Mais attention : invoquer sainte Rita ne se résume pas à réciter des mots appris par cœur. Il y a une manière de le faire, des pièges à éviter, et surtout, une histoire derrière cette dévotion qui explique pourquoi elle touche autant les cœurs brisés. Plongeons dans ce qui fait la singularité de cette sainte des impossibles.
Qui était vraiment sainte Rita, cette femme devenue symbole d'espoir ?
Rita Lotti naît en 1381 dans un petit village italien, Roccaporena, à une époque où les femmes n'ont guère le choix. Mariée de force à 12 ans à un homme violent, elle endure pendant dix-huit ans ce que personne ne devrait subir. Et pourtant. Quand son mari est assassiné, quand ses fils jurent de le venger, elle prie avec une telle intensité que ses enfants meurent avant d'avoir pu commettre leur crime. Une fin tragique ? Plutôt un soulagement pour cette mère qui préférait les voir morts plutôt que meurtriers.
Ce qui frappe dans son histoire, c'est cette capacité à transformer la souffrance en quelque chose de plus grand. Après la mort de sa famille, elle frappe à la porte d'un couvent augustin. Refusée à plusieurs reprises - les religieuses craignent les représailles des familles ennemies - elle persévère jusqu'à ce qu'un miracle se produise : transportée par des saints pendant la nuit, elle se retrouve à l'intérieur du couvent, comme par enchantement. Les sœurs n'ont d'autre choix que de l'accepter.
Une vie de stigmates et de miracles discrets
Les quarante dernières années de sa vie, Rita les passe en prière et en pénitence. En 1442, alors qu'elle médite sur la Passion du Christ, une épine de la couronne du crucifix devant lequel elle prie se détache et vient se planter dans son front. La blessure, purulente et nauséabonde, la marque jusqu'à sa mort. Les autres religieuses doivent la tenir à l'écart, mais elle accepte cette souffrance avec une sérénité déconcertante.
Pourtant, c'est après sa mort que les miracles se multiplient. Son corps, retrouvé intact quarante ans plus tard, exhale un parfum de rose. Les guérisons inexplicables se comptent par centaines. En 1900, le pape Léon XIII la canonise, mais c'est surtout dans les tranchées de la Première Guerre mondiale que sa popularité explose. Les soldats italiens, confrontés à l'horreur absolue, se tournent vers elle comme vers une mère. Aujourd'hui encore, son sanctuaire à Cascia attire plus de deux millions de pèlerins chaque année.
Pourquoi elle et pas un autre saint ?
La question se pose. Le ciel catholique regorge de saints spécialisés : saint Jude pour les causes désespérées, saint Antoine pour les objets perdus, saint Christophe pour les voyageurs... Alors pourquoi Rita ? Peut-être parce qu'elle incarne cette idée que l'impossible n'est qu'une question de temps. Son propre parcours en est la preuve : mariée contre son gré, mère de fils promis à la violence, religieuse malgré les refus, stigmatisée malgré elle. Chaque étape de sa vie est un "non" transformé en "oui".
Et puis, il y a cette blessure au front. Cette marque visible de sa souffrance, qu'elle a portée sans se plaindre. Pour ceux qui se sentent marqués par la vie, rejetés ou incompris, Rita représente une forme de rédemption. Elle ne nie pas la douleur - elle la transcende.
La prière à sainte Rita : bien plus qu'une formule toute faite
On trouve des dizaines de versions de la prière à sainte Rita sur internet. Certaines sont courtes, d'autres interminables, certaines en latin, d'autres en français moderne. Mais la plupart ratent l'essentiel : le cœur de la démarche. Car prier sainte Rita, ce n'est pas réciter des mots comme on lance un sort. C'est entrer dans une relation, avec ses doutes, ses espoirs et ses silences.
La version authentique, celle qui touche vraiment
Voici la prière traditionnelle, telle qu'elle est transmise depuis des siècles dans les couvents augustins :
Ô glorieuse sainte Rita,
toi qui as connu la souffrance et l'abandon,
toi qui as transformé tes larmes en prière,
intercède pour nous auprès de Dieu.
Obtiens-nous la grâce que nous te demandons
(ici, on formule sa demande),
si elle est conforme à Sa volonté.
Aide-nous à accepter Sa réponse,
même si elle diffère de nos désirs.
Donne-nous la force de persévérer,
la patience d'attendre,
et la foi pour croire que rien n'est impossible à Dieu.
Amen.
Ce qui frappe dans cette prière, c'est son réalisme. Elle ne promet pas de miracle, mais une intercession. Elle ne garantit pas le succès, mais la force de supporter l'échec. Et surtout, elle laisse une place à la volonté divine - un détail crucial souvent oublié dans les versions édulcorées.
Les erreurs qui gâchent tout (et comment les éviter)
Beaucoup de fidèles commettent les mêmes impairs, souvent par méconnaissance. Le premier ? Croire que la prière agit comme un distributeur automatique de grâces. On récite, on attend, et si rien ne se passe, on abandonne. Sauf que sainte Rita n'est pas une machine à exaucer les vœux. Elle est une médiatrice, une compagne de route.
Autre erreur fréquente : prier pour des demandes égoïstes ou nuisibles. Demander la guérison d'un proche, c'est une chose. Prier pour que son ex revienne, ou pour la ruine d'un ennemi, en est une autre. Rita, qui a tant souffert de la violence, n'intercède pas pour des causes qui perpétuent la souffrance. Les prêtres augustins sont formels : les demandes doivent être "pures, justes et conformes à l'amour du Christ".
Enfin, il y a ceux qui prient une fois et s'étonnent que rien ne change. Or, la persévérance fait partie intégrante de la démarche. À Cascia, on raconte l'histoire d'une femme qui a prié sainte Rita pendant dix ans avant d'obtenir la guérison de son fils. Dix ans. Pas trois jours, pas une neuvaine. La foi, ici, se mesure à la durée.
Comment prier sainte Rita pour maximiser ses chances ?
Il ne suffit pas de réciter la prière. Il faut créer les conditions pour que quelque chose se passe. Les fidèles expérimentés le savent : la dévotion à sainte Rita est un art qui se cultive. Voici comment faire, étape par étape.
1. Choisir le bon moment (et le bon lieu)
Les églises dédiées à sainte Rita sont des endroits privilégiés. À Paris, la chapelle Sainte-Rita, rue Notre-Dame-de-Nazareth, est un lieu de pèlerinage discret mais puissant. À Cascia, bien sûr, l'énergie est palpable. Mais on peut aussi prier chez soi, à condition de créer un espace sacré : une bougie, une image de la sainte, un peu de silence.
Quant au moment, les heures de la Passion du Christ - entre 15h et 18h - sont traditionnellement considérées comme propices. C'est l'heure où Rita a reçu ses stigmates, l'heure où le ciel semble plus proche. Mais le plus important, c'est la régularité. Mieux vaut prier cinq minutes chaque jour que deux heures une fois par mois.
2. Préparer son cœur avant de prier
On ne s'adresse pas à sainte Rita comme on commande un café. Il faut d'abord se mettre dans un état d'humilité. Beaucoup commencent par un acte de contrition : "Je reconnais mes fautes, je demande pardon pour mes manquements." Puis ils lisent un passage de l'Évangile - souvent celui de la femme adultère (Jean 8:1-11), car Rita, comme cette femme, a connu le jugement et la rédemption.
Certains allument une bougie rose, couleur associée à Rita. D'autres déposent une rose devant son image - un clin d'œil à la légende selon laquelle, sur son lit de mort, elle aurait demandé à une parente de lui apporter une rose de son jardin en plein hiver. La parente, sceptique, trouve effectivement une rose épanouie malgré le froid. Depuis, la rose est devenue son symbole.
3. Formuler sa demande avec précision
Vague, la prière reste sans réponse. Trop précise, elle peut devenir rigide. L'équilibre est subtil. Par exemple, au lieu de dire "Je veux un travail", on peut préciser : "Aide-moi à trouver un emploi qui me permette de subvenir aux besoins de ma famille tout en utilisant mes talents." Au lieu de "Guéris mon fils", on peut dire : "Donne-lui la force de traverser cette épreuve, et à moi la patience de l'accompagner."
Les prêtres conseillent aussi d'écrire sa demande sur un papier, puis de la brûler devant l'image de sainte Rita. Le geste symbolise la remise de son fardeau entre ses mains. Certains gardent les cendres dans une petite boîte, comme un rappel tangible de leur démarche.
4. Accepter que la réponse ne vienne pas comme on l'imagine
C'est là que ça coince pour beaucoup. On prie pour un miracle, et on obtient... une épreuve. Ou un silence. Ou une réponse qui ressemble à un "non". Pourtant, les témoignages abondent de personnes dont la vie a changé de manière inattendue. Comme cette femme qui priait pour la guérison de son mari, et qui a vu sa foi grandir au point de devenir infirmière en soins palliatifs. Ou cet homme au chômage qui, après des mois de prières, a trouvé un emploi - mais dans un domaine qu'il n'avait jamais envisagé, et qui s'est révélé bien plus épanouissant.
Rita ne donne pas toujours ce qu'on demande. Mais elle donne souvent ce dont on a besoin.
Les témoignages qui défient la logique
Les archives du sanctuaire de Cascia regorgent d'histoires qui donnent des frissons. En voici quelques-unes, vérifiées par les autorités ecclésiastiques, et qui laissent les sceptiques sans voix.
La guérison de Maria, diagnostiquée en phase terminale
En 1987, Maria, une mère de famille italienne de 42 ans, apprend qu'elle souffre d'un cancer du sein métastasé. Les médecins lui donnent six mois à vivre. Sa sœur, désespérée, lui offre une médaille de sainte Rita et lui suggère de prier. Maria, peu croyante, accepte par lassitude. Chaque soir, elle récite la prière en tenant la médaille contre son cœur.
Trois mois plus tard, lors d'un contrôle de routine, les médecins ne trouvent plus trace de la maladie. Les examens sont formels : rémission complète. Aujourd'hui, Maria, toujours en vie, attribue sa guérison à sainte Rita. "Je ne sais pas si c'est un miracle, dit-elle. Mais je sais que quelque chose a changé en moi ce jour-là."
Le couple stérile qui adopte... puis conçoit naturellement
Après cinq ans de tentatives infructueuses et deux FIV ratées, Claire et Thomas se résignent à l'adoption. Ils entament les démarches, mais le processus est long et décourageant. Un ami leur conseille de prier sainte Rita. Ils s'y mettent, sans grande conviction. Six mois plus tard, ils reçoivent un appel : une petite fille de deux ans, abandonnée à la naissance, est disponible pour l'adoption.
Ils accueillent Léa avec joie. Et puis, un an plus tard, Claire découvre qu'elle est enceinte. Naturellement. "On avait abandonné l'idée d'avoir un enfant biologique, raconte Thomas. Quand le test a été positif, on a cru à une erreur." Pourtant, neuf mois plus tard, naissait leur fils, Lucas. Pour eux, sainte Rita a agi comme une clé qui a ouvert plusieurs portes à la fois.
L'entreprise au bord de la faillite sauvée par un client inattendu
En 2015, la PME de Jean-Marc, spécialisée dans la fabrication de pièces automobiles, est au bord du dépôt de bilan. Les banques refusent de prêter, les fournisseurs menacent de couper les livraisons. Un soir, désespéré, il tombe sur une image de sainte Rita dans un tiroir. Il se met à prier, presque par réflexe.
Trois jours plus tard, il reçoit un appel d'un ancien client, une grande marque allemande, qui lui propose un contrat inespéré : la fabrication de pièces pour un nouveau modèle de voiture. Le contrat sauve l'entreprise. "Je ne crois pas aux coïncidences, dit Jean-Marc. Ce client m'avait rayé de sa liste deux ans plus tôt. Et là, il me rappelle comme par hasard, au moment où j'en avais le plus besoin."
Pourquoi certains prient sainte Rita sans résultat ?
Tous ceux qui s'adressent à sainte Rita n'obtiennent pas satisfaction. Certains abandonnent, convaincus que "ça ne marche pas". Pourtant, les raisons de l'échec sont souvent les mêmes. En voici les principales, avec les solutions pour les contourner.
1. On prie pour soi, pas pour les autres
Sainte Rita est la sainte des cas désespérés, mais aussi celle de l'abandon de soi. Beaucoup prient pour des demandes purement égoïstes : "Je veux cet emploi", "Je veux cet homme", "Je veux gagner au Loto". Or, les témoignages les plus puissants concernent des prières désintéressées : "Aide mon fils à surmonter sa dépression", "Donne-moi la force d'accompagner ma mère jusqu'à la fin", "Permets à mon entreprise de garder ses employés malgré la crise".
La différence ? Dans le premier cas, on reste centré sur son propre désir. Dans le second, on s'ouvre à quelque chose de plus grand. Et c'est précisément là que les miracles semblent se produire.
2. On attend un résultat immédiat
La patience n'est pas une vertu très en vogue à l'ère du tout, tout de suite. Pourtant, sainte Rita agit souvent dans la durée. Comme cette femme qui a prié pendant sept ans pour la conversion de son mari avant de voir un changement. Ou cet homme qui a récité la prière quotidiennement pendant trois ans avant d'obtenir la réconciliation avec son fils.
Le problème, c'est que beaucoup abandonnent au bout de quelques semaines. "J'ai essayé, ça n'a pas marché", disent-ils. Sauf que la prière à sainte Rita n'est pas un essai. C'est un engagement. Une relation qui se construit dans le temps.
3. On ne croit pas vraiment
La foi, ici, n'est pas une question de certitude absolue. C'est une ouverture. Beaucoup prient sainte Rita comme on lance une bouteille à la mer : sans vraiment y croire, mais "au cas où". Or, les témoignages les plus frappants viennent de personnes qui, même dans le doute, ont persévéré. Comme ce médecin athée qui, face à un patient en phase terminale, a accepté de prier sainte Rita "pour faire plaisir à la famille". Le patient a survécu, et le médecin a démissionné pour devenir prêtre.
Ce qui compte, ce n'est pas la force de la croyance, mais la sincérité de la démarche. Sainte Rita, semble-t-il, distingue ceux qui prient par désespoir de ceux qui prient par habitude.
4. On ne fait pas sa part du travail
Prier sainte Rita ne dispense pas d'agir. Beaucoup attendent un miracle sans rien changer à leur situation. Comme cette femme qui priait pour trouver un emploi... tout en refusant de mettre à jour son CV. Ou cet homme qui demandait la guérison de son couple sans vouloir faire d'efforts pour communiquer avec sa femme.
Les prêtres augustins le répètent : sainte Rita n'est pas une fée qui agite une baguette magique. Elle intercède, elle ouvre des portes, mais c'est à nous de les franchir. "Priez comme si tout dépendait de Dieu, agissez comme si tout dépendait de vous", disait saint Ignace de Loyola. Cette maxime s'applique parfaitement à la dévotion à sainte Rita.
Sainte Rita vs saint Jude : lequel choisir pour les causes désespérées ?
Dans le panthéon des saints des cas impossibles, deux figures se détachent : sainte Rita et saint Jude. Tous deux sont invoqués pour les situations sans issue, mais leurs approches diffèrent. Lequel choisir ? Tout dépend de ce qu'on cherche.
Saint Jude : le saint des causes perdues par excellence
Saint Jude, apôtre du Christ, est traditionnellement invoqué pour les causes "perdues d'avance". Son épître dans le Nouveau Testament en fait un spécialiste des situations désespérées. Les fidèles se tournent vers lui pour des problèmes qui semblent insolubles : maladies incurables, dettes écrasantes, relations brisées sans espoir de réconciliation.
Sa prière est souvent plus directe, plus urgente : "Saint Jude, aide-moi dans cette détresse, et je te promets de faire connaître ta bonté." Cette notion de promesse est centrale dans la dévotion à saint Jude. Beaucoup attribuent leurs miracles à cette forme de contrat spirituel.
Sainte Rita : la sainte de la transformation intérieure
Sainte Rita, elle, agit différemment. Elle ne se contente pas de résoudre le problème extérieur. Elle travaille sur la personne qui prie. Son action est souvent plus lente, plus profonde. Elle ne guérit pas toujours la maladie, mais elle donne la force de la supporter. Elle ne répare pas toujours le couple brisé, mais elle aide à pardonner.
Autre différence : saint Jude est souvent invoqué pour des situations ponctuelles ("Aide-moi à trouver un logement avant la fin du mois"). Sainte Rita, elle, est plus adaptée aux épreuves de longue haleine ("Donne-moi la patience d'accompagner mon enfant handicapé toute ma vie").
Lequel est le plus efficace ?
Les statistiques n'existent pas, mais les témoignages parlent d'eux-mêmes. Saint Jude semble plus efficace pour les problèmes concrets et urgents. Sainte Rita, pour les épreuves qui demandent une transformation intérieure. Certains fidèles prient les deux en parallèle : saint Jude pour la solution immédiate, sainte Rita pour la force d'accepter ce qui ne peut être changé.
Une chose est sûre : les deux saints partagent une caractéristique commune. Ils agissent rarement comme on l'attend. Leurs miracles sont souvent discrets, inattendus, et toujours porteurs d'un enseignement. Comme si l'objectif n'était pas seulement de résoudre le problème, mais de grandir à travers lui.
Les idées reçues sur sainte Rita qu'il faut absolument oublier
Autour de sainte Rita, comme autour de toute figure spirituelle populaire, les légendes et les malentendus pullulent. En voici quelques-uns, démontés un à un.
"Sainte Rita exauce tous les vœux, comme un génie de la lampe"
C'est la plus tenace des idées fausses. Beaucoup croient que prier sainte Rita, c'est comme frotter une lampe magique : on formule un vœu, et hop, le miracle arrive. Sauf que la réalité est bien plus nuancée. Sainte Rita n'est pas une machine à exaucer les désirs. Elle est une intercesseure, une médiatrice entre les hommes et Dieu.
Son rôle n'est pas de satisfaire nos caprices, mais de nous aider à aligner nos désirs sur la volonté divine. Parfois, cela signifie obtenir ce qu'on demande. Parfois, cela signifie trouver la force d'accepter un refus. Et parfois, cela signifie réaliser que ce qu'on croyait vouloir n'était pas ce dont on avait vraiment besoin.
"Il faut être catholique pratiquant pour que ça marche"
Faux. Les témoignages de miracles obtenus par des non-croyants ou des pratiquants occasionnels sont légion. Comme cet homme musulman qui, désespéré par la maladie de sa fille, a prié sainte Rita sur les conseils d'un ami chrétien. Sa fille a guéri, et lui a gardé une dévotion particulière pour cette sainte "qui écoute tout le monde".
Ce qui compte, ce n'est pas la religion officielle, mais la sincérité du cœur. Sainte Rita, semble-t-il, ne regarde pas la carte d'identité spirituelle. Elle regarde l'intention.
"Plus on prie longtemps, plus on a de chances d'être exaucé"
Pas si simple. La durée de la prière compte, mais elle n'est pas le seul facteur. Certains obtiennent des miracles après quelques jours de prière. D'autres prient pendant des années sans résultat apparent. Le plus important, c'est la qualité de la prière, pas sa quantité.
Une prière de cinq minutes, dite avec le cœur, peut être plus puissante qu'une neuvaine récitée mécaniquement. Sainte Rita, comme beaucoup de saints, semble sensible à l'authenticité plus qu'à la performance.
"Les miracles de sainte Rita sont des coïncidences"
C'est l'argument des sceptiques. "Si cette entreprise a été sauvée, c'est juste parce que le client est revenu par hasard." "Si cette femme a guéri, c'est grâce à la médecine, pas à sainte Rita." Le problème, c'est que ces "hasards" se répètent trop souvent pour être de simples coïncidences.
Prenez l'histoire de cette femme qui priait pour retrouver son alliance perdue. Elle la retrouve... dans le ventre d'un poisson qu'elle venait d'acheter au marché. Ou cet homme qui, après avoir prié sainte Rita, tombe sur un livre qui contient exactement la solution à son problème. Des coïncidences ? Peut-être. Mais quand elles se multiplient, le doute s'installe.
Questions fréquentes sur la prière à sainte Rita
Peut-on prier sainte Rita pour quelqu'un qui n'est pas croyant ?
Absolument. Sainte Rita intercède pour tous, croyants ou non. Beaucoup de parents prient pour leurs enfants éloignés de la foi, des conjoints pour leur partenaire athée, des amis pour des proches en détresse. L'important, c'est l'intention. Si vous priez avec amour et sincérité, sainte Rita entendra votre demande.
Certains témoignages sont particulièrement émouvants. Comme celui de cette mère qui a prié pendant vingt ans pour la conversion de son fils, sans résultat apparent. Le jour de sa mort, son fils, alors âgé de 45 ans, a fait sa première communion. "Elle a continué à prier pour moi de l'au-delà", dit-il aujourd'hui.
Faut-il allumer une bougie ou offrir une rose pour que la prière soit plus efficace ?
Ce ne sont pas des conditions obligatoires, mais des gestes symboliques qui peuvent renforcer la démarche. La bougie représente la lumière dans les ténèbres, la rose rappelle le miracle des roses en plein hiver. Beaucoup de fidèles trouvent que ces rituels aident à se concentrer et à matérialiser leur prière.
À Cascia, les pèlerins déposent des roses en papier avec leurs intentions écrites dessus. Certains achètent des roses artificielles qu'ils gardent chez eux comme rappel de leur demande. D'autres allument une bougie chaque jour pendant neuf jours - une neuvaine - en récitant la prière. Ces gestes ne sont pas magiques, mais ils créent un ancrage spirituel.
Que faire si on n'obtient pas de réponse après des mois de prière ?
C'est la question qui revient le plus souvent. La première chose à faire, c'est de se demander si on a bien formulé sa demande. Est-elle égoïste ? Nuisible ? Trop vague ? Parfois, reformuler la prière peut tout changer.
Ensuite, il faut accepter que la réponse puisse prendre une forme inattendue. Peut-être que ce qu'on demande n'est pas ce dont on a besoin. Peut-être que la réponse est un "non", ou un "pas maintenant". Dans ces cas-là, la prière à sainte Rita peut devenir une prière de confiance : "Aide-moi à accepter ce que je ne peux pas changer."
Enfin, il est parfois utile de demander conseil à un prêtre ou à une personne spirituelle expérimentée. Ils peuvent aider à discerner si la prière est bien orientée, ou s'il faut ajuster sa démarche.
Peut-on prier sainte Rita pour des problèmes matériels (argent, logement, travail) ?
Oui, mais avec discernement. Sainte Rita n'est pas une sainte de la prospérité matérielle, mais elle peut aider dans les situations de détresse. Demander un logement pour ne plus dormir dans la rue ? Oui. Demander une augmentation pour s'acheter une voiture de luxe ? Non.
Les témoignages les plus touchants concernent des personnes qui ont prié pour des besoins vitaux : un toit, un emploi, de quoi nourrir leur famille. Comme cet homme qui, après avoir perdu son travail, a prié sainte Rita en promettant de donner 10% de son premier salaire à une œuvre caritative. Il a retrouvé un emploi en deux semaines, et a tenu sa promesse. Pour lui, c'était la preuve que sainte Rita l'avait entendu.
Verdict : sainte Rita, dernier recours ou première espérance ?
Au terme de cette exploration, une chose est claire : sainte Rita n'est ni une solution de facilité, ni une superstition. Elle est une compagne de route pour ceux qui se sentent au bout du rouleau. Son pouvoir ne réside pas dans une formule magique, mais dans cette capacité à transformer le désespoir en espérance, la souffrance en paix.
Ce qui frappe, dans les témoignages, c'est cette récurrence : les miracles de sainte Rita ne sont jamais spectaculaires. Ils sont discrets, presque banals. Une guérison inexpliquée, oui, mais aussi une réconciliation inattendue, une force nouvelle pour affronter l'épreuve, une porte qui s'ouvre là où on ne l'attendait pas. Comme si son action consistait moins à changer les circonstances qu'à changer le regard qu'on porte sur elles.
Alors, faut-il se tourner vers sainte Rita en dernier recours ? Pas forcément. Certains la prient dès les premières difficultés, comme on se tourne vers une amie en qui on a confiance. D'autres ne s'adressent à elle qu'après avoir tout essayé. Les deux approches semblent fonctionner. Ce qui compte, au fond, ce n'est pas le moment où on la prie, mais la manière dont on le fait : avec humilité, persévérance, et cette petite flamme d'espoir qui refuse de s'éteindre.
Et si le vrai miracle, au fond, c'était cette capacité à croire encore, malgré tout ? À se relever quand on est à terre, à espérer quand tout semble perdu ? Sainte Rita ne promet pas de résoudre tous nos problèmes. Mais elle promet de nous accompagner dans l'épreuve. Et parfois, c'est bien plus précieux qu'un miracle.
Alors la prochaine fois que vous vous sentirez au pied du mur, que vous aurez l'impression que plus rien n'est possible, souvenez-vous de cette femme italienne du XVe siècle. Souvenez-vous de sa patience, de sa persévérance, de sa foi inébranlable. Et peut-être, juste peut-être, trouverez-vous en vous la force de dire, comme elle : "Rien n'est impossible à Dieu."
