Le moustique : l’assassin invisible
Alors, si on regarde les chiffres – et faut bien les regarder, même si c’est chiant – le moustique, ce petit truc qui te gratte la peau la nuit et te réveille en sursaut… ben c’est lui le champion toutes catégories du meurtre en série. Sérieusement. L’OMS, donc pas des rigolos, estime que chaque année, environ 700 000 personnes meurent à cause des maladies transmises par les moustiques. Malaria, dengue, fièvre jaune, Zika… Tu connais, tu en as entendu parler. Mais tu réalises, toi, que 700 000 ? C’est énorme. Plus que les guerres, les accidents de voiture, et même certains cancers réunis.
Et le pire ? C’est qu’ils s’en foutent. Le moustique, lui, il pique, il repart, il vit sa vie. Il sait même pas qu’il t’envoie droit à l’hôpital. Enfin, s’il pouvait savoir, je suis sûr qu’il s’en branlerait.
Et les humains dans tout ça ?
Bon, tu vas me dire : « Ouais, mais un tueur, c’est quand même un être humain non ? » Et là, je te comprends. Moi aussi, j’ai grandi avec les films d’horreur, les documentaires Netflix, tous ces trucs qui nous montrent des psychopathes qui collectionnent les scalps. Mais attends… si on parle d’êtres humains qui tuent, est-ce qu’on parle de tueurs en série ? Parce que, niveau nombre de morts, ils font moins bien qu’un simple insecte.
Prends Ted Bundy. 30 victimes, peut-être plus, difficile à savoir. Terrifiant, évidemment. Mais 30 ? À l’échelle mondiale, c’est une goutte d’eau. Même Hitler, Staline, Mao – des millions de morts, oui – mais là, on parle de guerres, de génocides, de systèmes politiques. Ce sont des tueurs, bien sûr, mais pas du genre que tu croises dans la rue ou qui te suce le sang sur le bras.
Le danger, c’est ce qu’on ne voit pas
Je me souviens, j’étais à Dakar il y a trois ans. Un pote à moi, Julien – un mec qui bosse dans l’humanitaire – il m’a raconté un truc qui m’a scié. Il vivait là-bas depuis six mois, et un soir, il a eu une fièvre hallucinante. Genre, 40°C, vomissements, tremblements. Il pensait que c’était une gastro. En vrai, c’était la malaria. Il a passé trois jours à l’hosto, dans un état limite. « Si j’avais pas eu accès aux soins, je serais mort », il m’a dit. Et là, tu réalises : ce truc, ça peut te tuer en 48 heures, et tu sais même pas d’où ça vient.
Du coup, le moustique, il est pas méchant. Il fait juste son job de moustique. Mais son job, c’est de piquer. Et dans certaines régions, piquer, c’est signer un arrêt de mort. Surtout pour les enfants. En Afrique subsaharienne, la malaria tue surtout les petits de moins de cinq ans. C’est dégueulasse.
Et nous, on fait quoi ?
Alors bon, on a des moustiquaires, des traitements, des campagnes de désinsectisation. Mais c’est pas partout. Et surtout, c’est pas équitable. Moi, à Paris, je me plains parce qu’un moustique me gratte le pied en été. Lui, en Centrafrique, il peut tuer un gamin. C’est fou, non ?
Et puis y’a le changement climatique qui agrandit leur terrain de jeu. Avant, les moustiques tueurs, ils restaient dans les tropiques. Maintenant, ils montent vers l’Europe. La dengue, elle est apparue en Espagne, en Croatie… bientôt dans le sud de la France ? Peut-être. Du coup, on va tous devenir des cibles ?
Le pire tueur, c’est peut-être l’indifférence
En vrai, je me dis que le vrai tueur, c’est pas seulement le moustique. C’est aussi notre incapacité à agir. On a les moyens de lutter. Mais on le fait pas assez, pas partout. Parce que c’est pas médiatisé. Parce que c’est pas spectaculaire. Un mec qui tue avec un couteau, ça fait la une. Un enfant qui meurt de la malaria, c’est une ligne dans un rapport de l’OMS.
Et puis, y’a un truc que je me demande : pourquoi on stigmatise tant les tueurs en série alors qu’on laisse des fléaux silencieux faire des ravages ? Peut-être parce que le mal, quand il est discret, on préfère pas y penser. C’est plus facile de regarder un documentaire et de se dire « pfff, quel monstre », que de se dire « merde, on pourrait sauver 700 000 vies par an en bossant un peu plus sur la recherche et la prévention ».
Alors, qui est le pire tueur ?
Si on parle de nombre, c’est le moustique. Sans déconner. Mais si on parle de responsabilité, de choix, de cruauté… là, les humains, on est pas mal non plus. On invente des guerres, on pollue, on laisse des gens crever par négligence. Alors, le pire tueur ? Peut-être que c’est nous. Pas directement, mais par notre silence, notre confort, notre « ça ne me regarde pas ».
Enfin bref. La prochaine fois que tu chasses un moustique dans ta chambre, pense-y : tu pourrais être en train de repousser le tueur numéro un de l’humanité. Et peut-être qu’un jour, on arrêtera de chercher des monstres sous le lit, et qu’on commencera à regarder ceux qui volent autour de nous… tranquillement.
