Une question qui dérange… et qui mérite bien mieux qu’un cliché !
Des codes sociaux… pas si universels que ça !
Vous êtes-vous déjà senti paumé dans une soirée où tout le monde semblait parler une langue étrangère ? Eh bien, pour beaucoup d’autistes, le monde social ressemble à ça. Les règles implicites, les sous-entendus, les regards complices… c’est tout un univers à décoder. Et ce n’est pas faute d’essayer, hein ! Simplement, le cerveau autiste fonctionne différemment. Il perçoit les détails, il analyse, parfois il sur-analyse. Mais il n’a pas forcément le mode d’emploi pour ces fameuses « petites phrases » ou ces rituels de la conversation qui font le ciment des amitiés dites classiques.
La fameuse « théorie de l’esprit »
On en parle souvent dans les recherches : la théorie de l’esprit, c’est la capacité à se mettre à la place de l’autre. Certains autistes peuvent avoir plus de mal à deviner ce que l’autre ressent ou pense. Mais attention ! Ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’empathie. Loin de là. Juste, ça passe par d’autres canaux, parfois plus directs, parfois maladroits. Mais qui a décrété que la spontanéité était un défaut ?
Des centres d’intérêt intenses : passion ou isolement ?
Ah, les passions ! Ce mot qui peut faire peur. Pourtant, c’est magnifique d’aimer quelque chose à ce point, non ? Les autistes ont souvent des intérêts spécifiques, parfois très pointus. Et alors ? Le hic, c’est que ces centres d’intérêt ultra-précis ne sont pas toujours partagés par l’entourage. Vous avez déjà essayé de discuter pendant des heures de la classification des papillons avec quelqu’un qui s’en fiche ? Pas simple de créer du lien, dans ces cas-là…
Mais je vous arrête tout de suite : il existe des amitiés merveilleuses entre passionnés, autistes ou non. Il suffit de trouver la bonne oreille, le bon complice. Le souci, c’est que la société valorise souvent la popularité, la bande de copains, la conversation légère… et ça, ce n’est pas toujours le terrain de jeu préféré des autistes.
Un environnement parfois peu accueillant… et c’est un euphémisme
Là, franchement, il faut le dire : le regard de la société n’aide pas. Les différences de comportement sont souvent jugées, moquées, voire rejetées. Qui aurait envie de tenter d’aller vers les autres si, à chaque tentative, il se prend une baffe (symbolique ou non) ? L’exclusion, l’intimidation, le harcèlement scolaire… Les chiffres sont glaçants : selon une étude de l’UNESCO, près de 50% des enfants autistes subissent du harcèlement à l’école. Comment, dans ces conditions, se sentir en confiance pour nouer des liens ?
Des amitiés différentes, pas inexistantes
Alors non, les autistes ne sont pas des ermites coupés du monde. Beaucoup ont des amis, mais peut-être moins nombreux, ou d’une autre nature. Parfois, l’amitié se vit à distance, parfois elle se construit sur des bases solides, sans chichi. Il y a de la sincérité, de la fidélité, parfois une honnêteté rafraîchissante qui ferait pâlir d’envie bien des « neurotypiques » !
Et puis, qui a dit qu’il fallait absolument avoir des dizaines d’amis pour être heureux ? La qualité compte bien plus que la quantité, non ?
Conclusion : Et si on changeait notre regard ?
Alors, pourquoi les autistes n’ont pas (toujours) d’amis ? Parce que la société ne leur facilite pas la tâche. Parce que les codes sont parfois illisibles, parce que la différence fait peur, parce que la norme écrase… Mais surtout, parce que l’amitié, la vraie, ne se mesure pas à la taille d’un groupe WhatsApp. Et si, au lieu de s’interroger sur le « pourquoi », on s’intéressait au « comment » ? Comment accueillir la différence, comment ouvrir nos cercles, comment apprécier la richesse de liens atypiques ? Là, il y aurait vraiment de quoi s’enthousiasmer !
