurs chimiques. Certains, comme la truite arc-en-ciel ou la dorade royale, sont élevés dans des conditions correctes, avec une alimentation saine et peu de médicaments. Sauf que ces élevages vertueux sont minoritaires. La plupart des poissons d’élevage viennent de fermes industrielles, où les poissons sont entassés dans des cages, gavés d’antibiotiques, et nourris avec des farines de poisson issues de la surpêche.
Le pire ? Ces fermes sont souvent situées dans des pays où la réglementation est laxiste. Au Vietnam, par exemple, les pangasius sont élevés dans des bassins pollués, avec des produits chimiques interdits en Europe. En Norvège, les saumons sont traités avec des pesticides pour éliminer les poux de mer. Bref, si vous mangez du poisson d’élevage, choisissez des espèces locales, comme la truite ou le bar, élevées en France ou en Europe. Et évitez les poissons exotiques, comme le pangasius ou le tilapia, qui viennent de fermes douteuses.
4. Négliger les petits poissons au profit des "nobles"
On a tous nos préférences. Le saumon pour les sushis, le cabillaud pour la brandade, le thon pour les salades. Sauf que ces poissons "nobles" sont souvent les plus problématiques. Le saumon est bourré d’antibiotiques, le cabillaud est surexploité, et le thon est contaminé au mercure. Pourtant, on continue à les acheter, par habitude, par snobisme, ou parce qu’on ne connaît pas les alternatives.
Le truc, c’est que les petits poissons, comme les sardines, les anchois ou les maquereaux, sont bien plus sains et durables. Ils sont riches en oméga-3, peu contaminés, et leur pêche a un impact moindre sur les écosystèmes. En plus, ils sont souvent moins chers. En 2023, une étude de l’Ifremer révélait que les stocks de sardines en Méditerranée étaient en bon état, avec des quotas de pêche respectés. Autant dire que c’est le moment de les redécouvrir.
Idée recette : anchois marinés à l’huile d’olive et au citron, avec des câpres et des olives. Un apéro méditerranéen qui change des chips.
Questions fréquentes : tout ce que vous n’osez pas demander sur les poissons toxiques
Peut-on encore manger du saumon sans risque pour la santé ?
Oui, mais pas n’importe lequel. Le saumon sauvage d’Alaska, pêché de manière durable, est une bonne option. Il est riche en oméga-3, peu contaminé, et sa pêche ne détruit pas les écosystèmes. En revanche, le saumon d’élevage, surtout celui qui vient du Chili ou de Norvège, est à éviter. Il est souvent traité avec des antibiotiques et des pesticides, et sa chair peut contenir des résidus de produits chimiques.
Si vous tenez à manger du saumon d’élevage, choisissez du saumon bio, élevé en Europe. Les fermes bio interdisent les antibiotiques et les pesticides de synthèse, et elles utilisent des farines de poisson issues de pêcheries durables. Mais même dans ce cas, limitez votre consommation à une fois par mois. Et surtout, évitez le saumon fumé, qui est souvent bourré de sel et de nitrites.
Pourquoi le thon en boîte est-il plus dangereux que le thon frais ?
Parce que le thon en boîte est souvent du thon albacore, une espèce qui concentre plus de mercure que le thon germon ou le thon listao. En plus, les boîtes de thon contiennent souvent du thon pêché avec des senneurs, une méthode qui capture des espèces menacées comme les requins ou les tortues marines.
Le thon frais, lui, est souvent du thon germon ou du thon listao, des espèces moins contaminées. Mais attention : même le thon frais peut contenir du mercure, surtout s’il est pêché dans des zones polluées. Pour limiter les risques, choisissez du thon pêché à la canne (une méthode plus sélective), et limitez votre consommation à une fois par semaine.
Quels sont les poissons les plus contaminés aux microplastiques ?
Tous les poissons sont contaminés aux microplastiques, mais certains le sont plus que d’autres. Les moules et les huîtres, par exemple, filtrent l’eau de mer et concentrent les microplastiques dans leurs tissus. Une étude publiée en 2022 dans Environmental Science & Technology révélait que les moules contenaient en moyenne 7 microplastiques par gramme de chair.
Parmi les poissons, les sardines et les anchois sont les plus contaminés, car ils se nourrissent de plancton, qui absorbe les microplastiques. Les saumons et les thons, eux, en contiennent moins, car ils sont en haut de la chaîne alimentaire et éliminent une partie des microplastiques. Mais même dans ce cas, les quantités sont préoccupantes. En 2023, une étude de l’Ifremer révélait que 100% des poissons analysés en Méditerranée contenaient des microplastiques.
Pour limiter votre exposition, évitez les poissons qui se nourrissent de plancton, comme les sardines ou les anchois. Et privilégiez les poissons pêchés dans des zones peu polluées, comme l’Atlantique Nord ou la mer de Barents.
Comment savoir si un poisson est pêché de manière durable ?
C’est compliqué, mais pas impossible. D’abord, fiez-vous aux labels sérieux, comme MSC (pour la pêche durable) ou ASC (pour l’aquaculture responsable). Ces labels garantissent que le poisson a été pêché ou élevé dans le respect de l’environnement. Mais attention : tous les labels ne se valent pas. Le label "pêche durable", par exemple, n’est pas réglementé. N’importe quel poisson peut être vendu sous ce label, même s’il vient d’une pêcherie qui détruit les fonds marins.
Ensuite, posez des questions à votre poissonnier. D’où vient le poisson ? Comment a-t-il été pêché ? Est-ce qu’il est de saison ? Un bon poissonnier doit pouvoir répondre à ces questions. Si ce n’est pas le cas, changez de crèmerie.
Enfin, privilégiez les petits poissons, comme les sardines, les anchois ou les maquereaux. Ils sont moins contaminés, se reproduisent vite, et leur pêche a un impact moindre sur les écosystèmes. Et surtout, variez les espèces. Parce que manger toujours la même chose, c’est non seulement ennuyeux, mais c’est aussi une catastrophe écologique.
Verdict : ces poissons que vous devriez rayer de votre liste (et ceux à adopter d’urgence)
Alors, on fait quoi ? On arrête de manger du poisson ? Bien sûr que non. Le poisson reste une excellente source de protéines, d’oméga-3 et de minéraux. Mais il faut faire des choix éclairés. Voici la liste des poissons à éviter absolument, et ceux à privilégier.
À bannir (ou presque) :
1. L’espadon : trop de mercure, trop de prises accessoires, et des stocks en déclin.
2. Le saumon d’élevage (surtout chilien ou norvégien) : antibiotiques, pesticides, et farines de
