Qu’est-ce qu’un contacteur jour/nuit déjà ?
Bon, déjà, si tu te dis « mais de quoi il parle ? », je t’arrête tout de suite. T’inquiète, c’est pas compliqué. Un contacteur jour/nuit (ou photorésistance, ou capteur crépusculaire), c’est ce petit boîtier qu’on installe souvent à l’extérieur, qui détecte la luminosité naturelle. Quand il fait nuit, il déclenche l’éclairage automatiquement. Quand le jour se lève, il coupe. Pratique, hein ? Sauf quand ça merdoie.
En général, il est branché sur une commande d’éclairage — une terrasse, un garage, une allée. Il reçoit le courant, le laisse passer ou pas selon la lumière. Il a trois fils : phase d’entrée, phase de sortie, et le neutre parfois. Rien de sorcier, mais bon, faut pas jouer au cow-boy non plus.
Shunter, c’est quoi au juste ?
Alors « shunter », dans le jargon électricien, ça veut dire court-circuiter un composant pour qu’il ne fasse plus effet. Comme si tu mettais un pont par-dessus. Du coup, le courant passe sans se poser de questions. C’est un peu comme quand tu grilles un fusible, sauf que là, c’est intentionnel.
Mais attention : shunter, ce n’est pas réparer. C’est contourner. Parfois, c’est une solution temporaire. Parfois, c’est une bêtise monumentale. Tout dépend du contexte.
Pourquoi quelqu’un voudrait shunter ça ?
Franchement, je comprends. On est chez soi, il fait noir, la lumière ne s’allume pas, et là, tu veux une solution maintenant. Pas attendre le pro du coin, pas commander une pièce pendant trois semaines. Alors tu te dis : « Bon, et si je reliais les deux bornes ? »
En vrai, les raisons peuvent être :
- Le capteur est mort (ça arrive),
- Il déconne (s’allume en plein jour),
- Ou alors tu veux juste que la lumière soit tout le temps alimentée, quitte à la commander autrement.
C’est ce que mon père voulait faire. Il en avait marre que la lumière s’éteigne à 6h du mat’, alors qu’il sortait tôt. Du coup, il a pensé : « Et si je passais outre le capteur ? »
Techniquement, comment on fait ?
Alors là, je te donne la version claire, mais avec un énorme avertissement : si tu n’as jamais touché à un tableau électrique, laisse tomber. On parle de 230V là, pas d’un chargeur de téléphone.
Mais pour ceux qui ont un peu l’habitude, voilà ce que ça donne :
- D’abord, tu coupes le courant. Pas « je crois que c’est coupé », non. Tu vas au tableau, tu baisses le disjoncteur, et tu vérifies avec un tournevis testeur. Point barre.
- Ensuite, tu repères le contacteur jour/nuit. Il est souvent dans une boîte de dérivation, ou direct sur le tableau.
- Tu regardes les bornes. En général, il y a une entrée (L ou 1), une sortie (L1 ou 2), et parfois une troisième pour le neutre.
- Shunter, ça veut dire relier l’entrée et la sortie directement, sans passer par le capteur.
- Soit tu mets un petit pont en câble rigide, soit tu enlèves le contacteur et tu fais une jonction dans un domino.
Ensuite, tu remontes, tu refermes, tu remets le jus… et là, la lumière est alimentée en permanence. Le capteur, il ne sert plus à rien. C’est comme s’il n’existait pas.
Mais… c’est légal ?
Ah, la fameuse question. Alors non, pas vraiment. Surtout si tu es en copro ou si ton installation doit respecter la norme NF C 15-100. En théorie, tout doit être conforme. En pratique ? Ben, beaucoup de monde bricole. Moi le premier, j’avoue. Mais je le dis : c’est un pis-aller.
Et puis, imagine : tu shuntes, la lumière reste allumée 24h/24, tu oublies, la facture explose. Ou pire : tu sors, t’oublies que c’est forcé, et ça chauffe sans que tu t’en rendes compte. Tu vois le tableau.
Et si on remplaçait plutôt ?
D’ailleurs, en parlant de ça, j’ai appelé mon pote Julien, électricien à Beaune. Il m’a dit : « Mais t’es dingue, pourquoi tu ne le remplaces pas ? » Il a pas tort. Un contacteur jour/nuit, ça coûte entre 15 et 30 balles. Et ça se change en 10 minutes.
En plus, maintenant, y’a des modèles super bien foutus, avec réglage de sensibilité, temporisation, certains sont même connectés. Tu peux les piloter avec ton téléphone. Bon, pour une cour de maison, peut-être que c’est overkill. Mais quand même.
Donc, ma recommandation ? Si tu peux, remplace. C’est plus sûr, plus propre, et ça évite les remords quand tu penses au risque.
Mais si vraiment, tu veux shunter…
… Alors fais-le bien. Pas avec un bout de fil enroulé autour des vis. Non. Utilise des dominos, du câble de bonne section, et isole tout. Et surtout, mets une étiquette : « SHUNTÉ – NE PAS REMETTRE SOUS TENSION SANS VÉRIFICATION ». Parce que dans 2 ans, tu auras oublié, et ton neveu qui s’y connaît un peu va vouloir « réparer ».
Et une autre idée : pourquoi pas juste retirer le capteur de la chaîne, et commander la lumière avec un interrupteur classique ? Plus simple, plus propre, et tu gardes le contrôle.
En résumé : on peut, mais faut savoir pourquoi
Shunter un contacteur jour/nuit, c’est faisable. Même assez simple. Mais c’est un peu comme conduire sans ceinture : ça va bien tant que t’as pas d’accident.
Si c’est temporaire, OK. Si c’est pour tester, OK. Mais en solution durable ? Non. Vraiment, non. Surtout que les capteurs, ils sont pas chers, et changer un composant, c’est pas la mer à boire.
Moi, au final, j’ai aidé mon père à poser un nouvel appareil. Un truc basic, sans fioritures. Et maintenant, la lumière s’allume quand il fait noir. Et lui, il est content. Moi aussi. Et le voisin qui râlait parce que la lumière restait allumée à midi ? Il a fermé sa gueule.
Alors voilà. Tu voulais savoir comment shunter ? Maintenant tu sais. Mais franchement… tu veux vraiment le faire ?
