Le vrai défi ? Trouver celui qui, sans tomber dans le cliché du "prénom de grand-père", saura envelopper votre enfant d’une douceur presque palpable. (Et non, Gérard n’est pas une option, désolé.)
Pourquoi les prénoms anciens séduisent-ils à nouveau ?
Il y a quelque chose de profondément rassurant dans ces prénoms qui ont survécu aux modes, aux guerres, aux révolutions. Ils portent en eux une forme de résilience – comme si, en les choisissant, on offrait à son enfant une armure invisible contre l’éphémère. Mais ce n’est pas qu’une question de nostalgie. Les parents d’aujourd’hui, lassés des prénoms ultra-tendance qui vieillissent mal (rappelez-vous les Kévin des années 90), cherchent des valeurs sûres. Des prénoms qui ne hurleront pas leur décennie d’origine dans vingt ans.
Et puis, il y a cette musicalité. Écoutez Barnabé rouler sur la langue, ou Thibault s’étirer comme une note de violon. Ces prénoms ont une sonorité organique, presque charnelle, qui contraste avec les syllabes sèches et anguleuses des prénoms modernes. C’est comme comparer une mélodie de Debussy à un jingle de publicité : l’un respire, l’autre s’oublie.
Reste que le retour des prénoms anciens n’est pas un phénomène uniforme. Certains, comme Louis ou Arthur, ont été tellement réhabilités qu’ils frôlent la banalité. D’autres, comme Godefroy ou Anselme, attendent encore leur heure – et c’est précisément là que réside leur charme. Le vrai trésor, ce sont ces prénoms rares mais pas trop, oubliés mais pas ringards. Ceux qui, une fois prononcés, suscitent un "Oh, c’est joli !" plutôt qu’un "C’est… original".
Le paradoxe de la rareté
Choisir un prénom ancien, c’est jouer avec le feu de l’originalité sans tomber dans l’excentricité. Trop rare, et votre enfant passera sa vie à épeler son prénom. Trop courant, et il se fondra dans la masse. L’équilibre parfait se situe dans cette zone grise où le prénom est connu des amateurs d’histoire ou de littérature, mais pas des parents pressés qui optent pour le premier prénom sorti d’un top 10.
Prenez Éloi. Tout le monde a déjà entendu ce prénom, mais combien d’enfants le portent aujourd’hui ? En 2023, l’INSEE recensait seulement 83 naissances avec ce prénom en France – contre plus de 5 000 pour Léo. Pourtant, Éloi a tout pour plaire : une sonorité douce, une origine latine (Eligius, "l’élu"), et une touche de mystère. C’est le genre de prénom qui intrigue sans dérouter.
À l’inverse, des prénoms comme Pépin ou Gontran (oui, ça existe) flirtent dangereusement avec le folklore. Ils ont leur charme, bien sûr, mais autant dire que votre enfant risque de passer pour un personnage de conte plutôt que pour un individu du XXIe siècle. (Sauf si vous visez une carrière dans la reconstitution médiévale, auquel cas, foncez.)
L’effet "madeleine de Proust"
Il y a aussi cette dimension émotionnelle, presque sensorielle, que les prénoms anciens déclenchent chez ceux qui les entendent. Ils évoquent des souvenirs indirects : un grand-oncle, un personnage de roman, une chanson d’enfance. Quand vous entendez Gaspard, ne pensez-vous pas immédiatement à la neige, aux étoiles, à quelque chose de lointain et de poétique ? Ce n’est pas un hasard. Ces prénoms ont été portés par des générations d’artistes, de savants, de héros discrets – et cette mémoire collective leur donne une aura particulière.
D’ailleurs, saviez-vous que Gaspard était le prénom du roi mage qui offrit la myrrhe à l’enfant Jésus ? Ou que Blaise était celui d’un philosophe du XVIe siècle, Blaise de Vigenère, qui inventa un système de chiffrement toujours utilisé aujourd’hui ? Ces prénoms ne sont pas que jolis : ils sont chargés de sens. Et c’est précisément ce qui les rend si attachants.
Les 10 prénoms doux et anciens qui méritent un comeback
Passons aux choses sérieuses. Voici une sélection de prénoms qui allient douceur, histoire et modernité – sans tomber dans le piège du "prénom de musée". Certains sont déjà en train de revenir, d’autres attendent leur heure. Tous ont ce petit quelque chose qui les rend uniques.
1. Amaury
Dérivé du germanique Amalric ("noble" et "puissant"), Amaury a connu son âge d’or au Moyen Âge avant de sombrer dans l’oubli. Pourtant, ce prénom a tout pour plaire : une sonorité chantante, une élégance discrète, et cette touche de mystère qui intrigue. En 2022, seulement 123 garçons ont été prénommés Amaury en France – un chiffre dérisoire comparé à des prénoms comme Hugo (plus de 4 000 naissances).
Et puis, il y a cette douceur dans la prononciation. A-maury : trois syllabes qui s’enchaînent comme une caresse. C’est un prénom qui sonne comme un secret, quelque chose que l’on murmure plutôt que l’on crie. (D’ailleurs, si vous hésitez encore, sachez qu’Amaury de Montfort était un chevalier croisé du XIIIe siècle – de quoi inspirer des rêves de grandeur à votre petit bonhomme.)
2. Thibault
Voilà un prénom qui a failli disparaître avant de renaître de ses cendres. Thibault, dérivé du germanique Theudobald ("peuple" et "audacieux"), était extrêmement populaire au Moyen Âge – on comptait pas moins de 10 rois de Navarre et de Champagne portant ce prénom. Puis, comme beaucoup de prénoms anciens, il est tombé en désuétude avant de faire un retour timide dans les années 2000.
Ce qui frappe avec Thibault, c’est sa polyvalence. Il peut être à la fois doux et énergique, selon la façon dont on le prononce. Ti-bo pour les intimes, Thi-bault pour les occasions solennelles. C’est un prénom qui grandit avec l’enfant, passant sans effort de l’école primaire aux bancs de la fac. Et puis, il y a cette orthographe qui le distingue des Théo et des Thibaut : un l final qui lui donne une touche d’originalité sans être trop excentrique.
Petit bonus : Thibault est aussi le prénom d’un des personnages les plus attachants des Rois maudits, la saga historique de Maurice Druon. De quoi donner à votre fils une référence littéraire dès son plus jeune âge.
3. Enguerrand
Si vous cherchez un prénom qui sorte vraiment de l’ordinaire sans être imprononçable, Enguerrand est une pépite. D’origine germanique (Engilram, "ange" et "corbeau"), ce prénom a été porté par plusieurs seigneurs médiévaux, dont Enguerrand de Marigny, un ministre influent sous Philippe le Bel. Aujourd’hui, il est rarissime : seulement 15 naissances en 2022.
Pourtant, Enguerrand a tout pour séduire. Il a cette sonorité à la fois noble et mélodieuse, avec ces trois syllabes qui s’enchaînent comme une valse. Et puis, il y a ce g doux qui le rend unique – on est loin des Enzo et des Ethan qui envahissent les cours de récréation. (D’ailleurs, si vous voulez un surnom affectueux, Guerrand ou Randy feront très bien l’affaire.)
Le seul bémol ? Son orthographe. Beaucoup de gens l’écriront Enguerand ou Engueran. Mais après tout, c’est aussi ce qui fait son charme : un prénom qui demande à être découvert, comme un trésor caché.
4. Gauthier
Dérivé du germanique Waldhari ("celui qui commande l’armée"), Gauthier est un prénom qui respire la force tranquille. Il a été porté par des ducs, des comtes, et même un saint (Gauthier de Pontoise, au XIe siècle). Pourtant, malgré son pedigree impressionnant, il reste discret : seulement 87 naissances en 2022.
Ce qui frappe avec Gauthier, c’est sa simplicité. Trois syllabes, une sonorité claire, une orthographe sans piège – tout ce qu’il faut pour un prénom qui vieillira bien. Et puis, il y a cette touche de familiarité : Gauthier, c’est le prénom du voisin sympa, du collègue compétent, de l’ami sur qui on peut compter. Pas de chichis, pas de prétention, juste une élégance naturelle.
Petit conseil : si vous aimez Gauthier mais trouvez qu’il manque un peu de fantaisie, vous pouvez opter pour la variante Gautier (sans le h). Moins courant, mais tout aussi charmant.
5. Éloi
Saint Éloi, orfèvre et conseiller des rois mérovingiens, a donné son prénom à l’un des plus beaux métiers du Moyen Âge. Éloi, dérivé du latin Eligius ("l’élu"), est un prénom qui allie douceur et force – comme un métal précieux, à la fois malléable et résistant.
En 2022, seulement 83 garçons ont été prénommés Éloi en France. Pourtant, ce prénom a tout pour plaire : une sonorité courte et percutante, une origine noble, et cette touche de spiritualité qui le rend intemporel. Et puis, il y a cette facilité d’utilisation : Éloi est facile à prononcer, facile à écrire, et se prête à de nombreux surnoms (Lolo, Lo, Élo).
Le seul risque ? Qu’on le confonde avec Élie, son cousin plus courant. Mais après tout, c’est aussi ce qui fait son charme : un prénom qui se glisse dans la conversation sans faire de vagues, comme une évidence.
6. Barnabé
Si vous cherchez un prénom qui respire la joie de vivre, Barnabé est fait pour vous. D’origine araméenne (Bar-Nabâ, "fils de la prophétie"), ce prénom a été popularisé par saint Barnabé, un compagnon de saint Paul. Aujourd’hui, il est rarissime : seulement 32 naissances en 2022.
Pourtant, Barnabé a tout pour séduire. Il a cette sonorité ensoleillée, presque méditerranéenne, qui évoque les vacances, les rires, la légèreté. Et puis, il y a ce côté un peu désuet, comme un prénom sorti d’un vieux livre de contes, qui lui donne un charme fou. (D’ailleurs, si vous voulez un surnom affectueux, Barna ou Baba feront très bien l’affaire.)
Le seul bémol ? Son orthographe. Beaucoup de gens l’écriront Barnabé avec un seul n, ou Barnabey avec un y. Mais après tout, c’est aussi ce qui fait son originalité : un prénom qui ne s’oublie pas.
7. Thibaut
Variante de Thibault, Thibaut a l’avantage d’être un peu plus court et plus percutant. Dérivé du germanique Theudobald, ce prénom a été porté par des rois, des ducs, et même un pape (Thibaut de Champagne, qui devint pape sous le nom d’Urbain IV). Aujourd’hui, il est en légère hausse : 321 naissances en 2022.
Ce qui plaît avec Thibaut, c’est sa simplicité. Deux syllabes, une sonorité claire, une orthographe sans piège – tout ce qu’il faut pour un prénom qui vieillira bien. Et puis, il y a cette touche de modernité : Thibaut, c’est le prénom du sportif accompli, de l’artiste inspiré, de l’homme d’affaires charismatique. Pas de chichis, pas de prétention, juste une élégance naturelle.
Petit conseil : si vous aimez Thibaut mais trouvez qu’il manque un peu de fantaisie, vous pouvez opter pour la variante Tybalt (comme dans Roméo et Juliette). Plus rare, mais tout aussi charmant.
8. Anselme
Dérivé du germanique Anshelm ("divin" et "casque"), Anselme est un prénom qui respire la sagesse et la profondeur. Il a été porté par saint Anselme, un philosophe et théologien du XIe siècle, ainsi que par plusieurs ducs et comtes médiévaux. Aujourd’hui, il est rarissime : seulement 23 naissances en 2022.
Pourtant, Anselme a tout pour séduire. Il a cette sonorité à la fois douce et puissante, comme un écho lointain des grandes cathédrales gothiques. Et puis, il y a cette touche de mystère : Anselme, c’est le prénom du penseur, du rêveur, de l’homme qui voit au-delà des apparences. (D’ailleurs, si vous voulez un surnom affectueux, Ansel ou Sel feront très bien l’affaire.)
Le seul bémol ? Son orthographe. Beaucoup de gens l’écriront Ancelme ou Anselm. Mais après tout, c’est aussi ce qui fait son charme : un prénom qui demande à être découvert.
9. Godefroy
Si vous cherchez un prénom qui respire la noblesse et l’aventure, Godefroy est fait pour vous. Dérivé du germanique Godafrid ("paix" et "divin"), ce prénom a été porté par plusieurs croisés, dont Godefroy de Bouillon, le héros de la première croisade. Aujourd’hui, il est rarissime : seulement 12 naissances en 2022.
Pourtant, Godefroy a tout pour séduire. Il a cette sonorité à la fois puissante et mélodieuse, comme un écho lointain des batailles médiévales. Et puis, il y a cette touche d’exotisme : Godefroy, c’est le prénom du chevalier errant, du héros de roman, de l’homme qui défie les conventions. (D’ailleurs, si vous voulez un surnom affectueux, Godef ou Froy feront très bien l’affaire.)
Le seul bémol ? Son orthographe. Beaucoup de gens l’écriront Godefroi ou Godefroid. Mais après tout, c’est aussi ce qui fait son originalité : un prénom qui ne s’oublie pas.
10. Blaise
Dérivé du latin Blasius (peut-être lié à blaesus, "bègue"), Blaise est un prénom qui allie simplicité et profondeur. Il a été porté par saint Blaise, un médecin et évêque du IVe siècle, ainsi que par Blaise Pascal, le célèbre philosophe et mathématicien. Aujourd’hui, il est en légère hausse : 187 naissances en 2022.
Ce qui plaît avec Blaise, c’est sa polyvalence. Une syllabe, une sonorité claire, une orthographe sans piège – tout ce qu’il faut pour un prénom qui vieillira bien. Et puis, il y a cette touche de modernité : Blaise, c’est le prénom de l’artiste, du scientifique, de l’homme qui voit le monde différemment. Pas de chichis, pas de prétention, juste une élégance naturelle.
Petit conseil : si vous aimez Blaise mais trouvez qu’il manque un peu de fantaisie, vous pouvez opter pour la variante Blasius (la forme latine). Plus rare, mais tout aussi charmante.
Les pièges à éviter quand on choisit un prénom ancien
Choisir un prénom ancien, c’est un peu comme restaurer une vieille maison : ça peut donner des résultats magnifiques, mais il faut éviter les erreurs de débutant. Voici les écueils les plus courants – et comment les contourner.
1. Tomber dans le cliché du "prénom de grand-père"
Certains prénoms anciens ont tellement été portés par des générations de retraités qu’ils en deviennent indissociables de l’image du papi en pantoufles. Gérard, Marcel, Raymond… Ces prénoms ont leur charme, bien sûr, mais ils risquent de donner à votre enfant l’impression de porter un costume trop grand pour lui. (D’ailleurs, si vous tenez absolument à Marcel, sachez que c’est le prénom de Proust – mais aussi celui de Marcel Pagnol, ce qui peut sauver la mise.)
Le truc pour éviter ce piège ? Écouter la sonorité du prénom. Est-ce qu’il évoque une époque précise, ou est-ce qu’il reste intemporel ? Théophile sonne jeune, Gaston sonne vieux. À vous de choisir.
2. Choisir un prénom imprononçable ou trop compliqué
Certains prénoms anciens sont de véritables casse-têtes orthographiques. Godefroy, Enguerrand, Anselme… Ces prénoms ont du caractère, mais ils demandent un effort à ceux qui les prononcent ou les écrivent. Est-ce que ça vaut le coup ? Tout dépend de votre tolérance aux corrections permanentes. ("Non, c’est Godefroy, pas Godefroi !")
Si vous optez pour un prénom rare, prévoyez un surnom simple pour le quotidien. Enguerrand peut devenir Guerrand, Anselme peut se transformer en Ansel. Comme ça, votre enfant aura le meilleur des deux mondes : un prénom unique pour les grandes occasions, et un surnom facile à vivre au quotidien.
3. Oublier que le prénom doit grandir avec l’enfant
Un prénom qui sonne mignon sur un bébé peut devenir embarrassant à l’adolescence. Barnabé est adorable pour un nourrisson, mais est-ce que ça passera à 15 ans ? Il faut anticiper. Pensez à votre enfant à 5 ans, à 10 ans, à 20 ans. Est-ce que le prénom lui conviendra toujours ?
Pour éviter les mauvaises surprises, testez le prénom dans différentes situations. Dites-le à voix haute : "Barnabé, viens dîner !", "Barnabé, tu as eu ton bac ?", "Barnabé, voici ta femme." Est-ce que ça sonne naturel, ou est-ce que ça fait sourire ? (Et non, Barnabé ne fait pas sourire. Enfin, pas trop.)
4. Négliger l’harmonie avec le nom de famille
Un prénom ancien peut sonner magnifiquement… ou complètement ridicule, selon le nom de famille qui l’accompagne. Écoutez la musique des deux ensemble. Thibault Martin coule tout seul, Enguerrand Dupont aussi. Mais Godefroy Leblanc ? Là, ça commence à ressembler à un personnage de comédie.
Pour éviter les dissonances, prononcez le prénom et le nom de famille à voix haute, plusieurs fois. Est-ce que ça sonne fluide, ou est-ce que ça accroche ? Est-ce que les syllabes s’enchaînent bien, ou est-ce qu’il y a un effet de répétition désagréable ? (Par exemple, Amaury Morel a une belle musicalité, tandis que Éloi Loiseau peut sembler un peu redondant.)
5. Choisir un prénom uniquement pour son côté "vintage"
Certains parents tombent amoureux d’un prénom ancien sans vraiment réfléchir à ce qu’il implique. Un prénom, c’est un héritage – et pas seulement un accessoire de mode. Avant de choisir Gaspard ou Blaise, renseignez-vous sur son histoire, ses origines, les personnages célèbres qui l’ont porté. Est-ce que cette histoire vous parle ? Est-ce que vous seriez fier de la transmettre à votre enfant ?
Prenez Gaspard. Ce prénom est associé à la magie, aux étoiles, à la poésie. Est-ce que c’est l’image que vous voulez donner à votre fils ? Si oui, foncez. Sinon, cherchez un prénom dont l’histoire vous correspond davantage.
Prénoms anciens vs prénoms modernes : le match
Alors, faut-il opter pour un prénom ancien ou un prénom moderne ? Tout dépend de ce que vous cherchez. Voici un petit comparatif pour vous aider à y voir plus clair.
Les atouts des prénoms anciens
1. **L’intemporalité** : Un prénom ancien ne vieillit pas. Théophile sonnait bien en 1850, il sonne bien en 2024, et il sonnera encore bien en 2100. C’est un investissement sur le long terme.
2. **La profondeur historique** : Ces prénoms portent en eux des siècles d’histoire. Godefroy évoque les croisades, Blaise rappelle Pascal. C’est une façon de donner à votre enfant une connexion avec le passé.
3. **L’originalité sans excentricité** : Les prénoms anciens sont rares, mais pas trop. Ils sortent de l’ordinaire sans être incompréhensibles. Personne ne confondra Éloi avec un prénom inventé, mais tout le monde remarquera sa singularité.
4. **La musicalité** : Beaucoup de prénoms anciens ont une sonorité riche, presque poétique. Ils roulent sur la langue comme une mélodie. Essayez de dire Enguerrand à voix haute : vous verrez.
Les limites des prénoms anciens
1. **Le risque de ringardise** : Certains prénoms anciens ont tellement été portés par des générations de retraités qu’ils en deviennent indissociables de l’image du papi. Il faut choisir avec soin pour éviter ce piège.
2. **La complexité orthographique** : Beaucoup de prénoms anciens ont des orthographes compliquées. Préparez-vous à corriger les gens ("Non, c’est Godefroy, pas Godefroi !").
3. **Le manque de modernité** : Certains prénoms anciens peuvent sembler déconnectés des réalités contemporaines. Il faut trouver le bon équilibre entre tradition et modernité.
Les atouts des prénoms modernes
1. **La simplicité** : Les prénoms modernes sont souvent courts, faciles à prononcer et à écrire. Pas de risque de se tromper sur l’orthographe de Léo ou Noah.
2. **La popularité** : Un prénom moderne est souvent porté par de nombreux enfants. Votre fils ne sera pas le seul Hugo de sa classe, ce qui peut être rassurant.
3. **La modernité** : Ces prénoms reflètent les tendances actuelles. Ils donnent une image jeune et dynamique.
Les limites des prénoms modernes
1. **Le risque de vieillissement rapide** : Les prénoms à la mode vieillissent mal. Ce qui est tendance aujourd’hui peut sembler daté demain. Rappelez-vous les Kévin des années 90.
2. **Le manque de profondeur** : Les prénoms modernes n’ont pas l’histoire des prénoms anciens. Ils manquent parfois de sens et de singularité.
3. **La banalité** : Beaucoup de prénoms modernes sont tellement courants qu’ils en deviennent interchangeables. Votre enfant risque de se fondre dans la masse.
Questions fréquentes sur les prénoms anciens pour garçon
Un prénom ancien peut-il vraiment convenir à un enfant du XXIe siècle ?
Absolument. L’intemporalité est précisément ce qui fait la force des prénoms anciens. Un prénom comme Théophile ou Amaury n’est ni moderne ni démodé : il est hors du temps. Et puis, il y a cette touche de singularité qui plaît aux parents en quête d’originalité sans excentricité.
Le vrai défi, c’est de choisir un prénom ancien qui ne sonne pas comme un costume d’époque. Gaspard ou Blaise passent sans problème en 2024, tandis que Gontran ou Pépin risquent de faire sourire. Tout est une question de dosage.
Comment savoir si un prénom ancien est trop rare ?
Il n’y a pas de règle absolue, mais voici quelques repères. Un prénom est trop rare s’il est porté par moins de 50 enfants par an en France. En dessous de ce seuil, votre enfant risque de passer sa vie à épeler son prénom – et ça, c’est fatigant.
Pour vérifier la popularité d’un prénom, consultez les statistiques de l’INSEE. Enguerrand (15 naissances en 2022) est très rare, Thibault (321 naissances) est rare mais pas trop, Louis (plus de 5 000 naissances) est courant. L’idéal se situe entre 100 et 500 naissances par an : assez rare pour être original, mais pas au point de devenir un fardeau.
Faut-il privilégier un prénom ancien français ou international ?
Tout dépend de l’effet que vous recherchez. Un prénom ancien français (Gauthier, Éloi, Barnabé) a l’avantage de s’intégrer parfaitement dans notre culture. Il sonne naturel, il a une histoire locale, et il se marie bien avec les noms de famille français.
Un prénom ancien international (Theodore, Sebastian, Lorenzo), en revanche, apporte une touche d’exotisme. Il peut être un bon choix si vous avez des origines étrangères ou si vous aimez les sonorités venues d’ailleurs. Mais attention à la prononciation : Theodore se dit Théodore en français, pas Théodor comme en anglais.
Mon conseil perso ? Si vous optez pour un prénom international, choisissez-en un qui a une version française (Theodore → Théodore, Sebastian → Sébastien). Comme ça, votre enfant aura le meilleur des deux mondes : un prénom original, mais facile à porter au quotidien.
Peut-on moderniser un prénom ancien ?
Oui, et c’est même une excellente idée. La clé, c’est de garder l’essence du prénom tout en le rendant plus actuel. Voici quelques pistes :
- **Optez pour une orthographe simplifiée** : Gautier au lieu de Gauthier, Thibaut au lieu de Thibault.
- **Choisissez un surnom moderne** : Godefroy peut devenir Godef, Enguerrand peut se transformer en Guerrand.
- **Associez-le à un prénom plus moderne** : Théophile Louis, Amaury Jules, Blaise Gabriel. Comme ça, votre enfant aura un prénom unique, mais pas trop.
L’important, c’est de ne pas trahir l’esprit du prénom. Un prénom ancien modernisé doit garder sa douceur et son histoire, même sous une forme plus contemporaine.
Verdict : quel prénom ancien et doux choisir pour son garçon ?
Alors, quel est le prénom idéal ? Il n’y a pas de réponse universelle – tout dépend de vos goûts, de votre histoire, et de ce que vous voulez transmettre à votre enfant. Mais si je devais trancher, voici mes trois coups de cœur :
1. **Amaury** : Pour son élégance discrète et sa sonorité chantante. C’est un prénom qui intrigue sans dérouter, et qui vieillira aussi bien qu’un bon vin.
2. **Thibault** : Pour sa polyvalence et sa modernité. Thibault, c’est le prénom du sportif, de l’artiste, de l’homme d’affaires – bref, de celui qui réussit sans en faire des tonnes.
3. **Éloi** : Pour sa douceur et sa simplicité. Éloi, c’est le prénom du garçon sage mais pas ennuyeux, de celui qui a une âme d’ancien sans être ringard.
Et si vous hésitez encore, voici un petit conseil : écoutez votre instinct. Un prénom, c’est comme une chanson – si elle vous touche, c’est qu’elle est faite pour vous. Alors, fermez les yeux, prononcez les prénoms à voix haute, et voyez lequel vous fait sourire. Parce qu’au fond, le plus important, ce n’est pas que le prénom soit ancien ou moderne, doux ou puissant. C’est qu’il vous ressemble.
(Et si vraiment vous n’arrivez pas à choisir, sachez que Gaspard est toujours une valeur sûre. Après tout, qui n’aimerait pas s’appeler comme un roi mage ?)
